ANOCR 73

Groupement Savoie Isère

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Revue de Presse semaine 20

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 20

 

 SOMMAIRE

19 05 16 La retraite à 65 ans et l'espérance de vie : l'argument vaseux d'Alain Juppé

Par Cédric Mathiot — 19 mai 2016 à 17:28

Dans son livre, le favori de la primaire à droite justifie le report de l'âge de la retraite par l'allongement de l'espérance de vie mais s'emmêle les pinceaux dans les différentes courbes.

La retraite à 65 ans et l'espérance de vie : l'argument vaseux d'Alain Juppé

INTOX. Voilà un point sur lequel les candidats de la primaire à droite sont d’accord : l’âge légal de départ à la retraite doit être repoussé à 65 ans. Ce serait d’ailleurs, en regardant les courbes de l’espérance de vie, une chose assez indolore, à en croire Alain Juppé. Dans son livre consacré à l’économie, Cinq Ans pour l’emploi, Juppé écrit ainsi : «Il y a trente ans, compte tenu de l’espérance de vie moyenne de l’époque et avec un départ à 60 ans, on pouvait espérer profiter de la retraite onze ans lorsqu’on était un homme et dix-neuf ans quand on était une femme. Avec l’espérance de vie actuelle, et un départ à la retraite à 65 ans, on profitera en moyenne quatorze ans de sa retraite lorsqu’on est un homme et vingt ans lorsqu’on est une femme.»

DÉSINTOX. Pour résumer : un homme partant à la retraite aujourd’hui à 65 ans vivra trois années de plus en retraite que son père, pourtant parti à 60 ans trente années plus tôt. Une femme partant en retraite à 65 ans aujourd’hui vivrait, elle, en retraite un an de plus que sa mère partie à 60 ans en 1985. Bref, de quoi se plaint-on ?

Le problème est que tout cela repose sur un usage un peu hâtif des statistiques.

Il est facile de voir comment Juppé a calculé son affaire. Il a regardé la courbe de l’espérance de vie à la naissance, qui nous dit ceci : en 1985, l’espérance de vie d’un homme à la naissance était de 71,2 ans, celle d’une femme de 79 ans. Trente ans plus tard, elle est respectivement de 79 ans et 85 ans. Soit une augmentation – en arrondissant – de huit ans pour les hommes et 6 ans pour les femmes. C’est a priori raccord avec les chiffres cités par Juppé. Bingo.

Mais les choses ne se calculent pas du tout comme ça… Car cette espérance de vie à la naissance, que convoque Juppé à la base de sa démonstration, se calcule en tenant compte de la mortalité à tous les âges, y compris avant la retraite, y compris la mortalité infantile, par exemple. Cette statistique est par conséquent hors sujet pour illustrer le sujet des retraités (qui par définition sont arrivés jusqu’à l’âge de la retraite).

En la matière, l’indicateur pertinent est l’espérance de vie à 60 ans (ou 65 ans), qui mesure le nombre d’années qu’un homme (ou une femme) ayant atteint cet âge peut espérer vivre en moyenne (selon les conditions de mortalité du moment). Depuis 2003 et la loi Fillon sur les retraites, la durée de cotisation est d’ailleurs calculée en fonction de l’évolution de cette espérance de vie à 60 ans. Or cette courbe n’épouse pas celle de l’espérance de vie à la naissance.

 Semaine 20

En regardant cet indicateur, il y a pour Alain Juppé une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que ses chiffres sont pessimistes. Le candidat LR, qui file doucement vers ses 71 ans, sera probablement content d’apprendre qu’aujourd’hui, un homme ayant atteint 60 ans peut espérer vivre en moyenne (selon les conditions de mortalité du moment) 22,9 ans, et non 14 comme il l’écrit dans son ouvrage. Pour une femme, c’est encore davantage (27,3 ans), et non 20 ans.

La mauvaise nouvelle, c’est que sa démonstration tombe un peu à l’eau. Car l’espérance de vie à 60 ans, comme on le voit sur les graphiques, a évolué plus lentement que celle à la naissance. Entre 1985 et 2015, l’espérance de vie à 60 ans a évolué de cinq ans pour les hommes, passant de 17,9 ans à 22,9 ans (alors que l’espérance de vie à la naissance que citait Juppé avait, elle, progressé de près de 8 ans). Pour les femmes, l’espérance de vie à 60 ans a évolué en trente ans de 4,3 ans (de 23 à 27,3 ans), contre une hausse de 5,7 ans pour l’espérance de vie à la naissance.

D’où il résulte que Juppé devrait refaire ses calculs. Ainsi, en se basant sur les espérances de vie à 60 ans, un homme partant à 65 ans vivrait autant en retraite (et non trois ans de plus) qu’un homme parti à 60 ans en 1985. Et pour une femme, la vie en retraite d’une partante à 65 ans aujourd’hui serait inférieure d’une année à celle d’une femme ayant pris sa retraite à 60 ans il y a trente ans – et non supérieure d’une année.

Patatras.

Cédric Mathiot

Revue de Presse semaine 19

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 19

 

 

SOMMAIRE

10 05 16 Pensions de retraite : 1322 euros bruts mensuels en moyenne

11 05 16 Impôts, retraites, emploi... Ce que propose Alain Juppé pour 2017

12 05 16 Quelle est la réforme qui pourrait sauver le système de retraite français ?

 

 

 

10 05 16 Pensions de retraite : 1322 euros bruts mensuels en moyenne

Direction de l'information légale et administrative

Le ministère des Affaires sociales et de la Santé vient de publier l’édition 2016 de l’ouvrage "Les retraités et les retraites". Ce document dresse un panorama des statistiques sur la retraite pour l’année 2014. L’ensemble des données prend en compte les principales modifications législatives ou réglementaires depuis 2010 (report de l’âge légal pour l’ouverture des droits à la retraite, nouvel assouplissement des départs anticipés pour carrière longue à partir du 1er avril 2014, etc.).

Fin 2014, 15,8 millions de personnes, vivant en France ou à l’étranger, sont titulaires d’une pension de retraite de droit direct d’au moins un régime français de retraite de base ou complémentaire. Par ailleurs, 610 000 personnes perçoivent uniquement une pension de droit dérivé (pension de réversion) et 69 000 seulement une allocation du minimum vieillesse. Le ralentissement du nombre de départs en retraite observé depuis 2011 se confirme en 2014 avec 199 000 départs contre 360 000 départs annuels pendant la période 2006-2010. Cette baisse s’explique principalement par la réforme des retraites de 2010. Cette réforme a reporté l’âge automatique du taux plein et repoussé progressivement l’âge légal d’ouverture des droits à partir de juillet 2011. L’assouplissement des conditions de départ pour les carrières longues, mis en place le 1er novembre 2012 et confirmé par la réforme des retraites du 1er avril 2014, a cependant contribué à l’augmentation des retraités en 2014.

En 2014, le montant moyen de la pension de droit direct tous régimes (de base et complémentaire) s’établit à 1 322 euros bruts mensuels, soit 1 230 euros nets (1 660 euros pour les hommes contre 1 007 euros pour les femmes). Ce montant a progressé de 1,2% par rapport à 2013. Cette augmentation, alors que le montant des pensions était gelé en 2014, résulte du renouvellement de la population des retraités, avec l’arrivée de retraités aux carrières professionnelles plus favorables. L’écart entre la pension moyenne de droit direct des hommes et celle des femmes se réduit du fait de la progression du taux d’activité des femmes

 

 

 

11 05 16 Impôts, retraites, emploi... Ce que propose Alain Juppé pour 2017

Le Figaro - Par Marie Théobald

Le titre de son livre Cinq ans pour l'emploi, publié ce mercredi 11 mai, résume la tonalité des propositions économiques qu'Alain Juppé, candidat à la primaire Les Républicains, est venu présenter, mardi 10 mai, dans un amphi du Palais des Congrès de Paris. L'économiste Alain Minc ou encore Jean-François Cirelli, ancien PDG de Gaz de France étaient présents.

Premier objectif, donc, le plein emploi. Pour y parvenir, il propose de baisser la fiscalité des entreprises et réduire les charges. Important aussi, la réduction de 85 à 100 milliards d'euros des dépenses publiques. Ces économies seront principalement ciblées sur les retraites avec un âge légal de départ relevé à 65 ans qui permettra d'économiser 30 milliards d'euros une fois la réforme achevée.

Revue de détails.

• Emploi

«La priorité absolue, c'est l'emploi». L'ancien Premier ministre vise le plein-emploi sur cinq ans, ce qui revient à un taux de chômage de 5%, selon l'OIT. Le but est affiché: lever les freins à l'embauche. La méthode? Un «CDI sécurisé avec des motifs de licenciement prédéfinis dans le contrat de travail», le plafonnement des indemnités prud'homales, le référendum d'entreprise à l'initiative de l'employeur, la sortie des 35 heures qui, au même titre que les emplois aidés «reposent sur des principes erronés», explique le maire de Bordeaux dans Les Echos.

Pour parvenir au plein emploi, il a bâti un projet fiscal et un plan pour encourager les entreprises à embaucher.

• Baisse de charges pour les entreprises

Alain Juppé veut faire baisser les charges des entreprises. «Le crédit d'impôt compétitivité emploi devra être transformé dès 2018 en une baisse de charges pérenne, permettant d'annuler toutes les charges patronales au niveau du SMIC, soit 11 points de moins que dans la situation actuelle», assure Alain Juppé dans Les Echos. Il fera baisser, s'il est élu, le taux d'impôt sur les sociétés à 30% d'ici à 2022. «On ne va pas rester à 38% quand la moyenne européenne se situe à 22%», détaille-t-il. Côté cotisations famille à la charge des entreprises, une grande partie sera supprimée à hauteur de 10 milliards d'euros afin d'alléger le coût du travail

• ISF

Bien qu'il sache que cette mesure est impopulaire, Alain Juppé le promet: «J'abrogerai l'ISF, un impôt injuste, qui fait fuir l'argent des Français et les incite à investir ailleurs». Il réduira la taxation des revenus du capital via un prélèvement forfaitaire proche de 20%. Aujourd'hui, les revenus du capital sont en effet, plus taxés que ceux du travail.

• Retraites

L'âge de départ à la retraite sera relevé à 65 ans et les retraites seront alignées dans le public et le privé. Tout fonctionnaire embauché à partir de 2018 sera rattaché aux régimes de retraites du privé. «Concrètement, l'âge serait remonté de quatre mois par an à partir de début 2018», peut-on lire dans Les Echos. Selon Alain Juppé, «il en résultera 20 milliards d'économies dès 2022 et 30 milliards une fois la réforme achevée».

Et ce n'est pas parce qu'on augmente l'âge de départ à la retraite et que les actifs seront plus nombreux sur le marché du travail que le chômage augmentera. «Je m'inscris en faux contre toute idée de corrélation entre l'âge de départ en retraite et le taux de chômage. Les pays où l'âge de départ à la retraite est élevé ne sont pas les pays où le chômage, y compris celui des seniors, est élevé», avertit-il.

 

 

 

12 05 16 Quelle est la réforme qui pourrait sauver le système de retraite français ?

Par Marie Théobald

LE FIGARO - Dans la perspective de la présidentielle, l'Institut Montaigne publie un simulateur qui compare les différentes propositions de réforme du système de retraite français.

Laquelle des propositions des quatre principaux candidats de la primaire Les Républicains François Fillon, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé ou Bruno Le Maire permettra de sauver le système de retraite français? En vue de la présidentielle en 2017, l'Institut Montaigne, think tank d'inspiration libérale, publie, ce jeudi 12 mai, un simulateur qui permet de déceler les principaux effets des propositions des candidats sur les caisses de retraite.

Pour réformer les retraites, les paramètres sont nombreux: âge légal de départ à la retraite, durée de cotisation, taux de cotisation, revalorisation des pensions, alignement entre les régimes public et privé, politique démographique (naissances, solde migratoire, nombre de décès), taux de chômage. «C'est cette complexité dont nous avons voulu rendre compte en créant ce simulateur. Nous voulons donner aux citoyens les clés pour comprendre l'impact de ces différents leviers sur les caisses de retraite», explique Laurent Bigorgne, directeur du think tank.

L'allongement de l'âge de départ à la retraite et l'alignement entre les régimes public et privé font l'unanimité chez les candidats à la primaire. Quant au montant des pensions, personne ne propose d'y toucher. «On peut difficilement jouer sur ce levier car l'inflation est faible. Ce serait impopulaire», indique Laurent Bigorgne. Le taux de cotisation? Personne non plus. «Si on l'augmentait, cela reviendrait à abîmer la compétitivité. Et puis, toucher au pouvoir d'achat des salariés alors qu'il est sous tension, c'est délicat. En revanche, la fonction publique devrait cotiser comme le privé quand elle embauche. On est dans un système marqué par l'inégalité au détriment du secteur privé», poursuit-il. Pour la durée de cotisation, seul un document d'orientation des dépenses publiques des Républicains de mars 2016 y fait allusion. «Personne n'aime agir sur ce levier qui discriminerait ceux qui commencent à travailler tard. Mais si l'on veut obtenir des résultats, il faudra s'y mettre», signale le directeur de l'Institut Montaigne.

Quels sont les effets des propositions de François Fillon, Alain Juppé, Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy? Alors que les candidats à la primaire dévoilent des propositions de plus en plus détaillées, l'exercice a du sens pour mieux comprendre leur impact. Vous pouvez également vous mettre dans la peau d'un présidentiable et proposer votre propre réforme pour sauver le système de retraite français. Cliquez sur la photo ci-dessous pour avoir accès au simulateur.

»» François Fillon

Prenons la proposition de réforme de l'ancien Premier ministre. Elle est assez détaillée pour permettre d'expliquer un grand nombre d'options du simulateur de l'Institut Montaigne. François Fillon souhaite porter progressivement l'âge de la retraite à 65 ans d'ici 2022. Dans la rubrique des «paramètres du système de retraite» du simulateur de l'Institut Montaigne, indiquons qu'entre 2017 et 2019, l'âge légal sera de 63,5 ans. Entre 2020 et 2024, marquons l'âge légal de départ à 65 ans. Appliquons l'âge légal de départ à 65 ans pour les années suivantes.

Etant donné que François Fillon ne donne pas plus de précisions ni sur les taux de cotisation ni sur la revalorisation des pensions ni sur la durée de cotisation requise, par défaut, ce sont les règles actuelles qui s'appliquent, comme indiqué sur le simulateur.

François Fillon promet aussi d'inscrire dans la Constitution le principe d'équité de traitement entre les retraites du secteur public et les retraites du privé. Observons alors le graphique et le curseur bouger quand on appuie sur le bouton «oui» pour l'alignement de l'âge de départ entre régimes public et privé».

Dans les paramètres démographiques et économiques, si le candidat n'a pas d'objectifs chiffrés, alors, par défaut, ce sont les hypothèses de l'Insee qui seront appliquées à la simulation.

Résultat: Les choix de François Fillon permettront aux caisses de retraite d'être en positif jusqu'en 2031. On peut également constater que le nombre de cotisants par rapport au nombre de retraités évolue, tout comme la pension moyenne des français ou la durée estimée de la retraite.

C'est sans compter que François Fillon souhaite abandonner le système de compensation de pénibilité qui n'est pas applicable car trop complexe. Il veut aussi engager une réforme sur le long terme de notre système de retraite en mettant en place un étage de retraites par capitalisation. A terme, il mettra en place un régime par points et fusionnera les retraites de bases et les retraites complémentaires.

»» Alain Juppé

Du côté d'Alain Juppé, l'âge de départ à la retraite sera aussi relevé à 65 ans et les retraites seront alignées dans le public et le privé. «Concrètement, l'âge serait remonté de quatre mois par an à partir de début 2018», a détaillé l'ancien premier ministre ce mardi 10 mai lors de la présentation de son programme économique. Selon Alain Juppé, «il en résultera 20 milliards d'économies dès 2022 et 30 milliards une fois la réforme achevée». Il promet aussi le plein emploi d'ici 2022 (ce qui correspond à 5% de chômage selon l'OIT). On peut alors appliquer ces critères dans le simulateur de retraites de l'Institut Montaigne comme on l'a fait pour François Fillon et comparer.

»» Bruno Le Maire

Quant à Bruno Le Maire, dans son livre «Ne vous résignez pas!», le candidat à la primaire Les Républicains écrit que la France ne peut plus attendre pour aligner les conditions de départ et les règles de calcul des pensions du secteur public avec le secteur privé, pour ouvrir la voie à des retraites complémentaires par capitalisation, pour mettre en place un régime par point. Il souhaite aussi mettre fin aux dérogations des régimes spéciaux, ceux des élus comme ceux des cheminots. Il veut aussi fixer l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans. Son programme dans sa totalité sera rendu public en septembre, selon sa garde rapprochée qui ne souhaite donc pas communiquer pour le moment. On peut tout de même appliquer ces propositions au simulateur.

»» Nicolas Sarkozy

Pour Nicolas Sarkozy, nous nous basons sur un document d'orientation des dépenses publiques des Républicains du 30 mars dernier que son entourage a envoyé au Figaro en guise de réponse. En effet, il ne s'est pas (encore) déclaré candidat. L'âge légal de départ à la retraite sera repoussé à 63 ans entre 2018 et 2020 (6 mois par an) et 64 ans dès 2025 (3 mois par an entre 2021 et 2024). Cela implique de recentrer le dispositif de carrière longue avant 18 ans dès 2018 et une accélération de la durée de cotisation nécessaire. Par ailleurs, la fin de ces régimes spéciaux sera organisée tout comme l'alignement du système de retraite de la fonction publique sur le système de retraite du privé. Il s'agira à l'avenir de calculer le montant des pensions de retraite pour les agents de la fonction publique en tenant compte des 25 meilleures années et en incluant les primes. Le compte pénibilité sera aussi abrogé.

Oser investir dans la petite enfance

Au-delà, de l'âge, il faut savoir que 14% du PIB est consacré aux retraites en France. Il s'agit du poste de dépenses le plus important. La moyenne européenne se situe autour de 12,5%. «Ce choix politique en faveur des plus âgés, donc ceux qui votent, pèse sur la jeunesse. En effet, c'est autant d'investissements en moins dans les politiques de petite enfance. Selon le prix Nobel d'économie James Heckman, il n'y a pas de rendement social ni économique qui procurent un effet tel qu'un euro investi dans la petite enfance. Pourtant en France, on dépense 20% de moins que les autres pays européens, dans l'école primaire. On a fait un choix irrationnel. C'est la préférence pour les dépenses de fonctionnement au détriment des dépenses d'investissement. On finira par le payer», regrette Laurent Bigorgne.

Revue de presse semaine 15

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 15

 

 

SOMMAIRE

13 04 16 Retraite : l’âge de départ continue d’augmenter

11 04 16 CIPAV : La caisse de retraite qui martyrise les independants

12 04 16 Les chiffres qui révèlent l'angoisse des Français face à leur retraite

13 04 16 Le gouvernement allemand débat d’une réforme des retraites

 

 

 

13 04 16 Retraite : l’âge de départ continue d’augmenter

Les Echos -Solveig Godeluck /

En 2015, l’âge de départ moyen du régime général était 62,4 ans. Le niveau de la pension moyenne continue de grimper à 1.112 euros pour les nouveaux retraités.

Inexorablement, le nombre de retraités augmente, et avec lui le niveau moyen de pension. La Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV) a publié ce mercredi ses principales données pour le régime général en 2015. Quelque 657.000 personnes ont rejoint les rangs des retraités de droit direct dans l’année, portant le total à 13,04 millions. L’âge moyen de départ à la retraite a encore légèrement augmenté d’un mois, à 62,4 ans.

En y ajoutant les bénéficiaires de pension de réversion, le nombre total de retraités du régime général s’élevait à 13,85 millions l’an passé. A noter, en nombre d’arrivants, les nouvelles réversions sont plus dynamiques que les nouveaux droits directs : +7,9 % en 2015, contre +3,3 %.

Allongement des études

Le profil de ces retraités se modifie par petites touches. Ils avaient en moyenne 73,8 ans en 2015, contre 73,6 ans l’année précédente. La pension moyenne a grimpé aussi : pour un nouveau retraité de droit direct ayant une carrière complète au régime général (hors régimes complémentaires donc), elle atteignait 1.112 euros, alors que l’ensemble des retraités touchait 1.069 euros par mois. C’est la conséquence de l’allongement des études et de l’amélioration des carrières professionnelles au fil des générations. De plus, l’augmentation sensible du plafond des cotisations de la Sécurité sociale depuis des années n’accroît pas uniquement les recettes : dans un second temps, il fait grimper le niveau des pensions.

En 2015, le régime général a versé 111 milliards d’euros de prestations légales, en hausse de 2,3 %. Une partie de cette somme, 4,4 milliards, correspond à des majorations, principalement versées aux 5,5 millions d’assurés qui ont eu au moins trois enfants. Les réversions ont coûté près de 10 milliards d’euros, et le minimum vieillesse 2,2 milliards.

Envolée des départs anticipés pour carrière longue

En 2015, seuls 8 millions de retraités du régime général ont payé la CSG à taux plein, 1,8 million a eu droit à un taux réduit, et 29 % des retraités n’ont pas été assujettis au paiement de la CSG.

L’un des faits marquants de ces dernières années est l’envolée des départs anticipés pour carrière longue : 171.600 en 2015. Le seuil d’un million de retraités partis dans ces conditions avantageuses a été franchi l’an dernier, à 1,15 million. Le profil de ces carrières longues est un peu différent de celui des autres retraités du régime général. Alors que ces derniers ont en moyenne cotisé 147 trimestres tous régimes confondus (dont 111 au régime général), les bénéficiaires de retraite anticipée ont cumulé 176 trimestres (dont 45 au régime général), soit bien plus que les 166 trimestres exigés pour avoir droit au taux plein. Parmi ces travailleurs, les femmes détiennent la palme, avec 183 trimestres à leur actif

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021839605653-retraite-lage-de-depart-continue-daugmenter-1213660.php?06mLjYcV2vSeMAPL.99

 

 

 

11 04 16 CIPAV : La caisse de retraite qui martyrise les independants

Pensions de retraite non versées, appels de cotisation farfelus, erreurs de calcul grossières, service clients inexistant... la Cipav le fait exprès ou quoi ?

60 ans et 43 années de turbin au compteur, Alain Taté pensait pouvoir prendre un repos bien mérité. En 2012, il demande donc à sa caisse de retraite, la Cipav, de bien vouloir commencer à lui verser ses pensions. Impossible, lui répond-elle, il vous manque 39 trimestres pour pouvoir profiter du taux plein. Pardon ? Après une aussi longue carrière ? Il s'agit sans doute d'une erreur, se dit ce dessinateur en bâtiment indépendant.

Remisant temporairement ses rêves de pêche à la ligne, il entame alors un incroyable marathon pour essayer de faire valoir ses droits. Courriers recommandés sans réponse, coups de fil dans le vide, lancement de lourdes procédures judiciaires... «Je me suis retrouvé face à un mur», raconte-t-il. Il lui faudra attendre quatre longues années et l'intervention du tribunal des affaires de Sécurité sociale pour que la Cipav lui fournisse enfin un relevé de carrière à jour. Et accepte de lui verser les 633 euros mensuels auxquels il avait droit depuis le début.

Des erreurs en série

Quatre ans de travail pour des prunes ! Des injustices comme ça, la Cipav en fabrique chaque jour à la pelle. «Les gens nous contactent par centaines pour se plaindre», témoigne Yann Franquet, qui anime une association d'aide aux victimes (www.cipav.info). Appels de cotisation farfelus, pensions supprimées sans raison, services injoignables, commission de conciliation autiste, commandements à payer injustifiés, lettres classées verticalement, erreurs de calcul grossières, envois d'huissier intempestifs...

Cette caisse, qui sert les pensions de 300 professions libérales (architectes, consultants, graphistes...) et des 300.000 autoentrepreneurs libéraux, semble prendre un malin plaisir à rendre fous ses cotisants. Selon l'avocate Valérie Flandreau, «certains d'entre eux sont tellement dégoûtés qu'ils baissent les bras et arrêtent leur activité».

La CIPAV : 800.000 adhérents à la caisse, dont 300.000 autoentrepreneurs.

210.000 retraités affiliés. 50.000 d'entre eux sont des conjoints survivants.

512 euros de pension moyenne (base et complémentaire) versée en 2014.

Des défaillances pointées par la Cour des comptes

Dans un rapport au vitriol, publié en 2014, la Cour des comptes pointait les causes de ce désastre. Productivité déclinante des 297 salariés, absence de guichet pour recevoir le public, gestion hasardeuse des placements de trésorerie, majoritairement confiés à la société Oddo en dépit de ses performances médiocres. Sans oublier les bévues du système informatique, modernisé à grands frais, mais qui n'a jamais donné sa pleine mesure.

Le croira-t-on ? Pendant des années, la caisse n'a pas été capable d'enregistrer correctement les données sur ses nouveaux adhérents, que lui fournissait le RSI (la Sécurité sociale des indépendants) : elle ne traitait ces informations qu'une fois par an alors qu'on les lui communiquait toutes les semaines ! Pas étonnant que «35.000 assurés se soient retrouvés cotisants alors même qu'ils avaient cessé toute activité», observe la Cour. Et que 22.000 artisans et commerçants dépendant d'une autre caisse aient été affiliés par erreur à la Cipav. On croit rêver.

> Le RSI connaît aussi de nombreux couacs.

Les autoentrepreneurs sont lésés

Ajoutons que certaines catégories sont victimes d'une discrimination manifeste. Un membre d'une profession libérale qui déclare 10.000 euros de revenus nets annuels peut obtenir 9 points de retraite complémentaire. «A situation comparable, l'autoentrepreneur, lui, n'en décrochera que 2, et la pension qu'on lui versera plus tard sera nettement inférieure», s'insurge l'avocat Dimitri Pincent, qui défend des dizaines de laissés-pour compte.

D'autant plus difficile à avaler que cette rupture d'égalité n'est pas la conséquence d'une mauvaise organisation, mais bien d'une volonté délibérée de la caisse. «Bien que ces derniers représentent aujourd'hui une bonne moitié des cotisants, la direction ne veut pas entendre parler des autoentrepreneurs», grince une source interne.

Pour des raisons historiques, le conseil d'administration de la caisse est en effet largement dominé par les architectes : les statuts de la Cipav leur accordent près de la moitié des sièges (12 sur 26) alors qu'ils ne sont que 41.000 affiliés. Or, à en croire notre informateur, ces derniers ne mouilleraient pas trop leur chemise pour défendre les autres catégories...

> Vidéo. Au Japon, les retraités reprennent le travail :

Une affaire digne des « Pieds Nickelés »

Et que dire de l'affaire de chèques volés, digne des «Pieds Nickelés» ? En 2013 et 2014, des centaines de versements envoyés par les adhérents pour payer leurs cotisations ont été détournés et encaissés par des aigrefins. Ce larcin, dont le montant avoisinerait 800.000 euros, n'a pas étonné grand monde.

La négligence est telle que les chèques étaient laissés sans surveillance dans les bureaux pendant de longues semaines, au vu et au su de tout le monde. Bien que 80% des sommes distraites aient été remboursées par l'assurance, la direction n'a pas hésité à réclamer à des dizaines d'adhérents de payer une deuxième fois leur cotisation, sous prétexte que leur premier versement avait été détourné ! Pourtant, avec ses 4 milliards d'euros de réserves, soit l'équivalent de douze années de prestations, on ne peut pas dire que la Cipav soit au bord de l'apoplexie financière.

> Comment faire le bilan de ses points de retraite .

Condamnations pour deux dirigeants

Comme si tout cela ne suffisait pas, deux des capitaines de ce bateau ivre, Jean-Marie Saunier et François Durin, viennent d'être condamnés à deux mois de prison avec sursis et respectivement 15.000 et 12.000 euros d'amende, dans une procédure de plaider coupable à la française. Ils avaient tout simplement «oublié» d'appliquer la procédure de mise en concurrence dans une série d'appels d'offres représentant plusieurs millions d'euros de marchés, dont celui de la rénovation du système informatique.

Etonnamment, la Cipav n'a pas jugé utile de se porter partie civile dans cette affaire. «Les dirigeants ont agi de la sorte pour gagner du temps», justifie l'actuel directeur, Olivier Selmati. Avant d'atterrir à ce poste, ce dernier a piloté une mission de contrôle de l'institution... qui n'avait rien remarqué. Du coup, l'un des condamnés, Jean- Marie Saunier, préside toujours la Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL), une structure qui regroupe de nombreuses caisses de retraites... parmi lesquelles se trouve la Cipav.

A en croire le nouveau directeur, tous ces dysfonctionnements ne seraient que de la vieille histoire. Et la maison, enfin sensibilisée au mal que son incurie provoque, ferait désormais beaucoup d'efforts pour essayer d'améliorer les choses.

Un exemple ? Afin de répondre plus rapidement à ses usagers, elle a récemment demandé à la Mutualité sociale agricole (MSA) de mettre à sa disposition l'un de ses centres d'appels téléphoniques. Désormais, les retraités à qui la Cipav oublie de verser leur pension et les cotisants à qui elle réclame indûment des sommes énormes auront un numéro de téléphone à composer pour se plaindre. C'est incontestablement un progrès..

 

 

 

12 04 16 Les chiffres qui révèlent l'angoisse des Français face à leur retraite

Le Figaro - Par Marie Théobald

LE SCAN ÉCO - Dans la cinquième édition de son baromètre sur les Français et la préparation à la retraite, Deloitte révèle que les Français épargnent en moyenne 1688 euros par an pour leur retraite.

La population vieillit. En 2060, 16,2% de la population française aura plus de 75 ans sur 74 millions de Français. Le système de financement est à bout de souffle. La branche vieillesse de la Sécu est toujours en déficit et les régimes de retraite complémentaire des salariés et cadres Agirc-Arcco viennent d'être sauvées in extremis. «La question de la pérennité de notre régime de retraite va sans aucun doute être au cœur des débats pendant les prochains mois. Les efforts d'épargne individuelle sont encore trop justes, il faut d'une part combler la carence d'information des Français pour s'y préparer de manière plus avisée, et que les acteurs et pouvoirs publics les aident en faisant évoluer le système et les dispositifs», commente Hugues Magron, Associé Conseil secteur assurances et protection sociale chez Deloitte. Deloitte a réalisé pour la cinquième fois, son baromètre sur les Français et leur retraite après avoir interrogé 4000 Français de 25 ans et plus, actifs ou retraités.

• Les Français sont inquiets du montant de leur retraite

75% des actifs interrogés sont inquiets du montant de leur pension future. La plupart d'entre eux (77% des actifs interrogés) estiment qu'ils auront besoin de compléter leur retraite par des ressources supplémentaires pour s'assurer un niveau de vie suffisant (activité rémunérée ou autre).

Symbole de leur inquiétude, les Français qui épargnent pour la retraite mettent en moyenne 1688 euros de côté par an pour leur retraite. Les futurs retraités anticipent un manque de ressources financières à la retraite représentant près d'un tiers de leur pension future... La préparation à la retraite est le premier motif d'épargne des actifs.

• Mais un peu moins dans le secteur public

Néanmoins on est moins inquiet dans la fonction publique (59%) que dans le secteur privé (64%). 15% des personnes interrogées dans le secteur privé pensent à exercer une activité rémunérée au cours de leur retraite afin de s'assurer d'un niveau de vie suffisant contre 9% dans le secteur public.

• Ils ne croient pas aux acteurs du systèmes...

42% des personnes interrogées ne font confiance à aucun acteurs dépositaires du système de retraite actuel (Sécu, mutuelles, institutions financières, Etat, syndicats, etc.).

• et manquent de connaissance

Seulement 14% des actifs sondés connaissent leurs droits à la retraite et les sujets économiques d'ordre général. Cette expertise se concentre principalement sur les hommes âgés de plus de 45 ans et appartenant à la CSP+. C'est généralement à partir de 40 ans que les Français commencent à se préoccuper de leur retraite.

En outre, plus de la moitié des actifs n'ont pas de vision claire des produits d'épargne disponibles. D'ailleurs, lorsque qu'ils choisissent un établissement pour gérer leur épargne, l'accessibilité et le conseil sont les deux premiers critères. Conséquence de cette opacité du système, la moitié des futurs retraités se tournent vers internet pour s'informer.

• Ce qu'ils recherchent quand ils épargnent

Lorsqu'ils choisissent un produit d'épargne, 59% des actifs recherchent le rendement. L'assurance vie, le plan d'épargne logement et les comptes sur livret sont les trois produits d'épargne privilégiés, selon Deloitte.

• Perspectives d'avenir

Pour la suite, 55% des Français estiment que, le système de retraite français finira par se transformer pour aller vers une retraite par capitalisation où chacun épargnera pour sa propre retraite.

 

 

 

13 04 16 Le gouvernement allemand débat d’une réforme des retraites

Les Echos

Thibaut Madelin

Confrontés à la chute de leur popularité, le SPD et la CDU veulent faire des retraites un thème clef. Objectif : stopper l’érosion des pensions.

Quinze ans après la grande réforme des retraites du chancelier Gerhard Schröder, l’Allemagne redoute un essor de la pauvreté chez les vieux et veut ajuster le tir. « Le niveau de la retraite générale ne doit pas baisser davantage mais doit être stabilisé au niveau actuel », a déclaré cette semaine le vice-chancelier social-démocrate (SPD) Sigmar Gabriel. Si la CDU de la chancelière Angela Merkel n’est pas prête à le suivre, il veut en faire un thème de campagne pour les élections de 2017.

Ce n’est pas comme si la grande coalition au pouvoir aie négligé les 20 millions de retraités allemands. Au 1erjuillet, ceux-ci bénéficieront de la plus forte hausse en 23 ans - jusqu’à 5,95% selon les régions. Par ailleurs, le gouvernement a donné un coup de pouce aux mères retraités et réduit l’âge du départ à la retraite pour certaines catégories d’employés. Enfin, la ministre des Affaires sociales Andrea Nahles veut présenter cette année un projet de retraite « solidaire » pour les plus démunis.

Revers

Mais, après les revers des élections régionales de mars, les deux partis du gouvernement sont confrontés à une chute spectaculaire de leur popularité et cherchent la parade. Dans une enquête d’opinion INSA publiée lundi, le SPD est tombé à 19,5 % d’intentions de vote, soit quatre points de moins qu’il y a un an. La CDU et son alliée bavaroise, la CSU, ont carrément dévissé à 31,5 %, soit près de dix points de moins sur un an.

