ANOCR 73

Groupement Savoie Isère

Revue de presse semaine 44

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 44

 

 

SOMMAIRE

26 10 15 Les fonctionnaires prennent leur retraite de plus en plus tard

27 10 15  Les retraites complémentaires ne seront pas sauvées avec un nouvel accord

27 10 15 Branche retraite de la sécurité sociale : en excédant dès 2016

28 10 15 Retraite complémentaire: un couac dans l'accord qui doit sauver le régime?

28 10 15  Les seniors sont de plus en plus nombreux sur le marché du travail

30 10 15 L’âge de la retraite va passer à 63 ans alors que le chômage de longue durée s’aggrave pour les « seniors »

39 10 15 Trois raisons (simples) qui menacent de faire capoter la réforme des retraites complémentaires

 

 

 

26 10 15 Les fonctionnaires prennent leur retraite de plus en plus tard

Le figaro  Par Pierre Barbin 

Même si le personnel de la fonction publique prend sa retraite plus tôt que les salariés du privé, l'écart ne cesse de diminuer chaque année.

En 1990, en moyenne, les fonctionnaires de l'État prenaient leur retraite à 57 ans et quelques mois. Les salariés du privé quittaient quant à eux leur poste quatre ans et demi plus tard, selon le rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique. Depuis cette période, l'écart a massivement fondu. Alors que l'âge de départ en retraite dans le secteur privé a toujours oscillé aux alentours des 62 ans entre 1990 et 2014, les fonctionnaires quittent désormais leur emploi à 60 ans et 10 mois. Ce calcul exclut le personnel militaire de l'État, lié à des conditions particulières de liquidation, dont le départ en retraite s'effectue aux alentours de 45 ans. Mais inclut les services de police et de secours qui cessent de travailler à 57 ans. Quant aux fonctionnaires sédentaires dans les services territoriaux, hospitaliers ou de l'État, ils partent en retraite durant leur 62ème année, en moyenne. L'âge moyen de départ entre salariés du secteur privé et sédentaires de la fonction publique est donc quasiment égal.

Les réformes successives réalisées par les différents gouvernements dans la première décennie du 21e siècle ont conduit à une réduction de cette écart. En 2003, la loi portant sur les retraites a prévu un allongement progressif de la condition requise pour une retraite à taux plein, passant de 37,5 ans à 40 ans. Depuis, la situation a évolué. Il faut désormais cotiser pendant 41,5 années soit 166 trimestres pour obtenir une retraite à taux plein. La grande réforme sur les retaites en 2010 a engendré le report de l'âge légal du départ à la retraite pour les fonctionnaires à 62 ans, contre 60 auparavant. La limite d'âge de fin de la décote dans la fonction publique a également été relevée de deux années supplémentaires, à 67 ans. L'Etat avait aussi mis fin à un dispositif de départ anticipé sans condition d'âge pour les fonctionnaires, parents de trois enfants, ayant 15 ans de service. Il permettait à une personne de la fonction publique de partir en retraite dès la naissance de son troisième enfant, sans aucune restriction d'âge.

Travailler plus pour gagner plus

Les fonctionnaires travaillent donc désormais plus qu'auparavant ce qui se révèle bénéfique pour leur porte-monnaie. Sur la période 2000-2014, la progression de la pension moyenne a été supérieure à l'évolution des prix. En moyenne, en 2000, un fonctionnaire civil de l'Etat percevait une pension de 1738 euros , contre 2118 eurso en 2014.

 

 

 

27 10 15  Les retraites complémentaires ne seront pas sauvées avec un nouvel accord

Daniel Moinier Les Experts

Le vote du 30 octobre 2015, son adoption ne semble pas faire de doute, devrait entériner l’accord trouvé le vendredi 16 octobre entre les partenaires sociaux ((Medef, CFE-CGC, CFDT et CFTC). Il modifiera assez sensiblement les régimes des retraites complémentaires.

Après une première réforme de 2013 par ce même gouvernement qui n’avait eu que des répercussions très limitées, ce projet d’accord devrait permettre après 2019, date de son application, de limiter les pertes des systèmes de retraites complémentaires, ARRCO pour les salariés et AGIRC pour les cadres. Pour cette dernière, le délai est devenu beaucoup plus crucial puisque les comptes sont pour ainsi dire dans le rouge. Le but annoncé par le gouvernement est de pérenniser ces régimes, dans le respect des principes de solidarité et d’équité. Et pourtant, il va en être tout autrement !

Explications

Contrairement aux retraites du régime général, les retraites complémentaires avaient su gérer ces régimes d’une façon plus exemplaire puisque ceux-ci n’étaient pas encore en déficit. Le fait qu’ils ne pouvaient pas emprunter pour subvenir à leur besoin, donc normalement ne pouvaient pas se trouver en dette, y est certainement pour quelque chose ! Comment fonctionnent ces régimes ?

