ANOCR 73

Groupement Savoie Isère

Energies renouvelables et nucléaire

Cote d'alerte !

L'éolien et le photovoltaïque

vont conduire la France

vers le chaos

énergétique et financier.

Par Michel Gay 02 décembre 2012

(Dans ce texte, le sigle "EnR" représente les énergies renouvelables, particulièrement les éoliennes et les panneaux photovoltaïques, hors hydroélectricité).

Il faut cesser de se faire leurrer par des groupes de pression et de se bercer d'illusions : les éoliennes et le solaire photovoltaïque (EnR) sont nuisibles à la production électrique et aux intérêts de la France.

Des discours lénifiants sur les possibilités "mirifiques" des éoliennes et du photovoltaïque ont engourdi le jugement de certains fonctionnaires et responsables politiques: ils sont atteints du syndrome du homard.

En effet, un homard jeté vivant dans une eau bouillante réagit vivement et saute hors de la casserole. En revanche, si on le place délicatement dans de l'eau froide et qu'on chauffe doucement, la température de l'eau monte lentement en engourdissant les réflexes de défense jusqu'à ébullition. Le homard est cuit en douceur.

Un arsenal technique, sous forme d'une documentation abondante et largement suffisante, existe pour montrer tous les avantages du nucléaire pour le développement économique de la France et aussi tous les graves inconvénients, notamment socio-économiques, des éoliennes et du photovoltaïque qui conduisent directement au chaos énergétique et à l'appauvrissement des Français.

Malheureusement, peu de personnes ont lu, ou liront, ces textes documentés et souvent longs1 qui informent clairement du danger des EnR pour notre économie, des avantages du nucléaire et de la capacité de la France à gérer ses déchets, nucléaires ou non. Encore faut-il vouloir le voir…

Si, d'aventure, nos responsables devaient persévérer dans la voie des EnR et investir massivement dans ces énergies aléatoires qui constituent une impasse financière, alors les Français paieront très cher cette idiotie majeure dans le domaine stratégique de la production d'énergie dans les 10 ans à venir.

Ils ont déjà commencé à payer via leurs impôts directs et la CSPE (pudiquement appelée contribution au service public de l'électricité) sur leur facture d'électricité, mais ces EnR ne représentent encore que 2% de la production d'énergie électrique en France. Malgré ce faible pourcentage, les Français payent déjà un impôt de plusieurs milliards d'euros par an (4,3 Mds€ de CSPE en 20122) pour les EnR, quasiment en pure perte, sauf pour les bénéficiaires des effets d'aubaines.

Les surcoûts prévus à 5,1 Mds€3 pour 2013 progressent de 43% par rapport aux charges constatées en 2011 qui étaient déjà de 3,6 Mds€.

Les prévisions de la Cour des comptes estiment que ce chiffre va atteindre 7,5 Mds€ en 20204, soit la somme faramineuse de 40 Mds€ de subventions diverses versées essentiellement à l'éolien et au photovoltaïque en 10 ans.

Les discours mielleux sur ces énergies "douces", "gratuites" et "écologiques" masquent la réalité.

Ces énergies sont :

intermittentes: elles nécessitent donc des centrales complémentaires à gaz ou à charbon comme en Allemagne5 ou en Espagne. Ces pays commencent à se rendre compte, un peu tard, de l'impasse financière et de la catastrophe économique. La fable des régimes de vents différents en Europe, voire en France, qui compenseraient la production variable, a été dévoilée sur le site "Sauvons le climat6",

chères : le prix d'achat obligatoire s'étale de 8,2 c€/kwh pour l'éolien terrestre (ce sera plus de 20 c€/kwh en mer) à 50 c€/kwh pour le photovoltaïque, sans compter les coûts des soutiens dus aux fortes variations de production et à l'intermittence aléatoire (stockages, centrales thermiques complémentaires, etc …), alors que la production nucléaire tourne entre 4 et 6 c€/kwh,

etloin d'être écologiques, mais ce n'est pas le plus important : il faut beaucoup de béton et d'acier par kwh produit par les éoliennes (plus que pour une centrale nucléaire…) et les panneaux solaires, importés de Chine pour la plupart, ne compensent quasiment jamais le CO2 produit pour les fabriquer.

Mais ce qu'il faut surtout retenir c'est que ces EnR impliquent forcément une importation massive de gaz et/ou de charbon pour fournir de l'électricité pendant leurs fortes variations de production et les intermittences aléatoires qui ne correspondent pas à la demande. Et donc, aujourd'hui et pour longtemps encore, ces énergies éoliennes et solaires ne constituent absolument pas une solution d'avenir !

S'engager dans cette voie serait une erreur historique majeure dans le domaine économique, technique, industriel et social.

Depuis plusieurs années on achète une forme de paix sociale avec cette notion vague de "mix énergétique", ou mieux encore de "bouquet énergétique", dans lequel il faut insérer de force les EnR (par la loi, grâce aux subventions et aux achats obligatoires, puisqu'elles ne sont pas rentables) pour ménager, voire pour calmer, une frange "verte" de la population qui a une propension parfois insistante à vouloir imposer son point de vue pessimiste anti-nucléaire, voire "anti-monde moderne et industriel".

Il est donc urgent d'alerter les responsables politiques et d'expliquer aux Français les dangers que représentent ces EnR pour le développement économique de la France, surtout si, comme le préconise le Grenelle de l'environnement, elles devaient se développer encore davantage.

Tous les relais de communication et les "faiseurs d'opinions" devraient s'engager pour participer à une grande campagne de sensibilisation sur l'impasse énergétique, économique et donc sociale des EnR, ce qui serait salutaire pour le futur bien-être de la population française.

ANNEXE

à l'article "Cote d'alerte"

Rapport n° 667 du Sénat du 12 juillet 2012. "Electricité: assumer les coûts et préparer la transition énergétique". (Deux tomes et environ 1100 pages; les conclusions du rapporteur ne reflètent pas les auditions recueillies dans le tome 2).

La situation énergétique en France et dans le monde : Quels choix politiques ? EDP sciences Avril 2012

Intermittence et foisonnement de l'électricité éolienne en Europe de l'ouest. Hubert Flocard et Jean-Pierre Pervés, site "Sauvons le climat", 25 avril 2012.

Les coûts de la filière électronucléaire. Rapport public thématique de la Cour des comptes; janvier 2012. (438 pages avec les annexes).

Le nucléaire : Un choix raisonnable ? Hervé Nifenecker (EDP Sciences; mai 2011).

La sécurité nucléaire. Rapport d'étape de la mission parlementaire sur la sécurité nucléaire, la place de la filière et son avenir. Rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) enregistré au Sénat et à l'Assemblée nationale (A.N) le 30 juin 2011.

www.hctisn.fr Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR) 2010-2012 édité par l'Autorité de sureté nucléaire (ASN) et l'Agence National pour la gestion des déchets et matières radioactive (ANDRA).

Quatrième génération : vers un nucléaire durable. Dossier de presse du CEA. 31 mars 2010.

Le nucléaire: une "bonne affaire" économique. Article dans la Tribune. 4 février 2010. Francis Sorin.

Quelles solutions pour un nucléaire durable ? Elisabeth Huffer. 17/03/04 mis à jour 03/07/10

Synthèse du rapport "Avenir de la filière du nucléaire civil". François Roussely. 16 juin 2010.

Le site "actu-environnement.com", notammentl'article : "Nucléaire et économie : quels éléments pour un bon diagnostic ?". Francis Sorin. Mai 2010.

Dossier de presse "Le CEA et les énergies alternatives" Conférence de presse du 8 avril 2010.

Recyclage de l'uranium retraité. Rapport de Greenpeace Suisse. Juin 2009.

Les cendres de charbon et les phosphogypses. Robin des Bois / ASN janvier 2009.

PNGMDR 2007-2009 de l'inventaire national des déchets radioactifs et des matières valorisables à un bilan et une vision prospective des filières de gestion à long terme des déchets radioactifs en France.

Les réacteurs nucléaires peuvent faire face aux variations de la demande. Site "Sauvons le climat", rédigé par SLC, 9 février 2009.

Evaluation de la stratégie nationale de recherche en matière d'énergie. OPECST. 3 mars 2009. A.N n°1493 Sénat n°238.

Inventaire national des matières et déchets radioactifs. Rapports et synthèse 2009.

Revues "Energies et medias" de l'Union des associations des anciens et retraités du groupe AREVA (UARGA). N° 31,32,33 et d'autres.

Le nucléaire en France, au delà du mythe. Mycle Schneider; décembre 2008; commandité par le groupe des Verts/ALE au parlement européen.

RJH et prototype de 4° génération : expérimenter les systèmes du futur. Dossier de presse CEA. 15 mars 2007.

Les nouvelles technologies de l'énergie du 15 mars 2006. OPECST; Enregistré à l'A.N n°2965 et au Sénat n°254.

Les apports de la science et de la technologie au développement durable. Acte du colloque du 29 juin 2006. OPECST. A.N n° 3425 Sénat n°56.

Rayonnements ionisants et santé. Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) 2004; collection" Livrets des professionnels".

". Jacques Dumas. http://www.ecolo.org/documents/documents_in_french/betisier-1.pdf

Le site "sfen.org" Société française d'énergie nucléaire. Notamment l'article : "La France et le choix électronucléaire: une approche géopolitique". Francis Sorin, 2004

Le site "laradioactivite.com". Site très fourni, très documenté par des spécialistes, très bien fait, très accessible.

Le site "manicore.com". Jean-Marc Jancovici.Nombreux articles sur les énergies (dont nucléaire).

Le site "ecolo.org". Association des écologistes pour le nucléaire.

Le site (forum) "effetdeterre.fr". Denis Delbecq.

... et de nombreux articles sur internet dont Wikipédia.

1 Voir liste en annexe.

2 Prévision de la CRE cité page 10 dans l'annexe 5 du tome 1 du rapport n°667 du Sénat du 12 juillet 2012.

3 Lettre d'information de novembre 2012 de la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

4 Tome1 du rapport n° 667 du Sénat du 12 juillet 2012, annexe 5 de la Cour des comptes, page 11 .

5 L'Allemagne construit actuellement 20 GW de centrales à gaz et à charbon.

6 Intermittence et foisonnement de l'électricité éolienne en Europe de l'ouest. Hubert Flocard et Jean-Pierre Pervés, site "Sauvons le climat", 25 avril 2012.

 

Eolien : Le scandale d'un gâchis économique

02 décembre 2012   Michel Gay

Réquisitoire anti-éolien1

Contribution d'un consommateur français au débat sur la transition énergétique.

Ce texte est composé de deux parties :

La première partie est constituée d'affirmations fausses et
d'explications courtes.

La deuxième partie est constituée de fiches complémentaires
expliquant davantage en détail le bien-fondé de certaines
explications avec des tableaux, graphes, courbes, références,…

Le texte complet, avec la deuxième partie, n'est transmis par internet
que sur demande par mail à cause de son "poids"
informatique (1,3 Mo) qui ne se prête pas à une large diffusion.

Résumé :

Nous sommes en face d'un scandale économique social et environnemental
qui a pu se développer sur l'ignorance des uns et l'intérêt
personnel des autres. Ce scandale éclaboussera tôt ou tard la
classe politique quand l'opinion public s'apercevra enfin de la
gabegie financière organisée jusqu'au sein de l'appareil d'état
par des commerciaux et des idéologues.

Le gaspillage des finances publiques englouties dans cette impasse
technique, économique, environnementale et sociale est contraire au
besoin d’économie des moyens, de sobriété et d'efficacité
recherché.

Le développement de l’éolien est contraire au développement
durable, il est nuisible à la production d'énergie bon marché
nécessaire à la richesse des Français. Ce développement aberrant
entrave la vitalité de la France et il hypothèque gravement notre
avenir et celui de nos enfants.

Première
partie

  1. L'éolien est gratuit :  Faux.

Le vent, énergie primaire, est  gratuit tout comme le soleil, le gaz, l'uranium ou le charbon qu'il suffit de ramasser. C'est ensuite que ça se complique. C'est notamment la transformation en électricité qui coûte cher. Et malgré les étapes de transport, de raffinage, de distribution, etc.., l'électricité produite par le gaz, le nucléaire ou le charbon (3 à 8 c€/kwh2) coûte encore moins chère que l'éolien (8,2 c€ / Kwh), notamment si on ajoute les coûts de stockage, de renforcement des réseaux électriques et des centrales fossiles qu'il faudrait reconstruire en France pour supporter la variabilité, voire l'intermittence.

  1. L'éolien n'émet pas de  CO2 : Faux.

En France, les émissions de CO2 ne proviennent que très peu du secteur électrique3
grâce aux centrales nucléaires. Ce sont les combustibles fossiles employés pour le transport (pétrole) et le chauffage (pétrole, gaz) qui entrainent plus de 92% de nos émissions de CO2.

En revanche, l'éolien a besoin de puissants moyens de compensation  réagissant rapidement comme des centrales à gaz pour pallier sa faible production les jours sans
vent et pour compenser ses fortes et rapides variations.

L'Allemagne, par exemple,construit actuellement 20 centrales à gaz (provenant de Russie) et 23 centrales au charbon (allemand et américain) en prévision de
l'arrêt de ses centrales nucléaires en 2022 et pour suppléer les éoliennes.

En France, il faudrait reconstruire des centrales à gaz et à charbon et augmenter nos
émissions de gaz à effet de serre.

Compléments fiche 2.

  1. L'éolien permet de faire  baisser les émissions de CO2 en évitant de consommer davantage de  combustible fossile en France  : Faux.

C'est faux et parfois c'est même le contraire qui se produit en France. L'éolien augmente le besoin en combustible fossile pour les pays qui possèdent peu de centrales à gaz ou à charbon comme la France.

En France aujourd'hui, 87% de la production électrique est non carbonée. Elle provient
essentiellement du nucléaire (75%), des barrages (12%). Seulement 10 % provient du gaz, du charbon et du pétrole.

Les jours sans vent ou avec des variations de vent qui ne correspondent généralement  pas à la demande d'électricité, les centrales à combustibles, notamment celles au gaz, interviennent alors pour adapter la production à la demande. Elles sont le complément indispensable à la stabilité du réseau.

Et c'est bien ce qui se passe en Allemagne ou plus de la moitié de leur production électrique (60%)  provient du charbon et du gaz permettant de lisser l'intermittence de la production de l'éolien.

On pourrait croire que l’été, cette production fatale économise des combustibles fossiles. Et bien pas du tout ! L'été étant une période de faible consommation d'électricité en France, les centrales nucléaires et les barrages (notamment au fil de l'eau, d'éclusées ou même de haute chute) produisent plus que la demande de la consommation française. On vend donc le surplus à nos voisins au prix du marché (environ 5c€/kwh) une électricité qu'EDF achète 8,2 c€/ kwh!

On arriverait donc à la situation paradoxale de devoir baisser la production nucléaire (5c€/kwh) pour privilégier la production de l'éolien (de 8,2 c€/kwh) et des centrales à combustibles fossiles émettrices de CO2 et nécessitant d'accroitre nos importations de gaz. Est-ce bien ce que l'on veut ?

  1. Le coût de production de   l'éolien sera bientôt concurrentiel :   Faux.

Le  prix d'achat obligatoire actuel est de 8,2 c€/Kwh pendant 15 ans alors que le prix du marché de l'électricité est autour de 5 c€/Kwh. Ce prix de 8,2 c€/Kwh ne comprend pas les coûts externes engendrés par cette production : centrales à gaz, renforcement du réseau des lignes haute tension, stockage éventuel pour gérer les pointes non désirées de production, …

Il s'agit de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Le 21 novembre 2012, RTE a chiffré le coût du renforcement du réseau haute tension (uniquement) entre 35 et 50 Mds € d'ici 2030 pour accompagner les évolutions du système électrique.

Compléments  fiche 4.

  1. La "parité réseau"  de l''éolien signifie que le coût de production de l'éolien sera
    le même que les autres moyens de production alimentant le réseau : 
    Faux.

