ANOCR 73

Groupement Savoie Isère

REVUE DE PRESSE SEMAINE 45

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 45

 

 

SOMMAIRE

02 11 15 La retraite, avec beaucoup de chance

03 11 15 Retraites complémentaires contre droit à la retraite

04 11 15 Quels sont les motifs de départ à la retraite des salariés du privé ?

06 11 15 La route plus meurtrière pour les seniors

 

 

 

02 11 15 La retraite, avec beaucoup de chance.

mediapart - PAR CHEM ASSAYAG

Les récentes modifications des conditions de départ à la retraite pour le versement des retraites complémentaires ont remis sur le devant de la scène ce sujet si important. Les mesures paraissent techniques mais elles entérinent des évolutions lourdes et dangereuses. Mais revenons-y.

Lorsque j’ai démarré ma carrière professionnelle au début des années 90, la retraite était un horizon réaliste quoique lointain. A l’époque il fallait l’équivalent de 37,5 années de cotisations pour pouvoir partir en retraite, dont l’âge légal était fixé à 60 ans. Pour quelqu’un qui avait fait quelques années d’études supérieures et commencé à travailler à un peu plus de vingt ans les deux paramètres convergeaient.

Aujourd’hui la retraite est un fantasme, une chimère, à mesure qu’elle semble se rapprocher on la voit s’éloigner.

Tout d’abord les chiffres : l’âge légal de départ à la retraite est désormais fixé à 62 ans et il faut 172 trimestres soit 43 ans de cotisations pour les personnes nées après 1973, pour prétendre à une retraite à taux plein. Concrètement dans le cas évoqué plus haut cela revient à prendre sa retraite au mieux – car on peut s’attendre à de nouveaux changements si l’approche générale de ce sujet n’évolue pas – autour de 64/65 ans, et ce en faisant l’hypothèse, de moins en moins réaliste, d’une carrière sans heurts, continue. Pour un jeune en 2015 qui entre réellement dans la vie professionnelle après une licence, de longs mois de stage et de recherche d’emploi, soit vers 22/23 ans, on arrive déjà au delà de 65 ans pour 43 ans de cotisations sans aucune interruption…

La retraite à 60 ans fait donc partie de l’histoire et celle à 62 ans est un leurre. Dans ce contexte la récente réforme des régimes de retraite complémentaires, qui de facto repousse l’âge légal de départ à 63 ans, ne fait qu’entériner une réalité. Une réalité soigneusement occultée mais une réalité.

Or, disons le clairement, cette évolution nous paraît injuste et stupide.

Pour justifier les changements du régime des retraites deux types d’arguments sont avancés d’ordinaire : d’une part des arguments économiques, et d’autre part des arguments que je qualifieraisde moraux ou de (faux) bon sens.

La réalité économique

C’est l’argument imparable, celui de la nécessité : les régimes de retraite sont lourdement déficitaires, en effet le rapport entre actifs et inactifs devient intenable dans une société vieillissante, et de surcroît avec un chômage qui détériore les montants des cotisations encaissées. Le modèle de retraite par répartition est à l’agonie. Il faut donc réformer.

Dès lors on peut jouer sur trois leviers : le montant des cotisations, le montant des pensions, la durée de cotisation (via l’âge légal de départ à la retraite ou le nombre de trimestres cotisés requis).

Les gouvernements successifs ont joué sur tous ces paramètres – évidemment dans un sens qui est toujours moins disant pour les salariés et futurs retraités, ce qui est désormais le sens premier du mot réforme dans la bouche des politiques – mais avec un prédilection pour des actions autour de la durée de cotisation. Or en jouant sur l’âge effectif de départ à la retraite on ne résout aucun problème, on ne fait que le déplacer. En effet la France a un des taux d’emploi des seniors parmi les plus faibles en Europe (En 2012, 44,5 % des personnes âgées de 55 à 64 ans sont en emploi, ce taux tombe à 21% pour les 60-64 ans ).

Que va-t-il donc se passer ? De plus en plus de seniors devront attendre de pouvoir partir à la retraite en venant gonfler les statistiques Pôle Emploi (le chômage des seniors ne cesse d’augmenter depuis 10 ans) ou symétriquement retarderont leur départ ce qui freinera les embauches d’autres catégories de la population. Pour ceux qui seront indemnisés la collectivité devra supporter une charge supplémentaire, qui viendra augmenter le déficit des comptes sociaux, et pour ceux qui ne seront pas indemnisés ils ne cotiseront pas et relèveront très rapidement de la solidarité nationale. On aura simplement transféré une charge et un déficit (le régime des retraites) vers un autre régime (l’assurance chômage ou la solidarité). Au passage on aura désespéré quelques centaines de milliers de personnes qui resteront pendant 5 à 10 ans dans une situation de précarité mentale et financière absolument intenable.