En France, un peu plus de 10 millions de salariés sont concernés par ces systèmes. L’Arrco est le régime complémentaire des salariés du privé qui cotisent obligatoirement. L’Agirc est le deuxième régime obligatoire concernant les salariés cadres. Les pensions sont versées suivant un système de points totalisés pendant son activité et un prix du point évolutif.

Depuis 2010, elles puisaient dans leurs réserves, surtout l’Agirc, du fait du vieillissement progressif de la population mais aussi du nombre croissant de chômeurs. Ces derniers ayant en grande partie leurs cotisations payées par le régime. Pour information, en 2014 le déficit de l’Agirc a atteint 1,98 milliard d’euros et celui de l’Arrco, 1,15 milliard (contre respectivement 1,24 milliard d’euros et 405 millions d’euros en 2013).

Quels changements vont se produire en 2019 ?

L’âge nécessaire pour pouvoir toucher une retraite à taux plein aura augmenté d’un an, soit 63 ans. Cela devrait toucher environs 30% de l’ensemble des sortants. Mais le système se veut fortement dissuasif, s'il passe outre, il devra patienter deux ans, voire trois, soit l'âge de 65 ans, pour récupérer ce taux plein.

Un départ à 62 ans avec une demande pour prendre sa retraite complémentaire sera toujours possible, mais sera soumise à une décote. Celle-ci, après négociations, sera de 10% la première année et 10% la seconde.

Toutefois ce malus n’est pas trop pénalisant car il n’est pas viager. L’assuré récupérera son taux plein à 65 ans. De plus, la pénalité infligée ne portera que sur 2 % à 6 % de la retraite totale, un montant insuffisant pour dissuader un salarié résolu à partir plus tôt.

Par contre, un salarié qui pourrait partir à la retraite à 63 ans, mais qui poursuit une activité professionnelle, aura une bonification de 15% de sa retraite complémentaire s'il reste deux ans supplémentaires et même 25% pour trois ans.

Si un salarié ne peut pas faire valoir ses droits à la retraite qu'après l'âge de 63 ans, faute d'avoir accumulé le nombre de trimestres suffisants, il devra différer d'un an minimum son départ par rapport à sa date possible d'accès à la retraite du régime général, pour bénéficier du taux plein pour sa complémentaire. Le principe du système n'est pas «d'imposer la retraite à 63 ans» mais d’allonger la durée de cotisations pour tous, même ceux qui ont dépassé cet âge. Un plafond à l'âge de 67 ans est cependant instauré: au-delà, il ne sera pas nécessaire de repousser d'un an son départ pour récupérer son taux plein.

Le troisième abattement applicable à partir de 2021, pourrait être revu en "fonction des comportements", ont précisé les signataires. La précédente mouture proposait 15, 12 et 10%.

Une hausse des cotisations patronales est acceptée par le syndicat patronal portant sur l’un des deux taux de retraites.

Le texte de l’accord prévoit aussi, la sous-indexation des pensions, d’un point par rapport à l’inflation (2,1 milliards d’euros), et le décalage dans le temps de la revalorisation annuelle des pensions. On va donc assister à une baisse progressive des pensions versées. (qui a déjà commencé sous ce même gouvernement, cotisations supplémentaires, indexation des pensions à la baisse, en fonction du revenu, pour la CSG et RDS, désindexation des pensions par rapport à l’inflation en 2013…)

Pour les « petites retraites », celles qui sont exonérées de CSG ou bénéficiaires d'un taux réduit, ne seront pas concernées par ces décotes. Cela pourrait représenter environ 30% des retraités.

Selon Philippe Pihet (FO), cet accord devrait, paraît-il, permettre une économie de 6 milliards d’euros, sachant que le patronat ferait un effort de 600 millions, 700 millions annoncé par le patronat. La répartition serait de 90% par les salariés et 10% par les entreprises.

De son côté, la CGT, par la voix d’Eric Aubin, opposé à tout abattement, déplore le report de fait de l’âge de la retraite à 63 ans et de l’abaissement du niveau des retraites complémentaires.

Analyse de cette réforme

Pourquoi une application si lointaine en 2019 ? Nous sommes en 2015 avec des systèmes qui sont pratiquement en faillite. Dans 4 années, avec une durée de vie qui augmente de 7 heures par jour soit plus de 3 mois par an, la durée de vie aura augmenté de plus d’une année. C'est-à-dire qu’une augmentation d’une seule année (pour l’ensemble des départs en retraite) à compter de 2015, n’aurait déjà plus d’effet en 2019. Alors commencer seulement en 2019, il faudrait que les départs se fassent de suite à plus de 64 ans.

Il est d’autre part complètement ridicule de déconnecter le régime général des régimes complémentaires comme cela va l’être, puisque l’augmentation de la durée de vie touche toutes les branches. D’autre part, diminuer progressivement les pensions, va faire diminuer la consommation et donc la croissance.

Alors que les entreprises, ont déjà les plus faibles marges d’Europe et de très loin, elles vont encore voir leurs prélèvements augmenter et leurs résultats se restreindre. Même si l’état s’est engagé à diminuer les charges sur la branche accidents de travail, ce qui n’est pas encore acquit ! Tant qu’aucun gouvernement ne programmera la durée d’activité proportionnelle à la durée de vie des retraités, il ne sera jamais possible de maintenir en équilibre les régimes des retraites.