On ne compare pas les mêmes choses. La "parité réseau" signifie que le prix de l'électricité vendu à la sortie de l'éolienne sera aussi élevé que le prix de l'électricité payé par le consommateur à la prise de courant de sa maison (13 c€/kwh en France ou 25c€/kwh en Allemagne ou au Danemark).

La « parité réseau » n’est qu’un slogan à destination des naïfs. Il ne signifie pas que l’électricité produite est compétitive. L’éolien a atteint la parité réseau. Pour autant il faut encore le subventionner. Il ne survivrait pas s’il n’y avait l'obligation pour EDF à l’acheter deux fois plus cher qu’elle n’est capable de produire de l’électricité dans ses centrales et ses barrages.

Mais qui paye les taxes (un tiers du prix) dont a besoin un Etat pour fonctionner ? Qui paye l'entretien du réseau d'acheminement (un autre tiers du prix) ?

Donc, pour les promoteurs de l'éolien, la compétitivité serait atteinte à partir du moment où le coût à la sortie de l'éolienne équivaut au prix de vente au consommateur, taxes et transport inclus qui représentent les deux tiers du prix payé par le consommateur final

  1. L'éolien pourra fournir  une grande part de la production électrique française :  Faux

La France a besoin d'une puissance continue de 30 GW, dans certains creux de consommation les nuits d'été, à plus de 90 GW les pointes d'hiver (à 19h, il n'y a pas nécessairement du vent). La France  consomme environ 480 milliards de kwh/an d'électricité. Elle en produit 550 TWh mais il y a des pertes diverses.

Pour produire 50 % de l'électricité consommée en France  (soit environ 240 milliards de kwh), il faudrait 60.000  éoliennesde 2 MW, une des plus grosse, éoliennes sur terre actuellement dont le pylône mesure 85 m de haut et 125 m en bout de pale. (120.000 MW x 2000 h = 240 milliards de kwh).

Mais c'est une moyenne qui n'a de sens que si on savait stocker massivement l'électricité et la restituer quand on en a besoin.

Selon les vents en France, on pourrait obtenir de quasiment rien en cas d'absence de vent sur la France (situation anticyclonique) jusqu'à quelques centaines de GW , avec une prévision comportant une grande marge d'erreur. Donc, il faudrait aussi d'autres moyens sûrs de productions en complément.

Au 01 septembre 2012, il y a environ 4000 éoliennes et 7 GW de
puissance installée (soit 1,75 MW par éolienne).

Un autre détail: l'investissement nécessaire serait de l'ordre de 160 milliards d'euros (en sous-estimant le coût à 1,3 M€ / MW) auquel
il faudrait rajouter des milliards d'euros pour les moyens de stockage ou de complément de production (vent faible ou trop fort, hiver,…) tels que barrages ou reconstruire des centrales à gaz ou à charbon comme en Allemagne.

Pour l'éolien en mer, dit "Offshore", c'est au moins deux à trois fois plus cher…

A titre de comparaison en ordre de grandeur, pour produire la même quantité d'électricité (240 milliards de kwh) de façon contrôlable, il faudrait 20 réacteurs nucléaires EPR à 5 milliards d'euros le réacteur (prix de série), soit 100 milliards d'euros, soit au minimum 60 milliards d'euros de moins… pour produire en continue et quand la France en a besoin, c'est-à-dire aussi les jours de vents faibles.

Complément fiche 6

  1. L'éolien n'est pas si  variable qu'on le prétend car il y a toujours du vent quelque part
    : Faux

D'une part, on a pu constater que lorsqu'un anticyclone s'installe sur la
France, voire sur l'Europe, il n'y a plus de vent sur toute la France
et parfois aussi sur toute l'Europe. Cette situation peut durer
plusieurs jours. L'ensemble des éoliennes, en France et en Europe,
fournit alors moins de 10 % de la puissance installée pendant des
périodes de grande consommation d'électricité, notamment pendant
des épisodes de grand froid.

D'autre part, les trois quart du temps, la puissance fournit par l'ensemble
des éoliennes est inférieure au tiers de la puissance installée et
les variations de puissance, qui peuvent être brutales, ne
correspondent pas à la demande du public. Ces graves inconvénients
nécessitent des moyens de production contrôlables permettant de
réagir rapidement (souples) comme des centrales à gaz pour adapter
la production à la demande et se substituer aux éoliennes pendant
leurs périodes de "faiblesses".

Complément fiche 7

  1. Des progrès techniques  amélioreront le rendement des éoliennes :  Faux.

L'éolien est une technologie mature et aucun progrès de rendement n'est à
attendre car les éoliennes sont déjà proches du rendement
théorique maximum permis par les lois de la physique (loi de Betz).
Les coûts de production ont même augmentées ces deux dernières
années.

  1. On a besoin de  subventionner fortement l'éolien  pour créer et
    soutenir l'emploi
    :  Faux.

Les emplois créés dans les "green jobs" s'évaporent dés que
cessent les subventions. En appauvrissant le pays, l'argent gaspillé
dans l'éolien détruit des emplois productifs non subventionnés.

Les éoliennes sont fabriquées à l'étranger, y compris celles d'Areva
et d'Alstom qui sont fabriquées en Allemagne et en Espagne. Même le
suivi de la maintenance et de la production est généralement assuré
par télé-maintenance par le constructeur étranger.

  1. L'éolien ne demande pas  de coûts annexes car c'est une énergie locale  : Faux.

RTE annonce que si l'éolien se développe fortement, le réseau haute
tension devra aussi être rénové et développé. Si on ne veut pas
arrêter une partie des éoliennes les jours de vent favorables (qui
acceptera de payer le "manque à gagner" des promoteurs
éoliens ?), il faudra construire des moyens de stockage. Là encore,
ce sont des milliards d'euros qui sont en jeu.

En Allemagne, certains jours de vent, des producteurs éoliens sont
payés pour ne pas produire! Ces paiements ont triplé entre 2010
(127 Gwh) et 2011 (421 Gwh).

Les éoliennes sont concentrées dans les régions où il y a du vent et
ce sera encore davantage le cas avec l'éolien en mer. L'Allemagne a
des difficultés pour transférer au sud du pays (où se situent les
industries) la puissance éolienne fournie par les éoliennes
concentrées dans le nord, les jours où il y a du vent.

Aujourd'hui,il n'y a quasiment pas "d'auto consommateurs", ni en
Allemagne, ni en France car le coût serait trop élevé… à cause
de l'intermittence. Plus l’éolien évolue vers le gigantisme (et
vers l’offshore) plus on peut être assuré qu’il n’y aura pas
autoconsommation.

Accessoirement, si on veut "lisser" cette production éolienne aléatoire
pour la rendre plus conforme à la demande de puissance, il faudra
prévoir et payer d'énormes et coûteux moyens de stockage dont on
ne voit pas le début d'une solution viable. On ne construira
probablement  plus de grands barrages en France. Même s'il y a un ou
deux projets dans les cartons depuis des années comme Orlu et
Redenat, ils ne changeront pas les ordres de grandeur des puissances
installées.

Compléments fiche 10.

  1. Pendant qu'on produit de  l'éolien, on économise le fonctionnement et on retarde donc le
    vieillissement d'autres moyens de production : 
    Faux.

Pendant que l'éolien (avec d'autres énergies "fatales") produit
"obligatoirement" sur le réseau, on ne peut pas "éteindre"
les centrales à gaz et encore moins les centrales à charbon qui
demandent plusieurs heures de "mise en chauffe". On
continue donc à les faire produire pour qu'elles soient prêtes à
fournir rapidement de la puissance le moment venu. Il est plus
rentable pour un producteur de payer un consommateur pour absorber
coûte que coûte sa production que de supporter les coûts d'arrêt
/ démarrage de ses centrales thermiques. On peut donc se retrouver
avec de l'électricité "en trop" et atteindre des prix de
vente … négatifs (le producteur paie quelqu'un qui absorbera sa
production…) afin d'évacuer ce "trop plein" pour ne pas
effondrer le réseau4.
C'est le cas notamment en Allemagne où cette situation s'est
produite 15 jours en 2011 et 6 jours au premier trimestre 2012. Le
phénomène s'est aussi étendu à la France : 5 jours en 2011 et 2
jours début 2012.

Ces variations régulières et rapides de régime font subir des
contraintes mécaniques aux centrales thermiques qui s'usent plus
rapidement et dont l'investissement est plus difficile à
rentabiliser (fonctionnement annuel moindre et discontinu).

  1. L'éolien  est  "écologique" et la France se doit de montrer l'exemple"  : Faux.

Voulons-nous montrer l'exemple avec ce moyen de production qui est un des plus
cher et un des moins efficaces car non maitrisable, fortement
variable voire intermittent ? De plus, il nécessite un autre
investissement en parallèle pour obtenir autant de puissance
disponible en centrales à gaz ou au charbon en cas d'absence de
vent. Tout cela pour "être en cohérence avec les ambitions de
la France et en accord avec ses valeurs universelles" (Page 90
du rapport Poignant 2009 sur le photovoltaïque).

Est-ce bien raisonnable ?

  1. La France est en "retard"  dans le développement de l'éolien
    : Heureusement !

C'est une bonne nouvelle. Bien qu'engagée dans cette impasse, la France
est en retard sur le chemin qui mène au chaos énergétique,
industriel et social.

Nous serions en retard sur quoi ?

La France est particulièrement en avance depuis 30 ans sur les
émissions de gaz à effet de serre en Europe grâce notamment à son
parc nucléaire et à ses barrages (prés de 90 % de l'électricité
produite).

Un français émet pratiquement 30 % de CO2 en moins qu'un Allemand,
qu'un Espagnol ou qu'un Danois, trois pays très "en avance"
dans l'impasse que constitue l'éolien… Ils s'écraseront avant
nous sur le mur des réalités techniques et économiques.

La France est dans le peloton de tête européen pour le coût de
production et le prix de vente de l'électricité. L'électricité en
France est une des moins chères d'Europe (40 % de moins que la
moyenne européenne) et elle est notablement moins cher qu'en
Allemagne ou au Danemark.

Grace au choix nucléaire fait il y a 40 ans, la France est en avance sur
tous les autres pays européens dans le domaine énergétique.

Uniquement en Rhénanie-du nord Westphalie (Allemagne), ce sont 120.000 foyers
qui se sont vu couper le courant en 2011, faute de pouvoir payer leur
facture d'électricité.

  1. L'éolien est une chance  pour les pays pauvres et ventés  : Faux.

C'est justement les pays pauvres qui n'ont pas les moyens de s'offrir un
des moyens de production de l'électricité le plus cher malgré la
"gratuité" de la source sauf si ce sont d'autres pays
riches (la France par exemple) qui payent pour eux.

Il est beaucoup plus efficace et moins cher de payer le combustible d'un
groupe électrogène rustique ou d'une centrale à charbon ou à gaz
qui fonctionne quand on en a besoin et surtout qui fonctionne  aussi
quand il n'y a pas assez de vent.

Ces pays pauvres auraient donc les moyens de se payer deux moyens de
production onéreux ?

Les pays riches et capables de gérer des centrales nucléaires devraient
s'appuyer sur le combustible nucléaire (uranium) pour moins
consommer de pétrole et de gaz. Cette politique de bonne gestion des
ressources permettrait  de faire durer les stocks pour tous et de
limiter dans le temps l'augmentation des prix et la pénurie de
combustibles fossiles qui pointe à l'horizon.

En Afrique par exemple, l'éolien ne fonctionne pas sans subventions (en
fait, paiement complet de l’installation et du matériel) par des
pays étrangers.

L'éolien nécessite de lourdes et coûteuses batteries (ou des barrages) pour
stocker et adapter la production à la demande d'électricité.

Faire du froid (en continu) nécessite aussi des batteries pour pallier les
baisses de vent.

La climatisation nécessite une forte puissance installée car il fait
chaud aussi, et surtout, quand il n'y a pas de vent.

  1. Une fois installées, les  éoliennes  ne coutent plus rien et il n'y a rien à payer  : Faux.

Il faut amortir le capital investi dans la construction de l'éolienne,
ce qui constitue l'essentiel des 8,2 c€/Kwh payés aux producteurs.
Il faut aussi payer à l'étranger l'achat de gaz ou de charbon de la
"béquille" de soutien à la production électrique
(centrales "fossiles").

Il faudra aussi payer pour l'amortissement de ces nouvelles centrales
qu'il faudra de nouveau construire. Nous avons peu de centrales
fossiles en France contrairement aux Allemands, aux Anglais ou aux
Espagnols.

  1. Le coût de l'éolien ne  représentent presque rien dans la CSPE : Faux

Cour des comptes: CSPE et suite données en juin 2012 aux observations de
la Cour dans le rapport public 2011, annexe 5 au rapport du Sénat
n°667 du 12 juillet 2012, page 11 :

"Principalement à cause des EnR, la CSPE a subi un doublement en 8 mois et une
progression de 133% en 18 mois.

Les principales augmentations des dépenses à couvrir concernent :

-
les EnR en métropole, avec des dépenses multipliées par plus de
10, passant de 707 M€ en 2010 à quelque
7,5 Md€ en 2020
dans les prévisions de la CRE (Commission de régulation de l'énergie);

-les charges de péréquation au profit des zones non interconnectées,
hors EnR, avec un doublement qui les fait passer de 802 M€ en 2010
à 1,9 Md€ en 2020 dans les estimations de la CRE;

- le soutien au développement de l'électricité produite à partir de
la bagasse dans les mêmes zones, qui passe de 168 M€ en 2010 à
plus de 600 M€ en 2020 pour la CRE."

Cette charge annuelle croissante amène à une somme de prés de 40
Mds€ sur 10 ans
dont plus des trois
quarts sont imputables aux EnR et essentiellement à l'éolien et au
PV".

Faudra t-il aussi charger la CSPE de l’extension indispensable des réseaux
ou faut-il souligner qu’une augmentation du prix de l’électricité
s’imposera en plus de la CSPE ?

On notera que selon les prévisions de la CRE, la fraction de CSPE
associée à l’éolien va bondir dès que l’éolien offshore
deviendra opérationnel (2016 ?)

Complément fiche 16.

  1. C'est bon pour l'économie  de la France puisque même Areva installe des éoliennes :
    Faux

Ce serait une ruine pour la collectivité si le développement devait se
poursuivre. C'est uniquement rentable pour certains particuliers, les
collectivités locales et les malins (dont AREVA, EDF5
et GDF-Suez) qui savent profiter des effets d'aubaine avec des
subventions d'état accordées par la loi française et des prix
d’achat élevés et obligatoires de la production. Les surcoûts
(faibles au début mais qui augmentent rapidement avec la production)
sont répartis et payés par tous les consommateurs via la CSPE et
par les contribuables via les crédits d'impôts accordés qui sont
autant de recettes en moins pour la collectivité. Les erreurs et les
contrats ruineux d'aujourd'hui pour la collectivité devront être
payés pendant 20 ans.

Au 01 septembre 2012, il y a 7 GW d'éolien raccordés (source EDF) qui
produiront environ 14 Twh fluctuantes sur un an, soit 3 % de la
production annuelle nationale (480 Twh hors pertes diverses).

Quelqu'un peut-il faire la somme des milliards d'euros réellement investis au
total pour cette production marginale ?

En faisant l'hypothèse moyenne, voire basse, de 1,3 M€ / MW installé,
on arrive à 9 milliards d'euros pour une production aléatoire dont
on n'a généralement pas besoin puisqu'on pourrait produire cette
électricité pour moins cher et avec moins d'émission de CO2. Une
grande partie de ces 9 Mds€ est partie au Danemark, en Espagne et
en Allemagne…

On aurait pu produire quasiment autant (12 Twh) et surtout de manière
maitrisée avec un seul EPR coutant 6 milliards d'euros et fabriqué
en France par des Français. En d'autres termes, on aurait pu faire
mieux (production stable et maitrisable) avec 3 milliards d'euros de
moins et en investissant 6 milliards d'euros en France.

