ANOCR 73

Groupement Savoie Isère

Revue de presse semaine 42 - 2015

REVUE DE PRESSE DE LA SEMAINE : 42

SOMMAIRE

14 10 15 Négociation retraites complémentaires : quels sont les scénarios possibles ?
14 10 15 Quelle retraite alors que la sécu vient d'avoir 70 ans ?
16 10 15 Retraites complémentaires : pourquoi FO et la CGT ont quitté la négociation
16 10 15 Retraites complémentaires: qui veut quoi dans la négociation
16 10 15 Retraites : les Français s'alarment pour leur future pension
17 10 15 Retraites complémentaires. Pour FO, "l'accord proposé est un marché de dupes"
17 10 15 Retraites complémentaires : des perdants, des épargnés, peu de gagnants
18 10 15 Les fonctionnaires inquiets sur leur retraite
18 10 15 Retraites : le récit d'une négociation qui s'est beaucoup jouée en coulisse
14 10 15 Négociation retraites complémentaires : quels sont les scénarios possibles ?

La tribune - Par Jean-Christophe Chanut | 14/10/2015, 16:00 | 1046 mots

Vendredi 16 octobre, les organisations patronales et syndicales gestionnaires de l'Arrco et de l'Agirc, vont se retrouver une nouvelle (et dernière?) fois pour trouver un accord sur le redressement de la situation financière des régimes. Mais le projet du Medef de retarder de facto l'âge de la retraite à 64 ans bloque tout. En cas d'échec, l'État pourrait reprendre la main sur les régimes.
Ça va être très chaud. Vendredi 16 octobre à 9 heures, les organisations patronales et syndicales, gestionnaires des régimes de retraites complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (ensemble des salariés) se retrouvent pour trouver un remède à la situation financière très dégradée des deux institutions.

Il y a le feu au lac. Avec la crise économique, l'arrivée des baby boomers à la retraite et le chômage de masse, l'Agirc et l'Arrco ont vu leurs déficits respectifs se creuser à 1,985 milliard et 1,153 milliard en 2014. Si rien n'est fait, leurs réserves seront épuisées d'ici à 2018 pour l'Agirc et à 2027 pour l'Arrco. Alors des abattements sur les pensions deviendraient quasi obligatoires !

Patronat et syndicats divergent sur les remèdes à apporter
Or, pour l'instant aucun accord ne semble pointer à l'horizon, tant les différentes parties divergent sur les remèdes à apporter. Alors, certes, le président de la République a appelé les gestionnaires à prendre des « mesures courageuses ». Mais, à ce stade, force est de constater que le seul point qui fait consensus, c'est le risque de ne pas parvenir à un accord. « Un compromis semble difficile » a lancé Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. « Il y a une probabilité pour que cela ne marche pas » a répondu en écho Pierre Gattaz, le président du Medef qui souhaite des « réformes de fond » et qui dit refuser un simple replâtrage permettant de tenir jusqu'en 2017.

Le Medef veut inciter les salariés à retarder à 64 ans l'âge de la retraite
C'est la proposition du Medef d'instaurer une décote drastique sur les pensions à compter de 2019 qui fait tout coincer. L'organisation patronale a d'ailleurs évolué. Auparavant, elle suggérait d'appliquer une décote dégressive sur les pensions des salariés partant à la retraite avant l'âge de 64 ans. Maintenant, le Medef propose un dispositif plus subtil. Voulant, toujours inciter les salariés à partir à 64 ans, ceux qui liquideraient leur pension à 62 ans connaîtraient un abattement de 25%, réduit à15% à 63 ans. Puis à 64 ans le niveau de pension retrouverait son niveau normal. En revanche, ceux qui retarderaient leur départ à 65 ans se verraient appliquer un bonus de 15%, durant une année. Pour ceux partant à 66 ans, ce bonus atteindrait 25%.

A des degrés divers, les syndicats ne veulent pas entendre parler de tels abattements. Pour la CFE-CGC c'est ne niveau proposé par le Medef qui est inacceptable. Ce syndicat veut bien parler de décote mais à « un taux raisonnable ». La CFTC plaide pour une décote des pensions de 5% la première année et de 4% pour la deuxième. Les autres syndicats refusent toute idée d'abattement, y compris la CFDT qui suggère d'instituer « une contribution de solidarité intergénérationnelle » de 4% qui serait versée pendant deux ans par tous les futurs retraités.

Quant à FO et la CGT, elles récusent encore plus farouchement toute idée de décote, de contribution exceptionnelle, etc. FO veut taxer les entreprises qui se séparent des seniors de plus 55 ans et la CGT, parmi diverses propositions, souhaite aligner les taux de cotisation Agirc. Si les organisations syndicales divergent donc sur les recettes alternatives aux projets patronaux, elles partagent tout de même quelques points communs.