Non seulement c’est un jeu à somme nulle voire négative financièrement mais c’est une mesure qui va dégrader très sérieusement le moral collectif.

Le faux bon sens

L’autre argument avancé se pare des vertus du bon sens. On nous explique fréquemment qu’il est normal que l’âge de départ à la retraite recule car l’espérance de vie augmente. Remarquons tout d’abord que cet argument est nouveau et renverse le paradigme habituel de ce qu’on a appelé le progrès social : depuis le milieu du XIX siècle la diminution constante du temps de travail (quotidienne, hebdomadaire, annuelle et sur la durée d’une carrière) a été une des grandes avancées sociales. La conquête du temps libre a été l’un des grands progrès des dernières décennies et s’est accompagnée en même temps d’une augmentation significative de la richesse nationale et de la productivité. Passer plus de temps en retraite était un des marqueurs d’un vrai progrès social. Or soudainement le recul de l’âge de départ à la retraite serait normal puisque implicitement le nombre d’années passées en retraite resterait le même. En fait il s’agit au contraire d’une rupture fondamentale avec une vision progressiste du rapport au temps dans la vie des individus.

Ce discours doit donc être pris pour ce qu’il est : un discours idéologique, visant à « faire passer la pilule » d’une mesure foncièrement régressive.

En outre l’argument du temps de retraite constant malgré un départ en retraite plus tardif, puisque l’espérance de vie augmente, est fallacieux. En effet ce qui compte ce n’est pas tant l’espérance de vie que l’espérance de vie en bonne santé. Or ce celle-ci n’évolue plus de façon positive dans les sociétés occidentales, elle tend même à baisser ! – sachant que certains signes laissent penser que l’espérance de vie elle même pourrait stagner. On passera peut être autant de temps à la retraite mais un temps de bien moins bonne qualité. Quel progrès !  Ce qu’on comprend intuitivement – passer 20 ans en retraite de 60 à 80 ans ce n’est pas la même chose que passer 20 ans de retraite de 65 à 85 ans – est validé par les statistiques.

Concrètement toutes les mesures prises ces dernières années sont des mesures à courte vue qui ne font que poser des rustines sur un système qui ne peut tenir en l’état car il repose sur des hypothèses qui n’ont plus aucune validité. Le paysage est désormais celui-ci :  chômage massif, entrée dans la vie active plus tardive, taux d’emploi des seniors très faible, espérance de vie en augmentation mais avec des pathologies lourdes à prendre en charge, croissance faible, parcours professionnels beaucoup plus diversifiés et chaotiques.. Dès lors il semble fondamental de repenser le système dans sa globalité, tant par rapport aux objectifs qu’aux moyens.

Il faut tout d’abord acter que les retraites comme la santé vont voir leur poids augmenter dans la richesse nationale. Et c’est normal. Cela doit être un choix de société. Vouloir à toute force équilibrer le régime des retraites n’a pas de sens, car c’est une dépense que la société doit être prête à faire comme pour l’éducation ou la justice.

D’autres part le droit à la retraite doit être réexaminée dans le contexte global de parcours professionnels qui vont être totalement différents : études plus longues, changement de statuts, alternance de périodes de formation, de chômage, et d’emplois…

Il faut individualiser les schémas, en garantissant des  socles de droits notamment pour les plus défavorisés, ce qui veut dire en prenant en compte les durées réelles d’espérance de vie en fonction des catégories. On pourrait fixer des durées de cotisation minimum sans âge légal de départ à la retraite. Ces durées pourraient être modulées en fonction des métiers, des montants qu’on serait prêt à cotiser et des pensions cibles. Par exemple je pourrais décider de cotiser plus mais moins longtemps pour partir vite en retraite, ou inversement cotiser moins mais plus longtemps…

En conclusion la retraite devrait faire partie d’une réflexion ambitieuse, sereine et de long terme sur notre rapport au travail

 

 

 

03 11 15 Retraites complémentaires contre droit à la retraite

NPA

Le patronat et les organisations syndicales (CFDT, CGC, CFTC) à sa botte viennent de signer un accord sur les retraites complémentaires (Agirc-Arrco). Condamnant ainsi les salariés du privé à travailler plus longtemps pour éviter une nouvelle réduction de leur pension. Le Medef en rêvait.