  1. 7 GW  d'éolien installés
    (septembre 2012) équivaut à 7 réacteurs nucléaires de 1 GW 
    : Faux.

Une année comporte 8760 h. L'éolien produit environ 2000 heures en
équivalent pleine puissance (HEPP), soit un facteur de charge de
23%, tandis qu'un réacteur nucléaire fonctionne environ 7500 h en
HEPP par an, soit un facteur de charge de 85%.

Les 7 GW d'éoliennes produiront donc 14.000 Gwh seulement quand il y a
du vent, tandis que les 7 réacteurs nucléaires produiront plus de
52.000 Gwh ( soit prés de 4  fois plus), quel que soit le vent, le
soleil ou le gèle.

  1. Le vent est sur notre sol  et donc l'éolien, qui s'ajoute aux autres énergies renouvelables,
    améliore notre indépendance énergétique 
    : Faux

Actuellement, 90% de notre production électrique ne dépend pas (ou presque) de
l'étranger. Environ 5% de cette production est fournie par du
renouvelable local (biogaz, éolien, PV,…), 10% par les barrages et
75 % par les centrales nucléaires pour lesquelles nous avons 8 ans de réserve de combustible nucléaire6 avec la génération actuelle (GEN III). Si nous choisissons de passer à la quatrième génération des surgénérateurs (GEN IV), nous avons actuellement
3000 ans de réserve d'uranium7 sur notre sol  pour servir de combustible nucléaire aux surgénérateurs, comme l'ont été Phénix et Superphénix il y a 30 ans.

Si la GEN IV démarre en 2040, nous aurons plus de 4000 ans de réserve8
de combustible nucléaire sur notre sol.

En revanche, la quasi-totalité des éoliennes sont fabriqués à
l'étranger (Danemark, Allemagne, Espagne) et il faudrait augmenter
considérablement l'importation de gaz (Russie ?, Algérie ?) et de
charbon (Allemagne ? USA ?, Australie ?) pour alimenter les centrales
thermiques fossiles pendant les périodes de vents faibles.

Sous l'aspect sympathique du vent dans les pales d'éoliennes, comment des
gens intelligents comme nos élus n'ont-ils pas été capables de
voir cette évidence ?

La baisse des prix du marché engendrée par des excès de production
éolienne en Allemagne n’affecte pas bien sûr les producteurs «
verts » allemands qui restent rémunérés aux tarifs fixé par la
loi allemande aux dépens du consommateur national. On se trouverait
alors plutôt dans une situation où ceux-ci paieraient pour les
consommateurs des autres pays.

Cette situation est assez systématique entre le Danemark (qui produit trop
d’électricité éolienne subventionnée) et la Norvège (qui
l’achète à bas prix pour la stocker dans ses barrages et la
revendre ensuite cher aux heures de pointe).

Il semble donc qu’en matière d’éolien, il soit plus intéressant
d’être le voisin de pays suréquipés, sans en avoir construit sur
son sol et d’avoir constitué des moyens de stockage. Une telle
situation permet, comme le montre l’exemple de la Norvège et dans
une certaine mesure celui de la Suède, d’exploiter efficacement
les difficultés rencontrés par les voisins lorsque leur parc éolien
se met à produire de façon intempestive et mal contrôlable. 

  1. Les éoliennes en mer  (Offshore), "c'est mieux"  : Faux

C'est encore pire.

Malgré un vent légèrement plus soutenu, tous les problèmes précédents demeurent
et le coût de production sera multiplié par 2 par rapport à une éolienne terrestre et
par 3 ou 4 par rapport au prix de marché actuel !!

(Voir le texte "L'éolien en mer (offshore) : encore pire que l'éolien
terrestre !" / Michel Gay / 30 novembre 2012)

Conclusion:

De l'ignorance nait l'inconscience (Victor Hugo).

D'un point de vue environnemental, technique et financier, il est
totalement inconscient de développer l'éolien en France.

Il est probable que par ignorance, entretenue par des lobbies aux
motivations mercantiles voire dogmatiques, nos décideurs politiques
se sont laissés tromper par la propagande et les mensonges qui ont
favorisé le développement de cette filière ruineuse de l'éolien
qui mène à une impasse9.

En France, l'éolien est inutile et, pire, il est nuisible.

- Inutile car en France il n'économise rien (ni CO2, ni combustible
fossile, ni vieillissement d'autres centrales).

- Nuisible car il gaspille des milliards d'euros par an qui seraient
certainement mieux utilisés ailleurs.

Cette somme pourrait être investie pour l'amélioration de la qualité de
vie des Français dans des domaines qui manquent d'argent comme la
santé, la justice, la défense, la sécurité, la protection
sociale… et aussi dans l'énergie nucléaire. Par exemple, dans le
soutien au développement de réacteurs surgénérateurs de quatrième
génération.

L'énergie c'est la vie. Une énergie abondante et bon marché est à la base du
développement de toute civilisation moderne.

Quel est l'intérêt de développer l'éolien en France ?

Il est grand temps d'arrêter ce gaspillage scandaleux et honteux
d'argent public en supprimant les subventions au développement de
l'éolien car c'est contraire à l'intérêt supérieur de la Nation,
et donc à l'intérêt général des Français.

Michel Gay

Consommateur, contribuable et
citoyen français.

1  Références :

- "How much can wind
reduce the french CO2 emissions" : H. Flocard / Mars 2010 /
Site de "Sauvons le climat" (SLC)

- "Intermittence et foisonnement de
l'électricité de l'électricité éolienne en Europe de l'ouest"
: H. Flocard et JP. Pervés / Avril 2012 / SLC;

- "Vent de mer, vent de terre": H.
Flocard / Novembre 2011 / SLC.

- "Très cher éolien offshore" :
Communiqué de presse / SLC / avril 2012

- "La filière éolienne s'organise pour
mieux ponctionner l'état" : Communiqué de presse /  6 juillet
2012 / Fédération environnement durable (FED)

- "Eolien: la France subventionne des
emplois au Danemark et licencie sur son territoire" :
Communiqué de presse / 18juillet 2012 / FED;

- "Lettres aux députés et sénateurs
sur le projet de loi du sénateur Courteau" : 9 juillet 2012 /
FED

- Site "manicore .com" de JM.
Jancovici.

- Site "rte-France.com" du Réseau
de transport d'électricité.

- "Les sept erreurs de l'éolien
industriels" : J. Blancard, ancien secrétaire générale de
l'Observatoire de l'énergie; Site "Vent de colère"
(VDC).

-  "La transition énergétique allemande
est-elle soutenable ?". Centre d'analyse stratégique, note
d'analyse n° 281 septembre 2012.

2  Kwh = Kilowatt-heure = Quantité d'électricité = 1000
watts pendant une heure.

GW = Milliards de Watts

Gwh = Milliards de watt-heures (Twh = Milliards de Kwh)

3  Grâce notamment au nucléaire
(75% et 6 g CO2/kwh) et aux barrages (10% et 2 g CO2/kwh), la
moyenne d'émission nationale de CO2 du parc électrique est une des
plus faibles d'Europe (75g/kwh, note RTE et ADEME du 08/10/2007
contre plus de 500g/kWh pour l’Allemagne et le Danemark).

4  Le sujet
des prix négatifs est abordé dans le rapport n° 667 du sénat du
12 juillet 2012, pages 25, 93, 533, 534 et 535.

5  Le cas de EDF est distinct de ceux de ses concurrents. La loi
l’oblige à acheter (cher) et à injecter sur le réseau
l’électricité qu’il aurait pu produire (moins cher). De plus
la CSPE ne rembourse EDF que la différence entre le prix de
l’éolien et le prix du marché qui est plus élevé que son
prix de production
. Le manque à gagner est pour lui.
Inversement  les ELD sont remboursées par la CSPE sur la différence
entre le prix d’achat des ENR et le prix du nucléaire (pour elle
39€/Mwh). Il est donc de l’intérêt de EDF d’acheter de
l’énergie éolienne à lui-même (EDF-EN). Il perd autant
d’argent mais, au moins, celui-ci ne va pas dans la poche de ses
concurrents pour les renforcer, concurrents comme GDF, par exemple,
qui patronne la Compagnie du Vent.

6  Inventaire national des déchets et matières radioactive 2012
(INMDR) édité par l'Agence national de gestion des déchets et
matières radioactives (ANDRA) page 47.

7  Idem pages 46 et 47

8  Idem

9  Une des caractéristiques remarquable de l’homme est d’agir
stupidement et de continuer à le faire alors qu’il dispose de
tous les éléments pour voir qu’il se trompe. Se tromper quand on
est ignorant est tout à fait normal et excusable. Agir stupidement
alors qu’on a sous les yeux toutes les informations qu’on refuse
de regarder, voila qui est proprement humain. Je signale le livre de
la grande historienne américaine (décédée aujourd’hui) qui,
après « The guns of august » sur la guerre de 14 et le
« plan 5 » de l’état-major français, a élargi son
analyse dans « The march of foly » avec pour symbole
initial le cheval de Troie.

 

 

 

L'éolien en mer (offshore) :

 

encore pire que l'éolien terrestre !

 

Michel Gay 30 novembre 20121

 

Résumé

 

La France a décidé d’installer au large de ses côtes atlantiques et de la Manche, un ensemble éolien de 6 GWc2 en mer.

 

Les données disponibles heure par heure sur les 17 premiers mois d’activité du parc Robin Rigg implanté dans l’estuaire de la Solway à la frontière de l’Ecosse et de l’Angleterre, un site, a priori, mieux venté que ceux où seront construits les parcs français, montrent une efficacité3 moyenne de 30%. Celle-ci recouvre une production ayant d’énormes fluctuations, de 0 à presque 100% souvent en une à deux heures.

Par ailleurs, l’efficacité du parc a été inférieure à 5% pendant un tiers du temps.

 

En Décembre 2010, cette fraction est même montée à près de la moitié du temps, alors même qu’une vague de froid s’installait jusqu’en Europe occidentale.

 

On observe aussi de longs intervalles de temps pendant lesquels l’efficacité du parc est inférieure à 1%. L’un d’eux a même duré près de quatre jours.

 

Il en ressort qu’au-delà même de la question de son coût, il est difficile d’imaginer qu’un stockage de taille adéquate, qui permettrait sinon de supprimer les fluctuations de production du parc éolien français, du moins d’en lisser les variations les plus brutales, puisse être construit au voisinage des côtes françaises concernées.

 

Cette analyse indique que le déploiement de nouvelles centrales à gaz sera probablement la solution aux importants problèmes d’intermittence associée à ce type de production renouvelable.

 

 

Préambule

 

Depuis le milieu de 2010, sur son site eCO2mix4, le Réseau de Transport d’Electricité (RTE) fournit (entre autres) des informations sur la production éolienne avec une excellente résolution temporelle (quart d’heure). Grâce à RTE on dispose donc d’une bonne description des performances du parc existant. C’est sur ces données réelles du site eCO2mix collectées sur une année du 1er Septembre 2010 au 31 Aout 2011 qu’il a été possible d’ établir une comparaison de l’éolien terrestre français avec l’éolien en mer.

 

Pour réaliser son ambition d’une construction d’un parc de 6 GWc d’éolien en mer à l’échéance 2020, le gouvernement a demandé à la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), de préparer deux appels à projets.

 

Le premier de ces appels à projets a été publié le 13 juillet 2011. Il porte sur une puissance totale de 3 GWc installés répartis en cinq parcs situés le long des côtes de la Bretagne et de la Manche jusqu’au Nord de la France. Les sites retenus sont : le Tréport (750 MWc), Fécamp (500 MWc), Courseulles-sur-mer (500 MWc), Saint Brieuc (500 MWc) et Saint Nazaire (750 MWc)5.

Le coût de ce premier appel à projet est pour l’instant estimé à une dizaine de milliards d’euros.

 

Le deuxième appel d'offres devrait être publié fin 2012 et concerner des sites au large du Tréport (705 MW)- un champ qui n'avait pas été attribué lors du premier appel d'offres - et de l'île de Noirmoutier (600 MW).

 

Les conditions financières que, par avance, le gouvernement indique être prêt à accepter pour le prix d’un MWh, placent le coût de celui-ci bien au-delà du tarif officiel actuel (130 €/MWh). On pouvait alors penser que la fourchette s’établirait entre 175 et 200 €/MWh6. De fait, suite aux informations distillées par le Commission de Régulation de l’Energie et le ministère de l’Industrie il est maintenant possible de calculer que le coût de l’électricité pour les projets retenus (coût maintenu secret) sera supérieur à 220 €/MWh.7

 

En 2009, les décisions du Grenelle concernant l’éolien ont été prises dans la seule perspective d’un respect de l’objectif européen de contribution des énergies renouvelables à notre bilan (engagement européen moyen 20%, engagement de la France 23%) sans que des informations solides sur les performances et les coûts de cette technologie aient été disponibles, aussi bien pour l’éolien en terre qu’en mer. En effet les remarquables données que RTE fournit aujourd’hui sur l’éolien terrestre français ne sont disponibles que depuis 2010.

Pour l’éolien en mer, à ce jour, aucune donnée d’une qualité similaire n’a été publiée par un organisme gouvernemental de façon à enrichir une discussion publique. C’est d’autant plus surprenant que ces données existent. Ce sont celles des parcs en mer actuellement opérationnels en Europe. Bien qu’ils soient situés à l’étranger (Ecosse, Mer du Nord et Baltique), on peut certainement en tirer des enseignements utiles pour la France

Même s’ils sont moins favorables que ceux des côtes atlantiques de l’Irlande, écossaises et danoises de Mer du Nord, les emplacements sélectionnés dans le premier appel à projet français appartiennent à un régime de vent dont bien d’autres exemples existent en Europe.

Analyser l’expérience acquise par nos voisins aurait donc pu constituer la base préalable pour une prise de décision rationnelle. Puisque cela n’a pas été le cas, on peut néanmoins essayer de s’enrichir après coup de cette expérience.

C’est ce que fait l'étude de Hubert Flocard sur la base de données collectées auprès du parc éolien en mer Robin Rigg, propriété de la compagnie E.ON Climate Renewables.

 

  1. Le parc éolien en mer Robin Rigg.

Dans l’estuaire de la Solway (Solway Firth), entre les côtes de Galloway et de Cumbrian, la compagnie allemande E.ON exploite un parc éolien en mer de 180MWc8 depuis le 15 Avril 2010.

L’emplacement du parc est situé sur la frontière de l’Ecosse et de l’Angleterre, là où le régime des vents devient un des plus favorables d’Europe.

La situation apparaît relativement favorable car le site est en eau peu profonde (de l’ordre de 10-15m) et est protégé entre deux côtes dont le point le plus proche est à une dizaine de km.

Le parc terminé en Septembre 2009 a été réceptionné en Avril 2010 On notera cependant que les dures conditions météorologiques ont retardé le projet de presque un an.

Le parc Robin Rigg dont le coût s’est élevé à environ 500 M€ est constitué d’une ensemble de 60 turbines de 3 MWc, soit 2,8 M€/MW. La durée d’exploitation prévue est de 20 ans.

Les turbines ont été fournies par la compagnie danoise Vestas. Elles sont du type V90-3MW. La nacelle se trouve à 80m de hauteur et la hauteur au point le plus haut des pales est de 125m.

  1. Données de production du parc Robin Rigg

 

Ces données produites par l’équipe technique de Robin Rigg et transmises par l’intermédiaire de E.ON France couvrent heure par heure la période du 1er Mai 2010 au 30 Septembre 2011 soit 17 mois (12432 points). Elles incluent donc une information pour l’année complète de production du 1er Septembre 2010 au 31 Août 2011 pour laquelle nous disposons aussi des données sur l’éolien terrestre français. De plus, pour le parc Robin Rigg, les données fournissent un élément de comparaison d’une année sur l’autre pour cinq mois de printemps et d’été (Mai à Septembre).

 

On retrouve les fluctuations usuelles de l’éolien bien illustrées par les diverses statistiques nationales (Danemark, Allemagne, France, etc.).