Comme depuis toujours, les gouvernements se polarisent sur le problème crucial du moment alors que c’est globalement qu’il faut agir. Pour résoudre tout les déficits, c’est sur la durée d’activité de la vie de travail qu’il faut agir. Aujourd’hui, il manque 11.500 heures travaillées par salarié sur la durée de vie. Alors répartissons ce supplément d’heures, au début de carrière, au milieu, à la fin, sachant toutefois que c’est sur la fin qu’il rapporte le plus à l’état et à l’économie. Et oui, lorsque l’on est en emploi, on gagne mieux sa vie à plus de 60 ans qu’à 25 ans. Ce qui est favorable à tout et en premier, aux caisses de retraite, puisque si vous continuez de travailler, vous continuez de cotisez sans recevoir de pension. Et en deuxième, vous payez plus de charges ainsi que votre entreprise, vous payez plus d’impôts, consommez plus, d’où création d’emplois, d’investissements, avec moins de chômage. Alors supposons que les 3,57 millions de chômeurs se retrouvent en emploi, ce qui semble utopique mais pas forcément, de combien de rentrées les caisses bénéficieraient-elles ?

Le salaire brut annuel moyen en France en 2015 est de 33.827 euros. Si l’on prend seulement les simples cotisations de base retraite salariées et employeurs de 27,2%, nous arriverions à des rentrées supplémentaires de 32,8 milliards par années. Chiffre qui semble tout à fait irréaliste, alors que l’on bataille sur quelques « petits » milliards de déficit actuel.

Si l’on prenait l’ensemble des prélèvements soit 23,8% pour les salariés et 47,4% pour les entreprises, soit un total de 71,2%, nous arriverions à un chiffre extraordinaire de 86 milliards de rentrées supplémentaires pour l’ensemble des prélèvements sociaux sur salaire. Des chiffres qui peuvent faire rêver mais qui pourraient être la réalité avec le plein emploi.

 

 

 

27 10 15 Branche retraite de la sécurité sociale : en excédant dès 2016

boursorama

La branche retraite de la Sécurité sociale est en situation déficitaire depuis de nombreuses années. Mais pour la première fois depuis 2004, une embellie est attendue en 2016.

Embellie en 2016

Avant la présentation de son projet de budget à la Commission des comptes de la Sécurité sociale, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine a déclaré en septembre dernier que le déficit de la Sécurité sociale serait inférieur à 10 milliards d'euros durant l'année 2016 - soit trois milliards d'euros de déficit en moins qu'en 2015. La ministre a également souligné que, pour la première fois depuis 2004, la branche retraite du régime général connaîtrait un léger excédent. Une bonne nouvelle, alors que l'organisme est en crise depuis de nombreuses années.

Les raisons de cette amélioration

Cette situation excédentaire est imputable à plusieurs facteurs. Tout d'abord, le report de la retraite à 62 ans et les augmentations de cotisations ont porté leurs fruits, selon les spécialistes. La faible inflation a également contribué à rétablir un équilibre. Mais il semblerait que le gel des retraites depuis 2013 ait été particulièrement bénéfique à la branche retraite de la Sécurité sociale.

Une embellie durable ?

2016 s'annonce meilleure, mais la situation excédentaire ne devrait malheureusement pas s'inscrire dans la durée. En effet, le nombre de départs en retraite élevé, autour de 700 000 cette année, devrait réorienter le régime de la Sécurité sociale vers le déficit.

 

 

 

28 10 15 Retraite complémentaire: un couac dans l'accord qui doit sauver le régime?

Par LEXPRESS.fr

Syndicats et patronat ont de nouveau rendez-vous vendredi 30 octobre, pour finaliser l'accord sur les régimes de retraites complémentaires. Mais le Medef n'aurait pas joué carte sur table.

Le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) ont accepté un "accord de principe" il y a deux semaines, pour sauver le régime des retraites complémentaires Agirc et Arrco. Mais alors qu'ils s'apprêtent à se revoir vendredi 28 octobre pour finaliser le texte définitf, le Medef dévoile des tractations insoupçonnées. Pierre Gattaz, le président de l'organisation patronale, affirme en effet, selon l'AFP, avoir mené "une négociation dans la négociation" pour obtenir, en compensation de l'augmentation des cotisations patronales à hauteur de 700 millions d'euros, une baisse des cotisations à la branche accidents du travail/maladies professionnelles (AT/MP) de la Sécurité sociale, la seule excédentaire. 