Les deux camps souffrent de la crise des réfugiés, qui profite essentiellement au parti populiste AfD. Dans un pays vieillissant, ils veulent faire de la retraite un thème central. Pour l’heure, ils en sont au diagnostic. Selon les prévisions officielles, le niveau des retraites devrait passer de près de 48% des revenus moyens, actuellement, à 44% en 2030 et 40% dix ans plus tard. Le SPD veut stopper cette érosion, tout comme l’aile gauche de la CDU ainsi que la CSU.

Mais atteindre ce but, comme le souhaitent aussi les syndicats, risque de coûter plusieurs dizaines de milliards d’euros et de faire bondir les cotisations retraites. Celles-ci s’élèvent aujourd’hui à 18,7 %. Elles pourraient ainsi exploser à plus de 24 % du salaire brut, selon la « Frankfurter Allgemeine Zeitung ». Or réduire les coûts du travail tout en sauvegardant le système par répartition était précisément l’objectif de Gerhard Schröder. Quinze ans plus tard, le gouvernement pourrait également revenir sur le dispositif de retraite par capitalisation introduit par l’ancien ministre des Affaires sociales Walter Riester. « La retraite Riester est morte », affirme Horst Seehofer, le président de la CSU

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/monde/europe/021839576900-le-gouvernement-allemand-debat-dune-reforme-des-retraites-1213667.php?ACYS3UOFkRpdtUqr.99

Revue de Presse semaine 14

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 14

 

 

SOMMAIRE

05 04 16 L’emploi des séniors

05 04 16 Retraites complémentaires : importante baisse des pensions

07 04 16 « La catastrophe annoncée n’aura pas lieu » par Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, chargé des retraites

 

 

 

05 04 16 L’emploi des séniors

Le cercle des epargnants  - 5 avril 2016

Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) s’est réuni la semaine dernière. La réunion était consacrée à la « Transition emploi-retraite ». Les membres du Conseil ont planché sur le niveau et l’évolution de l’emploi, et du chômage des seniors en France. Ils ont étudié les dispositifs de cumul emploi retraite, sujet que nous avons abordé dans un précédent article (http://www.cercledesepargnants.com/le-cumul-emploi-retraite-en-expansion). Nous nous focaliserons davantage dans celui-ci sur le niveau d’emploi et de chômage des séniors, qui sont si importants pour notre croissance économique.

Des résultats qui offrent une lecture double

Tout d’abord, le taux d’activité des séniors (55-64 ans) atteint 50,7 % d’actifs en 2014. Plus précisément, 47 % occupent un emploi et 3,7 % sont au chômage. Il s’agit là d’un niveau record, puisqu’il faut remonter à 1975 pour retrouver un tel niveau. Présenté ainsi, on peut considérer que c’est là une bonne nouvelle. Mais, lorsqu’on compare ce chiffre avec nos partenaires européens, c’est moins brillant. Avec 50,7 %, la France se situe en effet au-dessous de la moyenne européenne. Cette dernière est de 52 % en 2014. Sur la tranche d’âge 55-59 ans, nous sommes au-dessus, avec un taux d’emploi de 67,8 % contre 65,7 %. Mais la tranche d’âge 60-64 ans nous pénalise fortement, 25,3 % contre 36,6 %. Pour rappel, les pays de l’Union se sont fixés un objectif en matière d’emploi des séniors. En mars 2000, lors du Conseil européen de Lisbonne, les membres de l’Union ont en effet adopté la stratégie dite de « Lisbonne ». L’objectif était de faire de l’UE « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde ». Le calendrier retenu était 2010. Et, parmi ces objectifs, le taux d’emploi des séniors devait atteindre 50 %. La France n’y est toujours pas.

Il faut tout de même reconnaître les progrès accomplis, tant nous partons de loin. Sur la période 2003-2014, le taux d’activité en France a ainsi augmenté de plus de 12 points. C’est même 17 points pour le taux d’emploi sur la période 2000-2014. Nous observons sur la période une double accélération. Une première entre 2000 et 2004, qui s’explique par l’arrivée des générations du baby-boom dans la tranche d’âge 55-59 ans. Les générations du baby-boom ont un taux d’activité élevé, ce qui mécaniquement améliore le ratio dans la tranche d’âge concernée. Une seconde accélération en 2008, que le COR attribue à des restrictions de dispositifs de sortie du marché du travail, dues aux réformes des retraites. De manière générale, la dynamique, la progression des taux d’activité ou d’emploi, se retrouvent dans les pays de l’Union. Entre 2000 et 2014, le taux d’emploi des 28 est passé de 36,9 % à 51,8 %. Il existe des disparités assez fortes entre pays. D’une manière générale, les pays scandinaves et l’Allemagne font figure de bon élève (74,0 % pour la Suède ; +28 points pour l’Allemagne).

En comparaison avec la France, là où les progrès européens sont les plus décisifs, ce sont sur la tranche d’âge 60-64 ans. Le taux d’emploi a progressé sur cette tranche et représente 36,6 %. Si bien que 60 ans n’apparaît plus comme « l’âge décisif ». C’est vrai pour les deux sexes, qui progressent de manière assez homogène (+13 et +15 points). La France, avec 25,3 %, accuse alors plus de 11 points de retard. Les effets des réformes tardent à produire leurs effets. Nous l’avons vu récemment (http://www.cercledesepargnants.com/les-effets-des-reformes-sur-le-systeme-des-retraites), la retraite anticipée pour carrière longue explique pour une bonne partie ce résultat. Contrairement au reste de l’Europe, le taux d’emploi des séniors à niveau de diplôme élevé est inférieur de 6 à 7 points sur la tranche 55-64 ans. Ce qui montre qu’indépendamment du problème de formation, qui concerne traditionnellement les séniors les moins diplômés, c’est aussi le rôle et la place accordés aux « séniors » (y compris diplômés) dans le monde de l’entreprise qui est à repenser, surtout par de la formation, vraiment adaptée et vraiment permanente.

 

 

 

05 04 16 Retraites complémentaires : importante baisse des pensions

Europe n°1 -Salomé Legrand

Le récent accord sur les retraites complémentaires pourrait entraîner une perte allant jusqu'à 17% de son montant pour les cadres.

Cotiser autant pour toucher moins. La dernière simulation du COR, le conseil d'orientation des retraites, va faire grincer des dents. Dévoilée mardi par Le Figaro, elle montre que l'accord sur les retraites complémentaires AGIRC-ARCCO conclu il y a six mois est synonyme de pertes conséquentes pour les futurs retraités. Pire, cela devrait être de plus en plus important au fil des générations.

Décote de 10%. Cet accord devait sauver le système en créant un bonus-malus pour inciter à travailler plus longtemps. Concrètement, un salarié qui part à la retraite dès qu’il a assez cotisé au régime de base voit sa pension complémentaire baisser de 10% pendant trois ans. A l'inverse, plus il continue à travailler après l’âge légal moins sa pension est impactée. La dernière simulation montre cependant une situation un peu différente. L’objectif des mesures est donc de décaler le départ à la retraite des salariés et des cadres affiliés à l'Agirc et à l'Arrco, mais le conseil d'orientation des retraites doute que cette mesure soit réellement efficace. Selon lui, si l'effet de la décote de 10% est important à court terme, une fois toutes les pensions prises en compte, un cadre aurait simplement besoin de décaler son départ d'un mois et un salarié de deux semaines pour effacer la différence.

Baisse importante. On s’aperçoit en effet que cette pension sera en baisse quoiqu’il arrive. Par exemple, un cadre né en 1959 et qui souhaite partir à la retraite dès l’âge légal perdra environ 14,5% de sa pension complémentaire. Et s’il continue à travailler pour éviter le malus, il perdra quand même 4,5% de pension. Au fil des générations la différence sera de plus en plus importante. Les cadres nés en 1990 pourront perdre entre 8 et 17% du montant de leur retraite complémentaire. Enfin, si jusqu’à présent la première pension de retraite d'un salarié n’était jamais inférieure à 2/3 à son dernier salaire, ce seuil pourrait être passé d’ici 15 à 20 ans.

 

 

 

07 04 16 « La catastrophe annoncée n’aura pas lieu » par Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, chargé des retraites

Recueilli par Nathalie Birchem,  - La Croix

Il est caricatural de laisser penser que les pensions de l’ensemble des retraités pourraient baisser jusqu’à 18 %, comme on l’a entendu ces derniers jours. La catastrophe annoncée n’aura pas lieu. Il y a eu beaucoup de confusion autour de ce chiffre, qui émane d’une note du Conseil d’orientation des retraites (COR) publiée dans la presse.

Du fait des différentes réformes réalisées pour équilibrer les régimes de retraite, il y a effectivement un effort demandé sur les pensions. Mais il sera mesuré. En particulier, en octobre 2015, les partenaires sociaux, qui gèrent les retraites complémentaires, ont signé pour garantir leur équilibre de l’Agirc et de l’Arrco.

Je rappelle que ces deux caisses, qui n’ont pas la possibilité d’emprunter, auraient été en déficit en 2018 pour la première et en 2023 ou 2024 pour la seconde. Ce qui signifie que, sans ces décisions, nous aurions été obligés de diminuer la valeur nominale des pensions pour équilibrer les régimes.

Nous avons donc décidé une série de mesures, dont l’adoption provisoire, pendant trois ans seulement, d’une décote de 10 % des pensions de ceux qui ne prolongent pas leur activité au-delà de l’âge légal de départ à la retraite. Je rappelle que d’une part ce « coefficient de solidarité » ne s’applique pas aux retraités modestes, ceux qui sont exonérés de CSG, et que, d’autre part, il disparaît dès qu’on prolonge l’activité pendant un an. Au-delà, le malus se transforme même en bonus.

Cette mesure, ajoutée à d’autres, comme la désindexation et un nouveau calcul de la valeur du point, aboutira non pas à une baisse de la valeur nominale de la pension de retraite, mais, pour certains retraités seulement, à une baisse relative de la pension complémentaire, et uniquement celle-là, par rapport à ce qu’aurait été cette pension complémentaire sans réforme.

Le COR a calculé que pour un cadre né en 1959 qui choisirait de ne pas prolonger son activité, cela représente une perte pendant trois ans de 14,5 % de la pension complémentaire. Pour un non-cadre né en 1990, le COR dit que ça grimperait à près de 18 %, mais cette projection n’a pas de sens car beaucoup de choses vont bouger d’ici là. En particulier, la décote n’existera vraisemblablement plus. Et je répète qu’on parle bien de la seule part complémentaire, et uniquement des personnes concernées par la décote. Bref, il y a des raccourcis totalement faux.

En revanche, il est vrai que les réformes des dernières décennies, et pas seulement celle d’octobre 2015, aboutiront à diminuer le taux de remplacement, c’est-à-dire le rapport entre la première pension servie et le dernier salaire dans le futur. Un effort devra donc être fait, mais non dans les proportions qu’on nous annonce.

Recueilli par Nathalie Birchem

Revue de presse semaine 12

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 12

 

 

SOMMAIRE

21 03 16 La France remet (doucement) ses seniors au travail

24 03 16 Retraites complémentaires : le déficit a légèrement diminué en 2015

24 03 16Le cumul emploi-retraite plébiscité par les médecins libéraux

05 03 16 Retraite des couples : halte aux idées reçues sur la pension de réversion !

 

 

 

21 03 16 La France remet (doucement) ses seniors au travail

Arnaud Lavorel - L’Opinion

Depuis le début des années 2000, la France a beaucoup amélioré le taux d’emploi de ses seniors mais étant partie de très bas, ses performances restent inférieures à la moyenne européenne

La transition entre l’emploi et la retraite est le thème de la prochaine réunion plénière du Conseil d’orientation des retraites, le 30 mars. L’occasion de faire le point sur les progrès réalisés en matière d’emploi des seniors en France comme dans le reste de l’Europe.

Avec 50,7 % d’actifs en 2014 (47 % en emploi et 3,7 % au chômage), le taux d’activité des seniors en France n’a jamais été aussi élevé en quarante ans. Le taux d’emploi des 55-64 ans a progressé quasiment partout en Europe au cours des quinze dernières années, en passant de 37 % en 2000 à 52 % en 2014. Dans ce contexte, la France ne figure donc pas encore parmi les bons élèves : elle est en dessous de la moyenne et n’a pas atteint l’objectif de la moitié des 55-64 ans en emploi fixé dans la stratégie de Lisbonne pour 2010.

A vrai dire, la France reste une exception à plusieurs égards. Elle a un taux d’emploi plus faible que la moyenne européenne aussi bien chez les jeunes que chez les seniors. Une situation qui, pour les seniors, est due à la forte baisse du taux d’emploi au tournant des 60 ans, puisqu’avant cet âge, le taux d’emploi des « jeunes » seniors est même supérieur à la moyenne (près de 68 %, contre 66 % en Europe). La baisse du taux d’emploi avec l’âge est générale mais en Europe, l’âge décisif de la cessation d’emploi n’est plus 60 ans mais plutôt 64 ans sous l’effet des réformes prises au cours des dernières années.

La barrière des 60 ans reste debout. Pour les hommes comme pour les femmes, c’est d’ailleurs le taux d’emploi à l’âge de 60 ans qui a le plus progressé en Europe (près de 20 points pour les hommes et 25 pour les femmes). Le taux d’emploi des Européennes de 55 à 59 ans a progressé en moyenne de 18 points, notamment sous l’effet de la fermeture progressive des dispositifs dérogatoires leur permettant de partir plus tôt à la retraite dans certains pays (Italie et Royaume-Uni). En France aussi la progression rapide chez les femmes de cet âge (+22 points) et globalement le taux d’emploi des seniors a même progressé plus rapidement que la moyenne européenne. Mais la barrière des 60 ans demeure, bien qu’atténuée par le recul de l’âge légal décidé en 2010.

Autre originalité française : on observe un décrochage du taux d’emploi des actifs les plus qualifiés notamment chez les hommes lorsqu’ils atteignent la soixantaine. Ainsi, le taux d’emploi des Français faiblement qualifiés est quasiment identique à la moyenne européenne entre 55 et 64 ans (un peu moins de 38 %) mais celui des seniors très qualifiés est inférieur de 7 points à cette moyenne (62 % contre 69 %). Une situation qui, là encore, se vérifie surtout après 60 ans.

Le faible impact de la réforme de 2014. En allongeant la durée de cotisation pour bénéficier d’une retraite entière à partir de 2020 sans toucher à l’âge légal, la dernière réforme de 2014 ne risquait pas de modifier sensiblement la donne. L’OCDE rappelle ainsi qu’en l’absence de nouvelle réforme, les Français qui intègrent aujourd’hui le marché du travail à 20 ans partiront à la retraite vers 63 ans, au lieu de 61 aujourd’hui contrairement à la majorité des autres pays de l’OCDE où cet âge demeurera 65 ans, voire passera à 67 ans.

La réforme de 2014 a néanmoins assoupli un mécanisme comme la retraite progressive qui peut inciter les actifs à partir un peu plus tard en permettant une diminution de l’activité professionnelle par palier : l’assuré travaille à temps partiel tout en percevant une partie de sa retraite en continuant d’acquérir des droits. Créé en 1988, ce dispositif n’avait jamais décollé. Cela semble changer puisque le nombre de bénéficiaires a plus que doublé en 2015. Mais avec seulement 0,6 % des retraites attribuées en 2015, on est encore loin d’une révolution culturelle.

 

 

 

24 03 16 Retraites complémentaires : le déficit a légèrement diminué en 2015

Par latribune.fr

Le déficit de l'Arrco ( salariés du privé) s'est aggravé à 1,532 milliard en 2015, contre 1,142 milliard un an plus tôt. Celui de l'Agirc (cadres) s'est quant à lui réduit.

Le déficit des régimes de retraites complémentaires Agirc-Arrco (cadres et salariés) a atteint 3,02 milliards d'euros l'année dernière, contre 3,15 milliards d'euros en 2014.

"Les mesures prises par les partenaires sociaux dans le cadre des accords paritaires ont permis de stabiliser" le déficit global des régimes de retraites complémentaires Agirc-Arrco, assurent les deux organismes, dans un communiqué publié mercredi 23 mars.

Le déficit des régimes de retraites complémentaires Agirc-Arrco est passé à 3,02 milliards d'euros en 2015. Dans le détail, l'Agirc (cadres) affichait un déficit de 1,487 milliard d'euros en 2015, en réduction d'un peu plus de 500 millions par rapport à 2014 (2 milliards). Le déficit de l'Arrco (salariés du privé) s'est en revanche aggravé à 1,532 milliard en 2015, contre 1,142 milliard un an plus tôt.

Le déficit des retraites complémentaires Agirc-Arrco atteignait 3,15 milliards d'euros au total en 2014.

Accord en octobre pour inciter les salariés à travailler plus longtemps

Pour rappel, le patronat et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) ont entériné fin octobre un accord pour inciter les salariés à travailler plus longtemps, avec un système de bonus-malus, poursuivre la moindre revalorisation pendant trois ans et créer un nouveau régime réunissant l'Agirc et l'Arrco. Pour 2016, les partenaires sociaux ont acté une sous-revalorisation des pensions. Celles-ci seront en effet revalorisées d'un point de moins que l'inflation

 

 

 

24 03 16Le cumul emploi-retraite plébiscité par les médecins libéraux

Par AFP ,

Paris, 24 mars 2016 - Le nombre de personnes cumulant emploi et retraite n'a cessé d'augmenter depuis 2004 au sein des professions libérales, en particulier chez les médecins qui représentent 35% d'entre elles, révèle jeudi une étude de la Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL).

"Le cumul emploi-retraite s'est véritablement développé au sein des professions libérales suite à la réforme de 2003" et concerne en 2015 près de 30.000 personnes contre environ 1.650 en 2003, écrit dans un document la CNAVPL qui fédère dix caisses de retraite des professions libérales.

La réforme Fillon de 2003 a permis, sous conditions, de cumuler revenus professionnels et pensions de retraite, entraînant une "croissance importante" des professionnels libéraux en situation de cumul, souligne la CNAVPL.

Pour les affiliés de la CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France), la possibilité à compter du 1er janvier 2009, de cumuler, intégralement, revenu d'activité et pension de retraite a entraîné une importante augmentation du nombre de médecins en cumul emploi-retraite.

Entre 2009 et 2010, il a doublé, passant de 1.900 à 3.800, pour atteindre 10.650 en 2015, dont 7.107 ont entre 66 et 70 ans, détaille l'étude.

La CARMF, qui représente 20% des allocataires du régime de base de la CNAVPL, apporte ainsi plus de 35% des personnes en situation de cumul emploi-retraite, souligne le rapport.

La CARMF et la CAVEC (Caisse de retraite des experts-comptables et commissaires aux comptes) ont une "proportion de cumulants, parmi les allocataires de droit direct, égale à environ le double de la proportion de l'ensemble des professions libérales", constate le rapport.

Les revenus des médecins en situation de cumul emploi-retraite pour la tranche d'âge entre 61 et 70 ans représentent en moyenne plus de 80% de ceux des cotisants qui n'ont pas liquidé leur retraite.

Concernant les allocations, les affiliés de la CARMF en cumul emploi-retraite ont une pension 21% supérieure en moyenne à celles des médecins non-cumulants pour les mêmes tranches d'âge. Cette différence pourrait s'expliquer par des carrières plus longues et plus rémunératrices, notamment, chez ceux qui optent pour le cumul.

 

 

 

25 03 16 Retraite des couples : halte aux idées reçues sur la pension de réversion !

capital - 25/03/16 à 18:36

Au décès d’un assuré, tous les régimes de retraite de base et complémentaires prévoient le versement d’une pension de réversion, égale à une portion de la retraite du défunt : 50 %, 54 % ou 60 % selon les régimes. Les conditions d’attribution varient sensiblement d’un régime à l’autre. Et il n’est pas toujours facile d’y voir clair… D’autant plus que de nombreuses idées reçues ont la vie dure ! En voici 8, passées au détecteur de mensonge.

Les pensions de réversion ne concernent que les femmes : FAUX

Même si les femmes sont actuellement les principales bénéficiaires des pensions de réversion – 89 % des bénéficiaires sont des femmes -, car elles vivent plus longtemps que les hommes et sont généralement plus jeunes que leurs époux, les pensions de réversion ne leur sont pas réservées. Ce droit est ouvert aux femmes comme aux hommes.

Tous les couples stables peuvent prétendre à une pension de réversion : FAUX

Ce droit n’est ouvert qu’aux couples mariés, y compris aux couples de même sexe. Quelle que soit la durée de leur vie commune, les partenaires de Pacs et les concubins même notoires ne peuvent prétendre à rien, même s’ils ont eu des enfants ensemble.

Il faut avoir été marié pendant une durée minimum : PLUTÔT FAUX

Dans la quasi-totalité des régimes de retraite, vous pouvez prétendre à une pension de réversion quelle que soit la durée de votre mariage avec votre conjoint décédé. Toutefois, dans la fonction publique ainsi que dans le régime complémentaire des agents non titulaires (Ircantec), si vous n’avez pas eu d’enfants avec votre conjoint décédé, vous ne pourrez prétendre à une pension de réversion que si vous avez été marié pendant au moins 4 ans. A défaut, vous pourrez quand même percevoir une pension de réversion s’il avait accompli, depuis la date de votre mariage, au moins deux ans de services avant sa cessation d’activité. De même, dans la plupart des régimes complémentaires des professions libérales, une durée minimum de deux ans de mariage est exigée, si vous n’avez pas eu d’enfant avec votre conjoint décédé.

La durée de mon mariage a une incidence sur le montant de la pension de réversion : PLUTÔT FAUX

Que votre mariage ait duré 6 mois, 5 ans, 20 ans ou davantage, le montant de la pension de réversion à laquelle vous pouvez prétendre sera le même. Sauf dans un cas : si votre conjoint avait déjà été marié avant de vous épouser. La pension sera alors partagée au prorata de la durée respective de chaque mariage. Avec le distinguo suivant :

- pour les pensions versées par les régimes de base, le partage est effectué entre tous les les ex- conjoints même s’ils sont remariés.

- pour les pensions versées par les régimes complémentaires, le partage est effectué uniquement entre les ex-conjoints non remariés.

Je n’ai pas le droit à une pension de réversion si je perçois une retraite à titre personnel : FAUX

La perception d’une retraite personnelle ne vous interdit pas de percevoir une pension de réversion au décès de votre conjoint. Mais dans la mesure où dans les régimes de base le versement d’une pension de réversion est soumis à condition de ressources, il se peut que vous ne touchiez rien ou que son montant soit réduit si vous dépassez le plafond de ressources.

Si mon conjoint ou ex-conjoint est retraité, la pension de réversion me sera automatiquement versée à son décès : FAUX

Même si vous avez informé la caisse de retraite du décès de votre conjoint, le versement de la pension n’est pas automatique. Il faut expressément en faire la demande.

Si l’ex-épouse de mon mari décède, je vais récupérer sa part : VRAI ET FAUX

Dans les régimes de base, si un des bénéficiaires de la pension de réversion décède, une nouvelle répartition est effectuée : la part de l’ex-conjoint décédé est répartie entre les bénéficiaires restant. En revanche, dans les régimes complémentaires Arrco et Agirc, la part des bénéficiaires décédés n’est pas réattribuée.

Si je me retrouve veuve ou veuf avant 55 ans, je n’ai pas le droit à la pension de réversion : PLUTÔT VRAI

Vous ne pouvez pas toucher les pensions des différents régime de base avant 55 ans, sauf dans la fonction publique où le veuve ou la veuve d’un fonctionnaire peut toucher sa pension quel que soit son âge au décès de son conjoint. Mais si vous avez au moins deux enfants à charge au moment du décès de votre conjoint, vous pouvez percevoir immédiatement les pensions versées par les régimes complémentaires de salariés, Arrco et Agirc.

Nathalie Cheysson-Kaplan

Revue de Presse semaine 11

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 11

 

 

SOMMAIRE

18 03 16 France: le taux d'emploi des seniors retrouve son niveau de la fin des années 70

 

 

 

18 03 16 France: le taux d'emploi des seniors retrouve son niveau de la fin des années 70

AFP

Le taux d'emploi des seniors en France a "quasiment" retrouvé en 2014 son niveau de la fin des années 70, mais reste inférieur à la moyenne européenne, souligne vendredi dans un rapport le Conseil d'orientation des retraites (COR).

En 2014, le taux d'emploi des 55-64 ans était de 46,9% en France contre 51,9% en moyenne dans les 28 pays de l'Union européenne, selon les chiffres de l'Office européen des statistiques Eurostat, cités par le COR chargé de faire des propositions pour assurer la solidité financière des régimes de retraite.

Mais "lorsqu'on neutralise les effets de structure par âge, la progression du taux d'emploi des 55-64 ans entre 2000 et 2014 est supérieure en France à la moyenne des pays de l'Union européenne", remarque le COR.

Entre 2000 et 2014, le taux a progressé en France de plus de 17 points, (passant de 29,9% à 46,9%), soit une progression plus importante que la moyenne de l'Union européenne (+15 points), pointe le rapport.

Le document qui compare également la situation en fonction des diplômes démontre que les seniors français les plus qualifiés sont moins souvent en emploi que dans le reste de l'UE. Le taux d'activité des 55-64 ans disposant d'un niveau de diplôme "moyen" et "élevé" y est plus bas de 6 et 7 points ( 47,4% et 61,5%) par rapport aux autres pays européens

Revue de presse semaine 10

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 10

 

 

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08 03 16 Retraite progressive: mal connu, le dispositif ne compte que 5.000 bénéficiaires

 

 

 

08 03 16 Retraite progressive: mal connu, le dispositif ne compte que 5.000 bénéficiaires

LE PARISIEN

Seules 5.000 personnes environ bénéficiaient fin 2015 de la retraite progressive, qui permet aux plus de 60 ans de toucher une partie de leur pension en travaillant à temps partiel, le dispositif restant mal connu, selon une étude de la Cnav publiée mardi.

Dans le détail, la Caisse nationale d'assurance vieillesse recensait "5.208 bénéficiaires à fin décembre 2015", dont 63,5% de femmes, pour un âge moyen de 62 ans et 7 mois.

Grâce à ce dispositif, à partir de 60 ans, et à condition d'avoir validé 150 trimestres de cotisation, les salariés peuvent toucher une fraction de leur retraite en poursuivant une activité à temps partiel, et donc en continuant à cotiser pour améliorer le montant de leur retraite définitive.

Par exemple, un salarié ne travaillant plus qu'à 65% perçoit ainsi 35% de sa retraite, tout en cotisant.

L'activité salariée ne peut pas être supérieure à 80% de la durée légale du travail, ni inférieure à 40%.

En moyenne, le montant mensuel d'une pension progressive versée par le régime général s'élève à 403 euros par mois. Chez les hommes, ce montant moyen atteint 438 euros, contre 382 euros pour les femmes.

"Mis en place en 1988, ce dispositif reste peu connu", commente la Cnav, rappelant que la dernière réforme des retraites en a simplifié les conditions d'accès, dans le but de le rendre "plus attractif".

Un décret paru fin 2014 a ainsi instauré la possibilité de partir en retraite progressive avant l'âge légal de départ à la retraite (62 ans), ce qui explique en grande partie l'augmentation des attributions constatée en 2015.

Ainsi, 3.871 retraites progressives ont été attribuées (contre 1.502 en 2014), un chiffre en hausse de 158%, mais qui "reste encore marginal par rapport aux attributions de retraites personnelles", souligne la Cnav.

En 2015, la part des départs en retraite progressive par rapport à l'ensemble des départs n'est que de 0,6% (contre 0,3% en 2014)

Revue de presse semaine 09

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 09

 

 

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29 02 16 Projet de loi Macron : toute la retraite supplémentaire doit être concernée selon l'Institut de la protection sociale

 

 

 

29 02 16 Projet de loi Macron : toute la retraite supplémentaire doit être concernée selon l'Institut de la protection sociale

Par NICOLAS THOUET -

Alors que le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a annoncé qu'il allait présenter un projet de loi destiné à assouplir la norme prudentielle applicable aux dispositifs d'épargne retraite souscrits dans un cadre professionnel (Article 39, 83, Madelin), l'Institut de la protection sociale (IPS) demande à ce que cet assouplissement concerne tous les contrats liés à la retraite supplémentaire.

L'institut de la protection sociale (IPS) exige que tout les régimes de retraite supplémentaire soient soumis à la norme IORP

Une bouffée d’oxygène. Voilà comment l’Institut de la protection sociale (IPS) définit l’assouplissement annoncé, le 17 février dernier par le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, du cadre prudentiel de l’épargne retraite en France. Dans un communiqué sur les retraites supplémentaires, le think tank rappelle que Solvabilité 2 est une norme inadaptée aux régimes de retraite. « Les organismes de retraite concernés se trouvent – avec l’application de Solvabilité 2 – contraints à une gestion d’actifs à courte vue, totalement inadaptée à leurs engagements qui s’établissent à plus de 15 ans », précise Michel Clerc, directeur général de la mutuelle Médicis.

EVITER LA PÉNALISATION DU MARCHÉ FRANÇAIS

De fait, pour l’IPS, replacer les retraites françaises au sein de l’autre directive européenne (IORP), comme l’entend Emmanuel Macron, aurait plusieurs avantages. Tout d’abord, cela évitera les risques de concurrence déloyale entre opérateurs soumis à des contraintes prudentielles différentes. Ensuite, cette réforme pourrait conduire les investisseurs institutionnels concernés à viser des horizons de placement plus longs.

ETENDRE LE PROJET DE LOI AU PERP

Pour autant, si les 130 Md€ d’encours pris en compte dans le projet de loi Macron ne concernent aujourd’hui que les contrats à cotisations et prestations définies, ainsi que les contrats Madelin, l’IPS insiste pour que l’assouplissement s’étende aux autres produits de retraite supplémentaire, notamment individuels. « D’autres systèmes de retraite, comme les Plans d’épargne retraite populaire (Perp) par exemple, sont soumis à la même problématique et risquent donc de subir la concurrence des fonds de pension étrangers s’ils restent soumis à la norme Solvabilité 2 », indique Sylvain Grégoire, membre de l’IPS et pilote du pôle d’expertise dédié à la réforme de l’épargne retraite.

En attendant le projet de loi présenté fin mars devant le Conseil des ministres, retrouvez plus d’informations sur le Fonds de retraite professionnelle supplémentaire (FRPS) voulu par le ministre de l'Economie, dans l’Argus de l’assurance N°7447, daté du 4 mars 2016

Revue de presse semaine 08

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 08

 

 

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23 02 16 Un retraité sur quatre perçoit une pension de réversion

 

 

 

23 02 16 Un retraité sur quatre perçoit une pension de réversion

M. Dagman

DOSSIER FAMILIAL

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Un retraité sur quatre perçoit une pension de réversion

Près de 4,3 millions de personnes vivant en France ou à l’étranger perçoivent une pension de réversion. La grande majorité des bénéficiaires sont des femmes de plus de 60 ans pour qui la réversion constitue un quart de leur retraite.

Versée aux époux ou ex-époux survivants, la pension de réversion est perçue par près d’un quart des retraités, indique une étude du 23 février de la Drees, l’antenne statistique du ministère des Affaires sociales. La grande majorité des bénéficiaires de cette pension sont des femmes de 60 ans ou plus.

Les veuves touchent 642 euros de pension de réversion en moyenne

En effet, la réversion - qui correspond au pourcentage du montant de la retraite auquel aurait eu droit le conjoint décédé – constitue une part non négligeable de la retraite des femmes (23 % du montant de leur pension, qu’elles touchent ou non une réversion). En moyenne, les veuves reçoivent 642 euros au titre de la pension de réversion, soit un montant plus de deux fois supérieur à celui perçu par un veuf (304 euros). « Les hommes bénéficiaient, avant leur décès, d’un niveau de pension direct plus élevé que les femmes, ce qui entraîne mécaniquement une pension de réversion versée aux femmes plus élevées », explique la Drees.

Réduction de l’écart entre la retraite des femmes et des hommes

Pour ces épouses ou ex-épouses, ce « droit dérivé », la réversion, représente près de la moitié de leur pension totale moyenne (avantages, accessoires ou minimum vieillesse inclus) contre 17 % pour les époux survivants. Ainsi, la pension de réversion « contribue à réduire l’écart entre leurs retraites et celles des hommes » note la Drees.

Notons également que pour près d’1,1 million de pensionnés, la réversion constitue l’unique pension de retraite. Comment l’expliquer ? Soit parce que ces retraités n’ont pas encore liquidé leurs droits directs, soit parce qu’ils n’ont acquis aucun droit ou pas suffisamment pour percevoir une rente directe. La quasi-totalité de ces personnes (96 %) sont des femmes, ajoute l’étude de la Drees.

Enfin, la part de la réversion dans la retraite des femmes diminue au fil des générations. Sa part était plus élevée pour les veuves des anciennes générations qui disposaient de droits directs plus faibles que pour les retraitées actuelles. Pour les femmes bénéficiaires d’une pension de réversion, au fil des années, la part du droit dérivé dans la pension totale est de plus en plus faible à âge donné, analyse la Drees. En raison de leur insertion plus grande sur le marché du travail et de l’amélioration de leurs carrières, elles perçoivent des droits directs de plus en plus élevés au fil des générations. À cela s’ajoute le fait qu’elles dépassent plus souvent le plafond de ressources et disposent donc de droits dérivés plus réduits, souligne l’étude

Revue de presse semaine 07

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 07

 

 

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15 02 16 Compte Personnel d'Activité... Et la retraite?

17 02 16 Retraites : travailler jusqu'à 63 ans en 2025 ?

 

 

 

15 02 16 Compte Personnel d'Activité... Et la retraite?

Huffington post  (blog) - Minetou Ndiaye

Consultante en assurance de personnes et protection sociale, membre du think tank Génération libre

L'accord sur le Compte Personnel d'Activité (CPA), signé lundi dernier, a réussi à faire l'unanimité: il ne satisfait personne, ni syndicats, ni patronat. Si l'individualisation des droits s'inscrit dans une logique de refonte progressive de notre système de protection sociale, le CPA ne vise, pour l'instant, que le rassemblement des comptes formation et pénibilité. Il ne résout pas un des sujets majeurs pour les salariés: la retraite.

Entre hausse du nombre de retraités en France et baisse des cotisants, le déficit des caisses de retraite n'a pas fini de se creuser. Et lorsque la retraite fait l'actualité, c'est désormais surtout pour aborder le déficit ou le gel des prestations. S'ajoute à cela l'inquiétude de la jeune génération qui rentre dans la vie active tardivement -les études s'allongent et les difficultés à accéder à un premier emploi se multiplient- et voit la durée de cotisation s'allonger sans cesse.