Refus des syndicats de servir de poisson-pilote à l'Etat sur l'âge de la retraite

D'abord, toutes demandent une augmentation des cotisations patronales aux retraites complémentaires. Pour le Medef c'est hors de question alors que les entreprises françaises peinent à retrouver leur compétitivité. Surtout, aucune organisation ne veut cautionner un relèvement de fait de l'âge du départ à la retraite, ce à quoi conduirait le dispositif prôné par le Medef. "Nous ne servirons pas de poisson-pilote à l'Etat", explique Jean-Louis Malys en charge du dossier à la CFDT. De fait, les syndicats ont parfaitement conscience que s'ils acceptent de retarder l'âge requis pour percevoir une retraite complémentaire, l'État s'empressera de le faire aussi dans les régimes de base dont il a la responsabilité.

Alors, dans ce contexte fort peu consensuel, que peut-il se passer à l'issue de la réunion de vendredi, qualifiée comme de la dernière chance. Divers scénarios sont possibles.

Vers une reprise en main par l'Etat de l'Arrco et de l'Agirc ?
Première hypothèse, le Medef met encore de l'eau dans son vin. Un accord a minima se contentant de bouger quelques paramètres (prolongation de la sous revalorisation des pensions, abaissement du taux des pensions de réversion, etc.) est alors trouvé avec une majorité de syndicats, comme cela fut toujours le cas depuis la création de l'Arcco en 1947. Les partenaires sociaux fixeront alors ses modalités d'application qui s'imposeront progressivement aux retraités, salariés et entreprises... Et il faudra recommencer le psychodrame dans deux ans pour, cette fois, trouver des solutions pérennes..

Deuxième hypothèse, vendredi, les partenaires sociaux - du moins une majorité d'entre eux - rapprochent suffisamment leurs positions pour poursuivre les discussions. Dans ce cas, une ou deux réunions supplémentaires pourront être programmées d'ici la fin de l'année.

Troisième hypothèse, c'est l'échec total. Certains soupçonnent le Medef - qui s'en défend- de jouer cette carte afin de tenir là un prétexte pour se désengager de la gestion paritaire des retraites complémentaires. Dans ce cas, les commissions paritaires présentes dans les caisses Arrco et Agirc seraient chargées de gérer les affaires courantes, sans rien régler sur le fond. Une situation purement temporaire qui cesserait dans quelques mois si les organisations patronales et syndicales estimaient pouvoir reprendre les négociations plus sereinement.... Douteux. Ou alors, et ce serait la fin d'une époque, l'Etat reprendra la main et assumera la gestion des régimes Arrco et Agirc. Il risque alors d'avoir la main très lourde sur la durée de cotisation, les pensions, voire les taux de cotisation, pour ne pas trainer indéfiniment le boulet des retraites complémentaires. D'autant plus que la situation de régimes est prise en compte dans le calcul du déficit de la France, examiné à la loupe par la Commission européenne. C'est donc la survie même de ces régimes qui serait sans doute remise en cause

 

14 10 15 Quelle retraite alors que la sécu vient d'avoir 70 ans ?