De source gouvernementale, on ne confirme ni ne dément. "Le gouvernement procèdera à l'analyse de l'accord lorsqu'il sera définitivement rédigé et signé entre les partenaires sociaux. Il sera attentif à ce que le résultat de cet accord ne pèse pas sur la compétitivité de notre économie, en cohérence avec l'action menée dans le cadre du Pacte de responsabilité", indique-t-on. Ce point, très controversé, n'a "absolument pas été abordé" lors de la dernière négociation, assure pour sa part Pascale Coton de la CFTC, "sans quoi cela aurait pu changer la donne". Un tel scénario aurait été jugé "scandaleux et dénoncé publiquement", renchérit la CFDT. Quant au vice-président de la commission AT/MP, Jean-François Naton (CGT), il indique n'avoir découvert que "dans la presse" ce "deal entre le gouvernement et le patronat sur le dos de la branche". 

Travailler une année de plus ou voir sa retraite amputée

Le Medef est déjà à l'origine de la mesure phare de l'accord de principe trouvé le 16 octobre, à savoir un système de bonus-malus pour inciter les salariés à travailler plus longtemps. Plus précisément, à partir de 2019 (génération 1957), s'ils veulent toucher une retraite complémentaire complète, ces derniers devront travailler une année de plus une fois atteints l'âge légal de départ à la retraite (62 ans) et la durée de cotisation requise pour une pension à taux plein. Un salarié disposant de toutes ses annuités, prenant sa retraite à 62 ans, verrait sa retraite complémentaire amputée de 10% la première année, 10% la seconde et éventuellement de 10% la troisième -les partenaires sociaux se donnent rendez-vous en 2021 pour en rediscuter - avant d'obtenir une retraite à taux plein à 65 ans.

En revanche, s'il travaille jusqu'à 63 ans (soit 4 trimestres de plus) ce malus sera annulé. S'il reste deux ans de plus en activité, il bénéficiera d'un bonus, pendant un an, de 10%. Bonus qui grimpe à 20% s'il travaille trois ans de plus, à 30% pour quatre ans de plus. De la même façon, une personne qui devrait travailler jusqu'à 64 ans

obtenir toutes ses annuités devrait travailler jusqu'à 65 ans pour une retraite complète

 

 

 

28 10 15  Les seniors sont de plus en plus nombreux sur le marché du travail

Par latribune.fr  |  28/10/2015, 8:21 |  368  mots

En 2014, l'Insee note que plus de six seniors chômeurs sur dix sont sans emploi depuis plus d'un an.

Le marché du travail a accueilli 180.000 seniors supplémentaires l'année dernière contre 140.000 en 2013. Une tendance qui s'explique par les dispositifs de recul progressif de l'âge de départ à la retraite mis en place. Pas de quoi se réjouir pourtant car la France reste en queue de peloton pour l'emploi des seniors.

L'année dernière, la France métropolitaine comptait en moyenne 28,64 millions d'actifs, dont 2,84 millions de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT), selon la "photographie du marché du travail en 2014" publiée par l'Institut national de la statistique, mercredi 28 octobre. "Depuis 2005, la population active a augmenté de 1,34 million de personnes", notent les auteurs.

Cette évolution est portée par les seniors (les 50-64 ans). Au cours des années récentes, le marché du travail a accueilli 180.000 seniors supplémentaires en 2014, 140.000 en 2013, et même 320.000 en 2012 avant la mise en place par François Hollande du dispositif de départ à la retraite anticipée pour carrière longue.

1,6 million de séniors actifs supplémentaires en dix ans

Par ailleurs, le nombre de 50-64 ans parmi les actifs a augmenté de 1,6 million depuis 2005, selon l'étude. Depuis 2009, leur taux d'activité a grimpé de 56,5% à 63,1% (+6,6 points). Les 65-69 ans ont augmenté sensiblement leur taux d'activité, de 3,8% à 5,8% (+2 pt) entre 2009 et 2014.

Ces hausses, "continues malgré la crise de 2008", s'expliquent par les réformes des retraites, qui ont reculé l'âge de départ à la retraite et allongé la durée de cotisation pour une retraite à taux plein, rappelle l'Insee. Un taux plein inatteignable pour ceux qui, avant d'avoir atteint l'âge requis, se retrouvent au chômage de longue durée.

De fait, la France est très en retard sur l'emploi des seniors: une autre statistique de l'Insee, qui s'intéresse à une tranche d'âge plus critique, entre 55 ans et 64 ans, montre un taux d'emploi de seulement 45,6% en France en 2013, quand la Suède affiche 74.4%, l'Allemagne 63,5%, ou le Royaume-Uni 59,8%.

En France, 60% des seniors subissent un chômage de longue durée

Par ailleurs, les seniors sont particulièrement touchés par le chômage. En 2014, l'Insee note que plus de 6 seniors chômeurs sur 10 sont sans emploi depuis plus d'un an. A noter que les moins de 25 ans sont 3 sur 10 à être dans ce cas de figure.