Le résultat se traduit par une productivité moyenne qui sur la période considérée dépasse légèrement 30% (équivalent à près de 2650h pleine puissance par an)9.

Le contrepoint de cette bonne performance est l’amplitude des gradients de puissance. On constate qu’il n’est pas rare de voir l’efficacité (donc la puissance livrée) varier de plus de 20% en moins d’une heure. Des pics supérieurs à 50% de variation par heure sont aussi observés.

De fait comme les variations de vent sont quasi-uniformes sur la faible étendue du parc Robin Rigg, on peut presque assimiler ce parc à une éolienne unique de 180MWc.

 

De façon à comparer avec la situation du parc éolien terrestre français actuel, nous nous sommes limités à la période d’un an du 1er Septembre 2010 au 31 Aout 2011 pour laquelle nous disposons des données RTE.

La distribution des efficacités du parc Robin Rigg montre que la productivité a été inférieure à 5% pendant presque le tiers du temps.

Ainsi, ce parc, isolé, ne peut contribuer à une puissance garantie de 10%, voire de 5% de sa puissance nominale puisqu’il produit moins que cela pour une fraction très significative du temps10.

Les distributions d’efficacité du parc Robin Rigg dont on a vu qu’on peut presque l’assimiler à une éolienne unique et celle du parc français sont très différentes. La comparaison des distributions illustre en partie l’effet parfois appelé « de foisonnement ». Celui-ci est en général décrit par la phrase : « il y a toujours du vent quelques parts ». Ce qui se révèle faux en Europe à la lumière de l'expérience acquise ces dernières années.

On constate que le foisonnement ne supprime pas pour autant le caractère très irrégulier et aléatoire de la production. L'étude montre également la difficulté qu’aurait l’éolien à proposer, même pour un territoire aussi vaste que la France continentale, une puissance garantie significative (la puissance fournie est inférieure à 10% de la puissance nationale installée pour 1500h par an et inférieure à 5% pendant 175h par an).

Aux fluctuations aléatoires locales de vent, qui engendrent de brutales variations de puissance, se superposent des évolutions de fond qui reflètent les grandes tendances météorologiques à l’échelle d’un pays ou du continent.

La première moitié de Novembre 2010 a été caractérisée par des températures tièdes pour la saison et le passage de dépressions en provenance de l’Atlantique. La production éolienne a alors été relativement importante aussi bien à Robin Rigg qu’en France.

A partir de la seconde moitié du mois et pendant les deux tiers du mois de Décembre 2010, on a observé une avancée de l’anticyclone sibérien. Il a couvert la plus grande partie des îles Britanniques et une portion importante de la France. Dans notre pays il a occasionné des records de consommation électrique. Ainsi entre le 13 et le 15 Décembre la puissance consommée a par moments dépassé 95 GW.

L’anticyclone s’est retiré de notre pays vers la troisième semaine de Décembre, alors qu’il s’attardait sur le nord des îles britanniques jusqu’à la fin du mois.

 

On constate que, pendant cette période, près de la moitié du temps, l’efficacité de la production d’électricité a été très faible (

 

En ce mois de Décembre 2010, l’efficacité moyenne de Robin Rigg a été de 16,8% soit juste un peu plus que la moitié de la productivité moyenne du parc sur 17 mois.

La production moyenne du parc Robin Rigg reflète des contributions mensuelles très diverses. Si mai et octobre ont été très productif (prés de 50%), décembre et juillet ont été "creux" (15%).

Robin Rigg révèle aussi qu’on peut s’attendre à une grande variabilité pour le même mois d’une année sur l’autre comme le montre la comparaison des efficacités moyennes des cinq mois de Mai à Septembre sur les années 2010 et 2011. Il y a un facteur 2,5 entre les productions de Mai 2011 et Mai 2010 ou entre celles de Juillet 2011 et Juillet 2011.

Un autre aspect important pour les gestionnaires de réseau est celui des durées pendant lesquelles, il convient de prévoir des moyens de compenser un déficit de production éolienne.

Dans la perspective de parcs éoliens marins dont la puissance cumulée au large d’une de nos régions (Vendée, Bretagne, Normandie, Nord) dépasserait le GWc, il est intéressant, sur la base des données Robin Rigg, d’essayer d’estimer la fréquence de longues périodes sans production d’électricité éolienne.

 

On peut dénombrer une trentaine d’épisodes de plus de 12h sans production (moins de 1%) ainsi que sept épisodes de plus de 24h. De plus, un épisode de près de quatre jours (92h) a aussi été enregistré

 

 

  1. Performances d’un stockage dédié

L’idée d’une association avec un stockage est souvent mise en avant comme un moyen « naturel » de compensation des impacts de l’intermittence.

 

Le stockage n’est bien sûr qu’une option parmi d’autres. On peut citer le renforcement du réseau électrique localement et à longue distance permettant d’évacuer les à-coups de production, qui, en général, ne sont pas corrélés aux besoins de consommation locale voire nationale ou l’appel à des centrales de puissance locales à dynamique rapide, comme les centrales à gaz.

 

La nature (électrique, chimique, mécanique, hydraulique gravitaire, etc.) d’un tel stockage n'est pas précisée, même si, dans le court intervalle de temps qui nous sépare de 2016 (lorsque les éoliennes en mer françaises démarreront), seule l’option du stockage hydraulique semble posséder une maturité et un potentiel technique capable de répondre aux enjeux.

Rappel : Une perte de l’ordre de 25 à 30% de l’énergie transférée au stockage (et donc un renchérissement similaire de son coût de départ) est à inclure dans le coût réel.

 

Dans l'étude, le stockage est supposé directement associé au parc. En effet impliquer un stockage distant d’un millier de km (par exemple avec les barrages alpins pour une production en Bretagne) renvoie d’abord le problème au réseau local et national (la seconde option) qui va devoir gérer les à-coups de puissance transférée depuis le parc éolien ou depuis le stockage déporté.

De plus on s’éloignerait de la notion d’autosuffisance énergétique locale souvent invoquée comme argument en soutien aux énergies renouvelables11.

 

Cependant, le très important coût d’investissement d’un stockage ne le rend intéressant que si on s’en sert pour stocker de l’énergie peu chère (par exemple de la base, en production de nuit12) pour la déstocker aux moments des demandes maximales de façon à ne pas avoir à lancer d’onéreux moyens de production de pointe13.

Dans le cas des parcs éolien en mer, la situation est différente puisqu’on imagine stocker de l’énergie qui est quatre à cinq fois plus coûteuse que l’énergie en base.

 

La rentabilité économique du dispositif est donc a priori très mauvaise.

 

 

  1. Implications pour le programme éolien en mer français

Selon toute probabilité le prix du MWh fourni par ces parcs éolien en mer sera de l’ordre de quatre à cinq fois supérieur à celui de la production actuelle d’électricité par EDF (centrales nucléaires et barrages).

Un tel coût a déjà été anticipé par la Commission de Régulation de l’Energie qui a calculé que l’alourdissement des factures des consommateurs via la CSPE14 dû aux 6 GWc de l’éolien en mer français, à partir de 2020, s’élèverait chaque année à 2 milliards d’€ (le surcoût annuel associé aux 19 GWc d’éolien terrestre étant lui de l’ordre de 1 milliard d’€).

 

Les éoliennes seront vraisemblablement majoritairement construites pour partie à l’étranger et contribueront donc à accentuer le déficit commercial de la France. Dans la mesure où ce sera la production d’énergie qui sera subventionnée pour la durée de vie des parcs et non de la R&D ou la création d’une industrie à véritable capacité exportatrice, les surcoûts qui in fine seront transférés au consommateur ne peuvent être considérés comme des investissements. Il est probable que les emplois durables créés en France seront peu nombreux comme on peut déjà s’en apercevoir pour le solaire photovoltaïque dont les « green jobs » s’évaporent dès que baissent les subventions.

 

En ce qui concerne l’éolien en mer, on notera que contrairement au dispositif éolien français actuel qui est réparti sur le territoire en petites unités de production (rarement au-delà de quelques dizaines de MWc), le programme maritime va concentrer géographiquement la production en unités de forte puissance (500 MWc à 750 MWc). Or l’exemple de Robin Rigg montre que dans ce cas, chaque parc va quasiment se comporter comme une gigantesque éolienne unique ayant la puissance nominale du parc.

 

En une période critique de forte consommation électrique, il est vain d’espérer un effet de compensation des productions éoliennes pour des sites pourtant éloignés de près de 1000km. Ceci sera encore plus vrai pour l’ensemble des sites français en mer qui seront plus proches géographiquement. Ils produiront (ou ne produiront pas) quasiment tous en phase. Il apparaît donc naturellement un facteur de proportionnalité pour l’ensemble des contraintes qu’un tel parc de puissance engendre pour l’équilibre du réseau tant aux niveaux locaux que nationaux.

 

De fait, l’impact de l’intermittence sera différent selon que la région est déjà exportatrice nette d’électricité (Normandie) ou fortement importatrice comme la Bretagne qui actuellement assure elle-même moins de 10% de sa consommation et probablement moins pendant les périodes de forte consommation. On peut parier que la communication autour des futurs parcs éoliens en mer de Bretagne invoquera l’autonomie énergétique accrue que ceux-ci apporteraient à la région. On peut douter de la réalité d’une autonomie qui s’appuierait sur ces seuls parcs éoliens.

Par exemple, des situations ou le parc éolien en mer ne produira quasiment rien pourront tout à fait se rencontrer dans les périodes hivernales froides au moment même où l’appel de consommation sera maximal. Robin Rigg a montré des épisodes de faible production qui souvent pouvaient durer plus une demi-journée et même dans un cas extrême jusqu’à quatre jours.

 

Pourrait-on imaginer qu’un dispositif de stockage local puisse donner un sens au substantif « autonomie » ?

Pour un tel ouvrage, dont l’impact environnemental ou visuel sera significatif et l’intérêt économique discutable15, le coût en génie civil sans compter celui des turbines dont on peut estimer la puissance nécessaire à 750 MW pour assurer le lissage de la production et celui des canalisations vers la mer assurant les débits adéquats semble enlever tout réalisme à une telle option quelle que soit la région concernée.

Pour prendre la mesure de l’enjeu, on notera que si on décidait de consacrer toutes les stations de pompage (STEP) existant actuellement en France (toutes, elles sont trop loin des côtes concernées) au lissage de l’intermittence des futurs 6 GWc d’éolien en mer, elles y suffiraient à peine. En effet, cumulées elles offrent une puissance de 4,5 GW et une capacité de stockage de l’ordre de 100 GWh16.

En l’état de la technique et des budgets nationaux ou régionaux, le stockage local ou national est actuellement une utopie.

 

Un important renforcement de la capacité de gestion du réseau (qui se répercutera en surplus sur la facture du consommateur) sera nécessaire pour gérer aussi bien les surplus que les déficits de production.

 

Mais la gestion du réseau ne se limite pas aux aspects matériels (lignes HT et postes de transformation). On doit aussi considérer les aspects de gestion. Si les parcs au large de la Bretagne se mettent à produire, il faudra instantanément trouver, hors de Bretagne, des moyens de production capable de varier très rapidement, dites "dispatchable", à arrêter. Il faudra les relancer quand la production éolienne cessera.

On peut être convaincu que, soit des problèmes d’alimentation surgiront (par exemple on arrêtera les parcs éoliens comme en Allemagne ou au Royaume Uni en continuant à les payer pour compenser le "manque à gagner"), soit il faudra créer des capacités de réserve proches au service exclusif de l’éolien.

De ce point de vue, on peut regretter que ce ne soit pas aux exploitants des parcs éoliens en mer qu’incombe la responsabilité de créer et de gérer ces capacités de réserve. Il est anormal que le coût en soit renvoyé à la collectivité ou aux producteurs conventionnels ; en quelque sorte on est confronté à une externalité de l’éolien pour laquelle le dispositif réglementaire actuel n’a rien prévu.

 

Quoiqu’il en soit la performance économique médiocre des béquilles énergétiques qu’il faudra adjoindre à l’éolien ne peut que conduire à un renchérissement supplémentaire du prix de l’électricité et à une augmentation de la consommation de combustibles fossiles.

L’autonomie ou l’amoindrissement de l’impact de l’intermittence des futurs parcs éoliens en mer bretons sur le réseau national est cependant possible. Ils impliquent la construction dans cette région de centrales "dispatchables" à dynamique rapide pour des puissances au moins de l’ordre de celle des futurs parcs éoliens en mer. En l’état actuel, celles-ci ne peuvent donc guère être que des centrales à gaz.

 

Comme on l’a dit plus haut, il faudra aussi probablement prévoir des hausses supplémentaires de tarif de façon à rémunérer les exploitants de ces centrales à gaz qui, fonctionnant pour partie au service d’un éolien aléatoire, variant fortement et brutalement, ne travailleront pas dans des conditions économiquement satisfaisantes.

 

 

 

Conclusion:

 

L'éolien en général, et notamment l'éolien offshore entrainera de lourdes et onéreuses modifications du réseau de transport, dans et au dehors des régions directement concernées.

 

L’analyse des données réels de production de l’éolien confirme que, de par ses caractéristiques techniques, cette technologie renouvelable est un cheval de Troie idéal pour la production d’électricité au moyen d’une ressource fossile importée et couteuse (gaz ou charbon).

 

Elle sera donc simultanément génératrice d’une augmentation du déficit commercial national et d’une dépendance énergétique accrue ainsi que d’une croissance de nos émissions de gaz à effet de serre.

1 Ce texte est un résumé actualisé de l’étude de Hubert Flocard : "Vent de terre, vent de mer" publié le 16 novembre 2011 sur le site de "Sauvons le climat"

http://www.sauvonsleclimat.org/etudeshtml/vent-de-mer-vent-de-terre/35-fparticles/948-vent-de-mer-vent-de-terre.html

2 Dans ce texte nous utiliserons les unités GWc ou MWc (c pour « crête ») quand nous parlerons de la puissance nominale d’une éolienne, c’est-à-dire la puissance maximale qu’elle peut livrer. Elle doit être distinguée de la puissance effectivement livrée qui sera mesurée en GW ou en MW. On peut regretter que souvent les médias ne fassent pas la distinction, donnant ainsi une idée fausse des performances de ces machines. Pour mesurer l’énergie, nous utiliserons le MWh (Mégawatt.heure) ou son multiple le GWh.

3 Rapport entre la puissance livrée (en GW ou en MW) et la puissance nominale de l’éolienne (en GWc ou en MWc).

4 L’adresse électronique étant très longue, pour accéder au site RTE, le plus pratique consiste à taper « eCO2mix » dans un moteur de recherche.

5 En fait, il s’agit ici de puissance maximale. L’appel à projets permet de soumettre des propositions pour des puissances moindres de 600, 480, 420, 480 et 420 MWc respectivement.

6 Par comparaison, dans le cadre de la loi NOME/ARENH, EDF est tenu de vendre à ses concurrents un quart de sa production nucléaire d’électricité (100 TWh) à un tarif de 42 €/MWh. Par ailleurs, compte tenu de diverses règles d’indexation, la CRE a calculé qu’en 2010, le coût d’achat pour l’éolien terrestre était de 87 €/MWh. L’appel à projet donne aussi des fourchettes de prix pour un raccordement au réseau terrestre : 2 M€ par km de câble et de 130 à 880 M€ pour le poste de raccordement au réseau.

7 A cet effet, on consultera la note « Très cher éolien offshore » publié le 12 avril 2012 sur le site de SLC.

8 Le parc Robin Rigg n’est qu’un élément d’un très important programme de développement de l’éolien en Ecosse. Celui-ci ambitionne de faire de ce pays un pourvoyeur d’électricité éolienne pour l’ensemble des îles britanniques. Il s’appuie à la fois sur de l’éolien à terre ou en mer. Pour se faire une idée de la taille du programme à terre on pourra télécharger une carte à l’adresse suivante :

http://www.snh.gov.uk/docs/B901726.pdf .