Aujourd'hui, l'alternative est claire : les gouvernements peuvent continuer à colmater les fissures au fil des réformes; ou, enfin, saisir l'opportunité de proposer un nouveau financement et une nouvelle approche. Une approche qui, cette fois-ci, tiendra compte des mutations sociales. Cela passe par une nouvelle façon d'appréhender le travail, le chômage et globalement la protection sociale (cf la note complète de GenerationLibre sur le sujet).

La retraite est morte, vive le compte personnel à vie!

L'une des solutions, prisée par des économistes tels que Thomas Piketty et Antoine Bozio, est le modèle suédois. Reposant sur un système à points, où la somme des pensions est proportionnelle aux cotisations versées, et sur un taux de cotisation modulable, le modèle suédois permet une individualisation des droits.

A l'heure où être retraité ne signifie plus être inapte, il est temps de permettre à chacun de travailler plus longtemps, de faire une pause pendant sa vie professionnelle, de choisir l'âge de sa retraite.

Couplée à cette individualisation du système de protection sociale, l'instauration d'un revenu universel permettrait de garantir à tous, retraités compris, un "filet de sécurité". Dans sa proposition de "LIBER", le think-tank GenerationLibre préconise de verser à chacun, de façon inconditionnelle, une allocation de base financée par l'impôt.

Gage d'autonomie et de sécurité, l'idée du revenu universel est discutée aux quatre coins du monde, France comprise! Le CNNum l'a évoqué dans son dernier rapport à Myriam El Khomri. Ce "revenu de base" ou "revenu d'existence" jouerait un rôle essentiel, comme "matelas de survie", dans une société où les indépendants se multiplient et alternent phase d'activité et d'inactivité. Ces mécanismes, désormais dans le débat public, invitent à repenser les notions traditionnelles de "retraite" et de "carrière".

En aurions-nous bientôt fini du triptyque étude/emploi/retraite?

Dans un monde qui évolue et qui ne nous attend pas, arrêterons de nous cacher derrière des mesurettes et entamons une réelle réflexion sur la notion même de "travail". Repenser le travail est une condition essentielle pour faire évoluer le débat sur la retraite.

D'abord, parce que le système de retraite actuel fonctionne avec des cloisonnements qui pénalisent la mobilité et l'employabilité des individus qui atteignent l'âge de la retraite. Autant de savoirs non optimisés...

Ensuite, parce que les mutations sociales et économiques poussent les Français à s'adapter et à envisager leur carrière professionnelle autrement. Aux carrières verticales, se substituent les expériences horizontales. La notion de "slasher" se répand et nombreux sont les jeunes qui cumulent plusieurs emplois souvent pour des raisons financières. L'"ubérisation" de l'emploi, et l'ère post-salariale qu'elle présage, remet en cause le modèle traditionnel. Le CDI, par exemple, "saint graal" de nos parents, perd du terrain.

Qu'attendons-nous pour réagir?Alors que notre fonctionnement actuel est en décalage avec les réalités socioéconomiques et que notre système est au bord du gouffre, des propositions concrètes et réalisables existent pour sortir de l'impasse. Si la protection sociale était fidèle à sa mission d'origine de réduction des inégalités, elle militerait pour sa propre transformation. Reste à savoir si l'Etat aura la volonté et le courage politique nécessaires pour s'y atteler.

Pour en savoir plus: retrouvez la note complète de GenerationLibre.

 

 

 

17 02 16 Retraites : travailler jusqu'à 63 ans en 2025 ?

La tribune

  Sans avancer de chiffrage, l'Institut Montaigne affirme que les effets d'un recul de l'âge de la retraite sont plus importants que ceux d'une augmentation de la durée de cotisation.

Dans un rapport publié mercredi, l'Institut Montaigne propose de rallonger la durée de cotisation et de faire converger les retraites du public avec celles du privé.

Travailler plus longtemps et aligner les régimes privés et publics de retraite sont les deux axes proposés mercredi 17 février par l'Institut Montaigne, think tank libéral, pour assurer l'avenir des retraites.

Malgré les réformes successives, six depuis 1993, la question du financement des retraites "n'est pas réglée" et "une nouvelle réforme sera nécessaire", estime l'Institut dans un document rendu public mercredi.

43 ans de cotisations

Premier axe : porter l'âge de départ à 63 ans (au lieu de 62) et la durée de cotisation à 43 ans en 2025. La loi de 2014 prévoit bien un allongement de la durée de cotisation, mais plus progressif, d'un trimestre tous les trois ans à partir de la génération 1958, jusqu'à 43 ans (172 trimestres) en 2035, soit pour les générations 1973 et suivantes.

Sans avancer de chiffrage, l'Institut Montaigne, créé par l'homme d'affaires Claude Bébéar en 2000, affirme que les effets d'un recul de l'âge de la retraite sont plus importants que ceux d'une augmentation de la durée de cotisation.

Toutefois, le taux d'emploi des 55-64 ans en France reste faible (48,9%), contre 66,1 % pour la moyenne des pays de l'OCDE, selon des données de l'organisme.

Vers la fin des régimes spéciaux ?

Deuxième axe de réflexion : l'institut propose de faire converger davantage les régimes publics et privés. Différentes réformes ont rapproché les situations mais il reste, selon le think tank, la question du "calcul des droits". La pension de retraite des agents de l'Etat et des bénéficiaires de la plupart des régimes spéciaux est calculée sur les six derniers mois, alors que celle des salariés du privé l'est sur les 25 meilleures années.

L'Institut Montaigne suggère un alignement rapide, pour toutes les personnes à plus de sept ans de la retraite. Un tel rapprochement des régimes répond à un objectif financier mais est aussi "la condition de l'acceptation d'efforts partagés par tous".

Dans le collimateur de l'Institut, figure aussi la prise en compte de la pénibilité, qui peut permettre un départ anticipé à la retraite, "un piège politique" auquel "il faudrait avoir le courage de renoncer purement et simplement", au profit du développement de prévention

Revue de presse semaine 05

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 05

 

SOMMAIRE

02 02 16 Retraite : ces seniors qui continuent à travailler

04 02 16 Privatisations, fonctionnaires, retraites, dépenses : le plan choc de Nicolas Sarkozy

02 02 16 Retraite : ces seniors qui continuent à travailler

FRANCE 2Francetv info

Plus de 400 000 personnes cumulent aujourd'hui une pension et un emploi. Le chiffre est en constante augmentation.

À 75 ans, Jacques Balian est toujours au travail. Avec sa femme, il a monté son entreprise de transport dans l'Yonne, il y a 40 ans, et pas question de s'arrêter. Avec son taxi, il parcourt parfois quelques centaines de kilomètres par jour, mais cela lui va bien. "Plus je roule, mieux je me porte (...). Qu'est-ce vous voulez que je fasse à la maison ?", témoigne-t-il. "Si je m'arrête, je vais voir que des vieux", ironise le chauffeur. Au volant de son autobus, son épouse Jeanine ne ressent pas non plus le poids des années."On a des visites médicales tous les ans. On fournit nos analyses, on regarde nos réflexes, nos yeux", assure-t-elle à France 2.

"Le jour où j'aurais le moindre doute, j'arrêterai"

À Paris, Philippe Breil, chirurgien, ne compte pas s'arrêter de travailler malgré ses 69 ans. "Je suis programmé pour faire ça. Je fais ce métier, je suis passionné, je progresse toujours un peu plus", explique-t-il. Il assure que ces gestes n'ont pas changé. "Le jour où j'aurais le moindre doute, j'arrêterai", assure le docteur. Plus de 400 000 personnes cumulent aujourd'hui un emploi et une pension

 

04 02 16 Privatisations, fonctionnaires, retraites, dépenses : le plan choc de Nicolas Sarkozy

Sebastien Valente - Extrait de l’article des Echos

……………………………

« Dès l’été 2017, il y aura un projet de loi retraite pour repousser l’âge légal à 63 ans dès 2020 et 64 ans dès 2025. Cela représente près de 20 milliards d’euros d’économies une fois la réforme montée en charge. (...) Je supprimerai le compte pénibilité qui est une usine à gaz et une bombe à retardement en terme de coût pour les entreprises.

« La réforme des retraites que je propose s’appliquera naturellement aux régimes spéciaux. A tous. Il faudra également aligner les règles de calcul des retraites des nouveaux fonctionnaires sur celles des salariés du secteur privé, donc sur les 25 dernières années, mais en y incluant les primes. »

Assurance-maladie

« Nous devrons assumer de passer le taux moyen de remboursement de 76 % aujourd’hui à 73 %, avant prise en charge par les régimes complémentaires (...) Il faudra également supprimer l’aide médicale d’Etat, dont le coût dérive depuis 2012 et choque nos compatriotes ».

………………………..

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/021670881510-privatisations-fonctionnaires-retraites-depenses-le-plan-choc-de-nicolas-sarkozy-1197680.php?2ixtLr2dsghyPQ3X.99

Revue de presse semaine 04

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 04

 

SOMMAIRE

27 01 16 Pourquoi la retraite obsède les Français de plus de 45 ans

28 01 16 Chez les seniors, conduire le plus longtemps possible est bon pour la santé

28 01 16 2015, nouvelle année du chômage des seniors

27 01 16 Pourquoi la retraite obsède les Français de plus de 45 ans

BFM business

77% des Français âgés de 45 ans et plus souhaiteraient partir à la retraite dans les cinq années à venir selon le rapport annuel de HSBC, le chiffre le plus haut derrière l'Argentine. Mais malgré cela, bon nombre d'obstacles se dressent devant les actifs désireux de quitter plus tôt leur poste.

Plus tôt la retraite arrivera, mieux cela vaudra. C'est ce que semblent penser les actifs français de plus de 45 ans, au vu des résultats de la dernière édition du rapport mondial sur les retraites de la Banque HSBC (*). Plus des trois-quarts (77%) des actifs de 45 ans ou plus souhaiteraient, s'ils le pouvaient, partir à la retraite dans les cinq années à venir. Un chiffre plus fort qu'au Royaume-Uni (75%), aux États-Unis (72%), en Australie (74%) ou encore à Hong Kong (57%). En fait il n'y qu'en Argentine que ce taux est plus élevé (78%).

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HSBC -

Des difficultés financières

Pourquoi donc les "pré-retraités", comme les auteurs de l'étude les appellent, sont tentés de quitter rapidement le marché du travail? Pour tout un ensemble de raisons. La moitié d'entre eux citent la possibilité de voyager et de se consacrer à d'autres centres d'intérêt. 34% invoquent le poids de la "routine professionnelle" et presque autant (33%) veulent passer plus de temps avec leur famille. Dans la même logique beaucoup (24%) souhaitent rejoindre un conjoint qui lui profite déjà de jours heureux à la retraite.

Certains considèrent que leur carrière plafonne puisque 26% affirment avoir "professionnellement accompli tout ce qu'ils pouvaient" et 17% ne sont plus satisfaits par leur carrière. Enfin et non des moindres, 25% d'entre eux jugent que le travail nuit à leur santé physique et/ou mentale. En revanche, ils sont très peu à considérer que le travail a un impact négatif sur leurs relations (2%).

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HSBC -

Sauf que dans les faits, beaucoup de ces personnes (54%) ne partiront pas dans les cinq années à venir. Et ce en raison de plusieurs obstacles. Mais le principal reste d'ordre financier: 86% des actifs âgés de 45 ans et plus souhaitant partir dans les cinq années à venir invoquent des difficultés financières.

Certains évoquent leur fort niveau d'endettement (20%), d'autres affirment avoir des personnes à charge (27%). Surtout, les deux-tiers indiquent ne pas avoir assez épargné.

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HSBC -

Autres résultats de l'étude, relativement peu surprenants, les actifs s'attendent à voir leur niveau de vie diminuer une fois la retraite venue. 45% d'entre eux envisagent cette hypothèse, ce qui est confirmé par les retraités qui déclarent à 49% que leur niveau de vie a effectivement reculé.

Les actifs s'attendent également à ce que leurs relations avec leurs amis (17%), époux (15%) enfant (19%) et petits-enfants (20%) s'améliorent. Des attentes qui sont là encore vérifiées par les constats des retraités (voir infographie ci-dessous).

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HSBC -HSBC -

Dernier chiffre, plus inquiétant: 10% des actifs estiment qu'ils n'auront jamais assez de revenus pour se permettre d'arrêter totalement de travailler. Un chiffre en hausse de 4% par rapport à l'an passé.

(*) L'étude de HSBC a été effectuée auprès de 18.207 personnes dans 17 pays. 1.012 individus ont été interrogés en France

 

28 01 16 Chez les seniors, conduire le plus longtemps possible est bon pour la santé

La Depeche

Continuer à conduire le plus longtemps possible ne permet pas seulement aux personnes âgées de rester indépendantes : une nouvelle étude américaine montre en effet que les seniors qui conduisent encore sont également en meilleure santé.

Une équipe de chercheurs de la Mailman School of Public Health (rattachée à l'université Columbia de New York) a examiné 16 études précédentes s'étant penchées sur la santé de conducteurs des deux sexes âgés de 55 ans et plus, puis a comparé ces résultats avec des données provenant de conducteurs actuels.

Cette étude montre qu'après l'arrêt de la conduite, les seniors voient leur risque de développer des symptômes dépressifs quasiment doubler. La probabilité d'être admis dans une maison de retraite ou un foyer spécialisé est alors multipliée par cinq.

De même, bien que beaucoup de ces seniors aient arrêté de conduire par suite d'un déclin de leurs capacités physiques et cognitives, les résultats de l'étude montrent clairement que ce déclin n'a fait qu'empirer après leur abandon du volant.

L'arrêt de la conduite a également provoqué une réduction de 51% de la taille des cercles sociaux de ces seniors, les femmes connaissant une baisse plus forte dans ce domaine que les hommes. Ceci pourrait contribuer à l'aggravation de l'état de santé observé dans les autres domaines. "Les personnes âgées qui ont arrêté de conduire substituent petit à petit les activités intérieures et domestiques aux activités extérieures, et il se peut que ces activités d'intérieur ne soient pas aussi bénéfiques pour la condition physique qu'une occupation extérieure, comme un emploi ou une activité bénévole", explique Thelma Mielenz, l'une des responsables de l'étude. "Quand le temps est venu de cesser de conduire, il est important d'établir un programme personnalisé pour préserver ses fonctions de mobilité et sa vie sociale."

Les résultats de cette étude sont publiés dans le Journal of the American Geriatrics Society.

Selon l'Association américaine de l'automobile (AAA), les seniors sont parmi les conducteurs les plus sûrs, et leur risque d'accident est moindre, car ils portent plus facilement leur ceinture, respectent mieux les limitations de vitesse et sont moins susceptibles de prendre le volant après avoir consommé de l'alcool.

Cependant, leur fragilité allant croissant, les seniors sont naturellement plus enclins à souffrir de blessures graves -- ou à trouver la mort -- en cas d'accident. En prenant en compte ce risque accru, l'AAA a lancé en 2003 aux États-Unis un programme spécifique (Lifelong Safe Mobility) destiné à permettre aux seniors de continuer à conduire le plus longtemps et le plus sûrement possible, et à rester mobiles même après leur arrêt de la conduite

 

28 01 16 2015, nouvelle année du chômage des seniors

PAR FRANÇOIS LENGLET - RTL

Sur les 90.000 nouveaux sans-emploi de l'année 2015, 69.000 sont des chômeurs de plus de 50 ans. Le chômage des seniors a ainsi progressé de 8,4% sur un an, alors que celui des 25-49 ans s'est à peu près stabilisé, et que celui des jeunes (les moins de 25 ans) a même baissé. L'année 2015 est l'année du chômage des seniors. Une nouvelle année, devrions-nous dire. Car le chômage des seniors a doublé depuis cinq ans. Il atteint aujourd'hui 900.000 personnes en France.

Comment peut-on expliquer un tel bond ? C'est simplement la conséquence de la réforme des retraites de 2010, qui a retardé à 62 ans l'âge auquel on peut toucher sa pension au taux maximal. Du coup, les salariés "quinquagénaires plus" restent sur le marché du travail, soit en emploi lorsqu'ils le peuvent - c'est vrai que le taux d'activité des seniors a progressé depuis cette réforme - soit, lorsqu'ils ne le peuvent pas, au chômage, le temps d'accumuler les trimestres qui leur manquent. Ils se trouvent dans une sorte de pré-retraite qui ne dit pas son nom. On a interdit les préretraites parce que les entreprises s'en servaient pour se débarrasser de leurs seniors, qu'elles jugeaient trop coûteux, ou bien pas assez souples, ou pas assez bien formés. Mais du coup, elles contournent cette interdiction en les licenciant et en les mettant à Pôle emploi.

Le nombre de ruptures conventionnelles a littéralement explosé ces dernières années, en particulier pour les seniors

François Lenglet

Le licenciement est facilité par la fameuse rupture conventionnelle. Cette transaction individuelle permet de quitter l'entreprise sur un accord mutuel, avec des indemnités et en ayant droit au chômage. Tout cela peut aussi se faire avec l'accord du salarié, qui n'est pas mécontent de toucher un peu d'argent et d'avoir quelques années d'inactivité avant l'heure. À plus de 50 ans, on a en effet le droit à trois ans d'indemnités, à 70% du salaire net. Le nombre de ruptures conventionnelles a littéralement explosé ces dernières années, en particulier pour les seniors.

Les comptes de l'assurance-chômage peuvent difficilement supporter cela. Il y a aujourd'hui 4 à 5 milliards de déficits annuels, et une dette cumulée de 25 milliards. L'Unedic, qui gère l'assurance-chômage, est devenue le fonds de solidarité qui prend en charge la flexibilité "à la française", avec ces faux pré-retraités, les intermittents du spectacle et le régime spécifique des intérimaires. Les partenaires sociaux (syndicats et patronat) sont entrés en négociation pour établir de nouvelles règles d'indemnisation. Le comble, c'est qu'on nous parle aujourd'hui de dégressivité des allocations, pour redresser les comptes, alors qu'il ne serait pas plus bête de commencer par limiter les abus du système actuel

Revue de presse semaine 02

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 02

SOMMAIRE

12 01 16 Protection sociale : les futurs efforts portés par les plus de 60 ans ?

15 01 16 «Pour une retraite agricole décente à 85 % du Smic»

12 01 16 - Protection sociale : les futurs efforts portés par les plus de 60 ans ?

Le Point.fr

Après les jeunes et les actifs, c'est au tour des plus de 60 ans de faire des efforts, selon France Stratégie, organisme placé sous la tutelle de Matignon.

"Au vu de la situation des différentes classes d'âge" - niveau de vie, contribution nette au système de protection sociale -, "il apparaît difficile de mettre davantage à contribution les plus jeunes et les actifs", écrit-il mardi dans une analyse intitulée "Les jeunes sont-ils sacrifiés par la protection sociale ?" "Une baisse du transfert net perçu par les plus de 60 ans apparaît nécessaire", poursuit l'étude. Le transfert net est la somme de ce qu'un individu reçoit en moyenne en prestations sociales (maladie, retraite, chômage...), moins la somme de ce qu'il paie en taxes et cotisations, rapporté au PIB par tête.

La hausse des dépenses due aux plus âgés

Ainsi, les auteurs relèvent que la progression globale des dépenses de protection sociale, de 14,5 % à 31,9 % du PIB entre 1959 et 2013, est dans sa "quasi-totalité" due à la hausse des dépenses les plus concentrées sur les plus âgés. La hausse est d'abord imputable à la démographie. "L'arrivée aux âges élevés des générations nombreuses du baby-boom renforce la contribution des plus âgés au financement de la protection sociale, mais cette arrivée alimente en retour des dépenses de protection sociale sensiblement plus importantes", peut-on lire.

Néanmoins, même si la dépense moyenne dont bénéficie un individu de plus de 60 ans est toujours nettement plus élevée que celle dont bénéficie un individu de moins de 25 ans, cette dépense rapportée au PIB par tête a augmenté dans les deux cas au même rythme (+ 15 %) entre 1979 et 2011, nuance France Stratégie. Mais, étant donné les niveaux de dépenses de départ, cette évolution correspond à une hausse de dix points de PIB par tête pour les plus de 60 ans contre seulement deux points de PIB par tête pour les moins de 25 ans.

Plus de pauvres chez les jeunes que chez les plus de 60 ans

Du côté des prélèvements, l'organisme relève que les actifs sont mis davantage à contribution que par le passé, tout comme les plus âgés qui le sont deux fois plus qu'il y a 20 ans du fait notamment de la CSG (contribution sociale généralisée) mise en place en 1991. Ainsi, le taux de prélèvements est passé pour les 25-59 ans, de 27 à 37 % entre 1979 et 2011 et d'environ 10 % à près de 20 % pour les plus de 60 ans. Pour les moins de 25 ans, la progression a été nettement plus faible (26,7 % en 1979 contre à 29,5 % en 2011) et pour cause, la situation relative des jeunes, qui rentrent plus tardivement sur le marché du travail, se dégrade.

La pauvreté touche aujourd'hui 2,5 fois plus souvent les moins 25 ans que les plus de 60 ans, alors que le niveau de vie moyen des moins de 25 ans qui représentait 88 % de celui des plus de 60 ans en 2002, est passé à 82 % en 2012.

Au contraire, le niveau de vie des retraités, lui, s'est amélioré dans le temps. Il s'élevait à 70 % de celui moyen de la population en 1970 pour atteindre 105 % en 2013

 

15 01 16 «Pour une retraite agricole décente à 85 % du Smic»

Publié le 15/01/2016

Les retraités agricoles en ont assez et veulent que leurs revendications soient enfin entendues. Hier, Jeanine Delfour, présidente de l'association nationale des retraités agricoles de France (ANRAF) a rencontré à Montauban la députée Valérie Rabault, également rapporteur général de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Le but : être entendu et obtenir de réelles avancées en faveur des retraites agricoles. Dans le département, l'association compte près de 1 000 adhérents. Rencontre avec Jeanine Delfour (photo DDM, Manu Massip).

Depuis le 1er janvier, les chefs d'exploitations ayant effectué une carrière complète touchent désormais 73% du Smic. Ce montant s'élèvera à 74% l'année suivante et à 75 % en 2017. Êtes-vous satisfaite pour autant ?

Ce n'est pas une amélioration car je viens d'apprendre que le montant de notre retraite ne sera pas indexé sur le SMIC. Donc, en fin de compte, il va retomber très bas. La pension de retraite ne doit pas être indexée. En plus, pour bénéficier de ce montant, il faut justifier pour les retraités avant le 1er janvier 1997, de 32 à 37,5 ans d'activité comme chef d'exploitation et pour ceux après le 1er janvier 1997, de 17,5 ans. De toute façon, nous, nous battons pour une retraite décente à 85% du Smic et ce, pour tous, hommes et femmes. Vous savez, la retraite moyenne d'un agriculteur est de 770 euros et celle d'une femme 520 euros.

Quelles sont vos autres revendications ?

On veut le relèvement du revenu fiscal de référence , le rétablissement de la demi-part pour les veufs et veuves mais aussi l'application réelle, je dis bien réelle, du taux de réversion qui est de 54 %. Aujourd'hui, à cause de certains critères, le taux est bien inférieur. Moi, par exemple, depuis le début de l'année, j'ai appris que j'allais perdre 75 euros par mois parce que j'ai atteint un certain plafond, en sachant qu'entre ma retraite et ma pension de réversion, je touche 950 euros chaque mois. Je ne trouve pas ça acceptable que nous, les retraités agricoles, nous percevions si peu par rapport au travail accompli. Vous savez, depuis 20 ans que l'association existe, il y a eu très peu d'avancées.

Comment l'expliquez-vous ?

Il n'y a pas de volonté politique. Aucun gouvernement jusqu'à présent n'a voulu remettre les choses à plat. Ce n'est pas assez électoral si vous voyez ce que je veux dire. Je crois qu'on oublie que lors des deux guerres mondiales, on était là pour nourrir la population. J'en ai marre d'entendre certains politiques affirmaient qu'ils nous comprennent car leur grand-père était agriculteur. À la place de dire cela, il faut agir et résoudre les problèmes. J'ai l'impression qu'on a trouvé un appui avec Mme Rabault qui nous écoute et nous a assuré qu'elle allait faire remonter nos revendications. En plus, elle souhaite mettre en place une sorte de table ronde entre le gouvernement et tout le monde agricole pour faire avancer les choses

Revue de presse semaine 53

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE  53

 

 

SOMMAIRE

27 12 15 Des fonctionnaires plus ouverts à la réforme des retraites

29 12 15 Pourquoi les retraités épargnent-ils encore autant ?

 

 

 

27 12 15 Des fonctionnaires plus ouverts à la réforme des retraites

Le figaro - HOME ECONOMIE RETRAITE - Par Cécile Crouzel .

Selon le baromètre réalisé par le cabinet de conseil Ellipsa pour la Préfon (Caisse nationale de prévoyance de la fonction publique) que Le Figaro dévoile en avant-première, 34 % des agents de la fonction publique seraient favorables à se voir appliquer les règles du privé en matière de retraite.

Et si les fonctionnaires étaient davantage enclins à bouger que ce qui est admis? Selon le baromètre réalisé par le cabinet de conseil Ellipsa pour la Préfon (Caisse nationale de prévoyance de la fonction publique) que Le Figaro dévoile en avant-première, 34 % des agents de la fonction publique seraient favorables à se voir appliquer les règles du privé en matière de retraite. Seuls 24 % y seraient opposés. Concrètement, un tel alignement signifierait que leur pension serait calculée, comme pour les salariés, à partir des vingt-cinq dernières années de carrière, et non des six derniers mois. En échange, les primes seraient intégrées dans le calcul des pensions. À noter que 42 % des fonctionnaires disent ne pas savoir se prononcer sur la question.

Il est vrai que le sujet est très complexe et que les fonctionnaires se sentent un peu perdus. Selon le baromètre, 58 % d'entre eux s'estiment insuffisamment informés sur leur retraite, ce taux grimpant à 72 % pour les moins de 35 ans. Près de six agents sur dix ne savent pas le montant qu'ils percevront à leur retraite. «Les nombreuses réformes des retraites finissent par créer un sentiment d'incertitude, incertitude qui alimente la crainte», souligne Christian Carrega, directeur général de Préfon. Ainsi, 60 % des fonctionnaires sont inquiets lorsqu'ils pensent à leur retraite, un résultat en hausse de cinq points sur un an.

«Les fonctionnaires sont attachés au service public mais ne sont pas hostiles à toute évolution», renchérit Christian Carrega. De fait, si 63 % d'entre eux désapprouvent les propos d'Emmanuel Macron jugeant que le statut des fonctionnaires n'est plus «adapté» pour certaines missions, ils sont tout de même 23 % à le soutenir.

 

 

 

29 12 15 Pourquoi les retraités épargnent-ils encore autant ?

Le revenu - Publié le 29/12/2015 à 06:58 - Mis à jour le 29/12/2015 à 06:57

Le taux d’épargne des ménages retraités demeure équivalent à celui du reste de la population active. Un rapport du Conseil d’orientation des retraites s’est penché sur cette énigme.

Le constat est troublant : «Les retraités continuent à épargner pendant leur retraite de façon significative», a expliqué Pierre-Louis Bras, lors de la récente présentation à la presse d’un rapport publié par l’instance qu’il préside (*), le Conseil d’orientation des retraites (COR). Le paradoxe tient au fait qu’en théorie, «un ménage épargne durant sa vie active pour maintenir constant son niveau de consommation, tout au long de son cycle de vie», a ajouté le président du COR.

Et le rapport précise encore mieux le mécanisme : «Puisque le revenu baisse, en général, lors du passage à la retraite, un ménage épargne durant sa vie active, afin de pouvoir maintenir sa consommation durant sa retraite, en désépargnant, c’est-à-dire en puisant dans son épargne financière, ou en liquidant son patrimoine immobilier».

Pourtant, ce n’est pas ce qui se passe en France. Même si elle découle de statistiques de l’INSEE remontant à 2003, l'anomalie comportementale n'a pas dû beaucoup changer. A cette date-là, les ménages retraités épargnaient, en effet, 19% de leur revenu disponible, le solde se répartissant entre consommation (81%) et aides financières en espèces (4%). Or, ce niveau élevé d’épargne des retraités était très proche de celui de l’ensemble des ménages (17%).

Le rapport du COR souligne qu’une enquête plus récente (Patrimoine 2010 de l’INSEE) a montré elle aussi que «le taux d’épargne des ménages retraités est proche de celui de l’ensemble des ménages, même si ce taux-là pour les ménages de 60-69 ans est tout de même inférieur à celui des ménages de 50-59 ans».

En réalité, le taux d’épargne des retraités devrait être négatif : «Le montant de leur épargne devrait tendre vers zéro, au fur et à mesure qu’ils vieillissent. Pourtant, ce n’est pas ce que l’on observe». Le principe ne serait donc pas respecté, selon lequel, «le patrimoine accumulé au cours de l’existence [aurait] vocation à être consommé en fin de cycle de vie».

Pour quelles raisons les ménages retraités en France épargnent-ils encore autant ? Le rapport du COR a identifié plusieurs explications assez convaincantes. La première tombe sous le sens et découle de la définition de l’épargne qui est le solde entre le revenu disponible et la consommation du ménage dont les besoins déclinent naturellement avec l’âge, ne serait-ce que tous ceux qui étaient liés à la présence des enfants au foyer.

L’autre grand motif de maintien d’une épargne élevée relève d’une habitude culturelle : «De nombreux ménages souhaitent transmettre un patrimoine en héritage à leurs enfants ou à d’autres héritiers, ce qui induit un motif supplémentaire d’épargne et freine la désépargne en fin de cycle de vie», avance le rapport.

Une autre raison de continuer à épargner semble tout aussi légitime, c’est la crainte d’une augmentation des charges liées à la santé et surtout à la perte d’autonomie : «Comme ce risque augmente avec l’âge et qu’il est difficilement assurable, il peut justifier le souhait de continuer à accumuler du patrimoine en fin de cycle de vie».

Le rapport du COR juge, en revanche, dénué de fondement la crainte du risque de baisse de leur revenu : «Les pensions de retraite constituent [en effet] un revenu garanti et l’indexation des pensions sur les prix les met à l’abri des fluctuations conjoncturelles». En outre, le risque lié à la perte du conjoint se voit limité par le bénéfice de la pension de réversion dont bénéficient «la plupart des retraités».

Les comportements d’épargne sont bien évidemment liés au niveau de vie des retraités. Le rapport du COR a établi que « les retraités ont, en moyenne des revenus inférieurs à ceux des personnes actives, mais leur niveau de vie est comparable, car ils ont moins souvent des enfants à charge ». En 2013, le niveau de vie moyen des retraités (2 049 euros par mois et personne du foyer fiscal) était supérieur à celui de l’ensemble de la population (1 946 euros par mois et personne du foyer fiscal).

Et, last but not least, entre 1970 et 1996, «le niveau de vie moyen des retraités a beaucoup augmenté et l’écart avec le niveau de vie moyen de l’ensemble de la population s’est nettement réduit». Pour plusieurs raisons : montée en charge des régimes de retraite, progression de l’activité féminine, arrivée à la retraite de ceux qui ont acquis davantage de droits à la retraite.

Ce rattrapage du niveau de vie des retraités a conduit, depuis 1996, à une stabilité de leur niveau de vie «relatif», donc comparé à celui l’ensemble de la population : «C’est en France, où il atteint 100% que le niveau de vie relatif des plus de 65 ans apparaît le plus élevé parmi les onze pays habituellement suivis par le COR».

Néanmoins, ce niveau de vie «relatif» des retraités va décrocher à partir de 2020 [du fait de la réforme de 2014], a précisé Pierre-Louis Bras, mais le niveau de vie réel des retraités, lui, va continuer d’augmenter».

(*) « Les retraités : un état des lieux de leur situation en France » - Conseil d’orientation des retraites. 13ème rapport adopté le 16 décembre 2015

Revue de presse semaine 50

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 50

 

 

 

SOMMAIRE

08 012 15 Retraite à 60 ans : Saint-Just escamote une partie du programme économique du FN

11 12 15 Retraite : la France peut mieux faire

 

 

 

08 012 15 Retraite à 60 ans : Saint-Just escamote une partie du programme économique du FN

Par Marc de Boni - Le Figaro

Invité sur LCP ce mardi matin, le candidat tête de liste du FN en Ile-de-France pour les élections régionales est formel: «Il y a une ligne économique du Front national qui est celle du programme du FN, qui a été discutée à l'élection présidentielle, dans les bureaux politiques, et chacun doit s'y tenir». Une nécessité de réaffirmer les fondamentaux motivée par une nouvelle sortie du patron du Medef, Pierre Gattaz, invité quelques minutes plus tôt sur RTL. «Dans le programme économique du FN lorsque j'entends parler du retour à la retraite à 60 ans, d'augmentation des salaires et du Smic, je demande: Qui paie? C'est de la démagogie sociale!», a considéré le responsable du syndicat patronal. Une nouvelle charge de Gattaz contre le FN qui n'a pas manqué de faire réagir le trésorier du parti, jusqu'à lui faire «oublier» quelques lignes du programme.

«Il ment, il continue à mentir monsieur Gattaz. Il n'y a jamais eu dans le programme du FN de retour à la retraite à 60 ans. Il n'y a jamais eu de proposition d'augmentation inconsidérée des salaires», tranche Wallerand de Saint-Just. Cependant, le programme du FN à sa page 81: «L'âge légal sera progressivement ramené à 60 ans ; pour les travailleurs ayant débuté leur activité professionnelle précocement, des négociations par branche et par secteur détermineront les modalités d'une possible dérogation à cette règle des 60 ans. Un calendrier devrait donc être défini et ajusté en permanence, en fonction de la situation financière de la Nation».

Contacté par le Scan, Wallerand de Saint-Just n'en démord pourtant pas, et estime que le programme propose la retraite au bout de 40 annuités de travail, et non la retraite à 60 ans. «Le programme promet surtout la retraite au bout de 40 années de travail, et jamais avant 60 ans, sauf dérogations. Si pour une personne ayant commencé à travailler tôt cela permet un départ à 60 ans, c'est parfait», affirme-t-il.

Dissuader les électeurs de droite

Le cadre FN accuse Pierre Gattaz de vouloir dissuader les électeurs de Valérie Pécresse (LR) ou de Debout la France qui seraient éventuellement tentés par un vote frontiste dimanche prochain. «Il recommence ses élucubrations et joue la courroie de transmission de l'UMPS, et il affaiblit le syndicalisme», fulmine-t-il. «Mais je crois que les électeurs, notamment ceux de Nicolas Dupont-Aignan connaissent notre programme économique et mon engagement pour les entrepreneurs, et ne se laisseront pas effrayer», tranche-t-il, estimant pouvoir profiter de réserves de voix au second tour.