Comptanoo.com (portail des TPE et PME)
Quelle retraite alors que la sécu vient d'avoir 70 ans ?
Créé en 1945, le modèle de protection sociale français connaît de nombreuses baisses de régime, notamment la branche vieillesse qui finance les retraites.
La nécessité de réformer : un consensus large
Sur fond de commémoration de la création de la Sécurité sociale, des voix se font entendre ici pour défendre le modèle de protection sociale à la française et là pour stigmatiser ses déficits récurrents que la succession de réformes n'a pas réussi à endiguer.
Peu importe le point de vue ou l'analyse, une question recueille une large majorité dans tous les sondages : la nécessité de réformer. Récemment, le Président Hollande s'est lui même mué en porte parole de cette nécessite de réformer.
Reste à savoir quel visage donner à cette réforme voulue et espérée pour garantir la continuité du régime des retraites pour tous les actifs.
Universalité, Unité, Uniformité : qui s'en souvient ?
Les fondateurs du régime de Sécurité sociale, avec ses branches famille, assurance maladie et vieillesse, avaient cet objectif dit des « 3 U ».
70 ans après, il faut bien constater que la tendance est plutôt à la fragmentation qu'à l'unité, à la multiplicité qu'à l'uniformité, et que même l'universalité semble aujourd'hui remise en cause par notamment l'accès aux soins qui devient problématique pour certains, qui pourtant ne sont pas éligibles à la fameuse CMU (Couverture Maladie Universelle).
Et si l'on en revient à la retraite, que dire de la disparité des régimes aujourd'hui, qui n'ont cessé d'évoluer de manière disparate, au gré des pouvoirs d'influence (pour ne pas dire plus ...) des catégories d'actifs que les différents régimes représentent.
Et si la réforme consistait à tendre vers les fondamentaux ?
Un pays qui se targue d'être un modèle de justice sociale peut-il continuer à garantir aux uns un départ à la retraite avant 60 ans, alors même que l'âge légal est fixé à 62 ans ? Peut-il assurer aux uns une pension équivalente à 80% de leurs revenus d'activité, alors que pour d'autres il est autour de 32% ?
Dès lors l'enjeu des réformes à mener n'est pas seulement la continuité des régimes, ni même leur unité, mais surtout leur remise sur l'ouvrage pour tendre vers plus d'équité. Une équité qui devrait commencer par un reversement de pension plus en rapport avec les sommes versées pendant la période d'activité.
Les réformes voulues et promises auront-elles (enfin) des objectifs assez ambitieux au regard de ces enjeux ? Là est la vraie question ...
Quid du Régime Social des Indépendants (RSI) ?
Inutile d'insister sur le mécontentement récurrent exprimé par les ressortissants du RSI. Car l'enjeu va bien au-delà des critiques autour d'un dysfonctionnement et de lenteurs et lourdeurs administratives de ce régime, créé en 2006 et qui rassemble toutes les catégories de ce que l'on appelle les Travailleurs Non Salariés (TNS), soit les artisans, commerçants, libéraux et auto-entrepreneurs principalement. Un rapport doit être remis ces jours au Premier Ministre.
Un rapport qui fera, n'en doutons pas, de louables recommandations sur des problématiques comme la simplification administrative, la communication avec les assurés, le recouvrement des cotisations, ... alors que le mouvement de contestation réclame purement et simplement la disparition du RSI pour le fusionner avec le régime général des salariés.
Et si le RSI était l'arbre qui cache la forêt ?
Encore une fois revenons à la problématique de la retraite, qui n'est pas celui du RSI, puisque celui-ci ne gère que la branche maladie. Pour la retraite, c'est une autre histoire car les régimes sont ici plus fragmentés par catégories et sous-catégories entre artisans, commerçants, libéraux, professions réglementées, auto-entrepreneurs. Un seul point commun : la faible réversion par rapport aux revenus d'activité.
Certes, instaurée il y a 20 ans maintenant, la loi Madelin permet de se constituer une retraite par capitalisation annuelle, dont le fruit des versements et intérêts rapportés va générer une rente complémentaire à la retraite. Ces versements sont déductibles des revenus professionnels (BNC ou BIC). Encore faut-il générer assez de revenus pour en épargner sur un compte retraite Madelin et là, les différente catégories de TNS sont loin d'être sur un pied d'égalité.
Alors, au moment d'envisager de nouvelles réformes dont le but serait « d'harmoniser, de simplifier, d'unifier » la question se pose : quel sera le mètre étalon ? Où se situe le point d'équilibre ?
Les TNS auront probablement à y gagner, mais les catégories sociales aujourd'hui plus favorisées accepteront-elles ce lissage médian ? Nous aurons l'occasion d'y revenir

 

16 10 15 Retraites complémentaires : pourquoi FO et la CGT ont quitté la négociation

Les Echos - LEÏLA DE COMARMOND /
Force ouvrière et la CGT ont refusé de signer l'ultime proposition du Medef.
FO et la CGT n'ont pas formellement claqué la porte puisque, aux dires de Philippe Pihet, le négociateur de Force ouvrière, c'est Claude Tendil lui-même, le chef de file de la délégation patronale, qui a annoncé que la négociation sur les retraites complémentaires était « finie » en distribuant un dernier projet d'accord à prendre ou à laisser vers 16 h 30. Mais on peut dire que contrairement aux trois autres confédérations , les centrales de Jean-Claude Mailly et Philippe Martinez ont pris l'assureur au mot.
CGT : « C'est un jour très triste »
Le geste est sans surprise pour la seconde. « Pour la CGT, l'appréciation est très claire », a déclaré Eric Aubin. « Le projet d'accord sur la table acte de fait le report de l'âge de départ en retraite et un abaissement du niveau des pensions. Pour pouvoir toucher une retraite pleine et entière, il faudra travailler un an de plus que [pour bénéficier de la retraite de base à taux plein] et ceux qui ne sont plus en activité subiront un abattement de fait. C'est un jour très triste pour les retraités actuels et futurs », a regretté Eric Aubin.
« Le patronat propose d'échanger la disparition du régime de retraite complémentaire des cadres contre l'engagement d'ouvrir une négociation interprofessionnelle sur la notion de cadre et d'encadrement; donc on ne parle plus de statut », a ajouté Marie-Josée Kotlicki, également membre de la délégation. La secrétaire générale de l'Union des cadres CGT a regretté en outre que le projet aboutisse à « faire payer par les ouvriers une partie de la retraite complémentaire des cadres ».
Un projet « inacceptable » pour Philippe Martinez
Avec ce projet, ce sont les « salariés et les retraités » qui vont « une nouvelle fois (...) devoir payer », en contribuant « à hauteur de 5,7 milliards » quand « le patronat met 300 millions au pot », a jugé sur BFMTV Philippe Martinez. « C'est pour nous inacceptable », cela pose la question de « l'égalité de traitement », a dit le secrétaire général de la CGT.
« Ce sont toujours les mêmes qui paient -les salariés, les privés d'emploi, les retraités-, et puis toujours les mêmes qui encaissent - le patronat et le Medef », a-t-il encore dénoncé.
Réaction plus surprenante de FO