Par ailleurs, la compagnie E.ON, forte de son expérience de gestionnaire de puissance éolienne sur le territoire allemand (plus de 10 GWc depuis des années) a elle aussi de grandes ambitions éoliennes en Grande Bretagne. Ainsi, elle vient d’annoncer son engagement dans le projet Rampion de 650 MWc qui au large des côtes du Sussex, devrait être opérationnel en 2016. E.ON à finalement renoncé à participer à la réponse à l’appel à projets français.

9 Si on consulte le site : http://www.wind-energy-the-facts.org/en/part-3-economics-of-wind-power/chapter-2-offshore-developments/the-cost-of-energy-generated-by-offshore-wind-power.html

sous une bannière qui indique « Wind Energy, the facts », on trouvera que la prévision de productivité adoptée pour le site de Robin Rigg est de 3600h pleine puissance par an. Ceci correspond à une productivité moyenne de 41%, donc supérieure d’un tiers à celle qui a été effectivement mesurée.

10 A titre de comparaison, RTE s’engage à garantir la livraison de courant à un usager français moyen à mieux que 99,95% (3h pour une année).

11 Par exemple, il est probable que, lorsqu’on décrira les performances des futurs parcs au large de la Bretagne, on annoncera qu’ils ont la capacité  « d’assurer l’approvisionnement électrique de plusieurs centaines de milliers de foyers bretons », ce qui est faux stricto sensu . Ils ne pourront l'assurer que par moment et pas toujours quand c'est nécessaire.

12 On pourrait aussi imaginer de stocker de l’électricité éolienne produite à l’étranger et vendue à bas coût sur le marché spot. On retrouve alors une configuration qui rend l’éolien danois si avantageux pour la Norvège.

13 On notera un autre avantage si le stockage est assuré au moyen de l’hydraulique. En effet, quelque-soit l’origine de l’énergie pompée (charbon, nucléaire, …) celle qui est restituée est devenue « verte » dans l’opération et peut être vendue comme telle aux fournisseurs qui se targuent de fournir une telle énergie à leur clients.

14 CSPE=Contribution au Service Public de l’Electricité. On notera que, contrairement à sa dénomination, la partie de cette taxe (un impôt, en fait) associée aux énergies renouvelables ne sert pas le « Public » mais, ici, assure plutôt les bénéfices des exploitants privés des parcs éoliens.

15 A cause des 25-30% de pertes du processus de stockage-déstockage, on renchérit d’autant une énergie au départ très coûteuse.

16 Données Direction Générale Energie Climat . Dossier Enerpresse 17/10/2011.

 

 

 

Photovoltaïque :

Le scandale d'un gâchis économique.

02 décembre 2012 Michel Gay

Réquisitoire anti-photovoltaïque1

Contribution au débat sur la transition énergétique d'un consommateur et contribuable français.

Ce texte est composé de deux parties :

La première partie est constituée d'affirmations fausses et d'explications courtes.

La deuxième partie est constituée de fiches complémentaires expliquant davantage en détail le bien-fondé de certaines explications avec des tableaux, graphes, courbes, références,…

Le texte complet, avec la deuxième partie, n'est transmis par internet que sur demande par mail à cause de son "poids" informatique (3,5 Mo) qui ne se prête pas à une large diffusion.

Résumé :

Nous sommes en face d'un scandale économique social et environnemental qui a pu se développer sur l'ignorance des uns et l'intérêt personnel des autres. Ce scandale éclaboussera tôt ou tard la classe politique quand l'opinion public s'apercevra enfin de la gabegie financière organisée jusqu'au sein de l'appareil d'état par des commerciaux et des idéologues.

Le gaspillage des finances publiques englouties dans cette impasse technique, économique, environnementale et sociale est contraire au besoin d’économie des moyens, de sobriété et d'efficacité recherché.

Le développement de l'électricité d'origine photovoltaïque2 (EPV) est contraire au développement durable, il est nuisible à la production d'énergie bon marché nécessaire à la richesse des Français. Ce développement aberrant entrave la vitalité de la France et il hypothèque gravement notre avenir et celui de nos enfants.

Première partie

  1. L'EPV est gratuite : Faux.

L'énergie solaire primaire est gratuite tout comme le vent, le gaz, l'uranium ou le pétrole qu'il suffit de ramasser. C'est ensuite que ça se complique. C'est notamment la transformation en électricité qui coûte cher. Et malgré les étapes de transport, de raffinage, de distribution, etc.., l'électricité produite par le gaz, le nucléaire ou le pétrole (4 à 9 c€/kwh) a coûté 5 à 10 fois moins chère que l'EPV (25 à 60 c€/kwh) jusqu'à récemment et, aujourd'hui, malgré la baisse des prix d'achat du PV, c'est encore de 4 à 6 fois moins cher que l'EPV. Les contrats passés jusqu'à présent engagent l'Etat, et donc les contribuables, pour 20 ans.

 

Compléments fiche 1.

 

 

  1. L'EPV n'émet pas de CO2 : Faux.

La quantité de CO2 produite pour la fabrication, le transport, la commercialisation et la pose du PV, surtout s'il est produit en Chine ou en Allemagne avec de l'électricité issue majoritairement du charbon (900 g CO2/kwh), ne rembourse quasiment jamais le CO2 économisé par sa production en France.

Ceci est particulièrement vrai en France où, grâce notamment au nucléaire (75% et 6 g CO2/kwh) et aux barrages (10% et 2 g CO2/kwh), la moyenne d'émission de CO2 est une des plus faibles d'Europe3 (75g/kwh).

On peut cependant noter qu’en milieu de journée, en hiver en particulier, le solaire se substitue partiellement aux centrales fossiles mais à quel prix !

 

Compléments fiche 2.

 

 

  1. Le coût de production de l'EPV sera bientôt concurrentiel : Faux.

En partant de sommets très élevés (jusqu'à 60c€/kwh), le coût de l'EPV a certes diminué notablement mais il restera encore très élevé au-delà de 2020. En effet, même si le coût de fabrication des cellules baisse considérablement, le coût de la main d'œuvre de pose du PV restera élevé et grèvera toujours lourdement la rentabilité. Même posé au sol, le PV coûte plus de 30c€/kwh. On peut rappeler que le prix du marché se situe autour de 5 c€ / Kwh4.

Aujourd'hui comme demain, le PV ne pourra survivre qu'avec de fortes subventions payées par tous les consommateurs sur sa facture d'électricité (CSPE) et les contribuables (aides financières des collectivités et de l'état, crédit d'impôts).

 

Rapport Charpin sur la filière photovoltaïque du 3 septembre 2010 :

"On constate une flambée des demandes de rachat pour le photovoltaïque, dont l’engagement financier sur les vingt prochaines années pourrait atteindre plusieurs dizaines de milliards d’euros qui seront répercutées sur le prix de l’électricité facturé aux consommateurs".

 

Compléments fiche 3.

 

 

  1. La "parité réseau" de l'EPV signifie que l'EPV sera au même niveau que le coût des autres moyens de production alimentant le réseau : Faux.

On ne compare pas les mêmes choses. Cela signifie que le prix de l'EPV à la sortie de l'onduleur sera aussi élevé que le prix de l'électricité payé par le consommateur à la prise de courant de sa maison (13 c€/kwh en France ou 25c€/kwh en Allemagne ou au Danemark).

La « parité réseau » n’est qu’un slogan à destination des naïfs. Il ne signifie pas que l’électricité produite est compétitive. L'EPV atteint la "parité réseau" au sud de l'Italie ou l'électricité est très cher (majoritairement produite par du gaz et du fioul) et le soleil abondant. Pour autant il faut encore le subventionner sinon l'EPV ne survivrait pas.

Mais qui paye les taxes (un tiers du prix) dont a besoin un Etat pour fonctionner ? Qui paye l'entretien du réseau d'acheminement (un autre tiers du prix) à moins de se passer totalement d'une source extérieure d'électricité ? Mais si c'est le cas, il faudra songer à remplir le garage des maisons de coûteuses batteries (plomb ou lithium) pour la nuit et les longues journées sombres d'hiver sachant que le PV produit essentiellement l'été et seulement de jour. Ce prix élevé des batteries (polluantes) sera bien sûr à inclure dans le prix de "la parité réseau". Il ne l'est pas aujourd'hui.

 

Compléments fiche 4.

  1. L'EPV pourra fournir une grande part de la production électrique française : Faux

 

La France a besoin d'une puissance continue de 30 GW, dans certains creux de consommation les nuits d'été, à plus de 90 GW les pointes d'hiver (à 19h, il fait nuit…). La France consomme environ 480 milliards de kwh/an d'électricité. Elle en produit 550 TWh mais il y a des pertes diverses.

Pour produire 50 % de l'électricité consommée en France (soit environ 240 milliards de kwh), il faudrait 100 millions de maisons avec 20 m2 de PV sur un toit orienté au sud. Il y a 30 millions de foyers en France et beaucoup moins de maisons.

Certes, on peut avoir des installations industrielles de dizaines de MW dans des endroits isolés et non cultivés mais le rendement moyen (HEPP = Heures Equivalentes à Pleine Puissance) oscille entre 10 et 16% en France et qu’il faudrait donc environ 6 fois la puissance installée du nucléaire pour produire la même énergie + bien sûr des stockages monstrueux, capables d’absorber une puissance de 250 GW instantanée.

Un autre détail: l'investissement nécessaire serait de l'ordre de 1000 milliards d'euros (à 5 €/Wc) sans compter les moyens de stockage ou de complément de production (nuit, hiver,…) tels que barrages ou centrales à gaz ou à charbon comme en Allemagne.

A titre de comparaison en ordre de grandeur, pour produire la même quantité d'électricité (240 milliards de kwh), il faudrait 20 réacteurs nucléaires EPR à 5 milliards d'euros le réacteur (prix de série), soit 100 milliards d'euros. Il faudrait donc investir 900 milliards d'euros de moins… pour produire aussi la nuit et en hiver quand la France en a besoin.

Compléments fiche 5.

  1. On a besoin de subventionner fortement le PV pour soutenir une industrie française naissante du PV tournée vers l'export : Faux.

Rapport Charpin 2010 :

"Les retours de la prime d’intégration au bâti en termes d’innovation et de développement des produits de niche ne sont pas à la hauteur des ambitions qui avaient conduit à la mettre en place. Les quelques produits spécifiques sont aujourd’hui fabriqués au Luxembourg (Saint Gobain) ou en Chine (Imerys)…

Il en résulte un fort déficit de la balance commerciale dans le domaine, qui atteint 800 M€ en 2009 (soit 2% du déficit commercial français)

 

L’objectif industriel n’est pas atteint et ne le sera pas à court terme :

La stratégie de construction d’une filière industrielle par remontée de l’aval vers l’amont n’a pas fonctionné, et l’intégration au bâti n’a réussi ni à protéger les entreprises françaises, ni à créer une filière de niche. Les rares entreprises présentes sur le marché du photovoltaïque apparaissent fragiles.

La valorisation de la recherche et développement (R et D) produira, au mieux, des effets en termes de positionnement sur le marché d’ici trois à cinq ans

Des emplois ont été créés sur l’aval de la filière, mais à un coût élevé".

 

 

Production mondiale par pays en 2011 :

Asie du sud-est : 74 % (dont Chine 48%)

Europe : 13 % (dont Allemagne 10% en forte diminution en 2012 suite aux faillites de plusieurs fabricants allemands).

USA : 5%

 

Compléments fiche 6.

  1. L'EPV ne demande pas de coûts annexes car c'est une énergie locale : Faux.

D'une part, si le développement de l'EPV se poursuit, ERDF prévient qu'il faudra renforcer les réseaux basse tension (comme en Allemagne) qui n'ont pas été prévus à l'origine pour recevoir cet afflux ponctuel d'électricité.

D'autre part, RTE annonce que si l'EPV se développe fortement en parallèle avec l'éolien, le réseau haute tension devra aussi être rénové et développé. Là encore, ce sont des milliards d'euros qui sont en jeu.

Ou bien il faudrait ne plus avoir de tarifs d’achat imposés et exiger une autoconsommation avec batteries adaptées : dans ce cas le réseau ne servirait que de secours et ne devrait pas être redimensionné. Aujourd'hui, il n'y a quasiment pas "d'auto consommateurs", ni en Allemagne, ni en France car le coût serait trop élevé…

Accessoirement, si on veut "lisser" cette production pour la rendre plus conforme à la demande de puissance, il faudra prévoir et payer d'énormes et coûteux moyens de stockage dont on ne voit pas le début d'une solution viable. On ne construira probablement plus de grands barrages en France. Même s'il y a un ou deux projets dans les cartons depuis des années comme Orlu et Redenat, ils ne changeront pas les ordres de grandeur des puissances installées.

Compléments fiche 7.

  1. Avec 20 m2 de PV sur le toit de sa maison, une famille peut être autonome en électricité, hors chauffage : faux.

Cette croyance vient encore une fois d'un amalgame entre la production moyenne sur l'année de 20 m2 de PV (soit environ 2500 kwh en moyenne en France) et le besoin immédiat. Un foyer peut produire autant d'électricité qu'il en consomme sur l'année (hors chauffage et eau chaude sanitaire) mais son besoin diffère beaucoup de sa production (nuit, nuages, hiver).

Un foyer de 4 personnes dans une maison consomme environ 2500 kwh d'électricité sans chauffage ni eau chaude sanitaire (ECS). Il a aussi besoin de 20.000 kwh de chauffage et ECS qui peut être produit par du gaz, du bois, du fuel ou … de l'électricité. Il a donc besoin d'un réseau de production relié à EDF ou à un autre fournisseur.

Ou alors, on revient à une notion d’autoconsommation avec électricité et eau chaude solaire + bois + batteries et pas de liaison avec le réseau : mais qui veut et surtout peut se permettre ce choix qui coûte très cher ? Personne, exceptés quelques "vitrines" anecdotiques.

Compléments fiche 8.

  1. L'EPV évitera de consommer davantage de combustible fossile en France : Faux.

C'est faux et parfois c'est même le contraire qui se produit. Le PV augmente le besoin en combustible fossile pour les pays qui possèdent peu de centrales à gaz ou à charbon comme la France.

En France aujourd'hui, prés de 90% de la production électrique provient du nucléaire (75%) et des barrages (12%). Seulement 10% provient du gaz, du charbon et du pétrole.

Par ciel clair, la montée en puissance de l'EPV est rapide le matin et c'est l'inverse le soir pour aboutir à 0. Les centrales à combustibles, notamment celles au gaz, interviennent alors pour adapter la production à la demande. Elles sont le complément indispensable à la stabilité du réseau. Et c'est bien ce qui se passe en Allemagne ou plus de la moitié de leur production électrique (60%) provient du charbon et du gaz pour lisser l'intermittence de la production d'EPV et de l'éolien.

On pourrait croire que l’été, cette production coïncidant avec les périodes de climatisation, elle économise des combustibles fossiles. Et bien pas du tout ! L'été étant une période de faible consommation d'électricité en France, les centrales nucléaires et les barrages (notamment au fil de l'eau, d'éclusées ou même de haute chute) produisent plus que la demande de la consommation française. On vend donc le surplus à nos voisins au prix du marché (environ 5c€/kwh) une électricité qu'EDF achète de 20 à 60c€ !.

On arriverait donc à la situation paradoxale de devoir baisser la production nucléaire (5c€/kwh) pour privilégier la production d'EPV (de 20 à 60 c€/kwh) et de centrales à combustibles fossiles.

Est-ce bien ce que l'on veut ?

Compléments fiche 9.

  1. Pendant qu'on produit de l'EPV, on économise le fonctionnement et on retarde donc le vieillissement d'autres moyens de production : Faux.

Pendant que l'EPV (avec d'autres énergies "fatales") produit, on ne peut pas "éteindre" les centrales à gaz et encore moins les centrales à charbon qui demandent plusieurs heures de "mise en chauffe". On continue à les faire produire pour qu'elles soient prêtes à fournir rapidement de la puissance le moment venu.