Le Medef heureux

Le Medef est ravi et ne s’en cache pas.  Pour lui, grâce à cet accord, un « tabou » a été « levé » et il n’a pas tort. En effet, au nom de la sauvegarde des régimes Arrco et Agirc en déficit, et sous l’étiquette attrayante de « liberté de choix », il introduit un bonus-malus, dont le premier effet est de porter l’âge effectif de départ à 63 ans à taux plein, reculant ainsi en toute discrétion l’âge légal du départ à la retraite. Mais soyons rassuré nous aurons le choix : soit de travailler plus longtemps, soit d’avoir une pension encore diminuée. Le patronat se  sent ainsi pousser des ailes même s'il a fini par accepter une augmentation de ses cotisations compensée par une baisse similaire des cotisations patronales à la branche accidents de travail-maladies professionnelles de la Sécurité sociale. Bref le patronat est gagnant sur tous les points.

De plus en plus âgés, de plus en plus pauvres

À partir du 1er janvier 2019, quiconque atteindra l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) et la durée de cotisation requise pour une retraite à taux plein du régime de base devra courber l’échine au moins un an de plus. Sinon, c’est le malus, une décote de 10 %,  pendant deux voire trois ans sur sa retraite complémentaire, avant de pouvoir de nouveau obtenir une retraite à taux plein à 65 ans. La carotte offerte pour ce sacrifice sera un bonus de 10 % s’il travaille deux ans de plus jusqu’à 64 ans (de 20 % s’il serre les dents jusqu’à 65 ans et de 30 % jusqu’à 66 ans). De plus, pendant trois ans (pour l'instant), dès 2016, la revalorisation des pensions sera de 1 % inférieure à l'inflation et la date de revalorisation des pensions est repoussée de 6 mois. Cette nouvelle réforme pénalisera les 56 % de salariés qui, au moment de partir à la retraite, sont au chômage ou en longue maladie. Elle aggravera encore les inégalités subies par les femmes, qui partent déjà en retraite huit mois plus tard que les hommes, et dont les pensions sont inférieures de 40 % à l’Arrco et de 60 % à l’Agirc.

Un gouvernement qui applaudit

Dès la signature de l’accord entre « partenaires sociaux », Valls a applaudi le nouvel accord… comme à chaque fois qu’un acquis social est détruit. Et la liste est longue, très longue depuis l’arrivée au pouvoir de Hollande. Mais ce dernier se veut rassurant en promettant que l’âge légal, « c’est toujours 62 ans » et que les gens « feront leur choix. Ben voyons ! Mais une chose est certaine c’est que ce nouveau recul ne s’arrêtera pas aux retraites complémentaires ni même au privé, à moins qu’on les arrête avant ? Raison de plus pour préparer un vaste mouvement social interprofessionnel afin de stopper ce retour au 19e siècle

 

 

 

04 11 15 Quels sont les motifs de départ à la retraite des salariés du privé ?

Dossier familial

Parmi les nouveaux retraités du régime général, les départs des plus modestes sont davantage contraints, relève une étude du service statistique du ministère des Affaires sociales.

Quelles sont les raisons du départ des nouveaux retraités du régime général ? Dans son étude publiée le 2 novembre dernier, la direction de la recherche et des études statistiques du Ministère des Affaires sociales (Drees) a enquêté sur leurs motivations du départ.

Motif premier : bénéficier du taux plein

Pour 76 % des nouveaux retraités, la première raison citée pour motiver son départ est d’avoir atteint l’âge leur permettant de bénéficier du taux plein. La deuxième, citée dans 73 % des réponses, est d’avoir atteint l’âge pour liquider ses droits. La troisième, celle de profiter de la retraite le plus longtemps, a influencé 71 % des nouveaux retraités.

Des départs plus contraints pour les plus modestes

« L’atteinte de l’âge légal de départ à la retraite, les problèmes de santé et les licenciements sont des facteurs plus déterminants pour les personnes du régime général percevant une faible pension  que pour les autres lors de leur départ », souligne l’étude. A l’inverse, pour les retraités au quart des pensions les plus élevées, « l’atteinte du taux plein et le désir de profiter de la retraite le plus longtemps possible » les ont influencés davantage.