Du côté de Force ouvrière, la réaction est plus surprenante. Non seulement, son numéro Un a plusieurs fois insisté sur la volonté de son organisation de trouver un compromis, mais dans l'histoire des retraites complémentaires, ce sera seulement la seconde fois que la centrale ne signera pas un accord sur le sujet, le précédent datant de 2001. « Nous constatons que l'ensemble des salariés subira à partir de 2019 un abattement de 10% pendant trois ans », a déploré Philippe Pihet, pour justifier son départ.
Il a en particulier dénoncé l'instauration d'un abattement temporaire. « Le bureau confédéral de mardi tranchera mais il ne devrait pas y avoir de grand suspense. On n'est pas dans une recherche d'équilibre, on est dans un changement structurel de la retraite complémentaire », a-t-il dénoncé, fustigeant le fait que « sur le plan d'économies de 6 milliards d'euros, l'effort des entreprises sera de 600 millions d'euros, donc 90% sera à la charge des salariés et retraités ». « Le président de la République avait expliqué qu'il fallait un accord équilibré, visiblement le patronat n'a pas compris le message ; pourtant, Matignon a oeuvré ce matin et cet après-midi pour convaincre les plus réticents », a-t-il ajouté.
Et si le prix à payer pour FO de sa défection est la perte de la présidence de l'Arrco, peu importe : « si ma confédération s'abaissait à échanger le sort de 30 millions de personnes pour un mandat, j'arrêterais », a affirmé Philippe Pihet

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021411276840-retraites-complementaires-pourquoi-fo-et-la-cgt-ont-quitte-la-negociation-1166404.php?AfifsgumBbCmdBXc.99

 

16 10 15 Retraites complémentaires: qui veut quoi dans la négociation

Le figaro par Damien
Nouveau round de négociations ce vendredi pour trouver des solutions de financement pour les caisses de retraite complémentaire. Au rythme actuel des départs en retraite et avec les conditions des taux de prélèvements en vigueur, l'Arrco (qui concerne tous les salariés du privé) aura épuisé ses réserves en 2027. Mais la situation la plus critique est celle de l'Agirc, la caisse complémentaire des cadres du privé complétant l'Arrco, qui sera à sec dès 2018.
La plupart des observateurs s'accordent à dire malgré cette urgence que la possibilité d'un accord est faible. Les positions des différents acteurs semblent en effet irréconciliables et aucun ne semble vouloir faire un pas vers le compromis. Le point sur les propositions de chacun.
• Organisations patronales (MEDEF, CGPME, UPA)

Pour les syndicats patronaux, la clef de voûte de la sauvegarde du système réside dans l'âge à partir duquel un travailleur peut faire valoir ses droits à la retraite complémentaire. Ils souhaitent en effet que cet âge soit porté à 64 ans, même si le salarié fait valoir ses droits à la retraite de base avant cet âge. Pour inciter les ayant-droits à retarder la liquidation de leur pension, les organisations patronales proposent un classique système de bonus-malus (-25% si liquidation à 62 ans, -15% à 63 ans, et des bonus provisoires après 64 ans). Ces organisations proposent également de désindexer les pensions de 1 à 1,5 point de moins par rapport à l'inflation, pendant trois ans. Le prix d'achat des points de retraite complémentaire serait également augmenté. Pour le patronat, l'avantage de cette solution est clair: elle permettrait de maintenir les équilibres financiers des caisses en limitant les dépenses... sans augmenter les charges patronales pour alimenter les recettes.
• La CGT