Il est plus rentable pour un producteur de payer un consommateur pour absorber coûte que coûte sa production que de supporter les coûts d'arrêt / démarrage de ses centrales thermiques. On peut donc se retrouver avec de l'électricité "en trop" et atteindre des prix de vente … négatifs (le producteur paie quelqu'un qui absorbera sa production…) afin d'évacuer ce "trop plein" pour ne pas effondrer le réseau5. C'est le cas notamment en Allemagne où cette situation s'est produite 15 jours en 2011 et 6 jours au premier trimestre 2012. Le phénomène s'est aussi étendu à la France : 5 jours en 2011 et 2 jours début 2012.

Ces variations régulières et rapides de régime font subir des contraintes mécaniques aux centrales thermiques qui s'usent plus rapidement et dont l'investissement est plus difficile à rentabiliser (fonctionnement annuel moindre et discontinu).

Compléments fiche 10.

  1. L'EPV est "écologique" et la France se doit de montrer l'exemple" : Faux.

- D'une part, comme vu à l'affirmation 2, le PV n'est pas écologique en termes de CO2. Il ne l'est pas non plus en termes de fabrication. Il n'y a pas que du silicium (silice et carbone) issu de sable dans un PV, il y a aussi du phosphore, du bore, de l'EVA (éthylène-acétate de vinyle) du verre et de l'aluminium. Il faudra aussi s'occuper du recyclage dans 20 ou 30 ans de ces millions de PV (comment et qui paie ?) et éventuellement des onduleurs et des batteries qui sont associés à leur fonctionnement.

- D'autre part, le PV nécessite un autre investissement en parallèle pour obtenir autant de puissance disponible en centrales à gaz ou au charbon en cas d'absence de soleil ou la nuit. Voulons-nous montrer l'exemple avec ce moyen de production qui est un des plus cher et un des moins efficaces car non maitrisable, fortement variable et intermittent ? Tout cela pour "être en cohérence avec les ambitions de la France et en accord avec ses valeurs universelles" (Page 90 du rapport Poignant 2009 sur le photovoltaïque).

Est-ce bien raisonnable ?

Compléments fiche 11.

  1. En France, l'intégration au bâti a permis de favoriser une filière industrielle française : Faux.

Rapport Charpin 2010 (déjà indiqué au 6):

"Les retours de la prime d’intégration au bâti en termes d’innovation et de développement des produits de niche ne sont pas à la hauteur des ambitions qui avaient conduit à la mettre en place. Les quelques produits spécifiques sont aujourd’hui fabriqués au Luxembourg (Saint-Gobain) ou en Chine (Imerys)…

Compléments fiche 12.

  1. La France est en "retard" dans le PV à cause de prix de rachat trop bas : Faux.

Rapport Charpin 2010 :

"La France pratique des tarifs d’achat élevés par rapport à ses voisins européens.

En 2010 : Allemagne et Espagne : 30 c€/kwh; Italie : de 35 à 45 c€/kwh ; Japon de 22 à 42 ; Royaume-Uni de 40 à 45 ; France de 32 à 58 c€/kwh.

Ces prix ont baissé partout mais les tarifs français restent parmi les plus élevés.

    1. Les tarifs d’achat des différents pays ne peuvent cependant pas être directement comparés

    2. Au-delà du niveau des tarifs, il convient de considérer leur structure (ex. : prime pour l’intégration au bâti, pratiquée en France ou en Suisse)

    3. Il importe également de tenir compte des conditions d’ensoleillement différenciées entre pays. Ainsi, une installation produit en moyenne pendant 900 heures à puissance maximale en Allemagne et entre 1 100 et 1 200 heures en France. Une différence production de plus de 30% s’ajoute donc à un écart de tarif de rachat de 50% (respectivement 39,14 c€/kWh en Allemagne et 58c€/kWh en France )".

Compléments fiche 13.

  1. L'EPV est une chance pour les pays pauvres et ensoleillés : Faux.

C'est justement les pays pauvres qui n'ont pas les moyens de s'offrir l'électricité la plus chère à produire malgré la "gratuité" de la source, surtout si on inclut les coûts du stockage pour la nuit. Sauf si ce sont d'autres pays riches (la France par exemple) ou des associations généreuses qui payent pour eux.

Il est beaucoup plus efficace et moins cher de payer l'essence ou le diesel d'un groupe électrogène rustique qui fonctionne aussi la nuit et par mauvais temps (nuages) et qu'on peut éventuellement transporter.

Ces pays pauvres auraient donc les moyens de se payer deux moyens de production onéreux ?

Les pays riches et capables de gérer des centrales nucléaires devraient s'appuyer sur le combustible nucléaire (uranium) pour moins consommer de pétrole et de gaz. Cette politique de bonne gestion des ressources permettrait de moins consommer de combustibles fossiles, de faire durer les stocks pour tous et de limiter dans le temps l'augmentation des prix et la pénurie de combustibles fossiles qui pointe à l'horizon.

En Afrique par exemple, le PV ne fonctionne pas sans subventions (en fait, paiement complet de l’installation et du matériel) par des pays étrangers.

Le PV nécessite de lourdes et coûteuses batteries (ou des barrages) pour stocker et adapter la production à la demande d'électricité.

Faire du froid (en continu) nécessite aussi des batteries pour pallier les baisses de soleil et fonctionner la nuit.

La climatisation nécessite une forte puissance installée (plusieurs dizaines de m2 par climatiseur) et un stockage puissant car il fait chaud aussi la nuit, notamment en région équatorial.

Compléments fiche 14

  1. Si on le voulait, on pourrait techniquement alimenter le monde en électricité avec l'énergie solaire reçue chaque jour par la terre : Faux.

On ne le peut pas et on ne le pourra pas avec les technologies actuelles et prévisibles. Il faudrait multiplier le rendement par 2 ou 3, diviser les coûts au moins par 5 et, surtout, pouvoir stocker massivement cette électricité intermittente (nuit), variable (météo) et saisonnière (hiver, été).

Cette fausse croyance vient d'un chiffre largement répandu (10.000) qui fait rêver tous les partisans du solaire, et du PV notamment.

L'énergie solaire reçue par notre bonne vieille terre en une année vaut entre 7.000 et 10.000 fois la quantité totale d'énergie consommée par les hommes. Dit encore autrement, en une heure notre planète reçoit à peu près ce que les hommes vont consommer en charbon, pétrole, gaz, bois, uranium, chutes d'eau , etc… en un an.

Un simple calcul déduit de cette observation ne peut alors que laisser rêveur : capter 0,01% de cette énergie nous permettrait de nous passer de tout ce qui est fossile ou fissile : c'est dire que cela fait un certain temps déjà que l'homme caresse l'idée d'exploiter cette énergie de manière significative. Mais lorsque l'on regarde ce que représente l'EPV dans la production mondiale, les chiffres sont totalement ridicules (moins de 0,1% de l'énergie primaire).

Une autre supercherie est de tenir le raisonnement suivant : Puisque le bâti en France (hors parking et routes) est de plus de 10.000 km2, il "suffit" de recouvrir moins de la moitié du bâti de PV pour produire l'électricité dont a besoin la France et le tour est joué…facile.

 

Compléments fiche 15.

  1. Une fois installé, les PV ne coutent plus rien et il n'y a rien à payer : Faux.

D'une part l'investissement des 15.000 € (environ) des 20 m2 de PV sur le toit produirait des intérêts si cette somme était placée sur un compte rémunéré. Si c'est un emprunt, il faut rembourser l'emprunt.

L'onduleur (coût environ 1500€) doit être changé au moins 2 ou 3 fois en 20 ans.

D'autre part, l'amortissement sur 20 ans du capital investi de 15.000 € fait que, actuellement et pour longtemps, le prix de vente pour un particulier doit se situer au dessus de 30 c€/kwh pour être amorti6… sauf si de généreuses subventions sont "offertes" par les collectivités locales et l'Etat (crédit d'impôt), donc les contribuables.

Le rendement baisse avec le temps (-20% en 20 ans ?) et on oublie trop souvent qu’un entretien est nécessaire, ne serait ce que pour nettoyer les panneaux qui sont sur un toit pentu.

Complément fiche 16 et fiche 5.

  1. Les énergies renouvelables (EnR) et donc l'EPV ne représentent presque rien dans la CSPE : Faux

Cour des comptes: CSPE et suite données en juin 2012 aux observations de la Cour dans le rapport public 2011, annexe 5 au rapport du Sénat n°667 du 12 juillet 2012, page 11:

"Principalement à cause des EnR, la CSPE a subi un doublement en 8 mois et une progression de 133% en 18 mois.

Les principales augmentations des dépenses à couvrir concernent :

- les EnR en métropole, avec des dépenses multipliées par plus de 10, passant de 707 M€ en 2010 à quelque 7,5 Md€ en 2020 dans les prévisions de la CRE (Commission de régulation de l'énergie);

-les charges de péréquation au profit des zones non interconnectées, hors EnR, avec un doublement qui les fait passer de 802 M€ en 2010 à 1,9 Md€ en 2020 dans les estimations de la CRE;

- le soutien au développement de l'électricité produite à partir de la bagasse dans les mêmes zones, qui passe de 168 M€ en 2010 à plus de 600 M€ en 2020 pour la CRE."

Cette charge annuelle croissante amène à une somme de prés de 40 Mds€ sur 10 ans dont plus des trois quarts sont imputables aux EnR et essentiellement à l'éolien et au PV".

Faudra t-il aussi charger la CSPE de l’extension indispensable des réseaux ou faut-il souligner qu’une augmentation du prix de l’électricité s’imposera en plus de la CSPE ?

Complément fiche 17

  1. C'est bon pour l'économie de la France puisque même EDF équipe des champs entiers de PV : Faux

Ce serait une ruine pour la collectivité si le développement devait se poursuivre. C'est uniquement rentable pour les malins (dont EDF7 et GDF-Suez) qui savent profiter des effets d'aubaine avec des subventions accordées par la loi française et des prix d’achat élevés et obligatoires de la production. Les surcoûts (faibles au début mais qui augmentent rapidement avec la production) sont répartis et payés par tous les consommateurs via la CSPE. Les erreurs et les contrats ruineux d'aujourd'hui pour la collectivité devront être payés pendant 20 ans.

Au 01 septembre 2012, il y a 3378 MW de PV raccordés (source EDF) qui produiront environ 3,5 Twh fluctuantes de jour sur un an, soit 0,7% de la production annuelle nationale (480 Twh hors pertes diverses). Si on suppose 120 W au m2, ça fait environ 28 millions de m2 de PV sur des toits ou dans des champs.

Quelqu'un peut-il faire la somme des milliards d'euros réellement investis pour cette production marginale ?

En faisant l'hypothèse moyenne, voire basse, de 5€/Wc entre les particuliers (plutôt 6€/Wc aujourd'hui et plus hier) et les centrales solaires (4 à 5€/Wc), on aboutit au chiffre faramineux de 16,5 milliards d'euros !! Une grande partie de cette somme est partie en Chine et en Allemagne…

Ce chiffre est cohérent avec le calcul de la fiche 5.

On aurait pu produire le triple (12 Twh de manière maitrisée) avec un seul EPR coutant 6 milliards d'euros. En d'autres termes, on aurait pu faire aussi bien sinon beaucoup mieux (production stable et maitrisable) avec 2 milliards d'euros au lieu de 16,5 milliards d'euros !!

Complément fiche 18.

  1. 3,6 GW de PV installés (fin 2012 en France) équivaut à 3 réacteurs nucléaires de 1,2 GW : Faux.

Les PV fonctionnent environ 1000 à 1200 h en équivalent pleine puissance (HEPP) tandis qu'un réacteur nucléaire fonctionne plus de 7000 h en HEPP par an (qui compte 8760 h). Les PV produiront donc entre 3600 Gwh et 4300 Gwh uniquement de jour tandis que les 3 réacteurs nucléaires produiront plus de 25.000 Gwh ( soit 7 fois plus), jour et nuit.

  1. Le soleil est sur notre sol et donc l'EPV qui s'ajoute aux autres ENR améliore notre indépendance énergétique : Faux

Actuellement, 90% de notre production électrique ne dépend pas (ou presque) de l'étranger. Environ 5% de cette production est fournie par du renouvelable local (biogaz, éolien, PV,…), 10% par les barrages et 75 % par les centrales nucléaires pour lesquelles nous avons 8 ans de réserve de combustible nucléaire8 avec la génération actuelle (GEN III). Si nous choisissons de passer à la quatrième génération des surgénérateurs (GEN IV), nous avons actuellement 3000 ans de réserve d'uranium9 sur notre sol pour servir de combustible nucléaire aux surgénérateurs, comme l'ont été Phénix et Superphénix il y a 30 ans.

Si la GEN IV démarre en 2040, nous aurons plus de 4000 ans de réserve10 de combustible nucléaire sur notre sol.

En revanche, la quasi-totalité des panneaux solaires sont fabriqués à l'étranger (Chine, Allemagne, USA) et il faudrait augmenter considérablement l'importation de gaz étranger (Russie ?, Algérie ?) et de charbon (Allemagne ? USA ?, Australie ?) pour alimenter les centrales la nuit et l'hiver ainsi que lors de périodes de grande consommation matin et soir, comme les Allemands.

La baisse des prix du marché engendrée par des excès de production solaire ou éolienne en Allemagne n’affecte pas bien sûr les producteurs « verts » allemands qui restent rémunérés aux tarifs EEG aux dépens du consommateur national. On se trouverait alors plutôt dans une situation où ceux-ci paieraient pour les consommateurs des autres pays.

Cette situation est assez systématique entre le Danemark (qui produit trop d’électricité éolienne subventionnée) et la Norvège (qui l’achète à bas prix pour la stocker dans ses barrages et la revendre ensuite cher aux heures de pointe).

Il semble donc qu’en matière de PV (et d’éolien), il soit plus intéressant d’être le voisin de pays suréquipés, sans en avoir construit sur son sol, et d’avoir constitué des moyens de stockage. Une telle situation permet, comme le montre l’exemple de la Norvège et dans une certaine mesure celui de la Suède, d’exploiter efficacement les difficultés rencontrés par les voisins lorsque leur parc PV (et éolien) se met à produire de façon intempestive et mal contrôlable.

Sous l'aspect sympathique du photovoltaïque, comment des gens intelligents comme nos élus n'ont-ils pas été capables de voir cette propagande mensongère ?

Conclusion:

De l'ignorance nait l'inconscience (Victor Hugo).

D'un point de vue environnemental, technique et financier, il est totalement inconscient de développer le PV en France.

Il est probable que par ignorance, entretenue par des lobbies aux motivations mercantiles voire dogmatiques, nos décideurs politiques se sont laissés influencer (embobiner ?) et ont favorisé le développement de cette filière ruineuse du PV qui mène à une impasse 11.

En France, le PV est inutile et, pire, il est nuisible.

- Inutile car en France il n'économise rien (ni CO2, ni combustible fossile, ni vieillissement d'autres centrales).

- Nuisible car il gaspille des milliards d'euros par an qui seraient certainement mieux utilisés ailleurs.

Cette somme pourrait être investie pour l'amélioration de la qualité de vie des Français dans des domaines qui manquent d'argent comme la santé, la justice, la défense, la sécurité, la protection sociale… et aussi dans l'énergie nucléaire. Par exemple, dans le soutien au développement de réacteurs surgénérateurs de quatrième génération.

L'énergie c'est la vie. Une énergie abondante et bon marché est à la base du développement de toute civilisation moderne.

Quel est l'intérêt de développer le PV en France ?

Il est grand temps d'arrêter ce gaspillage scandaleux et honteux d'argent public en supprimant les subventions au développement du photovoltaïque car c'est contraire à l'intérêt supérieur de la Nation, et donc à l'intérêt général des Français.

 

Michel Gay

Consommateur, contribuable et citoyen français.

1 L'électricité produite par les centrales thermiques à concentration solaire ( CSP : Concentration Solar Power), qui est aussi une ruine pour les pays qui la subventionnent, n'est pas abordée ici.