Des motivations plus diverses pour les plus aisés

Dans l’enquête, 90 % des anciens salariés du privé mentionnent au moins un motif lié au droit à une pension, 80 % un motif lié au travail et 75 % un motif personnel. Mais les retraités les plus aisés avancent davantage de motifs de départ que ceux aux pensions les plus modestes. Les retraités du premier quartile de pensions, ceux dont le montant de pension est le plus faible, invoquent moins de motifs que ceux des quartiles de pensions plus élevés. « Ils expriment qu’ils ont moins de liberté de choix dans leur départ à la retraite que les plus aisés », note la Drees.

La majorité des nouveaux retraités à faible pension ne sont pas en emploi au moment de la liquidation de leurs droits, souligne l’étude. Ces derniers partent à la retraite en moyenne à 62,5 ans. Soit un an et demi de plus que les autres retraités. « Beaucoup attendent 65 ans pour partir à la retraite afin de bénéficier du taux plein et du minimum contributif », ajoute la Drees.

Les futurs retraités modestes prolongent leur activité pour des raisons financières

Les retraités qui ne sont pas partis dès que possible invoquent « la possibilité de garder un salaire ou une rémunération pendant encore quelques années ». Puis, 65 %  mentionnent ensuite « l’intérêt de l’emploi et des conditions de travail » et 61 % d’entre elles évoquent « le souhait d’accroître la pensions de retraite future en augmentant les droits ».

L’auteur de l’étude indique que « les retraités les moins aisés disent plus souvent que les motivations financières ont beaucoup compté (33 % contre 23 % pour augmenter la retraite, 42 % contre 26 % pour conserver le salaire) quand les retraités les plus aisés disent plus souvent l’intérêt de l’emploi et des conditions de travail a beaucoup compté (45 % contre 27%). » En ajoutant: « les retraités les plus aisées déclarent également davantage qu’ils n’étaient pas prêts pour devenir retraités »

 

 

 

06 11 15 La route plus meurtrière pour les seniors

La depeche

Les chiffres sont là : les seniors sont surreprésentés parmi les morts sur la route. Les États généraux de la sécurité routière ont tenté, hier en Préfecture, de trouver des solutions à cette situation.

Les chiffres parlent : les seniors de plus de 75 ans sont surreprésentés parmi les accidentés et les morts sur la route (lire nos chiffres ci-contre). «Ce sujet peut apparaître très Gersois mais est en fait une réalité nationale», a souligné le Préfet Ory, en ouverture des États généraux de la sécurité routière, hier. Mais, qu'on ne s'y trompe pas, est venu expliquer Pierre Van Elslande, directeur de recherche à l'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux : il n'y a pas de causalité entre l'âge et l'accidentologie. Autrement dit, les seniors ne sont pas les seuls responsables des accidents dont ils sont victimes. D'où le thème de l'un des trois groupes de travail : «Quelles actions pour sensibiliser l'ensemble des usagers de la route à la problématique senior» ? Les deux autres groupes engageant une réflexion sur la sensibilisation des aînés eux-mêmes et sur les aménagements de l'espace public possibles.

De nombreuses solutions ont donc été évoquées, comme une meilleure signalétique en amont des ronds-points ou la neutralisation des places de stationnement qui précèdent un passage piéton ou la mise en place d'une bande d'arrêt quelques mètres avant les passages piétons. Côté sensibilisation, l'idée est d'abord de faire face au «déni» des personnes âgées de leurs pertes de facultés. Du côté de la sensibilisation des autres usagers, une des pistes est de mettre en place un signe distinctif sur la voiture des seniors volontaires. De quoi permettre, selon ses promoteurs, de faire comprendre aux autres usagers qu'il faut «faire baisser la pression» sur le conducteur senior.

Quel est l'avenir de ces propositions ? «Nous allons les remettre en forme, indique Christophe Saint-Sulpice, directeur de cabinet du préfet, et les retravailler avec les différents partenaires. Puis nous verrons si, éventuellement, nous proposons au ministère d'être un département pilote sur l'une ou plusieurs d'entre elles.»

21% des morts sur les routes

S'ils représentent 13 % des habitants du Gers, les plus de 75 ans constituent 17 % des victimes d'accidents de la route corporels et 21 % des tués sur les routes du Gers entre 2010 et 2014. Autre point d'importance, décliné par Fabien Albero, de l'observatoire départemental de la sécurité routière : la gravité des accidents est supérieure chez les séniors. Du coup, a-t-il assuré, «la personne de plus de 75 ans a un risque d'être tué sur la route trois fois supérieur aux autres populations.» Enfin, les morts sur la route de plus de 75 ans sont davantage des piétons et des cyclistes

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