Pour le syndicat, le plus important est de défendre les deux piliers sur lesquels veut revenir le patronat: l'âge d'accès aux droits à la retraite complémentaire et le niveau des pensions. Pour la Confédération, il faut en outre augmenter le niveau de prélèvement de 0,93 point pour les salaires en-dessous du plafond de la sécurité sociale (soit 3170 euros mensuels). L'organisation souligne également que la mise en place de l'égalité réelle des salaires entre les hommes et les femmes pourrait mécaniquement réduire le déficit de moitié d'ici 2040.
• La CFDT

Le syndicat réformiste est lui aussi très engagé sur l'absence de recul de l'âge pour les retraites complémentaires. Il concède cependant que plusieurs efforts doivent reposer sur les salariés: création d'une «contribution intergénérationnelle» de 4% pendant deux ans pour les nouveaux retraités, pensions de réversion sous condition de ressources, augmentation du prix du point, revalorisation de 1 point en-dessous de l'inflation jusqu'en 2019. Mais l'organisation vise également les entreprises qui ne jouent pas le jeu de l'emploi des séniors, en proposant la mise en place d'un surcroît de cotisations pour les sociétés qui procéderaient à des licenciements ou signeraient des ruptures conventionnelles pour des salariés de plus de 50 ans. La CFDT est ouverte au dialogue avec le patronat: «Nous voulons un accord», avait assuré Laurent Berger, en détaillant les propositions du syndicat au quotidien Les Echos en septembre dernier.
• Les autres syndicats

Force ouvrière est assez proche des positions de la CFDT en acceptant une sous-indexation de 1 point par rapport à l'inflation, tout en militant pour la mise en place d'une taxe pour les entreprises se séparant d'un sénior (plus de 55 ans dans la proposition du syndicat). FO est cependant en faveur d'une hausse des cotisations patronales, ce que ne souhaite pas la CFDT.
La CFTC accepte une décote progressive des pensions versées, sous réserve que le patronat accepte de son côté une hausse des cotisations salariales (ce qu'il refuse fermement pour l'instant). Le syndicat des «travailleurs chrétiens» est en outre farouchement opposé à un recul de l'âge de la retraite complémentaire.
La CGE-CGC enfin accepte l'idée d'une désindexation «modérée» des pensions par rapport à l'inflation, et une hausse supérieure par rapport à cette dernière des rachats de points (jusqu'en 2020).

• Et l'Etat dans tout ça?

Le gouvernement va suivre évidemment de très près cette négociation. Son but? Tout simplement... qu'il y ait un accord! En effet, si la négociation ne débouche sur rien, l'Etat pourrait devoir reprendre la main sur la gestion des deux caisses. Une solution qui a pirori ne ferait que des perdants chez les partenaires sociaux: le gouvernement pourrait être tenté de prendre des mesures radicales pour clore au plus vite ce dossier embarassant, et réduire le déficit des régimes complémentaires qui sont pris en compte, notamment par l'Europe, pour juger de la situation budgétaire française. Pas sûr pourtant que cette crainte du «père Fouettard» ne suffise pour mettre les syndicats d'accord sur la nécessité d'un compromis

 

16 10 15 Retraites : les Français s'alarment pour leur future pension

Les Echos -SOLVEIG GODELUCK

Selon un sondage Odoxa-FTI Consulting pour « Les Echos », près des trois quarts des Français ne croient pas à la pérennité de l'actuel système de retraite par répartition.
Noir, c'est noir. Les Français sont persuadés que le régime actuel de retraite par répartition a vécu. Selon un sondage Odoxa-FTI Consulting pour « Les Echos » et Radio Classique, 71 % d'entre eux pensent que ce système ne fonctionnera plus de la même façon lorsqu'ils partiront à la retraite. Tout ira moins bien, on le comprend entre les lignes. En particulier, ils pensent que l'âge auquel ils ont en théorie le droit de liquider leur retraite sera modifié, à 84 %. Et 85 % ne croient pas que leur future pension sera du même montant que celles qui sont versées aujourd'hui pour des carrières équivalentes.

Résignés à partir plus tard

Derrière ce pessimisme, on devine l'effet déprimant du cortège des réformes des retraites. Le retour à l'équilibre du régime général est pourtant programmé pour l'année prochaine. Mais la confiance a été sapée. « Les Français sont persuadés que l'exception sociale française est condamnée à se diluer, commente Gaël Sliman, président d'Odoxa. Il y a une telle résignation que lorsque nous les avons interrogés il y a un an sur l'âge auquel ils estimaient qu'ils pourraient partir à la retraite, ils ont répondu 65 ans ! » L'âge légal est pourtant de 62 ans.