Le solaire thermique individuel (chauffe-eau solaire d'appoint ou non) n'est pas concerné par ce réquisitoire.

2 Abréviations :

PV = photovoltaïque ou panneaux photovoltaïques

EPV = Electricité Photovoltaïque (ou électricité d'origine PV pour les puristes).

GW = Milliards de Watts

Gwh = Milliards de watt-heures (Twh = Milliards de Kwh)

ECS : Eau chaude sanitaire (douches, robinets,…)

3 Note RTE / ADEME du 08/10/2007

4 M. Pierre-Marie Abadie, directeur de l’énergie au ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement., rapport du sénat du 12 juillet 2012, page 544 :

"EDF étant le seul bénéficiaire de la compétitivité du parc de production nucléaire, il pouvait vendre son électricité à un prix largement inférieur au prix du marché européen. Le coût de production du mégawatt-heure s’établissait, pour EDF, entre 35 euros et 40 euros, alors que le prix du marché s’élève aujourd’hui à 55 euros, mais il a pu monter à plus de 60 euros ou de 70 euros".

5 Le sujet des prix négatifs est abordé dans le rapport n° 667 du sénat du 12 juillet 2012, pages 25, 93, 533, 534 et 535.

6 En effet, chaque m2 produit 120 kwh par an. 120 kwh x 20 ans = 48.000 kwh. 31 c€/kwh x 48.000 kwh = 14880 €. Cela rembourse le capital, sans intérêts…

7 Le cas de EDF est distinct de ceux de ses concurrents. La loi l’oblige à acheter (cher) et à injecter sur le réseau l’électricité qu’il aurait pu produire (moins cher). De plus la CSPE ne rembourse EDF que la différence entre le prix de l’éolien et le prix du marché qui est plus élevé que son prix de production. Le manque à gagner est pour lui. Inversement les ELD sont remboursées par la CSPE sur la différence entre le prix d’achat des ENR et le prix du nucléaire (pour elle 39€/Mwh). Il est donc de l’intérêt de EDF d’acheter de l’énergie PV à lui-même (EDF-EN). Il perd autant d’argent mais, au moins, celui-ci ne va pas dans la poche de ses concurrents pour les renforcer…

8 Inventaire national des déchets et matières radioactive 2012 (INMDR) édité par l'Agence national de gestion des déchets et matières radioactives (ANDRA) page 47.

9 Idem pages 46 et 47

10 Idem

11 Une des caractéristiques remarquable de l’homme est d’agir stupidement et de continuer à le faire alors qu’il dispose de tous les éléments pour voir qu’il se trompe. Se tromper quand on est ignorant est tout à fait normal et excusable. Agir stupidement alors qu’on a sous les yeux toutes les informations qu’on refuse de regarder, voila qui est proprement humain. Je signale le livre de la grande historienne américaine (décédée aujourd’hui) qui, après « The guns of august » sur la guerre de 14 et le « plan 5 » de l’état-major français, a élargi son analyse dans « The march of foly » avec pour symbole initial le cheval de Troie.

 

 

Nucléaire1 :

 

mensonges  et  propagandes.

 

02 décembre 2012  Michel Gay

 

Contribution d'un consommateur français au débat sur la transition énergétique.

 

  1. Le nucléaire n'est pas durable : Faux.

 

Avec le parc mondial actuel de centrales nucléaires, les réserves d'uranium (100€/kg aujourd'hui et jusqu'à 250€/kg) sont de plus de 100 ans. Elles ont été multipliées par trois ces trente dernières années. Les recherches sont peu actives ou arrêtées (il ne sert à rien d'investir pour chercher des gisements qui ne seront pas exploités avant 100 ans) mais il est probable qu'il reste encore de nombreux gisements d'uranium à découvrir.

 

Les réacteurs surgénérateurs qui ont fonctionné en France (Phénix et Superphénix) et qui fonctionnent actuellement pour produire de l'électricité en Russie (BN 600), en Inde, en Chine et au Japon permettent de consommer 60 fois moins d'uranium naturel pour produire la même quantité d'électricité. Ces surgénérateurs prolongeraient les réserves mondiales pour plusieurs milliers d'années. La future génération de surgénérateur (GEN IV) est en préparation au sein d'un forum mondial (GIF IV) pour 2040. La France y participe et prépare le projet ASTRID de démonstrateur d'un futur surgénérateur.

 

La France possède actuellement 3000 ans de réserve d'uranium2 sur son sol pour alimenter ces futurs surgénérateurs et elle possèdera 5000 ans de réserve de combustible pour les surgénérateurs sur son sol en 2050.

 

Si sa production d'électricité devait doubler à cette échéance, elle aurait encore 2500 ans de réserves sans aucun achat de combustible à l'étranger.

 

  1. Le nucléaire est plus dangereux que le gaz ou le charbon pour produire de l'électricité : Faux.

 

Le nucléaire est l'industrie qui a fait le moins de morts et de blessés dans le monde depuis sa création, y compris avec les trois accidents majeurs. Three Miles Island = 0 mort et 0 blessé. Tchernobyl = moins de 100 morts, principalement parmi les "liquidateurs", malgré les affirmations fantaisistes d'organisation anti-nucléaires dites "indépendantes" qui annonçaient 100.000 morts. Fukushima = 0 mort, présent et futur, selon deux rapports de l'ONU en juin 2012. Le tsunami, lui, a fait 22.000 morts.

 

Le vélo fait plus de 100 morts par an en France. Les Alpes tuent plus de 100 personnes par an (ski, randonnée, alpinisme,…). La voiture tue environ 4000 personnes par an et elle tuait jusqu'à 12.000 personnes par an dans les années 1980. En 30 ans, la route a fait près de 300.000 morts uniquement en France ! Qui a songé à interdire le vélo et la voiture ou à raser les Alpes ?

 

Le nucléaire comporte des risques potentiellement très importants qui exigent une attention particulière mais les avantages sont bien supérieurs aux inconvénients pour les pays qui peuvent maitriser cette technologie. En effet, la production massive d'électricité disponible, sûre et bon marché est à l'origine du développement et du confort des civilisations modernes.

 

  1. On ne sait pas quoi faire des déchets nucléaires : Faux.

 

90 % des déchets radioactifs en volume sont aujourd'hui gérés de façon définitive dans plusieurs centres de stockage qui sont en service depuis des années. Pour les 10% restants, c'est-à-dire pour les déchets radioactifs de haute et moyenne activité à vie longue (HA et MA-VL), il est admis par la communauté scientifique internationale que le meilleur moyen de s'en débarrasser sans risque pour les générations actuelles et futures, c'est de les enfouir à grande profondeur (500 m) dans un sol géologiquement stable. Les seuls obstacles aujourd'hui ne sont pas d'ordre technique ou scientifique mais d'ordre social et psychologique… et donc politique. Le gouvernement aura à prendre des décisions qui relèvent de son pouvoir régalien pour autoriser ce type de stockage définitif ou partiellement réversible.

 

La France, par la loi de 2006, prépare cet enfouissement à Bure (en Moselle) en 2025. Les cylindres de déchets vitrifiés devant refroidir en surface pendant plusieurs dizaines d'années (au moins 60 ans) avant d'être définitivement stockés, il n'y a pas d'urgence .

 

De plus, la quatrième génération (surgénérateur), si elle est décidée, permettra de "bruler" une partie des déchets dangereux actuels en les transmutant en produits peu ou pas radioactifs, diminuant ainsi le volume de déchets dangereux et le coût de leur gestion pour le stockage géologique.

 

La totalité de l'électricité nucléaire produite en France représente la fission de 1 g d'uranium par Français et par an ! (60 T de produits fissionnés pour 60 millions de Français).

 

  1. Le nucléaire coûte plus cher qu'annoncé car il y a des coûts cachés : Faux.

 

Comme l'a indiqué le rapport de la Cour des comptes publié en janvier 2012, toutes dépenses incluses, y compris la recherche, la gestion des déchets 3 et le démantèlement 4, le nucléaire est le moyen de production électrique le moins cher au kwh produit (de 3 à 5c€/kwh). Son principal concurrent économique est le charbon dans les pays qui peuvent en extraire de leur propre sous-sol (Pologne, Allemagne,…) ainsi que dernièrement le gaz de schiste extrait massivement aux USA…

 

Concernant l'aide publique pour les dépenses de recherche et développement du nucléaire (644 M€ en 2010), elles sont globalement couvertes par les taxes payées par cette industrie (580 M€ en 2010). La recherche revenant au public vers le nucléaire est quasiment neutre pour le contribuable : environ 0,1 c€/kwh qui vaut 12c€/kwh pour le particulier 5.

 

L'investissement initial est certes le plus élevé des moyens de production. Mais comme le combustible nucléaire coute peu cher au kwh produit, l'amortissement financier de la construction constitue l'essentiel du coût de production de l'électricité. Passé la durée d'amortissement choisie (30 ou 40 ans), le coût du kwh peut descendre jusqu'à 2c€/kwh. Aux USA, certaines centrales sont d'ores et déjà prévues pour durer 60 ans et plus. Ce sont globalement les mêmes qu'en France. C'est aussi ce que préconise le rapport parlementaire "Energie 2050" pour les centrales françaises sous réserve de l'accord technique de l'Autorité de sureté nucléaire.

 

En achetant pour moins d'un milliard d'euros d'uranium naturel à l'étranger pour produire 440 Twh d'électricité en 2011, le nucléaire permet d'économiser environ 20 milliards d'euro d'achat de gaz par an. Le nucléaire exporte pour plus de 2 milliards d'électricité chez nos voisins par an (plus de 50 milliards de kwh en 2011).

 

En revanche les subventions allouées aux énergies renouvelables, notamment l'éolien et le photovoltaïque, via la CSPE, sont de plusieurs milliards d'euro par an sur la facture d'électricité.

 

  1. Le nucléaire ne peut pas suivre les variations de la demande en électricité: Faux.

 

Les centrales nucléaires font régulièrement varier leur production jusqu'à plus ou moins 15 ou 20 % en quelques heures et jusqu'à 30% le week-end pour s'adapter à la demande. Certes, il est préférable de les laisser produire à leur puissance nominale pour optimiser le fonctionnement et les contraintes thermiques du cœur du réacteur, mais les centrales nucléaires peuvent accompagner pour une grande part les variations quotidiennes avec le complément de nos barrages et de centrales à gaz d'appoint.

 

Détails fiche 5.

 

  1. On peut remplacer le nucléaire par des EnR, notamment le vent et le soleil: Faux.

 

Il y a des périodes, en été et en plein hiver, où il n'y a pas de vent sur toute l'Europe, nuit et jour, pendant plusieurs jours 6. La seule solution alors serait de faire tourner à plein régime les centrales au gaz ou à charbon qu'il aura fallu penser à construire avant.

 

La moyenne annuelle de production des éoliennes en France étant de 20% de leur puissance installée (mais elles produisent parfois autour de 3% les jours sans vents sur la France… et sur l'Europe), il faudra prévoir des centrales à gaz ou/ et à charbon pour le reste du temps.

 

Pour compenser, on pourrait aussi multiplier par 5 ou 10 la puissance installée des éoliennes par rapport au besoin, mais le coût de production devient prohibitif et lorsque le vent souffle fort, il faut arrêter la production des éoliennes car on ne sait pas stocker massivement l'électricité pour fournir la puissance nécessaire au niveau d'un pays (30 à 90 GW) pendant plusieurs heures et encore moins pendant plusieurs jours ou semaines.

 

  1. L'Allemagne remplace son nucléaire actuel par des éoliennes et du solaire: Faux.

 

L'Allemagne produit 60% de son électricité avec du gaz (importé de Russie) et du charbon (importé en partie des USA) et avec du lignite de son sous sol (en France, nous n'avons pas de charbon ni de lignite). Elle construit actuellement pour 20.000 MW de centrales à gaz et à charbon (soit l'équivalent de sa puissance nucléaire actuelle). L'Allemagne dit que c'est une phase transitoire mais la production erratique de ses éoliennes situées principalement dans le nord du pays commence à poser de sérieux problèmes et il y a tout lieu de penser que l'Allemagne produira majoritairement son électricité avec du gaz et du charbon pour très longtemps encore.

 

  1. Le Danemark produit toute son électricité grâce à ses éoliennes : Faux.

 

Quand il y a du vent, le Danemark exporte à prix cassé sa surproduction d'électricité d'origine éolienne vers la Norvège qui la stocke dans ses barrages. Quand il n'y a pas de vent, le Danemark importe d'Allemagne son électricité produite par du gaz et du charbon, puisqu'il n'y a pas de vent non plus en Allemagne du nord pour faire tourner les éoliennes. Au mieux, elle rachète à prix d'or l'électricité stocké dans les barrages de la Norvège quand elle en manque. Le prix de l'électricité au Danemark est deux fois plus élevé qu'en France.

 

Ce qui a pu faire croire cette fausse affirmation, c'est que le Danemark produit autant d'électricité éolienne en moyenne sur une année que sa consommation intérieure. Mais le Danemark a besoin des nombreux barrages Norvégiens et des centrales à charbon de l'Allemagne pour satisfaire ses besoins en électricité. La production de CO2 par habitant au Danemark (10,3 tonnes par an) est presque le double de celle d'un Français (6,2 T / an)

 

  1. Le nucléaire permet la construction et la prolifération de bombes nucléaires : Faux.

 

Tous les pays qui ont fabriqué des bombes nucléaires (dont la France) l'ont fait avant de construire leur première centrale nucléaire. Bien qu'il existe un type de réacteur (Candu au Canada et en Inde) qui permette de produire du Plutonium de "qualité militaire" pour faire des bombes, il est plus facile de procéder autrement (notamment par centrifugation comme le fait l'Iran en ce moment pour obtenir de l'uranium hautement enrichi).

 

Les types de réacteurs construits et vendus par la France (REP et EPR) ne permettent pas d'obtenir de l'uranium ou du plutonium pour faire des bombes.

 

  1. Le nucléaire ne permet pas d'assurer notre indépendance énergétique : Faux.

 

D'une part, l'origine des approvisionnement en uranium est plus variée qu'avec le pétrole ou le gaz. Nous achetons moins de 10.000 tonnes par an d'uranium naturel dans de nombreux pays (Canada, Niger, Australie,..) à des sociétés dont Areva est souvent actionnaire et pour un coût inférieur à 1 milliard d'euros (Md€) alors que nous économisons l'importation de prés de 30 Mds€ par an. La facture énergétique d'importation de combustibles fossiles s'est tout de même élevée à 60 Mds€ en 2010.

 

En France, en ajoutant la réserve d'uranium naturel (5 ans) à celle du combustible nucléaire fabriqué et prêt à l'emploi (3 ans), nous avons 8 ans 7 de production électrique assurée alors qu'elle n'est que de 3 à 6 mois pour le pétrole et le gaz.

 

D'autre part, le coût de l'électricité produite dépend peu du prix d'achat de l'uranium naturel. Si ce prix venait à quadrupler, le coût de production augmenterait de 10 % (soit 0,5c€/kwh). Alors que pour le gaz, qui représente l'essentiel du coût de production pour la centrale, l'augmentation serait de 100%.

 

  1. Les surgénérateurs ne fonctionnent pas encore et ne fonctionneront pas : Faux.

 

Le premier surgénérateur (Rapsodie) a fonctionné en France en 1959. Puis il y a eu Phénix de 1973 à 2009 et Superphénix (1200 MW) en 1985 qui était le plus puissant surgénérateur au monde. Il a été arrêté par décision politique en 1998 par Dominique Voynet et Lionel Jospin.

 

Actuellement, plusieurs surgénérateurs commerciaux fonctionnent et produisent de l'électricité en Russie (BN 600 depuis 1980), Japon, Inde et d'autres sont en construction en Chine (2 réacteurs BN 800) et en Russie. Des surgénérateurs de 1200 MW sont en préparation en Russie.

 

En France, le démonstrateur Astrid devrait permettre de construire un surgénérateur de quatrième génération (GEN IV) vers 2040.