(Avec AFP

 

 

 

30 10 15 L’âge de la retraite va passer à 63 ans alors que le chômage de longue durée s’aggrave pour les « seniors »

BASTA - PAR MORGANE REMY

Une nouvelle réforme des retraites est en train de passer en catimini. Plusieurs partenaires sociaux ont conclu un accord de principe qui doit être signé ce 30 octobre : l’âge de départ à la retraite va s’allonger d’un an – à 63 ans – si les futurs retraités ne souhaitent pas subir une dévalorisation de leurs pensions. Problème : malgré les précédentes réformes, les entreprises n’ont pas fourni d’efforts suffisants pour garder en activité leurs salariés de plus de 55 ans. Ceux-ci sont encore nombreux à être poussés vers la sortie, voire à connaître le chômage de longue durée, même si certains cadres arrivent à rebondir. Dans ces conditions, un nouvel allongement des cotisations aggravera davantage les inégalités. Enquête.

L’âge de départ en retraite sera encore repoussé. Les organisations patronales et trois organisations syndicales (CGDT, CFE-CGC et CFTC) sont en train de se mettre d’accord pour réformer le système de retraites complémentaires Agirc-Acco. Dans le cadre de cet accord, la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein sera allongée d’un an. A partir de 2019, si un senior préfère partir à 62 ans, soit l’âge légal de départ à la retraite pour le régime général, il perdra 10% de sa retraite complémentaire pendant deux ans. S’il choisit de partir à 63 ans, aucun malus ne s’applique. Cotiser plus longtemps ou accepter une pension plus faible, telles seront les options à choisir. Ce qui aggravera encore davantage les inégalités existantes. Car à plus de 55 ans, que l’on soit cadre ou ouvrier, homme ou femme, et sous la menace du chômage de longue durée, les perspectives seront bien différentes.

« L’espérance de vie à 60 ans, c’est-à-dire le nombre d’année qu’il nous reste à vivre à cet âge, progresse constamment. Il faut bien adapter notre système de retraites pour le rééquilibrer financièrement », justifie Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT, syndicat qui a signé l’accord de principe le 16 octobre et devrait le valider ce 30 octobre. Si cette espérance de vie à 60 ans n’a cessé d’augmenter depuis des décennies, elle diffère selon la catégorie professionnelle [1]. Un ouvrier vivra cinq ans et demi de moins, en moyenne, qu’un cadre. Et pour bénéficier d’une retraite à taux plein, encore faut-il être en activité...

« La France n’a toujours pas résolu la question de l’emploi des seniors »

La réforme de 2010 avait déjà abouti à repousser l’âge légal de deux ans : de 60 à 62 ans ou 63 à 65 ans, pour ceux qui n’ont pas cotisé les 43 annuités nécessaires. En parallèle, afin d’éviter que les entreprises ne se séparent de leurs salariés âgés, le gouvernement a démantelé les dispositifs de pré-retraites publics et les niches fiscales et sociales des pré-retraites privées. Il a également imposé une pénalité, de 1% du montant des rémunérations versées aux salariés, aux entreprises qui ne signaient pas d’accords en faveur de l’emploi des seniors.

Les résultats sont-ils au rendez-vous ? Selon les chiffres du Conseil d’orientation des retraites en 2014, le taux d’emploi des 55-59 ans a fortement progressé, atteignant 68 %. Idem pour les 60-64 ans, dont un sur quatre est toujours en activité. Les entreprises auraient donc joué le jeu, arrêtant de licencier massivement leurs salariés quinquagénaires. Ce n’est qu’une apparence statistique.

« Si la France a rattrapé son retard au sein de l’Europe pour le taux d’emploi des 55-59 ans, elle reste très en dessous des niveaux européens pour les 60-64 ans et n’a pas réussi à significativement allonger la vie active. Surtout, le chômage des seniors s’est accru plus vite que pour les autres catégories d’âge depuis 2008 », détaille Anne-Marie Guillemard, sociologue et professeur des universités. Le taux de chômage des 55-64 ans s’établit actuellement de 7%, selon la Dares [2]. « La France n’a donc toujours pas vraiment résolu la question de l’emploi des seniors », conclut Anne-Marie Guillemard.

L’obsolescence programmée du salarié

L’OCDE, dans son rapport Mieux travailler avec l’âge en France souligne pudiquement que « la transition de l’emploi à la retraite est particulièrement précoce et problématique pour de nombreux seniors ». Seul un salarié sur deux est passé directement de son emploi à la retraite entre 2008 et 2011. Cela signifie que les autres (45%) connaissent le chômage ou des dispositifs intermédiaires de sortie de l’emploi. « Après 55 ans, le marché du travail est caractérisé par d’importantes sorties d’emploi », reconnaît même le très néolibéral Institut Montaigne, dans son enquête sur l’emploi des seniors [3].

La cause ? Les seniors, dont les salaires ont progressé tout au long de leur carrière, sont souvent jugés trop chers tandis que, à l’aune des critères de rentabilité immédiate, ils deviendraient moins productifs avec le temps. « Alors que les seniors sont tout à fait capables de s’adapter – y compris au numérique –, le monde du travail a tendance à considérer leurs compétences comme obsolètes, analyse Serge Guérin, sociologue et auteur de Vive les vieux ! [4]. Cela tient aussi au fait que les entreprises peinent à investir sur les seniors en terme de formations. »

Un tiers des salariés vulnérables sont mis à la porte après 50 ans

Les salariés âgés accèdent moins fréquemment que leurs cadets à la formation. En 2006, environ un tiers des salariés âgés de 50 ans et plus ont déclaré avoir suivi une formation au cours des 12 derniers mois, contre la moitié des salariés plus jeunes.