Or les assurés ne semblent pas prêts à prolonger leur durée d'activité. Pour redresser les régimes de retraite complémentaire, si on ne propose que deux options, seuls 47 % préfèrent faire porter l'essentiel de l'effort sur l'âge de départ (avec des incitations pour ne pas partir avant 65 ans). La majorité (52 %) choisit une hausse des cotisations patronales. « Les gens nous disent qu'ils souhaitent partir à 60 ans. Pour la plupart d'entre eux, le travail est une souffrance : ils sont angoissés parce qu'ils n'en ont pas, ou bien parce qu'ils risquent de le perdre, et ils regrettent les contraintes qu'il fait peser sur leur vie privée », analyse Gaël Sliman.

Un sympathisant de droite aura toutefois une plus grande propension à choisir la mesure d'âge : 59 %, contre 33 % pour un sympathisant de gauche. Nicolas Sarkozy veut d'ailleurs repousser l'âge légal à 63 ans dès 2020 s'il est élu.

Autre ligne de fracture, celle de l'âge. Les actifs qui vivent le désenchantement du monde du travail sont moins favorables au report de l'âge... que les retraités. « Il règne sur ce sujet un égoïsme monstrueux ; sitôt passé le portique de la retraite, les gens sont prêts à le refermer sur les suivants », souligne Gaël Sliman. Il n'est donc pas étonnant que les plus pessimistes sur l'avenir du système, parmi les actifs, soient aussi les jeunes actifs. Ils ont encore beaucoup de réformes des retraites devant eux

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021408624597-retraites-les-francais-salarment-pour-leur-future-pension-1166234.php?20oUCdPH0m60Rl0s.99

 

17 10 15 Retraites complémentaires. Pour FO, "l'accord proposé est un marché de dupes"

HUMANITE.FR.

Alors que syndicats et organisations patronales étaient réunis au MEDEF depuis 9 heures du matin pour tenter de trouver un accord sur l'avenir des retraites complémentaires, la délégation FO a quitté la table des négociations peu avant 17 heures, après avoir pris connaissance d'un projet présenté par le MEDEF comme son ultime proposition.

« Le bureau confédéral de FO prendra une décision formelle sur le projet d'accord mardi, mais d'ores et déjà notre délégation émet un avis défavorable », a indiqué Philippe Pihet, secrétaire confédéral FO et chef de file de la délégation FO.

Le MEDEF, qui veut reporter dans les faits l'âge de départ à la retraite, a présenté une ultime trame d'accord maintenant le principe controversé d'un abattement de la pension complémentaire pour tous les salariés qui prendront leur retraite à taux plein au régime de base quel que soit leur âge – 10% la première année, 10% la deuxième et 10% la troisième.

« Un marché de dupes »

« On prend le prétexte des économies, mais la mesure ne rapportera qu'un dixième des 6 milliards à rechercher. C'est avant tout une mesure politique pour repousser l'âge de la retraite, on est dans un changement structurel des régimes de retraite complémentaire », dénonce Philippe Pihet. Le chef de file de la délégation FO estime par ailleurs que « l'accord proposé est un marché de dupes » : « Ce sont les salariés qui vont payer à 90% les mesures. », a t-il indiqué.

Confédérations syndicales et organisations patronales gestionnaires des régimes ARRCO (tous les salariés) et AGIRC (cadres du privé) avaient débuté en février leur cycle de négociations pour pérenniser les retraites complémentaires, confrontées à une dégradation de leurs comptes.

La CGT a, elle aussi, refusé le projet du Medef, tandis la CGC, la CFDT et la CFTC avaient accepté de rester à la table de négociation. Cela serait seulement la deuxième fois dans l'histoire des retraites complémentaires, après un précédent en 2001, que FO ne serait pas signataire d'un accord éventuel

 

17 10 15 Retraites complémentaires : des perdants, des épargnés, peu de gagnants

Par AFP Libération

Le projet d'accord sur les retraites complémentaires trouvé vendredi entre le Medef et trois syndicats repose sur un système de «bonus-malus» incitant les salariés du privé à travailler plus longtemps.

Retraites complémentaires : des perdants, des épargnés, peu de gagnants
Le projet d'accord sur les retraites complémentaires trouvé vendredi entre le Medef et trois syndicats repose notamment sur un système de «bonus-malus», mis en place à partir de 2019, et incitant les salariés du privé à travailler plus longtemps.

Qui va y perdre ? Qui va y échapper ? Est-ce qu'il y aura des gagnants ? Les régimes Agirc-Arrco sont-ils sauvés désormais ?

Qui perd, qui gagne ?
Le grand perdant sera le salarié qui, bien qu'ayant atteint l'âge légal de la retraite (62 ans), avec toutes ses annuités (41,5 ans), verra sa retraite complémentaire amputée de 10% pendant au moins deux ans. Pour ne pas pâtir de ces malus et conserver un taux plein, il devra travailler un an de plus et ainsi partir à 63 ans.