C'est la seconde fois que Pierre Gattaz s'invite dans la campagne des élections régionales pour critiquer la crédibilité du programme frontiste. Le 1er décembre, dans une interview au Parisien-Aujourd'hui en France, il a comparé le projeté économique de Marine Le Pen à celui du «programme commun de la gauche de 1981».«Le programme du FN, c'est exactement l'inverse de ce qu'il faut pour relancer la croissance», avait jugé le patron du Medef.

 

 

 

11 12 15 Retraite : la France peut mieux faire

ARNAUD LELONG - Les Echos

Selon une étude récente, si le système de retraite français dispose d’atouts indéniables il devient nécessaire de le réformer pour qu’il puisse durer. A ce titre, la France ferait mieux de s’inspirer des systèmes en vigueur dans les pays scandinaves.

Quel est le pays qui dispose du système de retraite le plus performant ? Cette interrogation fait l’objet d’une étude du cabinet de conseil Mercer depuis bientôt 6 ans. La dernière édition est dans la continuité des études précédentes : au niveau mondial, le pays qui se distingue par la qualité de son système de retraite est le Danemark pour la quatrième année consécutive. Suivi de près par les Pays-Bas et l’Australie. En queue de classement, on retrouve surtout des pays d’Extrême-Orient : Chine, Japon. L’Inde est la dernière du classement. Sur 25 pays étudiés, la France se situe en milieu de peloton avec la treizième place.

Le régime français doit faire face à une conjoncture économique morose

Si l’étude reconnaît que le système français basé sur la répartition (les travailleurs actifs financent les pensions des retraités) « offre l’un des meilleurs niveaux de retraite légale dans le monde, il conserve certaines lacunes et comporte des risques importants sur le long terme ». En déficit chronique depuis plusieurs années, le régime général n’est toujours pas en mesure de renouer avec un solde positif. La conjoncture économique actuelle n’aide pas à améliorer la situation. « La France doit aujourd’hui faire face à une conjoncture économique défavorable qui pénalise le financement des retraites. Le pays doit donc avant tout renouer avec la croissance de l’emploi et favoriser une évolution culturelle pour encourager l’employabilité des seniors », analyse Yanick Chainey, Leader Retraite au sein de Mercer France.

Lire aussi :

Le gouvernement veut ramener le déficit de la Sécurité sociale à son niveau d’avant crise en 2016

Développer plus largement la retraite par capitalisation

L’entrée en retraite de la génération de travailleurs nés durant les trente glorieuses, les fameux « baby-boomers » va accentuer le déséquilibre démographique français avec plus de retraités que d’actifs. Ce qui n’est jamais bon dans un système basé sur la répartition. Les préconisations proposées par Mercer de développer plus largement les systèmes de retraite par capitalisation (le travailleur actif finance lui-même sa pension de retraite), de reculer l’âge de départ en retraite et de favoriser l’emploi des seniors paraissent d’autant plus d’actualité quand on compare le système français à celui en vigueur au Danemark. Le système de retraite danois repose en effet sur un équilibre entre pensions versées par l’Etat et faisant l’objet d’un financement par l’impôt et retraites complémentaires gérées par des fonds de pensions et alimentées par des cotisations obligatoires des salariés ainsi que leurs employeurs. Un système plus vertueux dont ferait bien de s’inspirer la France qui doit selon Mercer : « envisager de nouvelles sources de financement pour soutenir son système et garantir les pensions des générations futures ». « Les régimes d’Etat ne pourront plus être la réponse unique au maintien du pouvoir d’achat des retraités », indique Yanick Chainey

En savoir plus sur http://patrimoine.lesechos.fr/patrimoine/retraite/021548226793-retraite-la-france-peut-mieux-faire-1183844.php?ft6JtHk8YexuQ3sS.99

REVUE DE PRESSE SEMAINE 49

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 49

 

 

SOMMAIRE

01 12 15  Retraite: mieux vaut être au chômage qu'éduquer ses enfants

01 12 15 L'OCDE inquiète de la viabilité sociale des systèmes de retraite

01 12 15 La France est le pays où l’on passe le plus de temps à la retraite

 

 

 

01 12 15  Retraite: mieux vaut être au chômage qu'éduquer ses enfants

Le figaro - Par Guillaume Guichard 

D'après les calculs de l'OCDE, un actif arrêtant de travailler pour éduquer ses enfants verra sa retraite davantage pénalisée que s'il est au chômage.

Pour toucher une pension de retraite, il faut avoir travaillé, gagné un salaire et... cotisé. C'est la règle du système français. Toutefois, en France comme dans la plupart des pays développés, des dispositifs permettent «d'adoucir» les différentes périodes d'arrêt qui peuvent survenir lors d'une vie professionnelle. Il en va ainsi des périodes de chômage et de garde d'enfant. En se penchant sur ce sujet dans le cadre de son Panorama des pensions publié ce mardi, l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE) a repéré qu'en France il fallait mieux avoir vécu une période de chômage qu'avoir arrêté de travailler pour élever ses enfants.

Les «droits familiaux» de retraite, qui permettent de compenser les périodes de garde d'enfant -qui concerne statistiquement en immense majorité les femmes- sont en effet moins généreux que les dispositifs comblant les périodes de chômage. L'OCDE a ainsi calculé qu'en théorie une Française suspendant son activité pendant cinq ans pour élever ses enfants ne touchait que 94% de la pension qu'elle aurait touchée en continuant de travailler. Si elle ne perd pas davantage, c'est parce que cette interruption de carrière est amortie par «la majoration de durée d'assurance pour enfants (MDA)» et «l'assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF)» qui octroient des trimestres au titre de la garde d'enfants. De plus, les parents de trois enfants et plus touchent une bonification de pension.

L'impact des régimes complémentaires

A contrario, une Française au chômage durant cinq ne verrait pas sa pension baisser, d'après les calculs de l'OCDE. En effet, les régimes complémentaires de retraite des salariés et des cadres prennent en compte les périodes de chômage, mais pas l'éducation des enfants.

De façon générale, les Français sont bien lotis par rapport aux habitants des autres pays développés. «L'impact des interruptions de carrière sur le montant des pensions est plus faible en France que dans la moyenne des pays de l'OCDE, où elles se traduisent en moyenne par une baisse des pensions d'environ 1% par année passée sans emploi rémunéré», note l'OCDE

 

 

01 12 15 L'OCDE inquiète de la viabilité sociale des systèmes de retraite

Source : Reuters 01/12/15 à 17:25

Les pays de l'OCDE ont commencé à prendre la mesure du défi financier du vieillissement de leur population pour leurs systèmes de retraite mais il leur reste à relever celui de la viabilité sociale de ceux-ci.

Dans son Panorama des pensions 2015 publié mardi, l'Organisation de coopération et de développement économiques estime que la question est aujourd'hui de savoir si les pensions de retraite seront suffisantes à terme pour assurer des conditions de vie correctes aux populations âgées.

Elle constate avec satisfaction que depuis dix ans qu'elle mène cette étude, la plupart des pays ont amélioré la pérennité financière des systèmes de retraite.

Ces deux dernières années encore, trois pays de l'OCDE sur quatre ont accentué leurs réformes dans un contexte de fortes pressions budgétaires pour certains, l'impact du vieillissement démographique sur les finances publiques se faisant ressentir de façon croissante.

L'accent a été mis sur l'allongement de la durée de vie professionnelle avec le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite, le resserrement des dispositifs de préretraites et des incitations financières à travailler plus longtemps.

Et s'il n'y a pas eu généralement de coupes directes dans les pensions, des modes d'indexation moins favorables ont été mis en place.

Le résultat est que, en vertu des législations actuelles, l'âge de la retraite pour un homme arrivant à 20 ans sur le marché du travail va passer de 64 ans à 65,5 ans en moyenne dans les pays de l'OCDE à l'horizon du milieu des années 2050.

La France, le Luxembourg, la Slovénie et la Grèce font exception avec un âge de la retraite qui restera pour l'instant inférieur à 64 ans.

Autre conséquence, le taux d'emploi des 55-64 ans a fortement augmenté sur les dix dernières années, passant à 57% dans les pays de l'OCDE (+5 points) et jusqu'à 66% (+21 points) en Allemagne.

CONTINUITÉ DES COTISATIONS

Mais l'enjeu est aussi celui de l'accélération du vieillissement de la population, avec une durée de vie en retraite qui devrait augmenter de 4,5 années d'ici le milieu des années 2050, et de l'évolution du marché du travail, où les emplois stables qu'ont connu nombre de retraités actuels pourraient ne plus être la norme.

Pour l'OCDE, le chômage élevé dans certains pays, notamment chez les jeunes et les travailleurs âgés, et la multiplication des emplois temporaires et précaires sont autant de facteurs qui perturbent la continuité des cotisations des travailleurs aux régimes de retraite.

L'Organisation estime nécessaire de réévaluer les filets de protection sociale pour les retraités qui n'ont pas suffisamment cotisé pour prétendre à la pension minimale, notamment là où leur faible montant se conjugue avec un taux de pauvreté élevé chez les personnes âgées.

Elle cite sur ce point le Chili, la Corée, le Mexique et la Turquie mais aussi la Suisse et les Etats-Unis.

Dernier point, elle s'inquiète des effets de la faible croissance économique actuelle et de l'environnement de taux bas sur les rendements nécessaires pour atteindre les niveaux de pensions appropriés.

Cet environnement pourrait, selon l'organisation, pousser les organismes gestionnaires à mettre en place des stratégies d'investissement plus risquées qui pourraient n'être pas sans conséquence sur leur solvabilité et "mettre en péril la sécurité actuelle et future des revenus des retraités".

(Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

© 2015 Reuters - Tous droits de reproduction réservés par Reuters

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01 12 15 La France est le pays où l’on passe le plus de temps à la retraite

SOLVEIG GODELUCK / JOURNALISTE | LE 01/12 À 11:58, MIS À JOUR À 18:10

Selon le panorama 2015 des pensions de l’OCDE, la France est l’un des pays où l’âge prévu de départ à la retraite est le plus bas, à 63 ans pour ceux qui ont commencé à travailler en 2014.

C’est un record national. Selon le panorama des pensions 2015 de l’OCDE, la France est le pays où l’on passe le plus de temps à la retraite. Cette période dure 27,2 ans pour les Françaises, soit environ cinq ans de plus que la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économique. Pour les hommes, la durée est moins élevée, à 23 ans, mais l’écart à la moyenne (17,6 ans) n’est pas moins impressionnant.

Ce record s’explique par l’espérance de vie particulièrement longue en France, surtout chez les femmes. Cet allongement de la vie a d’ailleurs des conséquences partout dans l’OCDE sur les systèmes de retraite. Au cours des 44 dernières années, l’espérance de vie à la retraite n’a cessé de progresser. En 2014, elle s’est accrue de sept ans pour les deux sexes, à 22 ans pour les femmes et à 18 ans pour les hommes.

Politiques plus généreuses

Mais cette exception française s’explique aussi par des politiques plus généreuses. On part plus tôt à la retraite en France que dans la plupart des pays de l’OCDE. Et cela malgré les récentes réformes des retraites (2010, 2014). La génération qui est entrée sur le marché du travail en 2014 devrait ainsi liquider ses droits à 63 ans, contre 65 ans et demi en moyenne dans l’OCDE au milieu de la décennie 2050. L’OCDE a calculé que seuls quatre pays permettront ainsi à homme travaillant depuis 2014 et effectuant une carrière complète de prendre sa retraite avant 64 ans : la Slovénie, le Luxembourg, la Grèce et la France.

Le tabou français du recul de l’âge minimum se voit d’autant plus dans les statistiques que ces dernières années, plusieurs pays ont pris des mesures d’âge drastiques. On travaille déjà jusqu’à 65 ans en Allemagne, au Japon, en Espagne en moyenne, et les Etats-Unis et l’Italie vont passer à 67 ans, le Royaume-Uni à 68 ans - à législation constante. Le Danemark, l’Irlande, l’Italie, la République tchèque et le Royaume-Uni prévoient de repousser l’âge légal à 70 ans !

Face à cette exception peu soutenable pour le système de retraite français, les économistes de l’OCDE préconisent dans une note sur la France de retarder l’âge effectif de départ  : « Compte tenu de l’allongement prévu de la durée de cotisation nécessaire pour obtenir un pension à taux plein, reculer l’âge minimum de départ en retraite, qui est aujourd’hui de 62 ans (voire 60 ans dans certains cas), est probablement la mesure la plus efficace pour étoffer l’offre de main d’oeuvre senior », écrivent-ils.

Au cours des dix dernières années, le taux d’emploi des 55-64 ans a crû de 12 % dans l’OCDE, atteignant 56 % en 2014. En Allemagne, il est passé de 42 % à 66 %. La France est dans la moyenne pour les 55-59 ans (un peu moins de 70 %), mais très loin des autres pour les 60-64 ans (un quart des Français de cet âge travaillent, contre plus de 40 % en moyenne dans l’OCDE).

Solveig Godeluck

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021523237091-la-france-est-le-pays-ou-lon-passe-le-plus-de-temps-a-la-retraite-1180423.php?WxVPwxv3Ptb3AbF8.99

Revue de presse semaine 48

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 48

SOMMAIRE

25 11 15 Gaspillage public : les retraites des fonctionnaires, parlementaires et militaires restent

27 11 15 En quoi consiste le « fonds de pension à la française » voulu par Emmanuel Macron

25 11 15 Gaspillage public : les retraites des fonctionnaires, parlementaires et militaires restent incroyablement généreuses

Capital

Alors que les salariés du privé doivent faire de douloureux sacrifices pour équilibrer leurs régimes, leurs collègues du public continuent de bénéficier de systèmes en or.

C’est un petit graphique très discret, publié sur le site Internet de la Cnieg, la caisse chargée de gérer le régime spécial de retraite des salariés d'EDF et de GDF Suez. On y découvre que la pension moyenne versée à ces agents a augmenté en vingt-cinq ans de 72% au-delà de l'inflation. Pour financer cette incroyable générosité, le gouvernement a alourdi en 2003 toutes les factures d'électricité d'une taxe spéciale, pudiquement baptisée "contribution tarifaire d'acheminement". L'an dernier, elle a rapporté 1,2 milliard d'euros, l'équivalent d'un tiers de la redevance audiovisuelle...

Ne dites pas à François Fillon et à Nicolas Sarkozy que les écarts se creusent entre les retraites du public et du privé, les deux champions des Républicains restent convaincus d'avoir remis de l'ordre dans ce maquis. En réalité, la réforme initiée par le ministre des Affaires sociales en 2003 n'a aligné qu'à la marge (quarante ans de cotisations) les agents des administrations sur les salariés des entreprises. Et la restructuration des régimes spéciaux, que l'ex-président prétend toujours avoir bouclée en 2008, n'a été qu'un trompe-l'œil.

Économies possibles : 75 milliards d'euros au moins si on alignait les régimes publics sur ceux du privé.

RÉGIMES SPÉCIAUX : LEURS PRIVILÈGES COÛTENT PLUS DE 5 MILLIARDS PAR AN AUX CONTRIBUABLES

Cela ne saute pas aux yeux, il faut bien l'avouer. Mais Didier Wampas est bel et bien retraité de la RATP. En 2012, à 50 ans pile, il a quitté son poste d'électricien en sous-sol, comme lui en donnait droit le système de retraite de la régie parisienne. Et il se consacre désormais à plein temps au punk rock, dont il est l'une des étoiles françaises. Cet heureux pensionné pourra dédier ses concerts à Nicolas Sarkozy. L'ex-président avait promis d'aligner les régimes spéciaux de retraite (RATP, SNCF, EDF...) sur ceux du privé. En réalité, il n'a fait que conforter leurs avantages inouïs (départs anticipés, meilleures pensions...). Du coup, contribuables et usagers règlent toujours plus de 5 milliards par an pour des privilèges dont ils sont eux-mêmes privés.

PARLEMENTAIRES : LEUR SYSTÈME EST TELLEMENT GÉNÉREUX QU'ILS LE GARDENT SECRET !

Bien sûr, il s'agit d'un métier précaire, car on n'est jamais sûr d'être réélu. Mais les parlementaires bénéficient de l'un des systèmes de retraite les plus généreux du pays. En moyenne, ils perçoivent 6 euros de pension par euro cotisé, contre seulement 0,70 euro pour le commun des mortels. Mieux : ceux d'entre eux qui sont fonctionnaires peuvent continuer de cotiser à leur administration d'origine même s'ils n'y travaillent pas, ce qui leur permettra plus tard de toucher une double retraite plein pot. Encore ne s'agit-il peut-être là que de la partie émergée de l'iceberg. L'Assemblée nationale et le Sénat ont des régimes de retraite tellement favorables qu'ils refusent toujours mordicus d'en communiquer les détails. Après tout, sans doute vaut-il mieux ne pas savoir...

MILITAIRES : ILS SONT LES CHAMPIONS TOUTES CATÉGORIES DE LA RETRAITE ANTICIPÉE

Dix-sept ans. C'est le nombre d'années de travail à partir duquel nos képis peuvent demander la liquidation de leur retraite. Pour les soldats qui crapahutent sur les champs de bataille, cette générosité se comprend. Mais les gendarmes qui surveillent les infractions routières ont droit au même traitement (avec une pension faible). En moyenne, les militaires lèvent le camp à 44 ans.

FONCTIONNAIRES : UN SUR QUATRE PEUT TOUJOURS RACCROCHER À 57 ANS

Plutôt que de s'approvisionner à Rungis, le patron de la poissonnerie Loch'Marée, à Coignières (Yvelines), prend tous les mardis la route de l'Océan avec son camion pour se fournir directement auprès des chalutiers. Jean-Claude Lochouarn n'est décidément pas un poissonnier comme les autres. Il y a six mois, il était encore major de police dans le XVIe arrondissement de Paris, avec une cinquantaine d'agents sous ses ordres. A 55 ans, dont trente-cinq de service, il était à un an de la retraite à taux plein. Il a préféré devancer l'appel et il est parti avec 2.300 euros de pension, environ les deux tiers de son traitement. Trois mois plus tard, il ouvrait sa boutique et se mettait à bosser quatre-vingts heures par semaine...

Certes, tous les fonctionnaires n'ont pas la chance de pouvoir décrocher aussi tôt que notre policier-poissonnier. Seuls les 25% d'entre eux qui effectuent un service supposé pénible ou risqué (policiers, infirmiers, égoutiers, douaniers, matons, assistantes sociales à l'hôpital, etc.) peuvent partir à 57 ans, voire plus tôt pour certains. Les autres agents de l'Etat doivent attendre 62 ans comme tout le monde. Mais ils ne sont pas pour autant à plaindre. Bien que les primes ne soient pas intégrées dans le calcul de leurs pensions (Dieu sait qu'ils le font savoir !), ils touchent en moyenne des retraites bien plus élevées que dans le privé (77% de leur dernier salaire pour les cadres, contre 52%). Selon l'association Sauvegarde retraites, ces avantages coûtent 2,5 milliards d'euros par an aux contribuables.

En savoir plus sur http://www.capital.fr/enquetes/dossiers/gaspillage-public-les-retraites-des-fonctionnaires-parlementaires-et-militaires-restent-incroyablement-genereuses-1088045#1guYGliuWCl1pxyR.99

 

27 11 15 En quoi consiste le « fonds de pension à la française » voulu par Emmanuel Macron ?

Le Monde.fr - | Par Jade Grandin de l'Eprevier

Vendredi 27 novembre, Emmanuel Macron a détaillé son projet de « fonds de pension à la française » devant un parterre d’assureurs réunis à l’occasion de la COP 21. Le ministre de l’économie veut créer un nouveau cadre réglementaire pour que l’argent épargné par les salariés en vue de leur retraite permette de mieux financer les entreprises.

Emmanuel Macron s’est néanmoins bien gardé d’utiliser le terme controversé de « fonds de pension », qu’il avait d’abord employé, lundi 9 novembre, lors de la présentation de sa nouvelle loi Noé. Il s’est aussi défendu de vouloir révolutionner le régime français des retraites. « Soyons clairs, notre objectif n’est pas de modifier les équilibres entre retraite par répartition et par capitalisation en France, ni de bouleverser le marché des produits d’épargne retraite. Ce n’est pas de livrer au marché la protection sociale », a modéré le ministre.

Qu’est-ce qu’un fonds de pension ?

Un fonds de pension, aussi appelé fonds de retraite, est une structure publique ou privée qui sert à financer les retraites. Il est alimenté par les versements des salariés et des entreprises. Ses placements (actions, obligations, immobilier…) doivent permettre de payer les pensions des salariés devenus inactifs.

Dans ce modèle d’origine anglo-saxonne, les salariés d’aujourd’hui épargnent en vue de leur propre retraite : ils constituent un capital qui leur sera reversé plus tard. On appelle cela un régime par capitalisation.

Y a-t-il des fonds de pension en France ?

Oui, mais c’est marginal. La France a privilégié le régime de retraite par répartition. Les cotisations des salariés d’aujourd’hui sont immédiatement utilisées pour payer les pensions des retraités. Cela implique une forte solidarité entre générations.

Toutefois, certains salariés peuvent aussi cotiser à des régimes de retraite supplémentaire d’entreprise, qui se rapprochent des fonds de pension. Par exemple, le Plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO), ou la retraite additionnelle de la fonction publique.

Ces contrats sont gérés par les assureurs. Ils représenteraient en tout 150 milliards d’euros d’encours en France, selon Bercy.

Quel est le problème ?

Les assureurs doivent respecter des règles prudentielles de plus en plus exigeantes. En particulier, ces règles dissuadent ces institutions d’investir en actions d’entreprises, jugées plus risquées que d’autres produits comme les obligations d’Etat, en leur réclamant davantage de fonds propres en contrepartie. « Les assureurs sont quasi obligés d’investir l’essentiel des actifs en dette souveraine », souligne-t-on à Bercy. « L’argent épargné en vue de la retraite sert donc à financer les pays et n’est pas utilisé pour financer notre économie alors qu’une partie de l’argent épargné pourrait être mobilisé pour financer nos entreprises ».

Que propose Emmanuel Macron ?

Le ministre de l’économie veut réduire les contraintes prudentielles pesant sur les contrats d’épargne retraite supplémentaire d’entreprise à travers la création d’un « régime ad hoc ». Une plus grande partie des actifs pourrait être investie en actions. « C’est plusieurs milliards voire dizaines de milliards d’euros de fonds propres mobilisables pour nos entreprises », a insisté Emmanuel Macron vendredi. Bercy a lancé une consultation auprès de la Place. « Nous allons discuter des termes de ce régime ad hoc avec vous. […] Je compte sur vous pour rester mobilisés ces prochaines semaines », a conclu le ministre.

Jade Grandin de l'Eprevier

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/11/27/emmanuel-macron-precise-son-projet-de-fonds-de-pension-a-la-francaise_4819346_3234.html#Ld8cyxpfyQHFhuBh.99

 

REVUE DE PRESSE SEMAINE 46

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 46

SOMMAIRE

10 11 15 Emploi : la leçon des seniors

10 11 15  - Emploi : la leçon des seniors

Les echos  - FAVILLA / EDITORIALISTE | LE 10/11 À 01:00

Longtemps, les adversaires de la réforme des retraites - CGT et FO en tête - ont brandi un argument massue : à quoi bon repousser l'âge légal du départ, puisqu'il est déjà nettement supérieur à l'âge effectif de fin d'activité ? Sous-entendu : même si vous repoussez l'échéance officielle, vous ne pourrez rien contre l'atonie du marché du travail, vous ne changerez pas les comportements des salariés, ni ceux des entreprises. C'est un langage qu'on entend beaucoup moins aujourd'hui, et pour cause. Dans une étude publiée en octobre (« Une photographie du marché du travail en 2014 »), l'Insee note que, depuis quelques années, « l'évolution de la population active est portée par les seniors » : entre 2005 et 2014, malgré la crise, le nombre d'actifs de 50 à 64 ans a augmenté de 1,6 million. Il ne s'agit pas, bien entendu, d'un afflux de nouveaux seniors dans le monde du travail, mais de la différence entre le nombre d'actifs atteignant 50 ans (toujours les enfants du baby-boom) et celui des départs en retraite. Le taux d'activité de cette tranche d'âge a donc bondi, dans cette même décennie, de 56,5 à 63,1 %. La progression est encore plus spectaculaire si l'on s'en tient à la fraction la plus âgée, celle des 55-64 ans : son taux d'emploi, en seulement quatre ans (2010-2014), est passé de 39,7 à 47 %.

Les comportements s'adaptent aux institutions. Quand l'âge prévisible de cessation d'activité est de 60 ans, les perspectives de formation et de promotion s'évanouissent à partir de la cinquantaine - surtout à une époque de progrès technique rapide. Quand cet âge s'éloigne, les salariés en tiennent compte pour optimiser leurs revenus futurs, et les entreprises sont plus disposées à investir sur cette main-d'oeuvre expérimentée : c'est l'« effet horizon », dans le langage des économistes.

On pourrait étendre cette leçon à d'autres piliers du marché du travail - précisément ceux auxquels François Hollande a promis de ne pas toucher : la durée légale, le SMIC, le CDI. Une telle promesse sous-entend que l'environnement institutionnel est de peu d'effet sur le niveau du chômage, et que seule une belle et bonne reprise peut doper l'emploi. Le boom de l'activité des seniors, en pleine période de marasme économique, prouve le contraire

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/021464428366-emploi-la-lecon-des-seniors-1173878.php?SUmXSTVLCd1fKJRU.99

REVUE DE PRESSE SEMAINE 45

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 45

 

 

SOMMAIRE

02 11 15 La retraite, avec beaucoup de chance

03 11 15 Retraites complémentaires contre droit à la retraite

04 11 15 Quels sont les motifs de départ à la retraite des salariés du privé ?

06 11 15 La route plus meurtrière pour les seniors

 

 

 

02 11 15 La retraite, avec beaucoup de chance.

mediapart - PAR CHEM ASSAYAG

Les récentes modifications des conditions de départ à la retraite pour le versement des retraites complémentaires ont remis sur le devant de la scène ce sujet si important. Les mesures paraissent techniques mais elles entérinent des évolutions lourdes et dangereuses. Mais revenons-y.

Lorsque j’ai démarré ma carrière professionnelle au début des années 90, la retraite était un horizon réaliste quoique lointain. A l’époque il fallait l’équivalent de 37,5 années de cotisations pour pouvoir partir en retraite, dont l’âge légal était fixé à 60 ans. Pour quelqu’un qui avait fait quelques années d’études supérieures et commencé à travailler à un peu plus de vingt ans les deux paramètres convergeaient.

Aujourd’hui la retraite est un fantasme, une chimère, à mesure qu’elle semble se rapprocher on la voit s’éloigner.

Tout d’abord les chiffres : l’âge légal de départ à la retraite est désormais fixé à 62 ans et il faut 172 trimestres soit 43 ans de cotisations pour les personnes nées après 1973, pour prétendre à une retraite à taux plein. Concrètement dans le cas évoqué plus haut cela revient à prendre sa retraite au mieux – car on peut s’attendre à de nouveaux changements si l’approche générale de ce sujet n’évolue pas – autour de 64/65 ans, et ce en faisant l’hypothèse, de moins en moins réaliste, d’une carrière sans heurts, continue. Pour un jeune en 2015 qui entre réellement dans la vie professionnelle après une licence, de longs mois de stage et de recherche d’emploi, soit vers 22/23 ans, on arrive déjà au delà de 65 ans pour 43 ans de cotisations sans aucune interruption…

La retraite à 60 ans fait donc partie de l’histoire et celle à 62 ans est un leurre. Dans ce contexte la récente réforme des régimes de retraite complémentaires, qui de facto repousse l’âge légal de départ à 63 ans, ne fait qu’entériner une réalité. Une réalité soigneusement occultée mais une réalité.

Or, disons le clairement, cette évolution nous paraît injuste et stupide.

Pour justifier les changements du régime des retraites deux types d’arguments sont avancés d’ordinaire : d’une part des arguments économiques, et d’autre part des arguments que je qualifieraisde moraux ou de (faux) bon sens.

La réalité économique

C’est l’argument imparable, celui de la nécessité : les régimes de retraite sont lourdement déficitaires, en effet le rapport entre actifs et inactifs devient intenable dans une société vieillissante, et de surcroît avec un chômage qui détériore les montants des cotisations encaissées. Le modèle de retraite par répartition est à l’agonie. Il faut donc réformer.

Dès lors on peut jouer sur trois leviers : le montant des cotisations, le montant des pensions, la durée de cotisation (via l’âge légal de départ à la retraite ou le nombre de trimestres cotisés requis).

Les gouvernements successifs ont joué sur tous ces paramètres – évidemment dans un sens qui est toujours moins disant pour les salariés et futurs retraités, ce qui est désormais le sens premier du mot réforme dans la bouche des politiques – mais avec un prédilection pour des actions autour de la durée de cotisation. Or en jouant sur l’âge effectif de départ à la retraite on ne résout aucun problème, on ne fait que le déplacer. En effet la France a un des taux d’emploi des seniors parmi les plus faibles en Europe (En 2012, 44,5 % des personnes âgées de 55 à 64 ans sont en emploi, ce taux tombe à 21% pour les 60-64 ans ).

Que va-t-il donc se passer ? De plus en plus de seniors devront attendre de pouvoir partir à la retraite en venant gonfler les statistiques Pôle Emploi (le chômage des seniors ne cesse d’augmenter depuis 10 ans) ou symétriquement retarderont leur départ ce qui freinera les embauches d’autres catégories de la population. Pour ceux qui seront indemnisés la collectivité devra supporter une charge supplémentaire, qui viendra augmenter le déficit des comptes sociaux, et pour ceux qui ne seront pas indemnisés ils ne cotiseront pas et relèveront très rapidement de la solidarité nationale. On aura simplement transféré une charge et un déficit (le régime des retraites) vers un autre régime (l’assurance chômage ou la solidarité). Au passage on aura désespéré quelques centaines de milliers de personnes qui resteront pendant 5 à 10 ans dans une situation de précarité mentale et financière absolument intenable.

Non seulement c’est un jeu à somme nulle voire négative financièrement mais c’est une mesure qui va dégrader très sérieusement le moral collectif.

Le faux bon sens

L’autre argument avancé se pare des vertus du bon sens. On nous explique fréquemment qu’il est normal que l’âge de départ à la retraite recule car l’espérance de vie augmente. Remarquons tout d’abord que cet argument est nouveau et renverse le paradigme habituel de ce qu’on a appelé le progrès social : depuis le milieu du XIX siècle la diminution constante du temps de travail (quotidienne, hebdomadaire, annuelle et sur la durée d’une carrière) a été une des grandes avancées sociales. La conquête du temps libre a été l’un des grands progrès des dernières décennies et s’est accompagnée en même temps d’une augmentation significative de la richesse nationale et de la productivité. Passer plus de temps en retraite était un des marqueurs d’un vrai progrès social. Or soudainement le recul de l’âge de départ à la retraite serait normal puisque implicitement le nombre d’années passées en retraite resterait le même. En fait il s’agit au contraire d’une rupture fondamentale avec une vision progressiste du rapport au temps dans la vie des individus.

Ce discours doit donc être pris pour ce qu’il est : un discours idéologique, visant à « faire passer la pilule » d’une mesure foncièrement régressive.

En outre l’argument du temps de retraite constant malgré un départ en retraite plus tardif, puisque l’espérance de vie augmente, est fallacieux. En effet ce qui compte ce n’est pas tant l’espérance de vie que l’espérance de vie en bonne santé. Or ce celle-ci n’évolue plus de façon positive dans les sociétés occidentales, elle tend même à baisser ! – sachant que certains signes laissent penser que l’espérance de vie elle même pourrait stagner. On passera peut être autant de temps à la retraite mais un temps de bien moins bonne qualité. Quel progrès !  Ce qu’on comprend intuitivement – passer 20 ans en retraite de 60 à 80 ans ce n’est pas la même chose que passer 20 ans de retraite de 65 à 85 ans – est validé par les statistiques.

Concrètement toutes les mesures prises ces dernières années sont des mesures à courte vue qui ne font que poser des rustines sur un système qui ne peut tenir en l’état car il repose sur des hypothèses qui n’ont plus aucune validité. Le paysage est désormais celui-ci :  chômage massif, entrée dans la vie active plus tardive, taux d’emploi des seniors très faible, espérance de vie en augmentation mais avec des pathologies lourdes à prendre en charge, croissance faible, parcours professionnels beaucoup plus diversifiés et chaotiques.. Dès lors il semble fondamental de repenser le système dans sa globalité, tant par rapport aux objectifs qu’aux moyens.

Il faut tout d’abord acter que les retraites comme la santé vont voir leur poids augmenter dans la richesse nationale. Et c’est normal. Cela doit être un choix de société. Vouloir à toute force équilibrer le régime des retraites n’a pas de sens, car c’est une dépense que la société doit être prête à faire comme pour l’éducation ou la justice.

D’autres part le droit à la retraite doit être réexaminée dans le contexte global de parcours professionnels qui vont être totalement différents : études plus longues, changement de statuts, alternance de périodes de formation, de chômage, et d’emplois…

Il faut individualiser les schémas, en garantissant des  socles de droits notamment pour les plus défavorisés, ce qui veut dire en prenant en compte les durées réelles d’espérance de vie en fonction des catégories. On pourrait fixer des durées de cotisation minimum sans âge légal de départ à la retraite. Ces durées pourraient être modulées en fonction des métiers, des montants qu’on serait prêt à cotiser et des pensions cibles. Par exemple je pourrais décider de cotiser plus mais moins longtemps pour partir vite en retraite, ou inversement cotiser moins mais plus longtemps…

En conclusion la retraite devrait faire partie d’une réflexion ambitieuse, sereine et de long terme sur notre rapport au travail

 

 

 

03 11 15 Retraites complémentaires contre droit à la retraite

NPA

Le patronat et les organisations syndicales (CFDT, CGC, CFTC) à sa botte viennent de signer un accord sur les retraites complémentaires (Agirc-Arrco). Condamnant ainsi les salariés du privé à travailler plus longtemps pour éviter une nouvelle réduction de leur pension. Le Medef en rêvait.

Le Medef heureux

Le Medef est ravi et ne s’en cache pas.  Pour lui, grâce à cet accord, un « tabou » a été « levé » et il n’a pas tort. En effet, au nom de la sauvegarde des régimes Arrco et Agirc en déficit, et sous l’étiquette attrayante de « liberté de choix », il introduit un bonus-malus, dont le premier effet est de porter l’âge effectif de départ à 63 ans à taux plein, reculant ainsi en toute discrétion l’âge légal du départ à la retraite. Mais soyons rassuré nous aurons le choix : soit de travailler plus longtemps, soit d’avoir une pension encore diminuée. Le patronat se  sent ainsi pousser des ailes même s'il a fini par accepter une augmentation de ses cotisations compensée par une baisse similaire des cotisations patronales à la branche accidents de travail-maladies professionnelles de la Sécurité sociale. Bref le patronat est gagnant sur tous les points.