En outre, la pénibilité du travail n’étant pas gérée au fil de la carrière, les salariés concernés s’épuisent plus rapidement. La pénibilité concerne près d’un salarié sur trois, selon l’enquête Santé et itinéraire professionnel de 2007 [5]. Les personnes de 50 à 59 ans, qui ont été durablement exposées à de conditions de travail difficiles, sont alors moins souvent en bonne santé : une sur quatre se déclare limitée dans ses activités quotidiennes du fait d’un problème de santé, contre une sur six pour les autres salariés du même âge.

Plutôt que gérer cet aspect de santé tout au long de la vie professionnelle, comme certaines filières industrielles allemandes qui veillent à éviter de maintenir trop longtemps un employé sur un poste pénible [6], le patronat français préfère la solution de facilité : près d’un tiers des salariés les plus vulnérables sont mis à la porte des entreprises après 50 ans. « Nous avons vu beaucoup d’entreprises gérer les problèmes de pénibilité en encourageant les départs des seniors, témoigne Pierre-Yves Chanu, économiste à la CGT, qui a suivi les précédentes réformes de retraite. Par exemple chez un grand industriel où les ouvriers étaient exposés à de fortes températures, la rupture conventionnelle était présentée comme une solution « gagnant-gagnant », puisque le salarié cessait de souffrir et l’entreprise pouvait recourir aux services d’un ouvrier plus jeune. »

Quand la rupture conventionnelle remplace les pré-retraites

La rupture conventionnelle semble devenir le mode privilégié par les sociétés pour encourager les salariés quinquagénaires à partir. En moyenne, 16% des fins de CDI pour licenciement sont des ruptures conventionnelles. Leur part dépasse les 25 % pour les salariés âgés de 58 à 60 ans [7]. « Il y a un alignement des intérêts des acteurs (salariés comme entreprises) qui fait du départ anticipé des seniors un acte globalement consensuel », analyse l’Institut Montaigne. Un « alignement » qui se fait souvent sous la pression de l’employeur et qui se traduit par un accord avec l’employé pour une sortie anticipée. Comme les plus de 50 ans bénéficient de trois ans d’indemnisation au lieu de deux, les allocations chômage permettent souvent de faire la jonction avec la retraite à taux plein à 62 ans. « Ce ne sont rien de moins que des pré-retraites déguisées », résume Anne Sonnet, responsable seniors de l’OCDE [8].

Les ruptures conventionnelles à l’initiative des employeurs sont légions. « Mes confrères et moi-même le constatons : il y a des recours aux ruptures conventionnelles à répétition, souligne Sophie Bourrier, psychologue du travail proposant des consultations dans le cadre du réseau Souffrance et Travail. Les sociétés sont tout de même obligées de les espacer afin d’éviter une visite de l’inspection du travail. » Cette dernière risquerait alors de les requalifier en licenciement. « Pour la CGT, ce dispositif est surtout favorable aux employeurs qui mettent une pression sur les salariés afin qu’ils acceptent, note Pierre-Yves Chanu. Surtout, ils ne les informent pas que cela réduira de fait le niveau de leur pension. »

Des seniors qui se battent pour leurs droits

Difficile de savoir quelle est l’ampleur de ces pressions pour la signature d’une rupture conventionnelle. Cependant beaucoup de témoignages concordent. Comme celui de Jean-Pierre, aujourd’hui âgé de 67 ans et à la retraite. Il raconte, ce qu’il a vécu il y a sept ans quand il était salarié et conseiller prud’homal CFDT : « Dans une mission locale du Languedoc Roussillon, le directeur avec lequel j’entretenais de bonnes relations m’a proposé une rupture conventionnelle qui ne présentait, selon lui, que des avantages pour moi. Après une longue réflexion, j’ai finalement refusé. Dès lors, j’ai été sujet à de nombreuses et malveillantes pressions professionnelles jusqu’à ce qu’une procédure de licenciement soit engagée contre moi pour faute grave. Bouleversé psychologiquement par cette démarche, après conseils de mon syndicat et au vu des pièces de mon dossier, j’ai entamé une démarche judiciaire pour harcèlement moral et discrimination syndicale. » L’affaire s’est conclue par un accord transactionnel qui lui a permis d’obtenir une retraite à taux plein à 65 ans mais aussi un dédommagement financier.

Agnès, âgée aujourd’hui de 53 ans, basée en Rhône-Alpes, a pour sa part finalement accepté la rupture conventionnelle que son employeur lui proposait. Après avoir géré pendant 20 ans l’exploitation d’un logiciel de gestion très spécifique, l’entreprise pour laquelle elle travaillait a opté pour une mutation informatique. « En 2013, nous avons fait la migration. Ayant été mise à l’écart du projet et me retrouvant sans fonction précise, j’ai demandé une formation et proposé de mettre mes compétences au service d’une autre équipe de l’entreprise », raconte cette dernière.