Ce «coefficient de solidarité» est applicable pendant les trois premières années de retraite et «au maximum jusqu'à 67 ans». A l'inverse, ceux qui travaillent deux, trois ou quatre ans de plus, verront leur régime complémentaire bonifié respectivement de 10, 20 ou 30%, pendant un an. Pour Laurent Berger (CFDT), favorable à la réforme, «c'est une erreur de penser» qu'elle aboutirait à un report de l'âge de départ à la retraite à 63 ans. Seulement, «le salarié qui a cotisé tous ses semestres et part à la retraite à 62 ans paiera "une contribution" sur trois ans».

Principales victimes de la réforme, selon ses opposants : les chômeurs, mais aussi les femmes, qui doivent généralement travailler plus longtemps pour atteindre la durée de cotisation en raison de parcours moins linéaires. Et tous les salariés sont perdants sur d'autres mesures, mises en place avant 2019: la désindexation des pensions de - 1 point par rapport à l'inflation pendant trois ans, le décalage de la date de revalorisation des pensions au 1er novembre (au lieu d'avril) et l'augmentation du prix d'achat du point pendant trois ans pour les futurs retraités.

Combien coûtera le malus?
Cinquante euros par mois, soit 600 euros par an, «pendant au minimum deux ans», selon le calcul de la CFDT, qui prend l'exemple d'un salarié gagnant 1800 euros et dont la retraite tout régime confondu atteint 1300 euros (dont 500 euros de complémentaire).

La part de la retraite complémentaire représente en moyenne plus de 25% de la pension globale, selon des données de la Cour des comptes. Cette part dépasse toutefois 50% pour le régime spécifique aux cadres, l'Agirc.

Qui va y échapper ?
Les retraités modestes, exonérés de CSG (contribution sociale généralisée), ne seraient pas concernés par les décotes, soit 33% des salariés. Et les personnes vivant «dans des situations économiques difficiles» échapperont aux abattements, a ainsi développé le négociateur du Medef, Claude Tendil.

Qui va renflouer les caisses?
Sur les 6 milliards d'euros d'économies visés d'ici à 2020, le patronat dit contribuer à hauteur de 700 millions d'euros. Les opposants au texte, CGT et Force ouvrière, chiffre eux l'effort du patronat à respectivement 300 millions et 600 millions d'euros. Les économies sont supportées à «90% par les salariés et à 10% par les entreprises», a commenté Philippe Pihet (FO).

«Ce sont toujours les mêmes qui paient -les salariés, les privés d'emploi, les retraités-, et puis toujours les mêmes qui encaissent - le patronat et le Medef», a ajouté le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Les retraites complémentaires sont-elles sauvées?
Oui, à en croire les organisations favorables à l'accord. En 2014, les caisses de l'Agirc (cadres) et de l'Arrco (tous les salariés du privé) ont vu leurs déficits cumulés se creuser à plus de 3 milliards d'euros.

«A l'horizon 2024-2025, ces régimes seront équilibrés», a assuré Laurent Berger. L'accord permet «d'assurer l'avenir des retraites complémentaires de tous les salariés, par des mesures adaptées et justes», a déclaré le Premier ministre Manuel Valls

 

18 10 15 Les fonctionnaires inquiets sur leur retraite

Le JDD

Les 5,5 millions de fonctionnaires font de plus en plus grise mine lorsqu'ils pensent à la retraite. C'est ce qui ressort du dernier baromètre trimestriel de la Préfon (régime complémentaire de retraite et de prévoyance proposé aux fonctionnaires), livré en avant-première au JDD. Toutes fonctions publiques confondues (État, collectivités locales et hôpitaux), plus d'un agent sondé* sur deux se dit inquiet, voire très inquiet, sur sa retraite.

Le phénomène n'est pas nouveau mais s'est accentué depuis le baromètre de mai et, très nettement, depuis son lancement, en 2012. Pour Christian Carrega, directeur général de la Préfon, le pessimisme des agents et cadres de la fonction publique est la résultante de plusieurs causes : "Même s'ils ne sont pas partie prenante du débat actuel, qui touche les salariés du privé, ils se savent en sursis statutaire depuis la réforme Balladur de 1993. Ils sentent que cela va bouger et ils savent qu'on les considère, à tort, comme des privilégiés."

Capacité d'épargne insuffisante
Autre enseignement de ce sondage trimestriel, le ressenti des fonctionnaires varie selon la fonction publique à laquelle ils appartiennent, leur catégorie et leur capacité à épargner. Contrairement aux actifs du secteur privé, ils connaissent mieux les montants de la pension qu'ils toucheront et l'âge à partir duquel ils pourront partir à la retraite. Ils savent ainsi qu'ils toucheront 75% des six derniers mois de traitement, hors primes. "Les primes sont la grande variable d'ajustement. Elles sont importantes pour les fonctionnaires classés en catégorie C [niveau employé]", souligne Christian Carrega.