De plus en plus âgés, de plus en plus pauvres

À partir du 1er janvier 2019, quiconque atteindra l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) et la durée de cotisation requise pour une retraite à taux plein du régime de base devra courber l’échine au moins un an de plus. Sinon, c’est le malus, une décote de 10 %,  pendant deux voire trois ans sur sa retraite complémentaire, avant de pouvoir de nouveau obtenir une retraite à taux plein à 65 ans. La carotte offerte pour ce sacrifice sera un bonus de 10 % s’il travaille deux ans de plus jusqu’à 64 ans (de 20 % s’il serre les dents jusqu’à 65 ans et de 30 % jusqu’à 66 ans). De plus, pendant trois ans (pour l'instant), dès 2016, la revalorisation des pensions sera de 1 % inférieure à l'inflation et la date de revalorisation des pensions est repoussée de 6 mois. Cette nouvelle réforme pénalisera les 56 % de salariés qui, au moment de partir à la retraite, sont au chômage ou en longue maladie. Elle aggravera encore les inégalités subies par les femmes, qui partent déjà en retraite huit mois plus tard que les hommes, et dont les pensions sont inférieures de 40 % à l’Arrco et de 60 % à l’Agirc.

Un gouvernement qui applaudit

Dès la signature de l’accord entre « partenaires sociaux », Valls a applaudi le nouvel accord… comme à chaque fois qu’un acquis social est détruit. Et la liste est longue, très longue depuis l’arrivée au pouvoir de Hollande. Mais ce dernier se veut rassurant en promettant que l’âge légal, « c’est toujours 62 ans » et que les gens « feront leur choix. Ben voyons ! Mais une chose est certaine c’est que ce nouveau recul ne s’arrêtera pas aux retraites complémentaires ni même au privé, à moins qu’on les arrête avant ? Raison de plus pour préparer un vaste mouvement social interprofessionnel afin de stopper ce retour au 19e siècle

 

 

 

04 11 15 Quels sont les motifs de départ à la retraite des salariés du privé ?

Dossier familial

Parmi les nouveaux retraités du régime général, les départs des plus modestes sont davantage contraints, relève une étude du service statistique du ministère des Affaires sociales.

Quelles sont les raisons du départ des nouveaux retraités du régime général ? Dans son étude publiée le 2 novembre dernier, la direction de la recherche et des études statistiques du Ministère des Affaires sociales (Drees) a enquêté sur leurs motivations du départ.

Motif premier : bénéficier du taux plein

Pour 76 % des nouveaux retraités, la première raison citée pour motiver son départ est d’avoir atteint l’âge leur permettant de bénéficier du taux plein. La deuxième, citée dans 73 % des réponses, est d’avoir atteint l’âge pour liquider ses droits. La troisième, celle de profiter de la retraite le plus longtemps, a influencé 71 % des nouveaux retraités.

Des départs plus contraints pour les plus modestes

« L’atteinte de l’âge légal de départ à la retraite, les problèmes de santé et les licenciements sont des facteurs plus déterminants pour les personnes du régime général percevant une faible pension  que pour les autres lors de leur départ », souligne l’étude. A l’inverse, pour les retraités au quart des pensions les plus élevées, « l’atteinte du taux plein et le désir de profiter de la retraite le plus longtemps possible » les ont influencés davantage.

Des motivations plus diverses pour les plus aisés

Dans l’enquête, 90 % des anciens salariés du privé mentionnent au moins un motif lié au droit à une pension, 80 % un motif lié au travail et 75 % un motif personnel. Mais les retraités les plus aisés avancent davantage de motifs de départ que ceux aux pensions les plus modestes. Les retraités du premier quartile de pensions, ceux dont le montant de pension est le plus faible, invoquent moins de motifs que ceux des quartiles de pensions plus élevés. « Ils expriment qu’ils ont moins de liberté de choix dans leur départ à la retraite que les plus aisés », note la Drees.

La majorité des nouveaux retraités à faible pension ne sont pas en emploi au moment de la liquidation de leurs droits, souligne l’étude. Ces derniers partent à la retraite en moyenne à 62,5 ans. Soit un an et demi de plus que les autres retraités. « Beaucoup attendent 65 ans pour partir à la retraite afin de bénéficier du taux plein et du minimum contributif », ajoute la Drees.

Les futurs retraités modestes prolongent leur activité pour des raisons financières

Les retraités qui ne sont pas partis dès que possible invoquent « la possibilité de garder un salaire ou une rémunération pendant encore quelques années ». Puis, 65 %  mentionnent ensuite « l’intérêt de l’emploi et des conditions de travail » et 61 % d’entre elles évoquent « le souhait d’accroître la pensions de retraite future en augmentant les droits ».

L’auteur de l’étude indique que « les retraités les moins aisés disent plus souvent que les motivations financières ont beaucoup compté (33 % contre 23 % pour augmenter la retraite, 42 % contre 26 % pour conserver le salaire) quand les retraités les plus aisés disent plus souvent l’intérêt de l’emploi et des conditions de travail a beaucoup compté (45 % contre 27%). » En ajoutant: « les retraités les plus aisées déclarent également davantage qu’ils n’étaient pas prêts pour devenir retraités »

 

 

 

06 11 15 La route plus meurtrière pour les seniors

La depeche

Les chiffres sont là : les seniors sont surreprésentés parmi les morts sur la route. Les États généraux de la sécurité routière ont tenté, hier en Préfecture, de trouver des solutions à cette situation.

Les chiffres parlent : les seniors de plus de 75 ans sont surreprésentés parmi les accidentés et les morts sur la route (lire nos chiffres ci-contre). «Ce sujet peut apparaître très Gersois mais est en fait une réalité nationale», a souligné le Préfet Ory, en ouverture des États généraux de la sécurité routière, hier. Mais, qu'on ne s'y trompe pas, est venu expliquer Pierre Van Elslande, directeur de recherche à l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux : il n'y a pas de causalité entre l'âge et l'accidentologie. Autrement dit, les seniors ne sont pas les seuls responsables des accidents dont ils sont victimes. D'où le thème de l'un des trois groupes de travail : «Quelles actions pour sensibiliser l'ensemble des usagers de la route à la problématique senior» ? Les deux autres groupes engageant une réflexion sur la sensibilisation des aînés eux-mêmes et sur les aménagements de l'espace public possibles.

De nombreuses solutions ont donc été évoquées, comme une meilleure signalétique en amont des ronds-points ou la neutralisation des places de stationnement qui précèdent un passage piéton ou la mise en place d'une bande d'arrêt quelques mètres avant les passages piétons. Côté sensibilisation, l'idée est d'abord de faire face au «déni» des personnes âgées de leurs pertes de facultés. Du côté de la sensibilisation des autres usagers, une des pistes est de mettre en place un signe distinctif sur la voiture des seniors volontaires. De quoi permettre, selon ses promoteurs, de faire comprendre aux autres usagers qu'il faut «faire baisser la pression» sur le conducteur senior.

Quel est l'avenir de ces propositions ? «Nous allons les remettre en forme, indique Christophe Saint-Sulpice, directeur de cabinet du préfet, et les retravailler avec les différents partenaires. Puis nous verrons si, éventuellement, nous proposons au ministère d'être un département pilote sur l'une ou plusieurs d'entre elles.»

21% des morts sur les routes

S'ils représentent 13 % des habitants du Gers, les plus de 75 ans constituent 17 % des victimes d'accidents de la route corporels et 21 % des tués sur les routes du Gers entre 2010 et 2014. Autre point d'importance, décliné par Fabien Albero, de l'observatoire départemental de la sécurité routière : la gravité des accidents est supérieure chez les séniors. Du coup, a-t-il assuré, «la personne de plus de 75 ans a un risque d'être tué sur la route trois fois supérieur aux autres populations.» Enfin, les morts sur la route de plus de 75 ans sont davantage des piétons et des cyclistes

Revue de presse semaine 44

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 44

 

 

SOMMAIRE

26 10 15 Les fonctionnaires prennent leur retraite de plus en plus tard

27 10 15  Les retraites complémentaires ne seront pas sauvées avec un nouvel accord

27 10 15 Branche retraite de la sécurité sociale : en excédant dès 2016

28 10 15 Retraite complémentaire: un couac dans l'accord qui doit sauver le régime?

28 10 15  Les seniors sont de plus en plus nombreux sur le marché du travail

30 10 15 L’âge de la retraite va passer à 63 ans alors que le chômage de longue durée s’aggrave pour les « seniors »

39 10 15 Trois raisons (simples) qui menacent de faire capoter la réforme des retraites complémentaires

 

 

 

26 10 15 Les fonctionnaires prennent leur retraite de plus en plus tard

Le figaro  Par Pierre Barbin 

Même si le personnel de la fonction publique prend sa retraite plus tôt que les salariés du privé, l'écart ne cesse de diminuer chaque année.

En 1990, en moyenne, les fonctionnaires de l'État prenaient leur retraite à 57 ans et quelques mois. Les salariés du privé quittaient quant à eux leur poste quatre ans et demi plus tard, selon le rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique. Depuis cette période, l'écart a massivement fondu. Alors que l'âge de départ en retraite dans le secteur privé a toujours oscillé aux alentours des 62 ans entre 1990 et 2014, les fonctionnaires quittent désormais leur emploi à 60 ans et 10 mois. Ce calcul exclut le personnel militaire de l'État, lié à des conditions particulières de liquidation, dont le départ en retraite s'effectue aux alentours de 45 ans. Mais inclut les services de police et de secours qui cessent de travailler à 57 ans. Quant aux fonctionnaires sédentaires dans les services territoriaux, hospitaliers ou de l'État, ils partent en retraite durant leur 62ème année, en moyenne. L'âge moyen de départ entre salariés du secteur privé et sédentaires de la fonction publique est donc quasiment égal.

Les réformes successives réalisées par les différents gouvernements dans la première décennie du 21e siècle ont conduit à une réduction de cette écart. En 2003, la loi portant sur les retraites a prévu un allongement progressif de la condition requise pour une retraite à taux plein, passant de 37,5 ans à 40 ans. Depuis, la situation a évolué. Il faut désormais cotiser pendant 41,5 années soit 166 trimestres pour obtenir une retraite à taux plein. La grande réforme sur les retaites en 2010 a engendré le report de l'âge légal du départ à la retraite pour les fonctionnaires à 62 ans, contre 60 auparavant. La limite d'âge de fin de la décote dans la fonction publique a également été relevée de deux années supplémentaires, à 67 ans. L'Etat avait aussi mis fin à un dispositif de départ anticipé sans condition d'âge pour les fonctionnaires, parents de trois enfants, ayant 15 ans de service. Il permettait à une personne de la fonction publique de partir en retraite dès la naissance de son troisième enfant, sans aucune restriction d'âge.

Travailler plus pour gagner plus

Les fonctionnaires travaillent donc désormais plus qu'auparavant ce qui se révèle bénéfique pour leur porte-monnaie. Sur la période 2000-2014, la progression de la pension moyenne a été supérieure à l'évolution des prix. En moyenne, en 2000, un fonctionnaire civil de l'Etat percevait une pension de 1738 euros , contre 2118 eurso en 2014.

 

 

 

27 10 15  Les retraites complémentaires ne seront pas sauvées avec un nouvel accord

Daniel Moinier Les Experts

Le vote du 30 octobre 2015, son adoption ne semble pas faire de doute, devrait entériner l’accord trouvé le vendredi 16 octobre entre les partenaires sociaux ((Medef, CFE-CGC, CFDT et CFTC). Il modifiera assez sensiblement les régimes des retraites complémentaires.

Après une première réforme de 2013 par ce même gouvernement qui n’avait eu que des répercussions très limitées, ce projet d’accord devrait permettre après 2019, date de son application, de limiter les pertes des systèmes de retraites complémentaires, ARRCO pour les salariés et AGIRC pour les cadres. Pour cette dernière, le délai est devenu beaucoup plus crucial puisque les comptes sont pour ainsi dire dans le rouge. Le but annoncé par le gouvernement est de pérenniser ces régimes, dans le respect des principes de solidarité et d’équité. Et pourtant, il va en être tout autrement !

Explications

Contrairement aux retraites du régime général, les retraites complémentaires avaient su gérer ces régimes d’une façon plus exemplaire puisque ceux-ci n’étaient pas encore en déficit. Le fait qu’ils ne pouvaient pas emprunter pour subvenir à leur besoin, donc normalement ne pouvaient pas se trouver en dette, y est certainement pour quelque chose ! Comment fonctionnent ces régimes ?

En France, un peu plus de 10 millions de salariés sont concernés par ces systèmes. L’Arrco est le régime complémentaire des salariés du privé qui cotisent obligatoirement. L’Agirc est le deuxième régime obligatoire concernant les salariés cadres. Les pensions sont versées suivant un système de points totalisés pendant son activité et un prix du point évolutif.

Depuis 2010, elles puisaient dans leurs réserves, surtout l’Agirc, du fait du vieillissement progressif de la population mais aussi du nombre croissant de chômeurs. Ces derniers ayant en grande partie leurs cotisations payées par le régime. Pour information, en 2014 le déficit de l’Agirc a atteint 1,98 milliard d’euros et celui de l’Arrco, 1,15 milliard (contre respectivement 1,24 milliard d’euros et 405 millions d’euros en 2013).

Quels changements vont se produire en 2019 ?

L’âge nécessaire pour pouvoir toucher une retraite à taux plein aura augmenté d’un an, soit 63 ans. Cela devrait toucher environs 30% de l’ensemble des sortants. Mais le système se veut fortement dissuasif, s'il passe outre, il devra patienter deux ans, voire trois, soit l'âge de 65 ans, pour récupérer ce taux plein.

Un départ à 62 ans avec une demande pour prendre sa retraite complémentaire sera toujours possible, mais sera soumise à une décote. Celle-ci, après négociations, sera de 10% la première année et 10% la seconde.

Toutefois ce malus n’est pas trop pénalisant car il n’est pas viager. L’assuré récupérera son taux plein à 65 ans. De plus, la pénalité infligée ne portera que sur 2 % à 6 % de la retraite totale, un montant insuffisant pour dissuader un salarié résolu à partir plus tôt.

Par contre, un salarié qui pourrait partir à la retraite à 63 ans, mais qui poursuit une activité professionnelle, aura une bonification de 15% de sa retraite complémentaire s'il reste deux ans supplémentaires et même 25% pour trois ans.

Si un salarié ne peut pas faire valoir ses droits à la retraite qu'après l'âge de 63 ans, faute d'avoir accumulé le nombre de trimestres suffisants, il devra différer d'un an minimum son départ par rapport à sa date possible d'accès à la retraite du régime général, pour bénéficier du taux plein pour sa complémentaire. Le principe du système n'est pas «d'imposer la retraite à 63 ans» mais d’allonger la durée de cotisations pour tous, même ceux qui ont dépassé cet âge. Un plafond à l'âge de 67 ans est cependant instauré: au-delà, il ne sera pas nécessaire de repousser d'un an son départ pour récupérer son taux plein.

Le troisième abattement applicable à partir de 2021, pourrait être revu en "fonction des comportements", ont précisé les signataires. La précédente mouture proposait 15, 12 et 10%.

Une hausse des cotisations patronales est acceptée par le syndicat patronal portant sur l’un des deux taux de retraites.

Le texte de l’accord prévoit aussi, la sous-indexation des pensions, d’un point par rapport à l’inflation (2,1 milliards d’euros), et le décalage dans le temps de la revalorisation annuelle des pensions. On va donc assister à une baisse progressive des pensions versées. (qui a déjà commencé sous ce même gouvernement, cotisations supplémentaires, indexation des pensions à la baisse, en fonction du revenu, pour la CSG et RDS, désindexation des pensions par rapport à l’inflation en 2013…)

Pour les « petites retraites », celles qui sont exonérées de CSG ou bénéficiaires d'un taux réduit, ne seront pas concernées par ces décotes. Cela pourrait représenter environ 30% des retraités.

Selon Philippe Pihet (FO), cet accord devrait, paraît-il, permettre une économie de 6 milliards d’euros, sachant que le patronat ferait un effort de 600 millions, 700 millions annoncé par le patronat. La répartition serait de 90% par les salariés et 10% par les entreprises.

De son côté, la CGT, par la voix d’Eric Aubin, opposé à tout abattement, déplore le report de fait de l’âge de la retraite à 63 ans et de l’abaissement du niveau des retraites complémentaires.

Analyse de cette réforme

Pourquoi une application si lointaine en 2019 ? Nous sommes en 2015 avec des systèmes qui sont pratiquement en faillite. Dans 4 années, avec une durée de vie qui augmente de 7 heures par jour soit plus de 3 mois par an, la durée de vie aura augmenté de plus d’une année. C'est-à-dire qu’une augmentation d’une seule année (pour l’ensemble des départs en retraite) à compter de 2015, n’aurait déjà plus d’effet en 2019. Alors commencer seulement en 2019, il faudrait que les départs se fassent de suite à plus de 64 ans.

Il est d’autre part complètement ridicule de déconnecter le régime général des régimes complémentaires comme cela va l’être, puisque l’augmentation de la durée de vie touche toutes les branches. D’autre part, diminuer progressivement les pensions, va faire diminuer la consommation et donc la croissance.

Alors que les entreprises, ont déjà les plus faibles marges d’Europe et de très loin, elles vont encore voir leurs prélèvements augmenter et leurs résultats se restreindre. Même si l’état s’est engagé à diminuer les charges sur la branche accidents de travail, ce qui n’est pas encore acquit ! Tant qu’aucun gouvernement ne programmera la durée d’activité proportionnelle à la durée de vie des retraités, il ne sera jamais possible de maintenir en équilibre les régimes des retraites.

Comme depuis toujours, les gouvernements se polarisent sur le problème crucial du moment alors que c’est globalement qu’il faut agir. Pour résoudre tout les déficits, c’est sur la durée d’activité de la vie de travail qu’il faut agir. Aujourd’hui, il manque 11.500 heures travaillées par salarié sur la durée de vie. Alors répartissons ce supplément d’heures, au début de carrière, au milieu, à la fin, sachant toutefois que c’est sur la fin qu’il rapporte le plus à l’état et à l’économie. Et oui, lorsque l’on est en emploi, on gagne mieux sa vie à plus de 60 ans qu’à 25 ans. Ce qui est favorable à tout et en premier, aux caisses de retraite, puisque si vous continuez de travailler, vous continuez de cotisez sans recevoir de pension. Et en deuxième, vous payez plus de charges ainsi que votre entreprise, vous payez plus d’impôts, consommez plus, d’où création d’emplois, d’investissements, avec moins de chômage. Alors supposons que les 3,57 millions de chômeurs se retrouvent en emploi, ce qui semble utopique mais pas forcément, de combien de rentrées les caisses bénéficieraient-elles ?

Le salaire brut annuel moyen en France en 2015 est de 33.827 euros. Si l’on prend seulement les simples cotisations de base retraite salariées et employeurs de 27,2%, nous arriverions à des rentrées supplémentaires de 32,8 milliards par années. Chiffre qui semble tout à fait irréaliste, alors que l’on bataille sur quelques « petits » milliards de déficit actuel.

Si l’on prenait l’ensemble des prélèvements soit 23,8% pour les salariés et 47,4% pour les entreprises, soit un total de 71,2%, nous arriverions à un chiffre extraordinaire de 86 milliards de rentrées supplémentaires pour l’ensemble des prélèvements sociaux sur salaire. Des chiffres qui peuvent faire rêver mais qui pourraient être la réalité avec le plein emploi.

 

 

 

27 10 15 Branche retraite de la sécurité sociale : en excédant dès 2016

boursorama

La branche retraite de la Sécurité sociale est en situation déficitaire depuis de nombreuses années. Mais pour la première fois depuis 2004, une embellie est attendue en 2016.

Embellie en 2016

Avant la présentation de son projet de budget à la Commission des comptes de la Sécurité sociale, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a déclaré en septembre dernier que le déficit de la Sécurité sociale serait inférieur à 10 milliards d'euros durant l'année 2016 - soit trois milliards d'euros de déficit en moins qu'en 2015. La ministre a également souligné que, pour la première fois depuis 2004, la branche retraite du régime général connaîtrait un léger excédent. Une bonne nouvelle, alors que l'organisme est en crise depuis de nombreuses années.

Les raisons de cette amélioration

Cette situation excédentaire est imputable à plusieurs facteurs. Tout d'abord, le report de la retraite à 62 ans et les augmentations de cotisations ont porté leurs fruits, selon les spécialistes. La faible inflation a également contribué à rétablir un équilibre. Mais il semblerait que le gel des retraites depuis 2013 ait été particulièrement bénéfique à la branche retraite de la Sécurité sociale.

Une embellie durable ?

2016 s'annonce meilleure, mais la situation excédentaire ne devrait malheureusement pas s'inscrire dans la durée. En effet, le nombre de départs en retraite élevé, autour de 700 000 cette année, devrait réorienter le régime de la Sécurité sociale vers le déficit.

 

 

 

28 10 15 Retraite complémentaire: un couac dans l'accord qui doit sauver le régime?

Par LEXPRESS.fr

Syndicats et patronat ont de nouveau rendez-vous vendredi 30 octobre, pour finaliser l'accord sur les régimes de retraites complémentaires. Mais le Medef n'aurait pas joué carte sur table.

Le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) ont accepté un "accord de principe" il y a deux semaines, pour sauver le régime des retraites complémentaires Agirc et Arrco. Mais alors qu'ils s'apprêtent à se revoir vendredi 28 octobre pour finaliser le texte définitf, le Medef dévoile des tractations insoupçonnées. Pierre Gattaz, le président de l'organisation patronale, affirme en effet, selon l'AFP, avoir mené "une négociation dans la négociation" pour obtenir, en compensation de l'augmentation des cotisations patronales à hauteur de 700 millions d'euros, une baisse des cotisations à la branche accidents du travail/maladies professionnelles (AT/MP) de la Sécurité sociale, la seule excédentaire. 

De source gouvernementale, on ne confirme ni ne dément. "Le gouvernement procèdera à l'analyse de l'accord lorsqu'il sera définitivement rédigé et signé entre les partenaires sociaux. Il sera attentif à ce que le résultat de cet accord ne pèse pas sur la compétitivité de notre économie, en cohérence avec l'action menée dans le cadre du Pacte de responsabilité", indique-t-on. Ce point, très controversé, n'a "absolument pas été abordé" lors de la dernière négociation, assure pour sa part Pascale Coton de la CFTC, "sans quoi cela aurait pu changer la donne". Un tel scénario aurait été jugé "scandaleux et dénoncé publiquement", renchérit la CFDT. Quant au vice-président de la commission AT/MP, Jean-François Naton (CGT), il indique n'avoir découvert que "dans la presse" ce "deal entre le gouvernement et le patronat sur le dos de la branche". 

Travailler une année de plus ou voir sa retraite amputée

Le Medef est déjà à l'origine de la mesure phare de l'accord de principe trouvé le 16 octobre, à savoir un système de bonus-malus pour inciter les salariés à travailler plus longtemps. Plus précisément, à partir de 2019 (génération 1957), s'ils veulent toucher une retraite complémentaire complète, ces derniers devront travailler une année de plus une fois atteints l'âge légal de départ à la retraite (62 ans) et la durée de cotisation requise pour une pension à taux plein. Un salarié disposant de toutes ses annuités, prenant sa retraite à 62 ans, verrait sa retraite complémentaire amputée de 10% la première année, 10% la seconde et éventuellement de 10% la troisième -les partenaires sociaux se donnent rendez-vous en 2021 pour en rediscuter - avant d'obtenir une retraite à taux plein à 65 ans.

En revanche, s'il travaille jusqu'à 63 ans (soit 4 trimestres de plus) ce malus sera annulé. S'il reste deux ans de plus en activité, il bénéficiera d'un bonus, pendant un an, de 10%. Bonus qui grimpe à 20% s'il travaille trois ans de plus, à 30% pour quatre ans de plus. De la même façon, une personne qui devrait travailler jusqu'à 64 ans

obtenir toutes ses annuités devrait travailler jusqu'à 65 ans pour une retraite complète

 

 

 

28 10 15  Les seniors sont de plus en plus nombreux sur le marché du travail

Par latribune.fr  |  28/10/2015, 8:21 |  368  mots

En 2014, l'Insee note que plus de six seniors chômeurs sur dix sont sans emploi depuis plus d'un an.

Le marché du travail a accueilli 180.000 seniors supplémentaires l'année dernière contre 140.000 en 2013. Une tendance qui s'explique par les dispositifs de recul progressif de l'âge de départ à la retraite mis en place. Pas de quoi se réjouir pourtant car la France reste en queue de peloton pour l'emploi des seniors.

L'année dernière, la France métropolitaine comptait en moyenne 28,64 millions d'actifs, dont 2,84 millions de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT), selon la "photographie du marché du travail en 2014" publiée par l'Institut national de la statistique, mercredi 28 octobre. "Depuis 2005, la population active a augmenté de 1,34 million de personnes", notent les auteurs.

Cette évolution est portée par les seniors (les 50-64 ans). Au cours des années récentes, le marché du travail a accueilli 180.000 seniors supplémentaires en 2014, 140.000 en 2013, et même 320.000 en 2012 avant la mise en place par François Hollande du dispositif de départ à la retraite anticipée pour carrière longue.

1,6 million de séniors actifs supplémentaires en dix ans

Par ailleurs, le nombre de 50-64 ans parmi les actifs a augmenté de 1,6 million depuis 2005, selon l'étude. Depuis 2009, leur taux d'activité a grimpé de 56,5% à 63,1% (+6,6 points). Les 65-69 ans ont augmenté sensiblement leur taux d'activité, de 3,8% à 5,8% (+2 pt) entre 2009 et 2014.

Ces hausses, "continues malgré la crise de 2008", s'expliquent par les réformes des retraites, qui ont reculé l'âge de départ à la retraite et allongé la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, rappelle l'Insee. Un taux plein inatteignable pour ceux qui, avant d'avoir atteint l'âge requis, se retrouvent au chômage de longue durée.

De fait, la France est très en retard sur l'emploi des seniors: une autre statistique de l'Insee, qui s'intéresse à une tranche d'âge plus critique, entre 55 ans et 64 ans, montre un taux d'emploi de seulement 45,6% en France en 2013, quand la Suède affiche 74.4%, l'Allemagne 63,5%, ou le Royaume-Uni 59,8%.

En France, 60% des seniors subissent un chômage de longue durée

Par ailleurs, les seniors sont particulièrement touchés par le chômage. En 2014, l'Insee note que plus de 6 seniors chômeurs sur 10 sont sans emploi depuis plus d'un an. A noter que les moins de 25 ans sont 3 sur 10 à être dans ce cas de figure.

(Avec AFP

 

 

 

30 10 15 L’âge de la retraite va passer à 63 ans alors que le chômage de longue durée s’aggrave pour les « seniors »

BASTA - PAR MORGANE REMY

Une nouvelle réforme des retraites est en train de passer en catimini. Plusieurs partenaires sociaux ont conclu un accord de principe qui doit être signé ce 30 octobre : l’âge de départ à la retraite va s’allonger d’un an – à 63 ans – si les futurs retraités ne souhaitent pas subir une dévalorisation de leurs pensions. Problème : malgré les précédentes réformes, les entreprises n’ont pas fourni d’efforts suffisants pour garder en activité leurs salariés de plus de 55 ans. Ceux-ci sont encore nombreux à être poussés vers la sortie, voire à connaître le chômage de longue durée, même si certains cadres arrivent à rebondir. Dans ces conditions, un nouvel allongement des cotisations aggravera davantage les inégalités. Enquête.

L’âge de départ en retraite sera encore repoussé. Les organisations patronales et trois organisations syndicales (CGDT, CFE-CGC et CFTC) sont en train de se mettre d’accord pour réformer le système de retraites complémentaires Agirc-Acco. Dans le cadre de cet accord, la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein sera allongée d’un an. A partir de 2019, si un senior préfère partir à 62 ans, soit l’âge légal de départ à la retraite pour le régime général, il perdra 10% de sa retraite complémentaire pendant deux ans. S’il choisit de partir à 63 ans, aucun malus ne s’applique. Cotiser plus longtemps ou accepter une pension plus faible, telles seront les options à choisir. Ce qui aggravera encore davantage les inégalités existantes. Car à plus de 55 ans, que l’on soit cadre ou ouvrier, homme ou femme, et sous la menace du chômage de longue durée, les perspectives seront bien différentes.

« L’espérance de vie à 60 ans, c’est-à-dire le nombre d’année qu’il nous reste à vivre à cet âge, progresse constamment. Il faut bien adapter notre système de retraites pour le rééquilibrer financièrement », justifie Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, syndicat qui a signé l’accord de principe le 16 octobre et devrait le valider ce 30 octobre. Si cette espérance de vie à 60 ans n’a cessé d’augmenter depuis des décennies, elle diffère selon la catégorie professionnelle [1]. Un ouvrier vivra cinq ans et demi de moins, en moyenne, qu’un cadre. Et pour bénéficier d’une retraite à taux plein, encore faut-il être en activité...

« La France n’a toujours pas résolu la question de l’emploi des seniors »

La réforme de 2010 avait déjà abouti à repousser l’âge légal de deux ans : de 60 à 62 ans ou 63 à 65 ans, pour ceux qui n’ont pas cotisé les 43 annuités nécessaires. En parallèle, afin d’éviter que les entreprises ne se séparent de leurs salariés âgés, le gouvernement a démantelé les dispositifs de pré-retraites publics et les niches fiscales et sociales des pré-retraites privées. Il a également imposé une pénalité, de 1% du montant des rémunérations versées aux salariés, aux entreprises qui ne signaient pas d’accords en faveur de l’emploi des seniors.

Les résultats sont-ils au rendez-vous ? Selon les chiffres du Conseil d’orientation des retraites en 2014, le taux d’emploi des 55-59 ans a fortement progressé, atteignant 68 %. Idem pour les 60-64 ans, dont un sur quatre est toujours en activité. Les entreprises auraient donc joué le jeu, arrêtant de licencier massivement leurs salariés quinquagénaires. Ce n’est qu’une apparence statistique.

« Si la France a rattrapé son retard au sein de l’Europe pour le taux d’emploi des 55-59 ans, elle reste très en dessous des niveaux européens pour les 60-64 ans et n’a pas réussi à significativement allonger la vie active. Surtout, le chômage des seniors s’est accru plus vite que pour les autres catégories d’âge depuis 2008 », détaille Anne-Marie Guillemard, sociologue et professeur des universités. Le taux de chômage des 55-64 ans s’établit actuellement de 7%, selon la Dares [2]. « La France n’a donc toujours pas vraiment résolu la question de l’emploi des seniors », conclut Anne-Marie Guillemard.

L’obsolescence programmée du salarié

L’OCDE, dans son rapport Mieux travailler avec l’âge en France souligne pudiquement que « la transition de l’emploi à la retraite est particulièrement précoce et problématique pour de nombreux seniors ». Seul un salarié sur deux est passé directement de son emploi à la retraite entre 2008 et 2011. Cela signifie que les autres (45%) connaissent le chômage ou des dispositifs intermédiaires de sortie de l’emploi. « Après 55 ans, le marché du travail est caractérisé par d’importantes sorties d’emploi », reconnaît même le très néolibéral Institut Montaigne, dans son enquête sur l’emploi des seniors [3].

La cause ? Les seniors, dont les salaires ont progressé tout au long de leur carrière, sont souvent jugés trop chers tandis que, à l’aune des critères de rentabilité immédiate, ils deviendraient moins productifs avec le temps. « Alors que les seniors sont tout à fait capables de s’adapter – y compris au numérique –, le monde du travail a tendance à considérer leurs compétences comme obsolètes, analyse Serge Guérin, sociologue et auteur de Vive les vieux ! [4]. Cela tient aussi au fait que les entreprises peinent à investir sur les seniors en terme de formations. »

Un tiers des salariés vulnérables sont mis à la porte après 50 ans

Les salariés âgés accèdent moins fréquemment que leurs cadets à la formation. En 2006, environ un tiers des salariés âgés de 50 ans et plus ont déclaré avoir suivi une formation au cours des 12 derniers mois, contre la moitié des salariés plus jeunes.

En outre, la pénibilité du travail n’étant pas gérée au fil de la carrière, les salariés concernés s’épuisent plus rapidement. La pénibilité concerne près d’un salarié sur trois, selon l’enquête Santé et itinéraire professionnel de 2007 [5]. Les personnes de 50 à 59 ans, qui ont été durablement exposées à de conditions de travail difficiles, sont alors moins souvent en bonne santé : une sur quatre se déclare limitée dans ses activités quotidiennes du fait d’un problème de santé, contre une sur six pour les autres salariés du même âge.

Plutôt que gérer cet aspect de santé tout au long de la vie professionnelle, comme certaines filières industrielles allemandes qui veillent à éviter de maintenir trop longtemps un employé sur un poste pénible [6], le patronat français préfère la solution de facilité : près d’un tiers des salariés les plus vulnérables sont mis à la porte des entreprises après 50 ans. « Nous avons vu beaucoup d’entreprises gérer les problèmes de pénibilité en encourageant les départs des seniors, témoigne Pierre-Yves Chanu, économiste à la CGT, qui a suivi les précédentes réformes de retraite. Par exemple chez un grand industriel où les ouvriers étaient exposés à de fortes températures, la rupture conventionnelle était présentée comme une solution « gagnant-gagnant », puisque le salarié cessait de souffrir et l’entreprise pouvait recourir aux services d’un ouvrier plus jeune. »

Quand la rupture conventionnelle remplace les pré-retraites

La rupture conventionnelle semble devenir le mode privilégié par les sociétés pour encourager les salariés quinquagénaires à partir. En moyenne, 16% des fins de CDI pour licenciement sont des ruptures conventionnelles. Leur part dépasse les 25 % pour les salariés âgés de 58 à 60 ans [7]. « Il y a un alignement des intérêts des acteurs (salariés comme entreprises) qui fait du départ anticipé des seniors un acte globalement consensuel », analyse l’Institut Montaigne. Un « alignement » qui se fait souvent sous la pression de l’employeur et qui se traduit par un accord avec l’employé pour une sortie anticipée. Comme les plus de 50 ans bénéficient de trois ans d’indemnisation au lieu de deux, les allocations chômage permettent souvent de faire la jonction avec la retraite à taux plein à 62 ans. « Ce ne sont rien de moins que des pré-retraites déguisées », résume Anne Sonnet, responsable seniors de l’OCDE [8].