Le traumatisme du chômage de longue durée

La quinquagénaire n’est alors pas étonnée quand elle obtient un rendez-vous avec le service des ressources humaines…. qui lui propose finalement une rupture conventionnelle. « Deux ans auparavant, ils avaient déjà procédé ainsi avec quelques postes occupés par des plus de 50 ans », se souvient-elle. Agnès ne veut alors pas quitter son entreprise, anticipant les difficultés qu’elle rencontrera sur le marché du travail. « Mais c’était peine perdue. Quand un poste de vendeuse à domicile de produits innovants allemands s’est présenté, j’ai accepté de lâcher prise mais j’ai vécu cette rupture conventionnelle, après 20 ans d’ancienneté, comme un licenciement. » Aujourd’hui, elle bénéficie encore de deux ans de chômage. Elle a conscience que son temps est compté… même si elle se remet encore doucement du choc de ce départ. « J’aurais du mal à reprendre un poste dans l’immédiat. Une mission courte, même pour un poste sans qualification, me permettrait de remettre un pied à l’étrier. »

Une fois au chômage, le risque principal est que la situation s’enlise. « Tout le monde peut se retrouver au chômage, analyse Gérard Cornilleau, économiste à l’OFCE [9]. Mais quand on est senior, parfois dès 50 ans, on tombe dans une trappe dans laquelle il est très difficile de sortir : le chômage de longue durée. » En clair : si les entreprises ne licencient plus massivement les seniors, ils ne les recrutent pas non plus. Tandis qu’en 2007, les plus de 55 ans ne représentaient « que » 8% des chômeurs très éloignés de l’emploi, ils correspondent désormais au quart (24%) de cette catégorie en 2013.

« J’étais prêt à balayer les cours mais cela n’intéressait personne »

Ils vivent alors souvent le chômage comme une expérience d’exclusion durable. Ce fut le cas pour Didier, aujourd’hui âgé de 66 ans. Il a connu une traversée du désert sur le marché du travail, entrecoupé de quelques expériences, jusqu’à sa retraite. A 45 ans, alors qu’il occupait un poste de cadre et manageait une quinzaine de personnes, il est licencié. Il se bat, obtient des stages, des missions courtes en comptabilité pour des entreprises et même pour le Diocèse de Marseille. Mais pour mieux revenir à Pôle Emploi, la case départ.

A 50 ans, il tente sa chance et lance sa boite. « C’était avec un collègue chômeur », précise-t-il. Ils lancent ensemble une entreprise de machines-outils testant l’étanchéité de contenants. Mais l’investissement initial n’est pas rentabilisé. L’entreprise meurt. « J’avais 52 ans ; j’étais au tapis, explique-il aujourd’hui, la voix encore chargée d’émotion. Plus l’âge avançait, moins j’avais de réponse à mes sollicitations… Je me marginalisais. »

Dans le cas d’un chômage de longue durée qui pèse tant sur les finances que sur le moral, la retraite représente alors un soulagement. « Je rentrais à nouveau dans un schéma normal. Je retrouvais ma fierté. Je cessais d’être demandeur, en permanence. C’était ça le plus difficile : j’étais prêt à balayer les cours mais même cela n’intéressait personne. » Un rejet qui illustre le fait que le marché du travail n’est pas clément et l’est encore moins vis-à-vis des seniors.

Création d’entreprise : une solution réservée aux cadres qui en ont les moyens

Souvent la solution face à la réticence des entreprises à recruter des seniors est, pour ces derniers, la création de sa propre entreprise. C’est le choix qu’a fait Sonia, suite à un plan de départs volontaires, en Ile-de-France. « J’étais responsable commerciale pour un groupe hôtelier et je souhaitais redevenir assistance de direction, avec des missions plus larges, souligne Sonia, actuellement âgée de 52 ans. Mais je me suis heurtée à la réalité du marché du travail : j’étais trop vieille pour un CDI. »

Elle envoie des CV sans préciser son âge mais, à l’occasion de nombreux entretiens, réalise que cela coince. Beaucoup de non-dits. « On me disait que je connaissais trop de monde dans mon secteur, que j’étais trop qualifiée ou on ne me rappelait simplement pas », se souvient-elle. Pleine de bonne volonté, elle décide de s’investir dans une association professionnelle et, au bout d’un an, crée son auto-entreprise. « J’ai eu de la chance. Mon ancien employeur, présent au sein de cette association, m’a proposé de faire une mission proche de ce que je réalisais pour lui. » Elle utilise alors son carnet d’adresses pour promouvoir le lancement d’un nouvel hôtel. Le client – ancien-employeur – est ravi de la prestation et lui commande d’autres missions. La responsable commerciale à son compte a ainsi accepté d’être flexible – et a été en capacité de le faire – en espérant, qu’avec le temps, son carnet de commande sera suffisamment conséquent pour recruter à son tour. « Au moins, aujourd’hui, je dégage un salaire correct. »

Des pensions inférieures de 40% à celles des hommes

Cette perspective est bien loin d’être garantie pour les femmes à l’approche de la retraite. « Malgré huit lois successives, les femmes en France gagnent toujours 27% de moins que les hommes, tous temps de travail confondu. Or qui dit inégalités salariales, dit faibles pensions de retraites : les femmes ont ainsi des pensions inférieures de 40% à celles des hommes. Elles ont encore aujourd’hui des carrières plus courtes que les hommes, elles partent en retraite en moyenne plus tard », pointe un collectif d’associations pour le droits des femmes, dans une lettre ouverte adressée aux trois syndicats signataires de l’accord [10].