L'inquiétude des fonctionnaires a aussi pour cause une incapacité croissante à épargner pour combler une perte de revenu une fois pensionnés. Selon le dernier baromètre Préfon, 47 % des agents territoriaux estiment que leur effort d'épargne est insuffisant et 71 % de l'ensemble des sondés n'envisagent pas de l'augmenter. La conséquence d'un blocage, depuis cinq ans, des niveaux de salaires (hors primes) des fonctionnaires.

*À partir d'un échantillon de 427 personnes de plus de 18 ans interrogées entre le 11 août et le 17 septembre 2015.

Bruna Basini - Le Journal du Dimanche

 

18 10 15 Retraites : le récit d'une négociation qui s'est beaucoup jouée en coulisse

Les Echos - LEÏLA DE COMARMOND

Les propositions de la CFDT fin septembre ont permis de réamorcer le dialogue avec le patronat.
Vendredi matin, l'ultime séance de négociation sur les complémentaires démarre dans une ambiance tendue. Les positions affichées de part et d'autre de la table sont très éloignées, faisant douter de la possibilité­ d'un accord. Pourtant, le secrétaire général de la CFDT, qui est l'invité de l'Association des journalistes de l'information sociale, n'a pas sa mine des mauvais jours. Laurent Berger fait même part d'un certain optimisme. Au même moment, au gouvernement, certains se montrent très confiants. Pour l'heure, rien ne permet cependant de penser que le ciel s'est éclairci.
Après la séance de négociation du 22 juin, ont suivi trois mois de silence radio. Les vacances d'été expliquent en partie cette pause, mais pas seulement. En proposant de mettre en place des abattements sur les retraites des salariés partant avant 64 ans, le patronat a braqué les syndicats et, au Medef, la bataille entre faucons et colombes bloque le dossier.
La présentation par la CFDT de son propre projet, le 22 septembre, va décoincer la négociation. La centrale dit non aux abattements en cas de départ avant 64 ans à la retraite, mais propose une contribution exceptionnelle temporaire de « solidarité », fondée sur la durée de cotisation et non l'âge. Officiellement, le patronat oppose une fin de non-recevoir. Mais il a bien compris qu'elle dessinait une piste de compro­mis. Cela n'a pas non plus échappé à l'exécutif, qui va œuvrer en coulisse pour convaincre le Medef de renouer le dialogue et faire avancer les discussions pour préparer la réunion du 16 octobre.
La veille du rendez-vous, Jean-François Pilliard, le « monsieur Social » de l'organisation patronale, fait une ouverture dans une interview au « Monde » : « Faut-il allonger la durée de cotisation ? Instau­rer un système d'abattements ou de bonus-malus ? Nous ne sommes pas dogmatiques sur les modalités, mais elles doivent entraîner un changement significatif de comportement », affirme-t-il.
Un accord inattaquable
Le projet que Claude Tendil, le négociateur du Medef, met sur la table vendredi matin, abandonne ainsi « l'âge pivot » de 64 ans pour la durée de cotisation. Les niveaux des abattements sont en revanche trop élevés. La CFDT avait prévenu qu'elle n'accepterait pas plus de 10 % et le patronat va au-delà dans sa première proposition. Mais le Medef lui donne satisfaction dans la deuxième version de son texte, qui prévoit une exonération pour les retraités peu ou pas soumis à la CSG, notamment. Le risque d'une faillite du régime de retraite des cadres, assortie de la promesse d'une négociation sur la « fonction cadre », emporte la signature de la CGC.
Manque celle de la CFTC, la seule qui semblait a priori acquise puisqu'elle avait déjà accepté le principe des abattements, satisfaite d'avoir obtenu le statu quo sur les pensions de réversion. Le critère de la durée de cotisation désavantage en effet les femmes qui ont eu des carrières trop courtes. Matignon et la CFDT seraient alors intervenus auprès du président de la CFTC, Philippe Louis. Ce que Pascale Coton, la négociatrice de la CFTC, dément formellement. Quoi qu'il en soit, au final, la centrale décide elle aussi d'apposer sa signature. L'accord sera donc paraphé par des syndicats représentant plus de 50 % des salariés, devenant ainsi inattaquable.
L. de C

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/economie-france/social/021413491872-retraites-le-recit-dune-negociation-qui-sest-beaucoup-jouee-en-coulisse-1166669.php?htOqbx7t3wIT57Kp.99

 

Connexion Membres

Votre accès Membre

Identifiant
Mot de passe

© 2008 - 2017. ANOCR 73 Groupement Savoie - Conception Studio Coléo

Haut