ANOCR 73

Groupement Savoie Isère

Le syndicalisme dans les armées ?

CET ARTICLE NOUS EST TRANSMIS PAR NOTRE CAMARADE MICHEL GAY

 

Référence : Bulletin ANOCR n° 460 janvier 2015, dossier d’actualité “Le syndicalisme dans les armées, une avancée sociale ou un danger ?”.

Bonjour,

Tout en étant d’accord avec les conclusions de l’article du Gal Chauvancy, je voudrais vous apporter l’éclairage suivant  issu d’une expérience unique (je crois), notamment en réaction à la déclaration de Frédéric Mathieu de la CGT : “Les militaires sont des salariés comme les autres”.

NON.

Il y a quelques années, alors que j’étais militaire d’active (LCL), j’avais envisagé de travailler à temps partiel pour des raisons personnelles, comme cela se pratique dans d’autres armées européennes.

J’ai donc fait une demande officielle qui est remontée au Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM) par la voie hiérarchique. Quelques semaines plus tard, j’ai reçu la réponse suivante que j’ai trouvée parfaite dans sa formulation :

“Un civil reçoit un salaire qui est le prix du travail. Un militaire perçoit une solde qui est le prix du sang, et le sang ne se partage pas. Un militaire est soldé non pas pour le travail accompli mais pour être disponible et obéir, y compris au péril de sa vie”.

Cette réponse limpide répondait exactement à ma question et, bien plus, elle révélait précisément pour moi le statut de militaire (dont les fondements doivent encore reposer principalement sur des textes datant de Napoléon).

En effet, lorsque je demandais à mon entourage pourquoi un militaire percevait “une solde” et non un salaire, personne n’était capable de m’apporter une réponse . 

Un chef d’entreprise n’a pas le droit de mettre en péril la vie de ses salariés, alors qu’un chef militaire le peut dans le cadre de la mission de défense des intérêts de la France que l’État lui a confiée.

Un salarié peut recourir à un droit de retrait en cas de danger, alors qu’un militaire ne le peut pas. Il est préparé à affronter le danger, y compris à tuer, au péril de sa propre vie. C’est même son devoir, si sa hiérarchie le lui ordonne.

J’ai bien entendu abandonné ma demande de “travail à temps partiel”.

Je “perçois” aujourd’hui une “pension” pour service rendu à l’État après une “carrière militaire” de 25 ans, et non une “retraite” en compensation d’un travail fourni.

Cordialement.

 

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