Devenir un créateur d’entreprise quand on est un « senior chômeur » n’est pas à la portée de tous. Les ouvriers et employés au chômage ne disposent pas des ressorts et des réseaux d’un cadre. Ceux qui peuvent compter sur la solidarité de leur famille et, surtout, de leur conjoint ont plus de chance de réussir. Ce qui signifie que leurs proches doivent aussi en avoir les moyens. La solidarité privée succède alors à celle, publique, de la société. De quoi encore renforcer les inégalités. Est-ce bien la volonté des organisations syndicales qui s’apprêtent à signer l’accord ?

Morgane Remy

Photo : Manifestation à Brest contre la réforme des retraites de 2010 / CC Jyc1 via Flickr

Notes

[1] Voir les indicateurs de la Sécurité sociale.

[2] Voir ici.

[3] A consulter ici.

[4] Editions Michalon, 2008.

[5] A consulter ici.

[6] Voir ici.

[7] Chiffres de 2012 du ministère du Travail.

[8] Voirici.

[9] Voir ici.

[10] Lettre ouverte signée par Attac, la Fondation Copernic, Osez le féminisme, le Planning familial, Les effronté-e-s... à lire ici.

 

 

 

39 10 15 Trois raisons (simples) qui menacent de faire capoter la réforme des retraites complémentaires

Le HuffPost  |  Par Jean-Baptiste Duval

RETRAITE - Après les grandes lignes actées le 16 octobre, les partenaires sociaux ont rendez-vous ce 30 octobre pour inscrire la réforme des régimes de retraite complémentaire dans le marbre.

La négociation est bien avancée mais peut toujours capoter. L'entente entre Medef et syndicats n'est, comme souvent, pas au beau fixe... Il s'agit de "tout écrire légalement, article par article" à partir d'une trame définie par le patronat, explique Pascale Coton (CFTC). "Nous n'aurons pas le texte avant vendredi, ce sera à prendre ou à laisser", croit-elle savoir.

Le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) ont accepté un "accord de principe" il y a deux semaines. Mais la CGT et Force ouvrière (FO) ont déjà annoncé qu'ils ne parapheraient pas ce texte douloureux pour les salariés, qui "ouvre la porte à un report de l'âge de la retraite".

Deux tiers des retraités sont concernés par la décote

Cette réforme concerne environ les deux tiers de Français. Les retraités les plus modestes, ceux exonérés de CSG ou bénéficiaires d'un taux réduit, ne seront pas concernés par ces décotes.

Pour les autres, l'importance de la complémentaire augmente avec les revenus. D'après le Figaro, un salarié à 2100 euros par mois touchera 360 euros par mois de retraite complémentaire, soit le quart de sa pension. Un cadre à 5100 euros par mois touchera lui 1400 euros, soit la moitié de sa pension.

Alors que le régime général retiendra toujours 62 ans comme limite légale, Agirc et Arrco s'autorisent des libertés en poussant jusqu'à 63 ans pour l'obtention de la pension complète, et en incitant à partir encore plus tard à coup de majorations (voir ci-dessous).

Pour la CGT et FO, cette innovation est perçue comme un précédent inquiétant. Ce "deal patronat-gouvernement" pourrait ouvrir la porte au report de l'âge du départ en retraite à 65 ans, comme c'est déjà le cas pour les complémentaires de certaines professions indépendantes (médecins, consultants...). Saluant l'accord, François Hollande avait jugé qu'il ne s'agissait pas "d'un report de l'âge de la retraite" mais d'une "liberté" laissée aux salariés.

Au-delà des arguties techniques, voici ce qui ne passe pas auprès des syndicats:

1. Le bonus/malus bouleverse l'ordre actuel

Mesure phare, le système de bonus-malus mis au point par le Medef est une petite révolution. À partir de 2019 (génération 1957), les retraités qui voudront toucher 100% de leur complémentaire devront travailler un an au-delà de l'âge légal (62 ans).

Jusqu'à aujourd'hui, les caisses complémentaires s'étaient toujours alignées sur le régime général. Durée de cotisation, âge du départ en retraite... Quand il est passé à 62 ans, elles ont suivi sans se poser de question. La réforme soutenue par le gouvernement est en rupture: l'Agirc, la complémentaire des cadres, et l'Arrco, celle des employés, prennent leur indépendance.

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