Les ruptures conventionnelles à l’initiative des employeurs sont légions. « Mes confrères et moi-même le constatons : il y a des recours aux ruptures conventionnelles à répétition, souligne Sophie Bourrier, psychologue du travail proposant des consultations dans le cadre du réseau Souffrance et Travail. Les sociétés sont tout de même obligées de les espacer afin d’éviter une visite de l’inspection du travail. » Cette dernière risquerait alors de les requalifier en licenciement. « Pour la CGT, ce dispositif est surtout favorable aux employeurs qui mettent une pression sur les salariés afin qu’ils acceptent, note Pierre-Yves Chanu. Surtout, ils ne les informent pas que cela réduira de fait le niveau de leur pension. »

Des seniors qui se battent pour leurs droits

Difficile de savoir quelle est l’ampleur de ces pressions pour la signature d’une rupture conventionnelle. Cependant beaucoup de témoignages concordent. Comme celui de Jean-Pierre, aujourd’hui âgé de 67 ans et à la retraite. Il raconte, ce qu’il a vécu il y a sept ans quand il était salarié et conseiller prud’homal CFDT : « Dans une mission locale du Languedoc Roussillon, le directeur avec lequel j’entretenais de bonnes relations m’a proposé une rupture conventionnelle qui ne présentait, selon lui, que des avantages pour moi. Après une longue réflexion, j’ai finalement refusé. Dès lors, j’ai été sujet à de nombreuses et malveillantes pressions professionnelles jusqu’à ce qu’une procédure de licenciement soit engagée contre moi pour faute grave. Bouleversé psychologiquement par cette démarche, après conseils de mon syndicat et au vu des pièces de mon dossier, j’ai entamé une démarche judiciaire pour harcèlement moral et discrimination syndicale. » L’affaire s’est conclue par un accord transactionnel qui lui a permis d’obtenir une retraite à taux plein à 65 ans mais aussi un dédommagement financier.

Agnès, âgée aujourd’hui de 53 ans, basée en Rhône-Alpes, a pour sa part finalement accepté la rupture conventionnelle que son employeur lui proposait. Après avoir géré pendant 20 ans l’exploitation d’un logiciel de gestion très spécifique, l’entreprise pour laquelle elle travaillait a opté pour une mutation informatique. « En 2013, nous avons fait la migration. Ayant été mise à l’écart du projet et me retrouvant sans fonction précise, j’ai demandé une formation et proposé de mettre mes compétences au service d’une autre équipe de l’entreprise », raconte cette dernière.

Le traumatisme du chômage de longue durée

La quinquagénaire n’est alors pas étonnée quand elle obtient un rendez-vous avec le service des ressources humaines…. qui lui propose finalement une rupture conventionnelle. « Deux ans auparavant, ils avaient déjà procédé ainsi avec quelques postes occupés par des plus de 50 ans », se souvient-elle. Agnès ne veut alors pas quitter son entreprise, anticipant les difficultés qu’elle rencontrera sur le marché du travail. « Mais c’était peine perdue. Quand un poste de vendeuse à domicile de produits innovants allemands s’est présenté, j’ai accepté de lâcher prise mais j’ai vécu cette rupture conventionnelle, après 20 ans d’ancienneté, comme un licenciement. » Aujourd’hui, elle bénéficie encore de deux ans de chômage. Elle a conscience que son temps est compté… même si elle se remet encore doucement du choc de ce départ. « J’aurais du mal à reprendre un poste dans l’immédiat. Une mission courte, même pour un poste sans qualification, me permettrait de remettre un pied à l’étrier. »

Une fois au chômage, le risque principal est que la situation s’enlise. « Tout le monde peut se retrouver au chômage, analyse Gérard Cornilleau, économiste à l’OFCE [9]. Mais quand on est senior, parfois dès 50 ans, on tombe dans une trappe dans laquelle il est très difficile de sortir : le chômage de longue durée. » En clair : si les entreprises ne licencient plus massivement les seniors, ils ne les recrutent pas non plus. Tandis qu’en 2007, les plus de 55 ans ne représentaient « que » 8% des chômeurs très éloignés de l’emploi, ils correspondent désormais au quart (24%) de cette catégorie en 2013.

« J’étais prêt à balayer les cours mais cela n’intéressait personne »

Ils vivent alors souvent le chômage comme une expérience d’exclusion durable. Ce fut le cas pour Didier, aujourd’hui âgé de 66 ans. Il a connu une traversée du désert sur le marché du travail, entrecoupé de quelques expériences, jusqu’à sa retraite. A 45 ans, alors qu’il occupait un poste de cadre et manageait une quinzaine de personnes, il est licencié. Il se bat, obtient des stages, des missions courtes en comptabilité pour des entreprises et même pour le Diocèse de Marseille. Mais pour mieux revenir à Pôle Emploi, la case départ.

A 50 ans, il tente sa chance et lance sa boite. « C’était avec un collègue chômeur », précise-t-il. Ils lancent ensemble une entreprise de machines-outils testant l’étanchéité de contenants. Mais l’investissement initial n’est pas rentabilisé. L’entreprise meurt. « J’avais 52 ans ; j’étais au tapis, explique-il aujourd’hui, la voix encore chargée d’émotion. Plus l’âge avançait, moins j’avais de réponse à mes sollicitations… Je me marginalisais. »

Dans le cas d’un chômage de longue durée qui pèse tant sur les finances que sur le moral, la retraite représente alors un soulagement. « Je rentrais à nouveau dans un schéma normal. Je retrouvais ma fierté. Je cessais d’être demandeur, en permanence. C’était ça le plus difficile : j’étais prêt à balayer les cours mais même cela n’intéressait personne. » Un rejet qui illustre le fait que le marché du travail n’est pas clément et l’est encore moins vis-à-vis des seniors.

Création d’entreprise : une solution réservée aux cadres qui en ont les moyens

Souvent la solution face à la réticence des entreprises à recruter des seniors est, pour ces derniers, la création de sa propre entreprise. C’est le choix qu’a fait Sonia, suite à un plan de départs volontaires, en Ile-de-France. « J’étais responsable commerciale pour un groupe hôtelier et je souhaitais redevenir assistance de direction, avec des missions plus larges, souligne Sonia, actuellement âgée de 52 ans. Mais je me suis heurtée à la réalité du marché du travail : j’étais trop vieille pour un CDI. »

Elle envoie des CV sans préciser son âge mais, à l’occasion de nombreux entretiens, réalise que cela coince. Beaucoup de non-dits. « On me disait que je connaissais trop de monde dans mon secteur, que j’étais trop qualifiée ou on ne me rappelait simplement pas », se souvient-elle. Pleine de bonne volonté, elle décide de s’investir dans une association professionnelle et, au bout d’un an, crée son auto-entreprise. « J’ai eu de la chance. Mon ancien employeur, présent au sein de cette association, m’a proposé de faire une mission proche de ce que je réalisais pour lui. » Elle utilise alors son carnet d’adresses pour promouvoir le lancement d’un nouvel hôtel. Le client – ancien-employeur – est ravi de la prestation et lui commande d’autres missions. La responsable commerciale à son compte a ainsi accepté d’être flexible – et a été en capacité de le faire – en espérant, qu’avec le temps, son carnet de commande sera suffisamment conséquent pour recruter à son tour. « Au moins, aujourd’hui, je dégage un salaire correct. »

Des pensions inférieures de 40% à celles des hommes

Cette perspective est bien loin d’être garantie pour les femmes à l’approche de la retraite. « Malgré huit lois successives, les femmes en France gagnent toujours 27% de moins que les hommes, tous temps de travail confondu. Or qui dit inégalités salariales, dit faibles pensions de retraites : les femmes ont ainsi des pensions inférieures de 40% à celles des hommes. Elles ont encore aujourd’hui des carrières plus courtes que les hommes, elles partent en retraite en moyenne plus tard », pointe un collectif d’associations pour le droits des femmes, dans une lettre ouverte adressée aux trois syndicats signataires de l’accord [10].

Devenir un créateur d’entreprise quand on est un « senior chômeur » n’est pas à la portée de tous. Les ouvriers et employés au chômage ne disposent pas des ressorts et des réseaux d’un cadre. Ceux qui peuvent compter sur la solidarité de leur famille et, surtout, de leur conjoint ont plus de chance de réussir. Ce qui signifie que leurs proches doivent aussi en avoir les moyens. La solidarité privée succède alors à celle, publique, de la société. De quoi encore renforcer les inégalités. Est-ce bien la volonté des organisations syndicales qui s’apprêtent à signer l’accord ?

Morgane Remy

Photo : Manifestation à Brest contre la réforme des retraites de 2010 / CC Jyc1 via Flickr

Notes

[1] Voir les indicateurs de la Sécurité sociale.

[2] Voir ici.

[3] A consulter ici.

[4] Editions Michalon, 2008.

[5] A consulter ici.

[6] Voir ici.

[7] Chiffres de 2012 du ministère du Travail.

[8] Voirici.

[9] Voir ici.

[10] Lettre ouverte signée par Attac, la Fondation Copernic, Osez le féminisme, le Planning familial, Les effronté-e-s... à lire ici.

 

 

 

39 10 15 Trois raisons (simples) qui menacent de faire capoter la réforme des retraites complémentaires

Le HuffPost  |  Par Jean-Baptiste Duval

RETRAITE - Après les grandes lignes actées le 16 octobre, les partenaires sociaux ont rendez-vous ce 30 octobre pour inscrire la réforme des régimes de retraite complémentaire dans le marbre.

La négociation est bien avancée mais peut toujours capoter. L'entente entre Medef et syndicats n'est, comme souvent, pas au beau fixe... Il s'agit de "tout écrire légalement, article par article" à partir d'une trame définie par le patronat, explique Pascale Coton (CFTC). "Nous n'aurons pas le texte avant vendredi, ce sera à prendre ou à laisser", croit-elle savoir.

Le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) ont accepté un "accord de principe" il y a deux semaines. Mais la CGT et Force ouvrière (FO) ont déjà annoncé qu'ils ne parapheraient pas ce texte douloureux pour les salariés, qui "ouvre la porte à un report de l'âge de la retraite".

Deux tiers des retraités sont concernés par la décote

Cette réforme concerne environ les deux tiers de Français. Les retraités les plus modestes, ceux exonérés de CSG ou bénéficiaires d'un taux réduit, ne seront pas concernés par ces décotes.

Pour les autres, l'importance de la complémentaire augmente avec les revenus. D'après le Figaro, un salarié à 2100 euros par mois touchera 360 euros par mois de retraite complémentaire, soit le quart de sa pension. Un cadre à 5100 euros par mois touchera lui 1400 euros, soit la moitié de sa pension.

Alors que le régime général retiendra toujours 62 ans comme limite légale, Agirc et Arrco s'autorisent des libertés en poussant jusqu'à 63 ans pour l'obtention de la pension complète, et en incitant à partir encore plus tard à coup de majorations (voir ci-dessous).

Pour la CGT et FO, cette innovation est perçue comme un précédent inquiétant. Ce "deal patronat-gouvernement" pourrait ouvrir la porte au report de l'âge du départ en retraite à 65 ans, comme c'est déjà le cas pour les complémentaires de certaines professions indépendantes (médecins, consultants...). Saluant l'accord, François Hollande avait jugé qu'il ne s'agissait pas "d'un report de l'âge de la retraite" mais d'une "liberté" laissée aux salariés.

Au-delà des arguties techniques, voici ce qui ne passe pas auprès des syndicats:

1. Le bonus/malus bouleverse l'ordre actuel

Mesure phare, le système de bonus-malus mis au point par le Medef est une petite révolution. À partir de 2019 (génération 1957), les retraités qui voudront toucher 100% de leur complémentaire devront travailler un an au-delà de l'âge légal (62 ans).

Jusqu'à aujourd'hui, les caisses complémentaires s'étaient toujours alignées sur le régime général. Durée de cotisation, âge du départ en retraite... Quand il est passé à 62 ans, elles ont suivi sans se poser de question. La réforme soutenue par le gouvernement est en rupture: l'Agirc, la complémentaire des cadres, et l'Arrco, celle des employés, prennent leur indépendance.

Revue de presse semaine 43

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 43

 

SOMMAIRE

19 10 15 Retraites : "Les régimes sont pérennisés jusqu'en 2030"

20 10 15 Retraite : les salariés du privé pénalisés face à ceux du public

22 10 15 Retraites complémentaires : "Il n'y pas de recul de l'âge de départ à la retraite", assure Laurent Berger

23 Octobre 2015 Le Nettoyeur Et s'il y avait une solution ?

19 10 15 Retraites : "Les régimes sont pérennisés jusqu'en 2030"

Le président de la République a salué l'accord du 16 octobre entre les organisations syndicales et le MEDEF qui envisage de repousser l'âge légal de départ de la retraite à taux de plein de 62 à 63 ans.

PAR OLIVIER MAZEROLLE , GEOFFROY LANG 

Après l'accord entre les organisations syndicales et le MEDEF vendredi 16 octobre sur le report de l'âge de départ de la retraite à taux plein, François Hollande a souligné l'importance de ces négociations qui permettent d'assurer l'avenir des régimes AGIRC et ARCO. "Les régimes de retraite, régime général grâce à la réforme de 2014, et les régimes complémentaires, sont pérennisés jusqu'en 2030.", garantit le président de la République, avant d'ajouter qu'il "n'y a plus d'inquiétude à avoir par rapport aux retraites". 

Le chef d'État a salué le choix qui est laissé aux salariés. "L'âge légal de départ à la retraite, c'est toujours 62 ans", a tenu à rappeler le président de la République. "À partir de 2019, ceux qui voudront partir à 62 ans auront une décote de 10% mais ce n'est pas un report de l'âge de la retraite, ils feront leur choix", précise François Hollande. La CGT et Force Ouvrière, opposés à toute altération des pensions de retraites, ont refusé de signer cet accord.

 

20 10 15 Retraite : les salariés du privé pénalisés face à ceux du public

Les echos - SOLVEIG GODELUCK / JOURNALISTE | LE 20/10 À 07:00

Les régimes de retraite des fonctionnaires et des salariés du privé ont convergé ces dernières années. L'accord sur l'Agirc-Arrco stoppe ce mouvement.

Les salariés du secteur privé qui cotisent à l'Agirc-Arrco pour leur retraite complémentaire vont devoir travailler un an de plus que prévu à partir de 2019 pour toucher une pension complète. L'accord de principe signé par les partenaires sociaux vendredi instaure un système de malus temporaire pour les actifs qui liquident leurs droits à l'âge du taux plein (âge légal plus durée légale de cotisation). Ils devront partir un an plus tard pour ne pas subir une décote de 10 % par an pendant trois ans sur leur pension complémentaire - soit une baisse de 2 % à 6 % de la pension totale.

Même si l'abattement final est faible et temporaire, certains salariés du privé vont préférer travailler plus pour gagner autant, et partir plutôt à 63 ans qu'à 62 ans. Cette réforme pose donc à nouveau la question de l'équité entre le secteur privé et la fonction publique. Les réformes engagées depuis 2003 ont cherché à faire converger les deux régimes de retraite. La politique de convergence public-privé a permis d'aligner l'âge minimal légal, le nombre de trimestres pour avoir un taux plein, les modalités de revalorisation des pensions. En 2020, l'âge d'annulation de la décote et les taux de cotisation des salariés du public et du privé vont aussi se rejoindre.

Le futur malus va créer un nouveau décalage

Résultat de cette convergence, en 2013, selon une étude du Conseil d'orientation des retraites, l'âge moyen du départ était de 62,1 ans pour les salariés du privé, exactement comme pour les fonctionnaires des collectivités locales (hors carrières longues) et un peu plus que pour la fonction publique d'Etat (61,8 ans, hors catégories actives comme les policiers). Avec son futur malus, l'accord Agirc-Arrco pourrait créer un nouveau décalage d'âge entre le public et le privé.

Mais, à l'inverse, le mécanisme de bonus pour les salariés du privé qui travailleront deux ans, trois ans ou quatre ans de plus que l'âge du taux plein devrait rééquilibrer un peu la balance au niveau du montant des pensions. Les salariés du privé vont bénéficier pendant un an d'une surcote de 10 %, 20 %, ou 30 %. Le bénéfice sera certes ponctuel. Mais jusqu'à présent, cela n'existait pas à l'Agirc-Arrco, qui se contentait de proposer à chacun de continuer à cotiser au-delà du nombre de trimestres légal. De leur côté, le régime de base des salariés du privé et les régimes intégrés des fonctionnaires ont instauré en 2003 une surcote de 5 % par an, à vie, pour travailler une année supplémentaire. Pour les agents, elle est plus rentable que l'année de cotisation supplémentaire à l'Agirc-Arrco, qui équivaut à 2,5 % de surcote par an.

Par ailleurs, plusieurs mesures de l'accord Agirc-Arrco vont peser sur les salariés du privé, à commencer par la sous-indexation des pensions pendant trois ans. Le gel des pensions avait été appliqué en 2014 sur les régimes de base du privé et les retraites des fonctionnaires. Mais les pensions sont à nouveau indexées sur les prix.

Solveig Godeluck, Les Echos

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/journal20151020/lec1_france/021415551529-retraite-les-salaries-du-prive-penalises-face-a-ceux-du-public-1167264.php?Ro5qzl41Rgsp0qYp.99#xtor=EPR-3034

 

22 10 15 Retraites complémentaires : "Il n'y pas de recul de l'âge de départ à la retraite", assure Laurent Berger

: L'invité de RTL

"Les régimes de retraites sont pérennisés jusqu'en 2030". C'est ce qu'a affirmé François Hollande lors de son intervention, lundi 19 octobre sur RTL. Le chef de l'État a ainsi salué l'accord signé par le patronat et les syndicats sur les régimes de retraites complémentaires Agirc, pour les cadres et Arrco, pour les salariés. L'accord prévoit un système incitant les salariés à réaliser au moins quatre trimestres supplémentaires une fois qu'ils auront atteint leur âge légal de départ. Cette décision aurait pour conséquence de reculer l'âge de départ à la retraite.

"Chaque salarié pourra, à partir de 2019, partir à la retraite à 62 ans, avec une contribution de solidarité parce que nos régimes de retraite sont en difficulté. S'il n'y a pas cet accord, à partir de 2019, pour les cadres ce sera 10 à 15% en moins sur la retraite. Il n'y pas de recul de l'âge de départ à la retraite". Le secrétaire général de la CFDT reconnait cependant qu'il existe une "contrainte" mais cet accord empêche les politiques de vouloir reculer l'âge de départ à la retraite pour maintenir l'équilibre. "Il n'y a pas besoin de le faire. On a pris nos responsabilités. On va piloter un nouveau système. Il faut arrêter de dire qu'il y a un report de l'âge".

 

A titre de curiosité:

Comment réformer le système de retraite en accordant plus d'années sabbatiques

Et si on permettait aux travailleurs de prendre des bouts de retraite au cours de leur vie professionnelle, c'est-à-dire des années sabbatiques ?Ce système permettrait de donner une contrepartie concrète et tangible à un allongement de la durée de travail et donc de faire mieux passer une réforme des retraites.

Le Nettoyeur Publié le 23 Octobre 2015

En France, on a un problème avec les retraites. On le sait. Mathématiquement, le système ne tient plus. La durée de vie augmente, la natalité a été trop faible pendant des décennies, ainsi que la croissance. Il faut faire quelque chose mais le problème est politiquement très épineux, et ne sera jamais que plus épineux étant donné le vieillissement de la population.

Mais il y a un problème plus large, celui de la relation au travail. Au-delà du chômage de masse, il y a un phénomène d'aliénation au travail. Le phénomène dit de l'économie de partage promet de transformer notre relation au travail.

Et s'il y avait une solution ?

Quelle loi de l'Univers exige que nos vies soient passées à travailler de manière ininterrompue pendant des décennies pour gagner au bout une période ininterrompue de repos ?

Et si, au lieu de cela, on permettait aux travailleurs de prendre des bouts de retraite au cours de leur vie professionnelle - des années sabbatiques.

Ce système serait politiquement utile : il permettrait de donner une contrepartie concrète et tangible à un allongement de la durée de travail et donc de faire mieux passer une réforme des retraites.

Il serait également actuariellement utile : les bouts de retraite étant pris au cours de la vie active, avec des revenus de référence plus faibles, ils coûteraient moins cher que la retraite à la fin de la vie. Et on pourrait moduler le ratio : les gens préférant souvent un bien maintenant à deux tu-l'auras, choisiraient sans doute sans problème de prendre une année de retraite maintenant contre une année et demie en moins à la fin de la vie. On pourrait rééquilibrer le régime des retraites de manière beaucoup moins douloureuse.

Mais surtout, ce serait le rapport au travail qui serait changé. Le système actuel, avec le travail ininterrompu depuis le début de la vie active jusqu'à l'âge vétuste, a été conçu à l'ère industrielle, où vieillesse signifiait nécessairement handicap, et où l'emploi était conçu comme étant unique tout au long de la vie active.

Aujourd'hui les gens changent de carrière au long de leur vie, et une année sabbatique pourrait permettre de remettre les compteurs à zéro, faire un bilan de compétences, et aller dans une autre direction.

Dans la vie, nous avons besoin d'un équilibre entre le travail et le reste de la vie. Nous avons besoin de travail pour nous réaliser et si nous ne travaillons pas nous sommes malheureux. Mais nous avons également besoin d'avoir une certaine indépendance, ou en tous les cas une distanciation, par rapport au travail, sinon il nous aliène.

La vie de famille en serait également enrichie—combien de stress à la maison sont liés au stress du travail ?

Et les entreprises y trouveraient peut être leur compte—certaines entreprises permettent déjà à leurs employés de prendre des années sabbatiques, car l'employé revient rafraîchi, plus productif, et plein d'idées nouvelles.

Au final, tout le monde y trouverait son compte. Il faut juste de l'imagination

Revue de presse semaine 42 - 2015

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 42

SOMMAIRE

14 10 15 Négociation retraites complémentaires : quels sont les scénarios possibles ?
14 10 15 Quelle retraite alors que la sécu vient d'avoir 70 ans ?
16 10 15 Retraites complémentaires : pourquoi FO et la CGT ont quitté la négociation
16 10 15 Retraites complémentaires: qui veut quoi dans la négociation
16 10 15 Retraites : les Français s'alarment pour leur future pension
17 10 15 Retraites complémentaires. Pour FO, "l'accord proposé est un marché de dupes"
17 10 15 Retraites complémentaires : des perdants, des épargnés, peu de gagnants
18 10 15 Les fonctionnaires inquiets sur leur retraite
18 10 15 Retraites : le récit d'une négociation qui s'est beaucoup jouée en coulisse
14 10 15 Négociation retraites complémentaires : quels sont les scénarios possibles ?

La tribune - Par Jean-Christophe Chanut | 14/10/2015, 16:00 | 1046 mots

Vendredi 16 octobre, les organisations patronales et syndicales gestionnaires de l'Arrco et de l'Agirc, vont se retrouver une nouvelle (et dernière?) fois pour trouver un accord sur le redressement de la situation financière des régimes. Mais le projet du Medef de retarder de facto l'âge de la retraite à 64 ans bloque tout. En cas d'échec, l'État pourrait reprendre la main sur les régimes.
Ça va être très chaud. Vendredi 16 octobre à 9 heures, les organisations patronales et syndicales, gestionnaires des régimes de retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (ensemble des salariés) se retrouvent pour trouver un remède à la situation financière très dégradée des deux institutions.

Il y a le feu au lac. Avec la crise économique, l'arrivée des baby boomers à la retraite et le chômage de masse, l'Agirc et l'Arrco ont vu leurs déficits respectifs se creuser à 1,985 milliard et 1,153 milliard en 2014. Si rien n'est fait, leurs réserves seront épuisées d'ici à 2018 pour l'Agirc et à 2027 pour l'Arrco. Alors des abattements sur les pensions deviendraient quasi obligatoires !

Patronat et syndicats divergent sur les remèdes à apporter
Or, pour l'instant aucun accord ne semble pointer à l'horizon, tant les différentes parties divergent sur les remèdes à apporter. Alors, certes, le président de la République a appelé les gestionnaires à prendre des « mesures courageuses ». Mais, à ce stade, force est de constater que le seul point qui fait consensus, c'est le risque de ne pas parvenir à un accord. « Un compromis semble difficile » a lancé Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. « Il y a une probabilité pour que cela ne marche pas » a répondu en écho Pierre Gattaz, le président du Medef qui souhaite des « réformes de fond » et qui dit refuser un simple replâtrage permettant de tenir jusqu'en 2017.

Le Medef veut inciter les salariés à retarder à 64 ans l'âge de la retraite
C'est la proposition du Medef d'instaurer une décote drastique sur les pensions à compter de 2019 qui fait tout coincer. L'organisation patronale a d'ailleurs évolué. Auparavant, elle suggérait d'appliquer une décote dégressive sur les pensions des salariés partant à la retraite avant l'âge de 64 ans. Maintenant, le Medef propose un dispositif plus subtil. Voulant, toujours inciter les salariés à partir à 64 ans, ceux qui liquideraient leur pension à 62 ans connaîtraient un abattement de 25%, réduit à15% à 63 ans. Puis à 64 ans le niveau de pension retrouverait son niveau normal. En revanche, ceux qui retarderaient leur départ à 65 ans se verraient appliquer un bonus de 15%, durant une année. Pour ceux partant à 66 ans, ce bonus atteindrait 25%.

A des degrés divers, les syndicats ne veulent pas entendre parler de tels abattements. Pour la CFE-CGC c'est ne niveau proposé par le Medef qui est inacceptable. Ce syndicat veut bien parler de décote mais à « un taux raisonnable ». La CFTC plaide pour une décote des pensions de 5% la première année et de 4% pour la deuxième. Les autres syndicats refusent toute idée d'abattement, y compris la CFDT qui suggère d'instituer « une contribution de solidarité intergénérationnelle » de 4% qui serait versée pendant deux ans par tous les futurs retraités.

Quant à FO et la CGT, elles récusent encore plus farouchement toute idée de décote, de contribution exceptionnelle, etc. FO veut taxer les entreprises qui se séparent des seniors de plus 55 ans et la CGT, parmi diverses propositions, souhaite aligner les taux de cotisation Agirc. Si les organisations syndicales divergent donc sur les recettes alternatives aux projets patronaux, elles partagent tout de même quelques points communs.

Refus des syndicats de servir de poisson-pilote à l'Etat sur l'âge de la retraite

D'abord, toutes demandent une augmentation des cotisations patronales aux retraites complémentaires. Pour le Medef c'est hors de question alors que les entreprises françaises peinent à retrouver leur compétitivité. Surtout, aucune organisation ne veut cautionner un relèvement de fait de l'âge du départ à la retraite, ce à quoi conduirait le dispositif prôné par le Medef. "Nous ne servirons pas de poisson-pilote à l'Etat", explique Jean-Louis Malys en charge du dossier à la CFDT. De fait, les syndicats ont parfaitement conscience que s'ils acceptent de retarder l'âge requis pour percevoir une retraite complémentaire, l'État s'empressera de le faire aussi dans les régimes de base dont il a la responsabilité.

Alors, dans ce contexte fort peu consensuel, que peut-il se passer à l'issue de la réunion de vendredi, qualifiée comme de la dernière chance. Divers scénarios sont possibles.

Vers une reprise en main par l'Etat de l'Arrco et de l'Agirc ?
Première hypothèse, le Medef met encore de l'eau dans son vin. Un accord a minima se contentant de bouger quelques paramètres (prolongation de la sous revalorisation des pensions, abaissement du taux des pensions de réversion, etc.) est alors trouvé avec une majorité de syndicats, comme cela fut toujours le cas depuis la création de l'Arcco en 1947. Les partenaires sociaux fixeront alors ses modalités d'application qui s'imposeront progressivement aux retraités, salariés et entreprises... Et il faudra recommencer le psychodrame dans deux ans pour, cette fois, trouver des solutions pérennes..

Deuxième hypothèse, vendredi, les partenaires sociaux - du moins une majorité d'entre eux - rapprochent suffisamment leurs positions pour poursuivre les discussions. Dans ce cas, une ou deux réunions supplémentaires pourront être programmées d'ici la fin de l'année.

Troisième hypothèse, c'est l'échec total. Certains soupçonnent le Medef - qui s'en défend- de jouer cette carte afin de tenir là un prétexte pour se désengager de la gestion paritaire des retraites complémentaires. Dans ce cas, les commissions paritaires présentes dans les caisses Arrco et Agirc seraient chargées de gérer les affaires courantes, sans rien régler sur le fond. Une situation purement temporaire qui cesserait dans quelques mois si les organisations patronales et syndicales estimaient pouvoir reprendre les négociations plus sereinement.... Douteux. Ou alors, et ce serait la fin d'une époque, l'Etat reprendra la main et assumera la gestion des régimes Arrco et Agirc. Il risque alors d'avoir la main très lourde sur la durée de cotisation, les pensions, voire les taux de cotisation, pour ne pas trainer indéfiniment le boulet des retraites complémentaires. D'autant plus que la situation de régimes est prise en compte dans le calcul du déficit de la France, examiné à la loupe par la Commission européenne. C'est donc la survie même de ces régimes qui serait sans doute remise en cause

 

14 10 15 Quelle retraite alors que la sécu vient d'avoir 70 ans ?

Comptanoo.com (portail des TPE et PME)
Quelle retraite alors que la sécu vient d'avoir 70 ans ?
Créé en 1945, le modèle de protection sociale français connaît de nombreuses baisses de régime, notamment la branche vieillesse qui finance les retraites.
La nécessité de réformer : un consensus large
Sur fond de commémoration de la création de la Sécurité sociale, des voix se font entendre ici pour défendre le modèle de protection sociale à la française et là pour stigmatiser ses déficits récurrents que la succession de réformes n'a pas réussi à endiguer.
Peu importe le point de vue ou l'analyse, une question recueille une large majorité dans tous les sondages : la nécessité de réformer. Récemment, le Président Hollande s'est lui même mué en porte parole de cette nécessite de réformer.
Reste à savoir quel visage donner à cette réforme voulue et espérée pour garantir la continuité du régime des retraites pour tous les actifs.
Universalité, Unité, Uniformité : qui s'en souvient ?
Les fondateurs du régime de Sécurité sociale, avec ses branches famille, assurance maladie et vieillesse, avaient cet objectif dit des « 3 U ».
70 ans après, il faut bien constater que la tendance est plutôt à la fragmentation qu'à l'unité, à la multiplicité qu'à l'uniformité, et que même l'universalité semble aujourd'hui remise en cause par notamment l'accès aux soins qui devient problématique pour certains, qui pourtant ne sont pas éligibles à la fameuse CMU (Couverture Maladie Universelle).
Et si l'on en revient à la retraite, que dire de la disparité des régimes aujourd'hui, qui n'ont cessé d'évoluer de manière disparate, au gré des pouvoirs d'influence (pour ne pas dire plus ...) des catégories d'actifs que les différents régimes représentent.
Et si la réforme consistait à tendre vers les fondamentaux ?
Un pays qui se targue d'être un modèle de justice sociale peut-il continuer à garantir aux uns un départ à la retraite avant 60 ans, alors même que l'âge légal est fixé à 62 ans ? Peut-il assurer aux uns une pension équivalente à 80% de leurs revenus d'activité, alors que pour d'autres il est autour de 32% ?
Dès lors l'enjeu des réformes à mener n'est pas seulement la continuité des régimes, ni même leur unité, mais surtout leur remise sur l'ouvrage pour tendre vers plus d'équité. Une équité qui devrait commencer par un reversement de pension plus en rapport avec les sommes versées pendant la période d'activité.
Les réformes voulues et promises auront-elles (enfin) des objectifs assez ambitieux au regard de ces enjeux ? Là est la vraie question ...
Quid du Régime Social des Indépendants (RSI) ?
Inutile d'insister sur le mécontentement récurrent exprimé par les ressortissants du RSI. Car l'enjeu va bien au-delà des critiques autour d'un dysfonctionnement et de lenteurs et lourdeurs administratives de ce régime, créé en 2006 et qui rassemble toutes les catégories de ce que l'on appelle les Travailleurs Non Salariés (TNS), soit les artisans, commerçants, libéraux et auto-entrepreneurs principalement. Un rapport doit être remis ces jours au Premier Ministre.
Un rapport qui fera, n'en doutons pas, de louables recommandations sur des problématiques comme la simplification administrative, la communication avec les assurés, le recouvrement des cotisations, ... alors que le mouvement de contestation réclame purement et simplement la disparition du RSI pour le fusionner avec le régime général des salariés.
Et si le RSI était l'arbre qui cache la forêt ?
Encore une fois revenons à la problématique de la retraite, qui n'est pas celui du RSI, puisque celui-ci ne gère que la branche maladie. Pour la retraite, c'est une autre histoire car les régimes sont ici plus fragmentés par catégories et sous-catégories entre artisans, commerçants, libéraux, professions réglementées, auto-entrepreneurs. Un seul point commun : la faible réversion par rapport aux revenus d'activité.
Certes, instaurée il y a 20 ans maintenant, la loi Madelin permet de se constituer une retraite par capitalisation annuelle, dont le fruit des versements et intérêts rapportés va générer une rente complémentaire à la retraite. Ces versements sont déductibles des revenus professionnels (BNC ou BIC). Encore faut-il générer assez de revenus pour en épargner sur un compte retraite Madelin et là, les différente catégories de TNS sont loin d'être sur un pied d'égalité.
Alors, au moment d'envisager de nouvelles réformes dont le but serait « d'harmoniser, de simplifier, d'unifier » la question se pose : quel sera le mètre étalon ? Où se situe le point d'équilibre ?
Les TNS auront probablement à y gagner, mais les catégories sociales aujourd'hui plus favorisées accepteront-elles ce lissage médian ? Nous aurons l'occasion d'y revenir

 

16 10 15 Retraites complémentaires : pourquoi FO et la CGT ont quitté la négociation

Les Echos - LEÏLA DE COMARMOND /
Force ouvrière et la CGT ont refusé de signer l'ultime proposition du Medef.
FO et la CGT n'ont pas formellement claqué la porte puisque, aux dires de Philippe Pihet, le négociateur de Force ouvrière, c'est Claude Tendil lui-même, le chef de file de la délégation patronale, qui a annoncé que la négociation sur les retraites complémentaires était « finie » en distribuant un dernier projet d'accord à prendre ou à laisser vers 16 h 30. Mais on peut dire que contrairement aux trois autres confédérations , les centrales de Jean-Claude Mailly et Philippe Martinez ont pris l'assureur au mot.
CGT : « C'est un jour très triste »
Le geste est sans surprise pour la seconde. « Pour la CGT, l'appréciation est très claire », a déclaré Eric Aubin. « Le projet d'accord sur la table acte de fait le report de l'âge de départ en retraite et un abaissement du niveau des pensions. Pour pouvoir toucher une retraite pleine et entière, il faudra travailler un an de plus que [pour bénéficier de la retraite de base à taux plein] et ceux qui ne sont plus en activité subiront un abattement de fait. C'est un jour très triste pour les retraités actuels et futurs », a regretté Eric Aubin.
« Le patronat propose d'échanger la disparition du régime de retraite complémentaire des cadres contre l'engagement d'ouvrir une négociation interprofessionnelle sur la notion de cadre et d'encadrement; donc on ne parle plus de statut », a ajouté Marie-Josée Kotlicki, également membre de la délégation. La secrétaire générale de l'Union des cadres CGT a regretté en outre que le projet aboutisse à « faire payer par les ouvriers une partie de la retraite complémentaire des cadres ».
Un projet « inacceptable » pour Philippe Martinez
Avec ce projet, ce sont les « salariés et les retraités » qui vont « une nouvelle fois (...) devoir payer », en contribuant « à hauteur de 5,7 milliards » quand « le patronat met 300 millions au pot », a jugé sur BFMTV Philippe Martinez. « C'est pour nous inacceptable », cela pose la question de « l'égalité de traitement », a dit le secrétaire général de la CGT.
« Ce sont toujours les mêmes qui paient -les salariés, les privés d'emploi, les retraités-, et puis toujours les mêmes qui encaissent - le patronat et le Medef », a-t-il encore dénoncé.
Réaction plus surprenante de FO

Du côté de Force ouvrière, la réaction est plus surprenante. Non seulement, son numéro Un a plusieurs fois insisté sur la volonté de son organisation de trouver un compromis, mais dans l'histoire des retraites complémentaires, ce sera seulement la seconde fois que la centrale ne signera pas un accord sur le sujet, le précédent datant de 2001. « Nous constatons que l'ensemble des salariés subira à partir de 2019 un abattement de 10% pendant trois ans », a déploré Philippe Pihet, pour justifier son départ.
Il a en particulier dénoncé l'instauration d'un abattement temporaire. « Le bureau confédéral de mardi tranchera mais il ne devrait pas y avoir de grand suspense. On n'est pas dans une recherche d'équilibre, on est dans un changement structurel de la retraite complémentaire », a-t-il dénoncé, fustigeant le fait que « sur le plan d'économies de 6 milliards d'euros, l'effort des entreprises sera de 600 millions d'euros, donc 90% sera à la charge des salariés et retraités ». « Le président de la République avait expliqué qu'il fallait un accord équilibré, visiblement le patronat n'a pas compris le message ; pourtant, Matignon a oeuvré ce matin et cet après-midi pour convaincre les plus réticents », a-t-il ajouté.
Et si le prix à payer pour FO de sa défection est la perte de la présidence de l'Arrco, peu importe : « si ma confédération s'abaissait à échanger le sort de 30 millions de personnes pour un mandat, j'arrêterais », a affirmé Philippe Pihet

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021411276840-retraites-complementaires-pourquoi-fo-et-la-cgt-ont-quitte-la-negociation-1166404.php?AfifsgumBbCmdBXc.99

 

16 10 15 Retraites complémentaires: qui veut quoi dans la négociation

Le figaro par Damien
Nouveau round de négociations ce vendredi pour trouver des solutions de financement pour les caisses de retraite complémentaire. Au rythme actuel des départs en retraite et avec les conditions des taux de prélèvements en vigueur, l'Arrco (qui concerne tous les salariés du privé) aura épuisé ses réserves en 2027. Mais la situation la plus critique est celle de l'Agirc, la caisse complémentaire des cadres du privé complétant l'Arrco, qui sera à sec dès 2018.
La plupart des observateurs s'accordent à dire malgré cette urgence que la possibilité d'un accord est faible. Les positions des différents acteurs semblent en effet irréconciliables et aucun ne semble vouloir faire un pas vers le compromis. Le point sur les propositions de chacun.
• Organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA)

Pour les syndicats patronaux, la clef de voûte de la sauvegarde du système réside dans l'âge à partir duquel un travailleur peut faire valoir ses droits à la retraite complémentaire. Ils souhaitent en effet que cet âge soit porté à 64 ans, même si le salarié fait valoir ses droits à la retraite de base avant cet âge. Pour inciter les ayant-droits à retarder la liquidation de leur pension, les organisations patronales proposent un classique système de bonus-malus (-25% si liquidation à 62 ans, -15% à 63 ans, et des bonus provisoires après 64 ans). Ces organisations proposent également de désindexer les pensions de 1 à 1,5 point de moins par rapport à l'inflation, pendant trois ans. Le prix d'achat des points de retraite complémentaire serait également augmenté. Pour le patronat, l'avantage de cette solution est clair: elle permettrait de maintenir les équilibres financiers des caisses en limitant les dépenses... sans augmenter les charges patronales pour alimenter les recettes.
• La CGT

Pour le syndicat, le plus important est de défendre les deux piliers sur lesquels veut revenir le patronat: l'âge d'accès aux droits à la retraite complémentaire et le niveau des pensions. Pour la Confédération, il faut en outre augmenter le niveau de prélèvement de 0,93 point pour les salaires en-dessous du plafond de la sécurité sociale (soit 3170 euros mensuels). L'organisation souligne également que la mise en place de l'égalité réelle des salaires entre les hommes et les femmes pourrait mécaniquement réduire le déficit de moitié d'ici 2040.
• La CFDT

Le syndicat réformiste est lui aussi très engagé sur l'absence de recul de l'âge pour les retraites complémentaires. Il concède cependant que plusieurs efforts doivent reposer sur les salariés: création d'une «contribution intergénérationnelle» de 4% pendant deux ans pour les nouveaux retraités, pensions de réversion sous condition de ressources, augmentation du prix du point, revalorisation de 1 point en-dessous de l'inflation jusqu'en 2019. Mais l'organisation vise également les entreprises qui ne jouent pas le jeu de l'emploi des séniors, en proposant la mise en place d'un surcroît de cotisations pour les sociétés qui procéderaient à des licenciements ou signeraient des ruptures conventionnelles pour des salariés de plus de 50 ans. La CFDT est ouverte au dialogue avec le patronat: «Nous voulons un accord», avait assuré Laurent Berger, en détaillant les propositions du syndicat au quotidien Les Echos en septembre dernier.
• Les autres syndicats

Force ouvrière est assez proche des positions de la CFDT en acceptant une sous-indexation de 1 point par rapport à l'inflation, tout en militant pour la mise en place d'une taxe pour les entreprises se séparant d'un sénior (plus de 55 ans dans la proposition du syndicat). FO est cependant en faveur d'une hausse des cotisations patronales, ce que ne souhaite pas la CFDT.
La CFTC accepte une décote progressive des pensions versées, sous réserve que le patronat accepte de son côté une hausse des cotisations salariales (ce qu'il refuse fermement pour l'instant). Le syndicat des «travailleurs chrétiens» est en outre farouchement opposé à un recul de l'âge de la retraite complémentaire.
La CGE-CGC enfin accepte l'idée d'une désindexation «modérée» des pensions par rapport à l'inflation, et une hausse supérieure par rapport à cette dernière des rachats de points (jusqu'en 2020).

• Et l'Etat dans tout ça?

Le gouvernement va suivre évidemment de très près cette négociation. Son but? Tout simplement... qu'il y ait un accord! En effet, si la négociation ne débouche sur rien, l'Etat pourrait devoir reprendre la main sur la gestion des deux caisses. Une solution qui a pirori ne ferait que des perdants chez les partenaires sociaux: le gouvernement pourrait être tenté de prendre des mesures radicales pour clore au plus vite ce dossier embarassant, et réduire le déficit des régimes complémentaires qui sont pris en compte, notamment par l'Europe, pour juger de la situation budgétaire française. Pas sûr pourtant que cette crainte du «père Fouettard» ne suffise pour mettre les syndicats d'accord sur la nécessité d'un compromis

 

16 10 15 Retraites : les Français s'alarment pour leur future pension

Les Echos -SOLVEIG GODELUCK

Selon un sondage Odoxa-FTI Consulting pour « Les Echos », près des trois quarts des Français ne croient pas à la pérennité de l'actuel système de retraite par répartition.
Noir, c'est noir. Les Français sont persuadés que le régime actuel de retraite par répartition a vécu. Selon un sondage Odoxa-FTI Consulting pour « Les Echos » et Radio Classique, 71 % d'entre eux pensent que ce système ne fonctionnera plus de la même façon lorsqu'ils partiront à la retraite. Tout ira moins bien, on le comprend entre les lignes. En particulier, ils pensent que l'âge auquel ils ont en théorie le droit de liquider leur retraite sera modifié, à 84 %. Et 85 % ne croient pas que leur future pension sera du même montant que celles qui sont versées aujourd'hui pour des carrières équivalentes.

Résignés à partir plus tard

Derrière ce pessimisme, on devine l'effet déprimant du cortège des réformes des retraites. Le retour à l'équilibre du régime général est pourtant programmé pour l'année prochaine. Mais la confiance a été sapée. « Les Français sont persuadés que l'exception sociale française est condamnée à se diluer, commente Gaël Sliman, président d'Odoxa. Il y a une telle résignation que lorsque nous les avons interrogés il y a un an sur l'âge auquel ils estimaient qu'ils pourraient partir à la retraite, ils ont répondu 65 ans ! » L'âge légal est pourtant de 62 ans.

Or les assurés ne semblent pas prêts à prolonger leur durée d'activité. Pour redresser les régimes de retraite complémentaire, si on ne propose que deux options, seuls 47 % préfèrent faire porter l'essentiel de l'effort sur l'âge de départ (avec des incitations pour ne pas partir avant 65 ans). La majorité (52 %) choisit une hausse des cotisations patronales. « Les gens nous disent qu'ils souhaitent partir à 60 ans. Pour la plupart d'entre eux, le travail est une souffrance : ils sont angoissés parce qu'ils n'en ont pas, ou bien parce qu'ils risquent de le perdre, et ils regrettent les contraintes qu'il fait peser sur leur vie privée », analyse Gaël Sliman.

Un sympathisant de droite aura toutefois une plus grande propension à choisir la mesure d'âge : 59 %, contre 33 % pour un sympathisant de gauche. Nicolas Sarkozy veut d'ailleurs repousser l'âge légal à 63 ans dès 2020 s'il est élu.

Autre ligne de fracture, celle de l'âge. Les actifs qui vivent le désenchantement du monde du travail sont moins favorables au report de l'âge... que les retraités. « Il règne sur ce sujet un égoïsme monstrueux ; sitôt passé le portique de la retraite, les gens sont prêts à le refermer sur les suivants », souligne Gaël Sliman. Il n'est donc pas étonnant que les plus pessimistes sur l'avenir du système, parmi les actifs, soient aussi les jeunes actifs. Ils ont encore beaucoup de réformes des retraites devant eux

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021408624597-retraites-les-francais-salarment-pour-leur-future-pension-1166234.php?20oUCdPH0m60Rl0s.99

 

17 10 15 Retraites complémentaires. Pour FO, "l'accord proposé est un marché de dupes"

HUMANITE.FR.

Alors que syndicats et organisations patronales étaient réunis au MEDEF depuis 9 heures du matin pour tenter de trouver un accord sur l'avenir des retraites complémentaires, la délégation FO a quitté la table des négociations peu avant 17 heures, après avoir pris connaissance d'un projet présenté par le MEDEF comme son ultime proposition.

« Le bureau confédéral de FO prendra une décision formelle sur le projet d'accord mardi, mais d'ores et déjà notre délégation émet un avis défavorable », a indiqué Philippe Pihet, secrétaire confédéral FO et chef de file de la délégation FO.

Le MEDEF, qui veut reporter dans les faits l'âge de départ à la retraite, a présenté une ultime trame d'accord maintenant le principe controversé d'un abattement de la pension complémentaire pour tous les salariés qui prendront leur retraite à taux plein au régime de base quel que soit leur âge – 10% la première année, 10% la deuxième et 10% la troisième.

« Un marché de dupes »

« On prend le prétexte des économies, mais la mesure ne rapportera qu'un dixième des 6 milliards à rechercher. C'est avant tout une mesure politique pour repousser l'âge de la retraite, on est dans un changement structurel des régimes de retraite complémentaire », dénonce Philippe Pihet. Le chef de file de la délégation FO estime par ailleurs que « l'accord proposé est un marché de dupes » : « Ce sont les salariés qui vont payer à 90% les mesures. », a t-il indiqué.

Confédérations syndicales et organisations patronales gestionnaires des régimes ARRCO (tous les salariés) et AGIRC (cadres du privé) avaient débuté en février leur cycle de négociations pour pérenniser les retraites complémentaires, confrontées à une dégradation de leurs comptes.

La CGT a, elle aussi, refusé le projet du Medef, tandis la CGC, la CFDT et la CFTC avaient accepté de rester à la table de négociation. Cela serait seulement la deuxième fois dans l'histoire des retraites complémentaires, après un précédent en 2001, que FO ne serait pas signataire d'un accord éventuel

 

17 10 15 Retraites complémentaires : des perdants, des épargnés, peu de gagnants

Par AFP Libération

Le projet d'accord sur les retraites complémentaires trouvé vendredi entre le Medef et trois syndicats repose sur un système de «bonus-malus» incitant les salariés du privé à travailler plus longtemps.

Retraites complémentaires : des perdants, des épargnés, peu de gagnants
Le projet d'accord sur les retraites complémentaires trouvé vendredi entre le Medef et trois syndicats repose notamment sur un système de «bonus-malus», mis en place à partir de 2019, et incitant les salariés du privé à travailler plus longtemps.

Qui va y perdre ? Qui va y échapper ? Est-ce qu'il y aura des gagnants ? Les régimes Agirc-Arrco sont-ils sauvés désormais ?

Qui perd, qui gagne ?
Le grand perdant sera le salarié qui, bien qu'ayant atteint l'âge légal de la retraite (62 ans), avec toutes ses annuités (41,5 ans), verra sa retraite complémentaire amputée de 10% pendant au moins deux ans. Pour ne pas pâtir de ces malus et conserver un taux plein, il devra travailler un an de plus et ainsi partir à 63 ans.

Ce «coefficient de solidarité» est applicable pendant les trois premières années de retraite et «au maximum jusqu'à 67 ans». A l'inverse, ceux qui travaillent deux, trois ou quatre ans de plus, verront leur régime complémentaire bonifié respectivement de 10, 20 ou 30%, pendant un an. Pour Laurent Berger (CFDT), favorable à la réforme, «c'est une erreur de penser» qu'elle aboutirait à un report de l'âge de départ à la retraite à 63 ans. Seulement, «le salarié qui a cotisé tous ses semestres et part à la retraite à 62 ans paiera "une contribution" sur trois ans».

Principales victimes de la réforme, selon ses opposants : les chômeurs, mais aussi les femmes, qui doivent généralement travailler plus longtemps pour atteindre la durée de cotisation en raison de parcours moins linéaires. Et tous les salariés sont perdants sur d'autres mesures, mises en place avant 2019: la désindexation des pensions de - 1 point par rapport à l'inflation pendant trois ans, le décalage de la date de revalorisation des pensions au 1er novembre (au lieu d'avril) et l'augmentation du prix d'achat du point pendant trois ans pour les futurs retraités.

Combien coûtera le malus?
Cinquante euros par mois, soit 600 euros par an, «pendant au minimum deux ans», selon le calcul de la CFDT, qui prend l'exemple d'un salarié gagnant 1800 euros et dont la retraite tout régime confondu atteint 1300 euros (dont 500 euros de complémentaire).

La part de la retraite complémentaire représente en moyenne plus de 25% de la pension globale, selon des données de la Cour des comptes. Cette part dépasse toutefois 50% pour le régime spécifique aux cadres, l'Agirc.

Qui va y échapper ?
Les retraités modestes, exonérés de CSG (contribution sociale généralisée), ne seraient pas concernés par les décotes, soit 33% des salariés. Et les personnes vivant «dans des situations économiques difficiles» échapperont aux abattements, a ainsi développé le négociateur du Medef, Claude Tendil.

Qui va renflouer les caisses?
Sur les 6 milliards d'euros d'économies visés d'ici à 2020, le patronat dit contribuer à hauteur de 700 millions d'euros. Les opposants au texte, CGT et Force ouvrière, chiffre eux l'effort du patronat à respectivement 300 millions et 600 millions d'euros. Les économies sont supportées à «90% par les salariés et à 10% par les entreprises», a commenté Philippe Pihet (FO).

«Ce sont toujours les mêmes qui paient -les salariés, les privés d'emploi, les retraités-, et puis toujours les mêmes qui encaissent - le patronat et le Medef», a ajouté le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Les retraites complémentaires sont-elles sauvées?
Oui, à en croire les organisations favorables à l'accord. En 2014, les caisses de l'Agirc (cadres) et de l'Arrco (tous les salariés du privé) ont vu leurs déficits cumulés se creuser à plus de 3 milliards d'euros.

«A l'horizon 2024-2025, ces régimes seront équilibrés», a assuré Laurent Berger. L'accord permet «d'assurer l'avenir des retraites complémentaires de tous les salariés, par des mesures adaptées et justes», a déclaré le Premier ministre Manuel Valls

 

18 10 15 Les fonctionnaires inquiets sur leur retraite

Le JDD

Les 5,5 millions de fonctionnaires font de plus en plus grise mine lorsqu'ils pensent à la retraite. C'est ce qui ressort du dernier baromètre trimestriel de la Préfon (régime complémentaire de retraite et de prévoyance proposé aux fonctionnaires), livré en avant-première au JDD. Toutes fonctions publiques confondues (État, collectivités locales et hôpitaux), plus d'un agent sondé* sur deux se dit inquiet, voire très inquiet, sur sa retraite.

Le phénomène n'est pas nouveau mais s'est accentué depuis le baromètre de mai et, très nettement, depuis son lancement, en 2012. Pour Christian Carrega, directeur général de la Préfon, le pessimisme des agents et cadres de la fonction publique est la résultante de plusieurs causes : "Même s'ils ne sont pas partie prenante du débat actuel, qui touche les salariés du privé, ils se savent en sursis statutaire depuis la réforme Balladur de 1993. Ils sentent que cela va bouger et ils savent qu'on les considère, à tort, comme des privilégiés."

Capacité d'épargne insuffisante
Autre enseignement de ce sondage trimestriel, le ressenti des fonctionnaires varie selon la fonction publique à laquelle ils appartiennent, leur catégorie et leur capacité à épargner. Contrairement aux actifs du secteur privé, ils connaissent mieux les montants de la pension qu'ils toucheront et l'âge à partir duquel ils pourront partir à la retraite. Ils savent ainsi qu'ils toucheront 75% des six derniers mois de traitement, hors primes. "Les primes sont la grande variable d'ajustement. Elles sont importantes pour les fonctionnaires classés en catégorie C [niveau employé]", souligne Christian Carrega.

L'inquiétude des fonctionnaires a aussi pour cause une incapacité croissante à épargner pour combler une perte de revenu une fois pensionnés. Selon le dernier baromètre Préfon, 47 % des agents territoriaux estiment que leur effort d'épargne est insuffisant et 71 % de l'ensemble des sondés n'envisagent pas de l'augmenter. La conséquence d'un blocage, depuis cinq ans, des niveaux de salaires (hors primes) des fonctionnaires.

*À partir d'un échantillon de 427 personnes de plus de 18 ans interrogées entre le 11 août et le 17 septembre 2015.

Bruna Basini - Le Journal du Dimanche

 

18 10 15 Retraites : le récit d'une négociation qui s'est beaucoup jouée en coulisse

Les Echos - LEÏLA DE COMARMOND

Les propositions de la CFDT fin septembre ont permis de réamorcer le dialogue avec le patronat.
Vendredi matin, l'ultime séance de négociation sur les complémentaires démarre dans une ambiance tendue. Les positions affichées de part et d'autre de la table sont très éloignées, faisant douter de la possibilité­ d'un accord. Pourtant, le secrétaire général de la CFDT, qui est l'invité de l'Association des journalistes de l'information sociale, n'a pas sa mine des mauvais jours. Laurent Berger fait même part d'un certain optimisme. Au même moment, au gouvernement, certains se montrent très confiants. Pour l'heure, rien ne permet cependant de penser que le ciel s'est éclairci.
Après la séance de négociation du 22 juin, ont suivi trois mois de silence radio. Les vacances d'été expliquent en partie cette pause, mais pas seulement. En proposant de mettre en place des abattements sur les retraites des salariés partant avant 64 ans, le patronat a braqué les syndicats et, au Medef, la bataille entre faucons et colombes bloque le dossier.
La présentation par la CFDT de son propre projet, le 22 septembre, va décoincer la négociation. La centrale dit non aux abattements en cas de départ avant 64 ans à la retraite, mais propose une contribution exceptionnelle temporaire de « solidarité », fondée sur la durée de cotisation et non l'âge. Officiellement, le patronat oppose une fin de non-recevoir. Mais il a bien compris qu'elle dessinait une piste de compro­mis. Cela n'a pas non plus échappé à l'exécutif, qui va œuvrer en coulisse pour convaincre le Medef de renouer le dialogue et faire avancer les discussions pour préparer la réunion du 16 octobre.
La veille du rendez-vous, Jean-François Pilliard, le « monsieur Social » de l'organisation patronale, fait une ouverture dans une interview au « Monde » : « Faut-il allonger la durée de cotisation ? Instau­rer un système d'abattements ou de bonus-malus ? Nous ne sommes pas dogmatiques sur les modalités, mais elles doivent entraîner un changement significatif de comportement », affirme-t-il.
Un accord inattaquable
Le projet que Claude Tendil, le négociateur du Medef, met sur la table vendredi matin, abandonne ainsi « l'âge pivot » de 64 ans pour la durée de cotisation. Les niveaux des abattements sont en revanche trop élevés. La CFDT avait prévenu qu'elle n'accepterait pas plus de 10 % et le patronat va au-delà dans sa première proposition. Mais le Medef lui donne satisfaction dans la deuxième version de son texte, qui prévoit une exonération pour les retraités peu ou pas soumis à la CSG, notamment. Le risque d'une faillite du régime de retraite des cadres, assortie de la promesse d'une négociation sur la « fonction cadre », emporte la signature de la CGC.
Manque celle de la CFTC, la seule qui semblait a priori acquise puisqu'elle avait déjà accepté le principe des abattements, satisfaite d'avoir obtenu le statu quo sur les pensions de réversion. Le critère de la durée de cotisation désavantage en effet les femmes qui ont eu des carrières trop courtes. Matignon et la CFDT seraient alors intervenus auprès du président de la CFTC, Philippe Louis. Ce que Pascale Coton, la négociatrice de la CFTC, dément formellement. Quoi qu'il en soit, au final, la centrale décide elle aussi d'apposer sa signature. L'accord sera donc paraphé par des syndicats représentant plus de 50 % des salariés, devenant ainsi inattaquable.
L. de C

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021413491872-retraites-le-recit-dune-negociation-qui-sest-beaucoup-jouee-en-coulisse-1166669.php?htOqbx7t3wIT57Kp.99

 

Revue de presse semaine 40

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 40

SOMMAIRE

01 10 15 Retraite des fonctionnaires : la réforme permettrait 7,5 milliards d'économies
29 09 15 Retraites : fonctionnaires et salariés du privé sur un pied d'égalité... pour l'instant

01 10 15 Retraite des fonctionnaires : la réforme permettrait 7,5 milliards d'économies

REPLAY - ÉDITO - Le Budget 2016 promet de nouvelles économies. Le dossier que publie "Capital", en partenariat avec RTL, montre pourtant que le gâchis des fonds publics reste très présent.

On est en plein paradoxe. De plus en plus de ministères travaillent avec des bouts de ficelles, le déficit sera encore l'an prochain de 75 milliards, mais rien n'entrave la mauvaise gestion des fonds publics. Le dossier de Capital, en partenariat avec RTL, expose des exemples dévastateurs des libertés que prennent nos élus et nos grands fonctionnaires : voyages sans mobile sérieux, études bidons, logement de fonction 5 étoiles, frais de bouche rabelaisiens... Il y a des centaines de millions qui s'évaporent sans aucun rapport avec le bien public.

Il y a aussi des dossiers de fond qui affectent directement le pouvoir d'achat des Français et qui restent soigneusement sous le tapis. Parmi eux : les retraites des services publics. Elles pèsent sur les finances du pays. Globalement, on estime que le seul alignement des régimes publics et privés permettrait 7,5 milliards d'économies. C'est colossal puisque cette somme, qui ne cesse de croître, est financée par de la dette qui, elle, pèse sur tous les Français.

Le trompe-l'œil des régimes spéciaux

On sait que les régimes spéciaux, dont la réforme Sarkozy n'a été qu'un trompe-l'œil, coûtent plus de 5 milliards par an aux contribuables. Mais est-ce que tout le monde sait, par exemple, que nos factures de gaz et d'électricité supportent une taxe annuelle de 1,2 milliard pour financer le régime très particulier des salariés d'EDF-GDF ?

Le consommateur paye depuis 2003 une "contribution spéciale à d'acheminement" - elle figure en tout petit sur votre facture -, qui a permis aux pensions de ces personnels de croître en moyenne de 72% plus vite que l'inflation. Ces anomalies supportables en période d'embellie économique sont aujourd'hui difficiles à comprendre.

Tous les agents de service public ne sont pas aussi largement traités. Mais ils sont globalement 25% à partir dès 57 ans, voire plus tôt, en retraite. Les autres cotisent désormais jusqu'à 62 ans, et leurs primes ne sont plus intégrées dans le calcul de leurs pensions. Ils touchent néanmoins, en moyenne, des retraites plus élevées : 77% du dernier salaire, contre 55% dans le privé.

L'Élysée a fait un effort

Mais que dire de nos élus parlementaires ? Ils perçoivent 6 euros de pension pour 1 euro cotisé. Pour les Français, c'est 70 centimes pour 1 euro cotisé. Si on y ajoute le cumul des retraites et bien d'autres facilités aussi coûteuses qu'injustifiées, l'addition est pesante.

Nos élus devraient regarder du côté de l'Élysée. Son train de vie est repassé sous la barre des 100 millions. Un effort assez remarquable. On se demande bien pourquoi le Président semble incapable de l'appliquer à l'ensemble du service public

 

29 09 15 Retraites : fonctionnaires et salariés du privé sur un pied d'égalité... pour l'instant

Le Figaro - Par Marie Bartnik Publié le 29/09/2015 à 17:17

Les fonctionnaires à la retraite sont-ils privilégiés par rapport à leurs homologues du privé? Le conseil d'orientation des retraites (COR) s'est penché ces derniers mois sur cette question très polémique. Et conclut par la négative, en tous cas pour le régime des fonctionnaires d'Etat. En appliquant les règles qui régissent les retraites du secteur privé aux fonctionnaires d'Etat nés en 1958, l'institution, indépendante, constate qu'elles feraient même augmenter la retraite des fonctionnaires de 2,4% en moyenne. Dans le détail cependant, certaines catégories de fonctionnaires y perdraient, quand d'autres y gagneraient.
Sur le papier, le système des retraites des fonctionnaires est pourtant avantageux. Les pensions sont calculées en fonction du traitement perçu au cours des six derniers mois de carrière, contre les 25 milleures années dans le privé. Et les fonctionnaires des catégories dites «actives», comme les policiers, les pompiers ou encore certains infirmiers des hôpitaux publics, bénéficient d'une retraite anticipée, qu'ils prennent en moyenne à 58 ans. Le dispositif a concerné un fonctionnaire sur cinq en 2013.
Mais a contrario, le calcul du nombre de trimestres cotisés est plus favorable aux salariés du privé, de même, par exemple, que les avantages liés au fait d'être parent. La prise en compte des primes, importantes pour certains fonctionnaires, donnerait par ailleurs lieu à une retraite plus élevée s'ils étaient comptés comme une composante du salaire dans le secteur privé. C'est pourquoi les fonctionnaires se disent majoritairement favorables à un calcul de leur retraite sur dix ans... si celle-ci incluait l'intégralité des primes qu'ils touchent.
Une faible «marge d'économie»

Finalement, en exceptant les militaires et les fonctionnaires partis en retraite avant 54 ans, 53% des agents de la fonction publique d'Etat nés en 1958 seraient avantagés par l'application des règles du privé, et 47% pénalisés. Parmi ceux qui trouvent un avantage au régime des fonctionnaires figurent bien sûr les catégories actives, qui travaillent moins longtemps en moyenne que dans le privé. C'est aussi le cas des agents dont les primes ne constituent pas une part importante de la rémunération, comme les enseignants. Ces derniers ont ainsi tout intérêt à se voir calculer leur retraite sur leur six derniers mois de traitement plutôt que sur les 25 meilleures années.
In fine, fonctionnaires des catégories actives mis à part, «il ne semble pas y avoir de marge d'économie importante à court ou à moyen terme lié à un alignement total des règles» des régimes de retraite privé et public, s'agissant du régime des fonctionnaires d'Etat, conclut le COR. Plusieurs réformes ont en effet déjà contribué à réduire l'écart préexistant entre les régimes. C'est le cas de la réforme Woerth, qui a progressivement relevé, de 60 ans à 62 ans en 2018, l'âge légal de départ à la retraite des fonctionnaires, pour l'aligner sur le privé, ou encore de la réforme Fillon, qui a accru leur durée de cotisation, à 41 ans. La réforme Touraine allonge de son côté à nouveau cette durée de cotisation (à 43 ans en 2035) mais uniquement à compter de 2020.
C'est cependant compter sans les prochaines réformes des retraites dans le secteur privé, qui risquent de creuser à nouveau l'écart entre les deux régimes. Pour sauver les retraites complémentaires, à sec dans les prochaines années, les partenaires sociaux négocient actuellement de nouvelles mesures de rigueur. Le patronat propose notamment de geler les pensions jusqu'en 2018, ou encore de faire baisser la rentabilité des cotisations versées par les salariés.

 

Revue de presse semaine 39

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 39

SOMMAIRE

21 09 15 ''Retraite : retrouver la confiance par la visibilité de long terme'' (Cercle des économistes)
24 09 15 Le vrai-faux retour à l'équilibre des retraites en 2016
25 09 15 La retraite progressive : un dispositif qui gagnerait à être connu
22 09 15 Retraites : Laurent Berger dévoile les propositions de la CFDT
21 09 15 ''Retraite : retrouver la confiance par la visibilité de long terme'' (Cercle des économistes)

Boursorama Pour Jean-Michel Charpin, ''la pression sur les régimes de retraite va durer jusqu'en 2035''.

Les retraites complémentaires figurent parmi les dossiers chauds de la rentrée, plus largement de l'automne. Les partenaires sociaux peinent à se mettre d'accord et il convient d'aller vite car d'autres discussions vont s'engager sur d'autres fronts. Jean-Michel Charpin propose plusieurs mesures de long terme.

La France a démarré tardivement ses réformes des retraites. Mais, contrairement à ce qu'écrivent quelquefois certains commentateurs, elle a réalisé, en plusieurs étapes, des réformes importantes : la réforme Balladur de 1993, la grande réforme Fillon de 2003, la réforme des régimes spéciaux en 2007 et le décalage des bornes d'âges (âge minimal de liquidation et âge de bénéfice automatique du taux plein) en 2010. Au total, ces réformes ont une ampleur équivalente à celles des autres pays concernés aussi par le vieillissement.

La manifestation la plus significative de ces changements se trouve dans la très forte augmentation des taux d'activité et d'emploi des seniors en France depuis 2000. Certes, leurs niveaux, comparés à ceux des autres pays, restent encore modestes, parce que la France partait en 2000 de très bas. Mais ils ont déjà rejoint les niveaux du début des années quatre-vingt : 45% pour le taux d'activité des 55-64 ans après avoir atteint 31% en 1999-2000.

Cependant, les réformes se sont succédées de façon anxiogène à la fois pour les personnes concernées et pour les observateurs. Le dispositif de pilotage créé par la loi Fillon n'a pas fonctionné : le rendez-vous de 2008 a déçu, il ne s'est quasiment rien passé, pas même une réunion avec les partenaires sociaux, la réforme de 2010 a ensuite été courageusement menée, mais dans une improvisation certaine, rien n'est aujourd'hui prévu au-delà de l'horizon 2018-2020. On comprend, dans ces conditions, que les jeunes générations s'inquiètent pour leur avenir et les observateurs pour celui des finances de la France.

La pression sur les régimes de retraite va durer jusqu'en 2035. Ensuite, les projections démographiques de l'INSEE montrent que le flux correspondant au baby-boom s'inverse : les générations nombreuses connaissent alors des taux de mortalité élevés et les nouveaux retraités sont moins nombreux parce qu'ils appartiennent à des générations postérieures au baby-boom.

Pour retrouver la confiance, il faut donner de la visibilité et organiser un pilotage sérieux à cet horizon.

Ma proposition serait d'inclure dans la loi l'évolution des durées de cotisation nécessaires pour bénéficier du taux plein et des bornes d'âges jusqu'en 2035, date à partir de laquelle les ratios démographiques devraient se stabiliser. Parallèlement un dispositif de pilotage serait mis en place, permettant de guider non seulement la situation financière des régimes de retraite, mais aussi d'autres indicateurs à sélectionner conjointement avec les partenaires sociaux (par exemple, taux de remplacement, emploi des seniors, indicateurs d'équité et de solidarité...).

Rien ne serait figé : ce qu'une loi a fait, une autre peut le modifier. Mais les cotisants et futurs retraités devraient se trouver rassurés. Et la France cesserait d'être considérée – bien à tort - comme le cancre des retraites par les organisations internationales et les opérateurs financiers.

Jean-Michel Charpin

Polytechnicien et diplômé de l'ENSAE, Jean-Michel Charpin est inspecteur général des finances et membre du Conseil d'orientation des retraites. En 1999, il rend son rapport « L'avenir de nos retraites » au Premier ministre. Il a rempli plusieurs fonctions dans le secteur public dont celles de directeur général de l'INSEE, de commissaire au Plan et de directeur du CEPII. Il a également été professeur d'économie à l'Ecole centrale et membre du Comité de direction générale de la BNP.

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd'hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l'initiative repose sur une conviction commune : l'importance d'un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site

24 09 15 Le vrai-faux retour à l'équilibre des retraites en 2016

Par Guillaume Guichard Le figaro

LE SCAN ECO - La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine se félicite que, pour la première fois depuis 2004, les retraites reviendront dans le vert l'année prochaine. Elle oublie au passage tout un pan du système, en grave déficit. Démonstration en six points.

La nouvelle n'est pas aussi bonne qu'elle en a l'air. La ministre des Affaires sociales Marisol Touraine s'est félicité ce jeudi matin sur Europe 1 que la branche vieillesse du régime général sera «en léger excédent» en 2016 pour «la première fois depuis 2004». Il ne faudrait pas en conclure pour autant que les retraites des Français sont sauvées et que ce serait grâce à la politique du gouvernement Valls.
• Un très léger retour à l'excédent
La branche vieillesse du régime général ne sera en excédent que de 43 millions d'euros, selon les projections de la Commission des comptes de la Sécurité sociale inscrites dans la synthèse de son rapport publié ce jeudi. Un résultat très fragile, comparé aux 123 milliards d'euros de dépenses de retraite. En somme, il suffirait qu'un peu plus de Français que prévu partent à la retraite l'année prochaine pour que l'on retourne, du moins symboliquement, dans le rouge.
• Les effets de la réforme Woerth
Si le régime général des retraites reviendra à l'équilibre en 2016, c'est moins grâce à la réforme Touraine des retraites de 2013 (qui, à ce stade, se contente de hausses de cotisations) qu'à celle de son prédécesseur de droite Éric Woerth trois ans plus tôt. «Le relèvement de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ en retraite [inscrit dans la réforme de 2010] poursuit sa montée en charge et se traduit par de moindres départs en retraite», note ainsi la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Mais cela, Marisol Touraine se garde bien de s'étendre dessus...
• De très faibles revalorisation des pensions
Autre facteur conduisant vers un retour à l'équilibre en 2016: la très faible hausse des prix. En effet, comme les pensions sont indexées annuellement sur l'inflation et que celle-ci sera minime l'année prochaine, les dépenses de retraite seront mieux contenues.
• La ministre oublie les retraites des plus pauvres
Le retour à l'équilibre dont se félicite le gouvernement ne concerne que le régime de base, qui verse les pensions de retraite des salariés et indépendants, affiliés à la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) et au Régime social des indépendants (RSI). Dans le même temps, le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui finance le minimum vieillesse versé aux plus démunis, continue de se creuser. Il a atteint 3,5 milliards d'euros en 2014, puis 3,8 milliards en 2015 et devrait rester dans ces eaux-là en 2016. A cause, d'abord, du chômage de masse qui persiste. Mais aussi parce que le gouvernement a détourné en 2015 les recettes qui étaient affectés au FSV, sans les compenser en totalité. Résultat, ses ressources financières ont plongé de 4% cette année.
• Un retour dans vert très temporaire
Dans son avis rendu fin juillet, le Comité de surveillance des retraites se garde bien de se montrer optimiste. Et pour cause: le retour à l'équilibre qui surviendrait ces deux ou trois prochaines années serait très provisoire. Le solde négatif de la Cnav et du FSV «pourrait augmenter entre 2018 et 2020». Et le Comité de lister l'arrêt de la hausse des cotisations retraites de la réforme Touraine et surtout «la fin progressive du relèvement de l'âge légal». En clair, la réforme Woerth repousse progressivement l'âge de départ de 60 à 62 ans jusqu'en 2017. Puis la réforme Touraine allonge la durée de cotisation nécessaire pour partir à la retraite qu'à partir de... 2020. Durant deux ans, entre 2018 et 2020, aucune mesure d'âge ne viendra compenser la hausse du nombre de retraités provoquée par le papy boom. De quoi replonger les régimes dans le déficit.
• Les retraites complémentaires toujours dans le rouge
Marisol Touraine parle du régime qui gère les retraites de base. Les retraites complémentaires des cadres et des salariés Agirc et Arrco, par exemple, ne sont pas pris en compte dans son calcul, car elles ne relèvent pas du budget de la Sécurité sociale. Or, elles sont dans une situation très grave. Si les syndicats et le patronat, qui en ont la gestion, ne s'entendent pas d'ici la fin de l'année pour prendre des mesures pour redresser la barre, les deux régimes complémentaires des salariés et des cadres vont à la faillite

25 09 15 La retraite progressive : un dispositif qui gagnerait à être connu

Le Monde.fr Par Nathalie Cheysson-Kaplan

Accessible à partir de 60 ans, soit deux ans avant l'âge minimum de la retraite, la retraite progressive permet de terminer sa carrière à temps partiel tout en commençant à percevoir, en plus de son salaire, une partie de ses pensions de retraite (base et complémentaire).
Malgré plusieurs mesures d'assouplissement successives destinées à renforcer son attrait, la retraite progressive peine toujours à rencontrer son public. Le constat est sans appel : au 31 décembre 2014, 3 057 salariés seulement étaient en retraite progressive et seulement 18 % des nouveaux retraités de 2012-2013 déclaraient connaître ce dispositif, selon un document de travail du Conseil d'orientation des retraites (COR) publié le 23 septembre.
Pourtant ce dispositif a tout pour plaire. Accessible à partir de 60 ans, soit deux ans avant l'âge minimum de la retraite, il permet de terminer sa carrière à temps partiel tout en commençant à percevoir, en plus de son salaire, une partie de ses pensions de retraite (base et complémentaire).
Le montant versé est inversement proportionnel à la quotité de travail : par exemple, pour un temps partiel représentant 60 % d'un temps plein, vous percevrez 40 % de vos pensions de retraite ; pour un temps partiel égal à 80 % d'un temps plein, vous toucherez 20 %...
Aménager sa fin de carrière
Puis, une fois que vous arrêterez définitivement de travailler, votre retraite sera recalculée pour tenir compte des droits supplémentaires que vous avez acquis pendant cette période d'activité réduite.
Les conditions pour y accéder sont peu contraignantes : il suffit de justifier d'une durée d'assurance de 150 trimestres minimum, tous régimes confondus et d'avoir un contrat de travail à temps partiel d'une durée comprise entre 40 % et 80 % d'un temps plein.
De fait, ce dispositif permet à ceux qui le souhaitent d'aménager leur fin de carrière en réduisant leur activité « sans la perte de revenus qu'aurait engendrée le simple passage à temps partiel », souligne le document du COR. Mais pas seulement.
Ceux qui travaillent déjà à temps partiel peuvent opter pour la retraite progressive sans avoir pour autant à réduire leur temps de travail, s'il est déjà inférieur à 80 % d'un temps plein. Avec un avantage à la clé : en continuant à travailler autant qu'avant, ils vont gagner davantage.
Enfin, ce dispositif est aujourd'hui financièrement plus avantageux que le cumul emploi-retraite pourtant plus connu puisqu'il permet de continuer à acquérir des droits à retraite.
Nathalie Cheysson-Kaplan
Journaliste au Monde

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/argent/article/2015/09/25/la-retraite-progressive-un-dispositif-qui-gagnerait-a-etre-connu_4772136_1657007.html#D3W5U357HxoVlI0s.99

22 09 15 Retraites : Laurent Berger dévoile les propositions de la CFDT

SOLVEIG GODELUCK / JOURNALISTE, LEÏLA DE COMARMOND / JOURNALISTE ET ETIENNE LEFEBVRE / RÉDACTEUR EN CHEF "INTERNATIONAL, POLITIQUE ET ECONOMIE GÉNÉRALE"  | les Echos

INTERVIEW - Alors que les négociations sur les retraites complémentaires reprennent le 16 octobre, le secrétaire général de la CFDT présente une alternative au projet patronal d'abattements liés à l'âge de départ à la retraite.

La négociation sur les retraites complémentaires semble dans l'impasse. Comment en sortir ?
Soyons bien clair : nous voulons un accord – et nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls - car s'il n'y en a pas, les retraites complémentaires baisseront de manière drastique, en commençant par celles des cadres qui reculerait de 10% en 2018. Mais nous refusons d'être acculés à négocier sur les propositions patronales. Il faut un effort partagé par tous. L'enjeu, c'est de trouver des mesures qui permettent de maintenir le pacte intergénérationnel. Nous y avons travaillé tout l'été et nous irons à la séance de négociation du 16 octobre avec nos propositions.

C'est pourtant classique de négocier sur la base des propositions patronales...
Jusqu'alors, il y avait un accord tacite entre tous les négociateurs sur le fait qu'une négociation sur les retraites complémentaires ne doit pas conduire à revoir les règles de la retraite de base. Or, dès le départ, le patronat a sorti des propositions très dures qu'il utilise comme un cheval de Troie pour repousser l'âge de la retraite à 64 ou 65 ans, avec des abattements inacceptables. Sans aucun effort des entreprises, alors qu'une partie des difficultés vient d'elles.

Comment redresser la situation sans toucher à l'âge de départ ?
Notre proposition s'articule en trois temps : les mesures urgentes avant 2019, le retour à l'équilibre jusqu'en 2024, puis au-delà. Tout le monde doit faire des efforts, pas seulement les salariés et les retraités. À court terme, nous sommes prêts à décaler la revalorisation des pensions complémentaires d'avril à octobre, pour faire des économies, en s'alignant sur le régime général. On peut jouer aussi sur le taux de rendement du point de retraite, en restant au-dessus de 6%. Nous sommes prêts également à discuter de la poursuite, pendant trois ans, de la sous-indexation des pensions, en les revalorisant de 1 point de moins que l'inflation et non pas 1,5 point comme le réclame le patronat. Evidemment en épargnant les retraites modestes qui sont exonérées totalement ou partiellement de CSG. Il faut enfin mutualiser les réserves de l'Agirc et de l'Arrco dès 2017.

La fusion Agirc-Arrco fait peur aux cadres, qui craignent de perdre leur spécificité...
Il ne pourra y avoir une fusion qu'à condition de mener en parallèle des négociations dans les branches sur le statut de cadre. Le mal-être des cadres est davantage lié au fait qu'ils ne sont reconnus comme tel qu'en raison de leur rattachement à une caisse de retraite. Mieux vaudrait reconnaître leur compétence, leur responsabilité.

Que proposez-vous au-delà de ces mesures d'urgence ?
Sur la période 2019-2024, nous proposons d'abord, dans la foulée de la fusion des réserves, la mise en place d'un nouveau régime unifié de retraites complémentaires pour tous les salariés. Un régime fondé sur le niveau de la rémunération et non le statut, avec une seule valeur du point. Pour le conforter financièrement, des efforts devront être demandés aux entreprises : une hausse des cotisations de 0,1% par an de 2019 à 2021, ainsi qu'une contribution patronale en cas de séparation d'un salarié au-delà de 50 ans. Les employeurs continuent de ne pas jouer le jeu en licenciant les seniors.

Quels efforts côté salariés ?
Nous prenons nos responsabilités en proposant une contribution de solidarité intergénérationnelle assumée par les salariés partant à la retraite. Cette contribution serait limitée en montant et serait versée pendant deux ans. Deux ans, c'est l'écart, aujourd'hui, entre l'âge de départ effectif à la retraite et l'âge qui permettrait l'équilibre financier de l'Agirc-Arrco. Les salariés partant de manière anticipée parce qu'ils ont eu une carrière longue ne seraient pas concernés, puisqu'ils ont déjà « trop » cotisé.

Quelle différence avec les abattements du Medef ?

Cela n'a rien à voir avec des abattements. A l'inverse du Medef, notre but n'est pas de pousser les salariés à prolonger leur carrière, conduisant de fait à une remontée de l'âge de la retraite, mais à leur demander un effort de solidarité pour sauvegarder leur régime de retraite. Ensuite, nous envisageons une contribution de 4%, contre 10% à 30% d'abattement côté patronal. Elle serait demandée quel que soit l'âge du départ. Enfin, nous sommes prêts à rediscuter de certains avantages familiaux, et notamment de la mise sous condition de ressources des pensions de réversion.

Tout cela suffit-il à équilibrer les régimes ?
Notre plan, qui a été testé par les services de l'Agirc-Arrco, permet de réaliser 2,4 milliards d'économies (par an à l'horizon) en 2018, puis 3,3 milliards en 2020 et 7,3 milliards en 2030 avec les nouvelles mesures du régime unifié. En mobilisant une partie des réserves actuelles, qui représentent dix mois de pensions, nous serions quasiment à l'équilibre technique en 2020 (- 1 milliard) et en excédent en 2030 (+700 millions). Le nouveau régime unifié serait donc stabilisé et viable, et si ces prévisions se confirmaient, nous pourrions nous passer de la contribution de solidarité en fonction de l'évolution démographique. C'est le troisième volet de notre proposition : à long terme, il faut être capable de mener un pilotage fin en fonction des besoins. Avec une règle, ne pas descendre en dessous de six mois de pensions en réserve, soit 36 milliards d'euros.

La contribution patronale sur les licenciements de salariés de plus de 50 ans rappelle la « contribution Delalande », qui n'avait guère modifié les comportements...
C'est avant tout, côté employeurs, l'équivalent de la contribution de solidarité demandée aux salariés.

Le Medef ne veut pas de hausses de cotisation...
Nous sommes conscients de la nécessité de ne pas alourdir le coût du travail, voilà pourquoi nous ne touchons pas aux cotisations avant 2019, et de façon modérée. Après, il y a visiblement des débats au sein du patronat, c'est à lui de les régler.

En présentant vos propositions, ne craignez-vous pas de braquer les autres syndicats ?
Nous partageons avec Force ouvrière la volonté de parvenir à un accord. Nous devons cela aux salariés et aux retraités. Nous avons donc des terrains d'entente à construire. Nous travaillons d'ailleurs avec FO, sans que l'un demande à l'autre d'adhérer à son projet.

Il y aura eu une pause de plus de trois mois depuis la dernière séance de négociation...
Le Medef joue manifestement la montre. Mais s'il croît qu'il va réussir à repousser les échéances de la négociation jusqu'à ce que nous soyons au bord du précipice pour nous obliger à signer, il se trompe. Nos propositions sont une base pour la négociation du 16 octobre, qui doit mener à un accord rapide, en tout cas avant la fin de l'année. J'espère que le patronat ne va pas opter pour la politique de la terre brûlée en attendant une éventuelle alternance en 2017. C'est essentiel pour nous d'avancer maintenant sur ce dossier comme sur de nombreux autres comme le Compte personnel d'activité, réforme de la négociation collective, prise en compte de la révolution numérique. Il ne faut pas que notre pays soit à l'arrêt pendant un an et demi

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021345912636-laurent-berger-nous-refusons-detre-accules-a-negocier-sur-les-propositions-patronales-1158056.php?WOtl0uuAee1J3kcx.99

 

Revue de presse semaine 38

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 38

SOMMAIRE

14 09 15 Racheter des trimestres de retraite : un bon plan, mais pour qui ?
15 09 15 Retraites complémentaires : la CGT évalue le manque à gagner pour les futurs retraités
17 09 15 Au moins 450.000 retraités cumulent leur pension avec une activité professionnelle
18 09 15 Retraite : vers une réforme choc des pensions de réversion ?
14 09 15 Racheter des trimestres de retraite : un bon plan, mais pour qui ?

14/09/15 à 18:11 Capital

Il existe de nombreuses solutions pour acheter des trimestres de retraite à un tarif préférentiel. Qui est concerné ? Ces ristournes sont-elles vraiment intéressantes ? Tour d'horizon.

Vous n'avez pas tous les trimestres requis pour percevoir une retraite à taux plein ? Eh bien, sachez que, dans tous les régimes de retraite de base, vous avez la possibilité d'acheter de ces trimestres manquants en effectuant ce qu'on appelle un "versement pour la retraite". Vous pouvez racheter vos années d'études supérieures, ainsi que les années au cours desquelles vous n'auriez pas suffisamment cotisé pour valider 4 trimestres au titre d'une année civile (« années civiles incomplètes »), et ce, dans la limite de 12 trimestres.

A quel prix ? Le coût d'un trimestre dépend d'un barème qui tient compte de l'âge de l'assuré, de la moyenne de ses revenus professionnels des trois dernières années et de l'option choisie. Mais à coté de ce dispositif accessible à tous les futurs retraités, il existe de nombreuses autres possibilités - souvent méconnues - de rachat à des tarifs plus avantageux que le « versement pour la retraite » réservés à certaines catégories d'assurés. Ces chanceux ont-ils vraiment intérêt à profiter de cet avantage ? L'avis de Capital.fr.

1. Stagiaires : tarif imbattable

Les jeunes qui ont accompli un stage en entreprise dans le cadre de leur cursus scolaire ou universitaire peuvent racheter ces périodes. Chaque période de stage de deux mois minimum permet de racheter un trimestre.

Nombre de trimestres rachetables : 2 maximum (ces trimestres viennent en déduction des 4 trimestres d'années d'études que les jeunes actif peuvent racheter dans les 10 années suivants leurs études)

Coût d'un trimestre : 380 euros en 2015

L'avis de Capital.fr : tarif imbattable mais ne concerne que les stages accomplis depuis le 17 mars 2015. Les trimestres rachetés ne sont pris en compte que pour calculer le taux de la retraite et ne sont pas considérés comme des périodes cotisées. Dans la mesure où la demande doit être présentée dans les deux ans qui suivent la fin du stage, les jeunes n'ont aucune visibilité sur l'utilité de ce rachat et sur ce que cela leur rapportera ...

2. Jeunes actifs : intéressant mais hasardeux

Les jeunes ont la possibilité de racheter leurs trimestres d'années d'études supérieures à un tarif moins élevé que celui normalement applicable s'ils déposent leur demande dans les dix ans suivant la fin de leurs études

Nombre de trimestres rachetables : 4 maximum

Coût d'un trimestre : tarif du « versement pour la retraite » diminué de 670 euros (option 1) et de 1 000 euros (option 2) dans le régime général et le régime social des indépendants tarif du versement pour la retraite diminué de 440 euros (option 1), 930 euros (option 2) et 1 380 euros (option 3) pour la fonction publique. Par exemple, pour un jeune âgé de 30 ans qui gagne 28 000 euros par an, le cout d'un trimestre est de 817 euros (option 1) dans le régime général et le RSI et de 876 euros (option 2) dans la fonction publique

L'avis de Capital.fr : tarif intéressant mais il est hasardeux de se lancer dans un rachat aussi longtemps avant la date de son départ en retraite.

3. Apprentis : très avantageux

Les personnes qui ont débuté leur carrière par une période d'apprentissage peuvent racheter leurs années d'apprentissage « incomplètes » situées entre le 1er juillet 1972 et le 31 décembre 2013

Nombre de trimestres rachetables : 4 trimestres

Coût d'un trimestre : 1 245 euros en 2015

L'avis de Capital.fr : dispositif très avantageux dans la mesure les trimestres rachetés sont pris en compte à la fois pour calculer le taux et votre durée d'assurance dans le régime général.

4. Assistantes maternelles : à étudier de près

Les personnes ayant exercé une activité d'assistant maternelle peuvent racheter des années civiles incomplètes correspondant a ces périodes d'activité lorsqu'elles sont comprises entre le 1er janvier 1975 et le 31 décembre 1990.

Nombre de trimestres rachetables : totalité des trimestres manquants dans la limite de 12.

Coût d'un trimestre : 1.245 euros en 2015.

L'avis de Capital.fr : dispositif très avantageux dans la mesure les trimestres rachetés sont pris en compte à la fois pour calculer le taux et votre durée d'assurance dans le régime général.

5. Enfants de harkis : bien pour doper votre pension

Les enfants des anciens harkis, moghanis et personnels ayant servi au coté de l'armée française pendant la guerre d'Algérie peuvent racheter des trimestres correspondant aux périodes passées entre le 18 mars 1962 et 31 décembre 1975 à leur arrivée en France dans les camps militaires de transit et d'hébergement suivants : La Cavallerie-Larzac, Bourg-Lastic, La Rye Le Vigeant, Saint-Maurice-l'Ardoise, Rivesaltes et Bias. Au cours de ces périodes, ils devaient être âgés de 16 à 21 ans révolus.

Nombre de trimestres rachetables : 4 trimestres maximum, sous réserve de ne pas avoir déjà racheté 12 trimestres au titre d'un versement pour la retraite.

Coût d'un trimestre : tarif du « versement pour la retraite » diminué de 2.000 euros. Par exemple, pour une personne de 60 ans, le cout du rachat d'un trimestre (option 1) varie est au minimum de 1.275 euros et au maximum de 2.367 euros.

L'avis de Capital.fr : attention, les trimestres rachetés par ce biais sont pris en compte uniquement pour calculer le taux de votre retraite mais ne majorent pas votre durée d'assurance dans le régime général. Toutefois, ils sont retenus pour apprécier si vous remplissez la condition de durée d'assurance minimum (150 trimestres) ouvrant droit à la retraite progressive.

6. Rachat « Madelin » : très intéressant pour ceux relevant du RSI

Les commerçant et artisans relevant du RSI peuvent racheter des années au cours desquelles ils n'ont pas pu valider 4 trimestres, faute de revenus suffisants. La demande de rachat doit être présentée au plus tard dans les 6 ans qui suivent la période à racheter.

Nombre de trimestres rachetables : obligation de racheter la totalité des trimestres manquant pour chaque année rachetée.

Coût d'un trimestre : le coût d'un trimestre était de l'ordre de 1 600 € en 2014 selon l'Institut de la Protection sociale.

L'avis de Capital.fr : Ce dispositif est particulièrement avantageux car il vous permet non seulement d'améliorer le taux de votre retraite mais aussi d'augmenter votre durée d'assurance au RSI. Il est également pris en compte pour le calcul du revenu annuel. Les trimestres rachetés par ce biais sont retenus pour l'étude des conditions de départ anticipé pour carrière longue et peuvent vous permettre de partir en retraite avant 62 ans.

7. Rachat « début d'activité » : bien, mais temporaire

Les professions libérales qui ont débuté leur activité avant 2004 peuvent racheter leurs deux premières années d'activité pendant lesquelles elles ont été exonérées d'office de cotisations de retraite.

Nombre de trimestres rachetables : 8 trimestres maximum.

Coût d'un trimestre : il est fonction des revenus des trois dernières années, avec un minimum de 961 euros et un maximum de 1.204 euros en 2015.

L'avis de Capital.fr : attention, ce dispositif est temporaire. Si vous voulez en profiter vous devez présenter votre demande avant le 31 décembre 2015.

Nathalie Cheysson-Kaplan

En savoir plus sur http://www.capital.fr/retraite/actualites/racheter-des-trimestres-de-retraite-un-bon-plan-mais-pour-qui-1069932#OrbgIc7QyIQsAgyW.99

15 09 15 Retraites complémentaires : la CGT évalue le manque à gagner pour les futurs retraités

LES ECHOS

Les futurs retraités perdraient plusieurs milliers d'euros par an sur leurs complémentaires entre 62 ans et 64 ans, si les propositions d'abattement progressif du Medef devaient être retenues, selon des estimations publiées mardi par la CGT
Alors que les négociations doivent reprendre le 16 octobre prochain, et pour tenter de contrer les propositions du Medef en matière de retraites complémentaires, la CGT a décidé de frapper les esprits en calculant le manque à gagner potentiel que pourraient supporter les futurs retraités. Selon la centrale syndicale, ils perdraient plusieurs milliers d'euros par an sur leurs complémentaires entre 62 ans et 64 ans, si les propositions d'abattement progressif du Medef devaient être retenues.
La CGT qui a établi ses calculs de manque à gagner en se basant sur plusieurs carrières types, évalue à 7.667 euros la perte de revenus sur trois ans d'une cadre, dont le salaire annuel net serait de 41.305 euros et qui partirait à la retraite à 62 ans.
Deux scénarios
En appliquant l'abattement dégressif proposé par le Medef, le syndicat souligne que la future retraitée ne toucherait donc plus que 2.035,5 euros nets par mois la première année, soit une perte de 319,5 euros par mois; 2.142,1 euros nets mensuels la 2ème année, soit une perte de 212,9 euros chaque mois; et enfin 2.249 euros nets la troisième années, soit une perte mensuelle de 106 euros.
Dans un deuxième scénario, un salarié licencié à 59 ans et demi déciderait de prendre sa retraite à 60 ans, après avoir commencé à travailler à 16 ans. Son dernier salaire annuel net s'élève à 13.581 euros. Pour lui, le manque à gagner serait de 1.702 euros sur trois ans.
Dans le cadre de négociations avec les syndicats pour assurer la pérennité des régimes Agirc (cadres) et Arrco (tous les salariés), le Medef propose, entre autres, qu'à partir de 2019, un salarié arrêtant de travailler à 62 ans se voie appliquer une décote de 30% la première année, 20% la suivante et 10% à 64 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein à 65 ans.
Economiser 1,8 milliard d'euros d'ici à 2020
L'objectif du patronat, qui refuse d'augmenter les cotisations patronales , est d'inciter les salariés à travailler un an ou deux de plus et économiser 1,8 milliard d'euros d'ici à 2020. Les négociations entre les partenaires sociaux, ont démarré en début d'année avant d'être interrompues en juin.
L'Agirc a vu son déficit se creuser à 1,985 milliard et l'Arrco à 1,153 milliard l'année dernière. Si rien n'est fait, leurs réserves seront épuisées d'ici à 2018 pour l'Agirc, à 2027 pour l'Arrco

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021327375552-retraites-complementaires-la-cgt-evalue-le-manque-a-gagner-pour-les-futurs-retraites-1155732.php?XZSu46BPYoVh5mCC.99

17 09 15 Au moins 450.000 retraités cumulent leur pension avec une activité professionnelle

Le Figaro Par Damien Durand

Une véritable envolée depuis 2009: selon les chiffres de l'Insee, 452.000 personnes cumulaient emploi et retraite pour l'année 2013, la dernière où des données sont disponibles. Un véritable bond en quelques années, encouragé notamment par l'article 88 de la loi de financement de la Sécurité sociale de 2009 visant à développer le dispositif et ouvrant la possibilité du cumul à tous les retraités ayant réuni les conditions d'une retraite à taux plein et ayant liquidé ses droits.
Dynamique à la hausse

L'estimation de l'Insee se base sur les chiffres fournis par un document de travail du Conseil d'orientation des retraites (COR) qui, pour 2013, estime que 350.000 retraités cumulaient leur pension avec un revenu issu d'une activité cotisant à leur régime, un chiffre en hausse de 4,4% pour l'année en question. A cela s'ajoute 53.800 personnes dépendantes du RSI commerçants (+11%) et 20.600 pour le RSI artisans (+10,8%). Ce qui fait donc environ 405.000 personnes selon les chiffres de la COR. Mais l'Insee rajoute ensuite à ce chiffre les 47.000 personnes qui exercent, en étant retraités, une activité professionnelle qui n'a pas de lien avec leur secteur d'origine. «Cela peut paraître un chiffre important, mais si on l'on enlève les cadres qui s'installent comme consultants, et cotisent donc chez les indépendants, je trouve ce chiffre finalement assez faible. En fait, la tendance est vraiment à la poursuite de son activité en tant que salarié, parfois dans la même entreprise. Cela confirme l'importance du travail comme réseau social, et cela permet aux entreprises de garder des compétences à moindre frais car 75% des cumulards exercent à temps partiel», analyse Philippe Crevel économiste et secrétaire général du Cercle de l'Épargne. Qui confirme au passage que les entreprises qui ne sont pas les seules gagnantes des cumuls emploi retraite: «Suite à la loi sur les retraites de François Hollande, depuis le 1er janvier 2015, les cotisations sociales que paient ces salariés ne leur ouvre plus de droits pour compléter leur pension. C'est évidemment une très bonne affaire pour les caisses de retraite».
Une réalité hétérogène

Derrière ces données générales reste cependant une grande diversité des situations. Primo, au niveau des catégories socioprofessionnelles concernées avec une surreprésentation des cadres et des professions intermédiaires. Une situation logique selon l'Insee qui explique ce chiffre par un faible taux de remplacement retraite salaire chez les emplois les mieux rémunérés par rapport aux postes les moins qualifiés, mais également des compétences professionnelles qui peuvent encore intéresser les employeurs.
Autre forte disparité: la répartition géographique. Alors que la tendance est autour de 4% de retraités exerçant encore une activité déclarée, certaines régions, les plus dynamiques, se distinguent par des taux nettement plus élevés: l'Ile-de-France (18,9% des retraités selon les chiffres de la CNAV en 2014) ou Rhône-Alpes (10,5%) font la course en tête. A l'autre bout de l'échelle, dans les DOM-TOM, la pratique de l'emploi-retraite est quasiment inexistante (de 0,1% à 0,3%). Une imperméabilité qui s'explique par un contexte peu propice au cumul emploi retraite: le poids de l'administration qui représente jusqu'à 40% des emplois, le travail non déclaré, et le manque d'emplois qualifiés alors que le dispositifs concerne surtout des cadres supérieurs sont une barrière.
Malgré tout, il manque au chiffre avancé par l'Insee une donnée dont l'institut admet qu'elle n'est pas disponible: le nombre d'anciens fonctionnaires cumulant une pension et un emploi. Pour Philippe Crevel, le chiffre est sans doute loin d'être anecdotique: «Entre les anciens militaires, les infirmières qui pouvaient partir prématurément à la retraite si elles avaient eu trois enfants et s'installaient en libéral, et les secteurs comme le transport qui bénéficient d'âge de départ avantageux, c'est sans doute loin d'être négligeable» explique l'économiste qui voit dans l'opacité autour de ce chiffre l'illustration d'un sujet «sensible»

18 09 15 Retraite : vers une réforme choc des pensions de réversion ?

Capital
Haro sur les pensions de réversion ! Dans son rapport sur les comptes de la sécurité sociale rendu public le 15 septembre, la Cour des Comptes préconise d'harmoniser les pensions de retraite auxquels peuvent prétendre les conjoints survivants dans la plupart des régimes. Une remise à plat qui s'avère bien peu favorable aux assurés...

Une même condition d'âge minimum dans tous les régimes

Actuellement, mis à part dans les régimes de la fonction publique où la pension de réversion est versée quel que soit l'âge du conjoint survivant, tous les régimes prévoient une condition d'âge minimum pour percevoir la pension de réversion : 55 ans dans les régimes de base (salariés, commerçants et artisans, professions libérales) et à l'Arrco ; 60 ans à l'Agirc sauf exception ; 60 ou 65 ans dans le régimes complémentaires des libéraux.

>> La proposition de la Cour des Comptes :

La Cour des Comptes suggère d'introduire une condition d'âge dans les régimes qui en sont dépourvus, notamment ceux de la fonction publique. Dans un premier temps, cette condition d'âge minimum pourrait être fixée à 55 ans dans tous les régimes. Puis afin de tenir compte du recul de deux ans de l'âge légal de la retraite - de 60 à 62 ans – l'âge minimum pour bénéficier d'une pension de réversion pourrait être porté à 57 ans.

Imposer des conditions de ressources dans la fonction publique et les régimes spéciaux

Dans les régimes de base des salariés, des commerçants et artisans et des professions libérales, le versement de la pension de réversion est subordonné à une condition de ressources : si le ressources du conjoint survivant dépasse 19.988,80 euros par an – 31.982,08 euros s'il vit en couple - , il ne peut pas percevoir la pension de réversion. En revanche, il n'y a aucune condition de ressources dans les régimes de la fonction publique, dans les régimes spéciaux et dans la plupart des régimes complémentaires, à l'exception notable du nouveau régime complémentaire unique des indépendants (commerçants et artisans).

>> La proposition de la Cour des Comptes :

La Cour des Comptes préconise d'introduire une condition de ressources dans les régimes de la fonction publique et les régimes spéciaux. Mais comme dans ces régimes, il n'existe pas distinction entre retraite de base et retraite complémentaire, elle propose d'instituer un système de plafonnement : « ce plafonnement pourrait ne s'appliquer qu'à la partie de la pension de réversion correspondant à 40 % de la retraite du fonctionnaire quand il appartient à la catégorie A (l'équivalent des cadres du privé – ndlr) et à 70 % quand il relève d'une autre catégorie ; le reste de la pension de réversion ne serait pas soumis à plafonnement, à l'image de la part versée aujourd'hui par les régimes complémentaires du secteur privé ».

La Cour invite également les partenaires sociaux qui gèrent les régimes complémentaires des salariés a étudier la question de la mise sous condition de ressources des pensions versées par ces régimes « eu égard à l'ampleur des difficultés financières » qu'ils rencontrent. A défaut, elle préconise de retenir les pensions de réversion versées par les régimes complémentaires dans les ressources prises en compte par le régime général pour apprécier si le conjoint survivant peut bénéficier de la pension de réversion du régime de base.

Vers un taux de réversion identique dans tous les régimes à 54%

Si tous les régimes prévoient une pension de réversion, son taux n'est pas le même d'un régime à l'autre : 50 % dans la fonction publique ; 54 % dans les régimes de base des salariés, des commerçants et artisans et des professions libérales ; 60 % dans la plupart des régimes complémentaires.

>> La proposition de la Cour des Comptes :

La Cour propose d'aligner les taux de réversion pour le fixer à 54 % dans tous les régimes de base, ce qui permettrait d'améliorer la situation des veuves et veufs de fonctionnaires. Elle recommande aux partenaires sociaux de faire progressivement de même dans les régimes complémentaires.

Harmoniser les droits des ex-conjoints

D'un régime à l'autre, les droits des ex-conjoints sont extrêmement variables : dans les régimes de base des salariés, artisans et commerçants, et professions libérales les ex-conjoints peuvent prétendre à la pension de réversion du défunt, qu'ils soient remariés ou non, sous réserve qu'ils remplissent la condition de ressources, alors que dans le régime de la fonction publique et dans les régimes complémentaires, ils perdent leur droit s'ils se remarient. Le partage de la pension de réversion entre les ex-conjoints et le conjoint survivant fait en outre l'objet de règles complexes.

Dans le régime général, ce partage est effectué au prorata de la durée des unions rapportée à la durée totale des mariages du défunt. Dans les régimes Arrco et Agirc, ce partage se fait de manière différente selon que le défunt laisse un conjoint survivant ou non : s'il n'y a pas de conjoint survivant, la pension de réversion est partagée entre les ex-conjoints au prorata de la durée de leurs unions respectives rapportée à la durée d'assurance du défunt ; en présence, d'un conjoint survivant, le partage se fait au prorata de la durée des unions rapporté à la durée totale des mariages, sans qu'on tienne compte de la durée d'assurance du défunt.

>> La proposition de la Cour des Comptes :

Afin de mettre fin à ces disparités, les Sages de la rue Cambon propose d'uniformiser les règles de partage de la pension entre les ex-conjoints en prévoyant dans tous les cas, un calcul au prorata de la durée de chaque mariage rapportée à la durée d'assurance du défunt.

Nathalie Cheysson-Kaplan

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