 

 

Une partie du Plutonium qui est produit dans les réacteurs actuels est mis en réserve pour démarrer les éventuels futurs surgénérateurs de la GEN IV qui pourront fonctionner ensuite 3000 ans essentiellement avec l'uranium "appauvri" qui est déjà entreposé sur notre sol en France. Cet uranium est dit "appauvri" parce qu'on a extrait sa "substantifique moelle", l'uranium 235, qui a servi à fabriquer le combustible nucléaire dit "enrichi" en U235. Il est encore moins radioactif que l'uranium naturel.

 

  

 

  1. On peut remplacer une bonne partie du nucléaire en augmentant la production des barrages en France et en Europe : Faux.

 

 

Les principaux sites favorables à l'implantation des barrages ont déjà été exploités et submerger des vallées pour construire de nouveaux barrages est mal perçu par les populations habitants ces vallées.

 

En France, sur une production totale d'électricité de 550 Twh par an, les barrages produisent 70 Twh (soit 12%) avec une puissance installée de 25 GW (sur une puissance totale installée de 120 GW). Cette puissance hydraulique installée ne changera guère à 1 GW près et la production non plus.

 

 

  1. La durée de vie d'une centrale nucléaire est de 30 ans : Faux.

 

La durée de vie d'une centrale n'est pas déterminée lors de sa construction. Tous les 10 ans, l'Autorité de sureté nucléaire (ASN) autorise éventuellement une prolongation pour 10 ans après inspection et demande de modernisation. L'amortissement financier d'EDF est prévu pour 40 ans et si, après vérifications régulières, les structures se comportent bien dans le temps alors une centrale nucléaire peut durer 60 ans, ou plus avec des modernisations successives comportant le changement des composants obsolescents.

 

C'est déjà ce qui est fait aux USA. La moitié des 112 réacteurs à eau pressurisée américains ont déjà obtenu le droit d'atteindre six décennies, avec des projets d'aller à 80 ans8.

 

 

  1. Les coûts des déchets et du démantèlement ne sont pas pris en compte : Faux.

 

Comme l'indique clairement le rapport de la Cour des comptes rendu le 31 janvier 2012, l'ensemble des coûts sont pris en compte dans le prix de l'électricité à la sortie de la centrale nucléaire, depuis l'amont (prospection des minerais, recherches,…) jusqu'à l'aval (gestion des déchets, démantèlement,…). Malgré la prise en compte de l'ensemble de ces coûts directs et indirects, le coût actuel de production de l'électricité reste très faible : 3 à 5 c€/kwh. Il sera environ de 7 c€ / Kwh pour les EPR de série 9.

 

  1. Le mauvais rendement (33%) des centrales nucléaires disqualifie cette production : Faux.

 

Le rendement des panneaux photovoltaïques (PV) est de 10% à 15% par rapport à l'énergie reçue du soleil et celui des éoliennes est au maximum de 30% par rapport à l'énergie du vent qui passe au travers des pales. Est-ce pour autant que cela disqualifie le PV ou les éoliennes ?

 

Prés de 70% de la chaleur produite dans le réacteur est dispersée dans la nature: et alors ? Cela gène qui ? Les oiseaux ? Ce n'est pas une source de réchauffement climatique. Cet apport dans l'atmosphère est tout à fait négligeable par rapport à l'apport du soleil et de la terre elle-même. Il serait judicieux au contraire de pouvoir utiliser cette chaleur pour des réseaux de chauffage comme pour les centrales à cogénération (production électrique plus chauffage en réseau pour une ville ou un village).

 

 

  1. L'énergie nucléaire ne représente presque rien dans la lutte contre le RC : Faux.

 

 

Si l'énergie nucléaire ne représente que 15% de l'électricité produite dans le monde et 5% du total des énergies primaires consommées, c'est déjà un chiffre remarquable car c'est autant que tous les barrages du monde. L'éolien représente 2% de la production électrique mondiale et moins de 1% du total des énergies primaires. Le photovoltaïque, c'est moins de 0,5%. Doit-on supprimer l'éolien et le photovoltaïque sur la base de ces chiffres ?

 

L'activité humaine mondiale rejette 33 MdsT CO2 par an. Environ 15 MdsTCO2 proviennent du charbon, 12 MdsT du pétrole et 6 MdsT du gaz.

 

 

Le nucléaire évite l'émission de plus de 2 milliards de tonnes (MdsT) de CO2 par an et permet l'économie de consommation de centaines de millions de tonnes équivalent pétrole (Tep) de charbon, de gaz et de pétrole.

 

Si le développement du nucléaire dans les pays industrialisés devait se poursuivre, ces chiffres (15% et 5%) pourraient doubler et ils ne sont pas négligeables.

 

 

En France, le nucléaire représente prés de 80% de la production électrique. Cette production ne consomme pas de combustibles fossiles et économise 20 milliard d'euros de notre consommation totale d'énergie primaire qu'il faudrait importer principalement sous forme de gaz (ou pire de charbon comme les Allemands…)

 

 

  1. La radioactivité est toujours dangereuse, quelle que soit la dose d'irradiation : Faux.

 

La radioactivité est présente partout à l'état naturel depuis la nuit des temps. Chacun de nous est radioactifs. Plus de 8000 atomes se désintègrent par seconde dans le corps d'un individu de 80 kg. Cet individu est donc naturellement radioactif à 8000 becquerels (Bq). La terre, les maisons, les murs et les aliments sont tous naturellement radioactifs, y compris le lait, la salade et l'eau. Paradoxalement, un régime végétarien est trois fois plus radioactif qu'un régime classique à cause du C14 et du Potassium 40. En France, la dose moyenne reçue est de 2,4 millisievert 10 (msv) par an, davantage (jusqu'à 5 msv) en Bretagne, dans les Alpes et dans le Massif-Central à cause du granite qui est un peu plus radioactif que les autres minerais. Comme toujours, c'est la dose qui fait le poison. Un peu de radiation du soleil, c'est bien. Trop de soleil brule et peu tuer. C'est pareil pour l'eau : boire trop d'eau sans nécessité (une dizaine de litre par jour) peut tuer par arrêt du cœur en "lessivant" les sels minéraux.

 

Il existe différents types de radiations nucléaires (Alpha, Béta, Gamma) avec des caractéristiques très différentes. Si un milligramme de plutonium avalé ou respiré est mortel car ses radiations (des particules Alpha) irradient directement au contact des cellules et elles créent des dégâts. En revanche on peut tenir un kg de plutonium dans ses mains avec des gants de cuisine. Ses radiations n'atteignent pas la peau à travers les gants et l'air car les particules Alpha sont grosses et ne traversent pas ces petits écrans.

 

De plus en plus de scientifiques pensent même qu'une faible dose de radiations nucléaires est bénéfique à la santé, au même titre que le soleil, bien que cela soit très difficile à démontrer car il faudrait pouvoir suivre des milliers voire des millions d'individus pendant plusieurs dizaines d'années : c'est l'effet hormesis.

 

Par comparaison avec le rayonnement solaire, de faibles expositions dans le temps font bronzer (et sont même bénéfiques pour la santé) tandis qu'une exposition intense, sur une plage l'été par exemple, peut provoquer des coups de soleil et de graves brulures.

 

Dans certaines régions d'Iran et d'Inde ainsi que sur certaines plages du Brésil, des populations vivent dans des régions dont le sol est 10 fois plus radioactifs sans aucune conséquences relevées qui serait due aux radiations. On y meurt beaucoup plus de misère et de manque d'hygiène et de soins.

 

 

 

En médecine, des injections de 750.000 Bq d'iode 131 sont pratiquées pour faire des coronographies et aucun patient n'a jamais développé de cancer suite à ce traitement médical. En moyenne en France, un carré de 10 m de coté creusé sur 10 m de profondeur dans son jardin contient plus de 3 kg d'U naturel (uranium 238 avec 0,7% d'uranium 235). En moyenne, il y a 3 g d'uranium par tonne dans la croute terrestre et jusqu'à 200 kg par tonne dans certains endroits du canada (Athabasca où se situe des mines d'uranium).

 

  

 

  1. L'industrie nucléaire cache ses activités et manque de transparence : Faux.

 

 

Tout est écrit et diffusé dans des livres, rapports du parlement, sites internet, revues et autres fascicules de toutes tendances confondues. Il faut simplement prendre beaucoup de temps pour lire tout ce qui est clairement expliqué car le sujet est vaste. Et c'est bien le problème: peu de personnes ont le temps ou la volonté de consacrer plusieurs semaines voire des mois de lecture sur le sujet des énergies et de l'énergie nucléaire.

 

 

  1. Un écologiste est forcément contre le nucléaire : Faux.

 

On peut avoir une sensibilité écologiste en aimant la nature et soutenir le nucléaire comme un moyen de production propre et durable. Par exemple, il existe une association d'écologiste pour le nucléaire (AEPN) qui regroupe plusieurs dizaines de milliers de membres en France et à travers le monde. L'association "Sauvons le climat" lutte contre le réchauffement climatique et pour la préservation de l'environnement en soutenant le nucléaire.

 

 

Les pro-nucléaires sont forcément contre les énergies renouvelables : Faux

 

Les pro-nucléaires pensent qu'il est nécessaire d'avoir plusieurs moyens de production d'électricité et de chaleur tels que les barrages, le bois chaleur et les pompes à chaleur par exemple, avec chacun ses spécificités. Certains soutiennent même aussi l'éolien et le photovoltaïque dans des proportions raisonnables pour la stabilité du réseau électrique et le portefeuille du consommateur (généralement moins de 10% dans le bouquet énergétique), particulièrement lorsque leur développement ne sont pas abusivement subventionnés de manière insoutenable dans la durée par les contribuables - consommateurs comme c'est le cas aujourd'hui.

 

 

  1. La déconstruction des centrales nucléaires créera encore plus d'emplois qu'actuellement : Faux.

 

L'impact sur l'emploi du démantèlement du parc nucléaire pourrait représenter moins d'une dizaine de milliers de personnes, essentiellement de la main d'œuvre. EDF cite 5000 personnes / an pour la déconstruction de l'ensemble des sites. Ce chiffre apparaît donc modeste à l'aune des plus de 400.000 emplois directs et induits, le plus souvent de haut niveau, liés à la construction de réacteurs, à la production électrique, et aux services du cycle du combustible.

 

 

  1. Fukushima sonne la fin du nucléaire dans le monde : Faux

 

En 2012, 67 réacteurs nucléaires sont en construction dans le monde. les projections de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoient pour 2035 une hausse de 60% des capacités nucléaires installées, soit 630 GWe. Avant l'accident de Fukushima, les projections de l'AIE étaient de 650 GWe. Fukushima ne va pas arrêter le développement du nucléaire mais simplement freiner son développement suite aux nouvelles contraintes de sécurités imposées.

 

 

  1. Les coûts d'un accident nucléaire seraient tellement élevés que les assurances refusent de les prendre en compte : Faux.

Tout comme pour les risques des barrages (rupture), des gazoducs (explosion), des ports (explosion d'un méthanier) ou d'exploitation du charbon (des milliers de morts par an dans les mines et de maladies), les risques financiers pour l'exploitant sont plafonnés, les dépassements éventuels étant pris en charge par l'Etat.

 

Heureusement, ce type de catastrophe est jugé suffisamment rares pour ne pas être pris en compte par les assurances mais par les états 11.

 

Conclusions

 

Il n'y a pas de solution miracle aux défis énergétiques, pas plus qu'il n'y a de solution diabolique.

 

Le nucléaire constitue un atout pour la France et l'industrie nucléaire représente un gisement de création d'emploi et de valeur pour l'économie française. Eviter tout dogmatisme dans le débat énergétique est le seul moyen qui nous permette de nous doter d'une politique énergétique efficace à long terme. Si nous n'en sommes pas capable, ce seront les industries nucléaires d'autres pays qui bénéficieront des retombées de ce formidable potentiel de croissance et d'emploi lié au développement du nucléaire à travers le monde.

 

Si l'accident de Fukushima en 2011 (qui a fait, et fera certainement, 0 morts par irradiation tandis que le tsunami, lui, a fait 22.000 morts et 300.000 sans abris…) a retardé certains programmes nucléaires, le marché des nouveaux réacteurs est promis à une forte expansion au cours des prochaines décennies.

 

Nous devons soutenir cette voie d'avenir en évitant de nous fourvoyer dans l'impasse technique et financière du photovoltaïque et de l'éolien. L'excellence technologique de la France dans le nucléaire, notamment dans le domaine de la sureté, ouvre des opportunités de développement industriel et commercial en France, mais aussi à travers le monde,.

 

Pour la santé de notre économie, la France doit s'engager résolument sur la voie du nucléaire dans l'intérêt supérieur de la Nation et donc dans l'intérêt général des Français.

 

 

Plus d'informations

 

Quelques sites internet :

 

laradioactivité.com

 

sfen.org

 

manicore.com

 

ecolo.org

 

sauvonsleclimat.org

 

Quelques livres:

 

Parlons nucléaire en 30 questions / Paul Reuss / La documentation française / janvier 2012

 

Le credo antinucléaire, pour ou contre ? / Pierre Bacher / Odile Jacob / mai 2012

 

Atlas mondial du nucléaire / Bruno Tertrais / Autrement / mars 2011

 

Maitriser le nucléaire : Jean-Louis Basdevant / Eyrolles / mars 2012

 

Le nucléaire, débats et réalités / Bertrand Barré / Ellipses / mai 2011

 

La situation énergétique en France et dans le monde /Sté française de physique /EDP Sciences /avril 2012

 

La science au cœur de nos vies / Maurice Tubiana / Odile Jacob / 2010

 

1 Par commodité de compréhension (texte plus léger), le mot "nucléaire" recouvre les termes "centrale nucléaire" ou "réacteur nucléaire" ou "production d'électricité d'origine nucléaire". En aucun cas il ne recouvre les armements nucléaires qui constituent un domaine spécifique séparé.

 

2 Inventaire national des déchets et matières radioactive 2012 (INMDR) édité par l'Agence national de gestion des déchets et matières radioactives (ANDRA) page 47. Prés de 300.000 tonnes d'uranium appauvri ( c'est le "combustible" des surgénérateurs) sont répartis sur les sites du Tricastin et de Bessines en 2012. Environ 100 tonnes par an seraient suffisants pour produire l'équivalent électrique du parc nucléaire actuel (420 Twh).

 

3 90% du volume des déchets radioactifs sont quotidiennement gérés de façon définitive pour 58 M€ par an selon le rapport de la Cour des comptes. ce chiffre est à comparer aux 40 milliards d'euro par an des factures d'électricité en France.

Pour les 10 % de déchets HA-VL les plus actifs, le cadre réglementaire actuel prévoit un investissement de 4 à 5 milliards d'euro entre 2017 et 2025 puis un siècle d'exploitation-creusement à 100 M€ par an. L'ensemble des coûts s'étalant sur un siècle est actuellement compris entre 15 et 35 milliards d'euro. La compétitivité du nucléaire n'est pas pénalisé par les déchets nucléaires puisque le coût de la gestion des déchets compte pour moins de 1% de la facture électrique".

 

4 Revue générale nucléaire (RGN) n°2 p 46: "La part du démantèlement dans le coût du kwh est faible. La cour des comptes indique qu'il pèse environ 2% du coût de production du kwh.

On peut imaginer que le caractère industriel d'un démantèlement en série permettra à EDF de faire baisser les coûts en dessous des moyennes constatées pour des opérations uniques.. Malgré ces incertitudes, multiplier par 2 le coût du démantèlement n'augmenterait que de 5% le coût moyen de production du nucléaire.

 

5 RGN n°2 p 47

 

6 - "Intermittence et foisonnement de l'électricité de l'électricité éolienne en Europe de l'ouest" : H. Flocard et JP. Pervés / Avril 2012 / site de Sauvons le climat (SLC);

- "Vent de mer, vent de terre": H. Flocard / Novembre 2011 / SLC.

 

7 Inventaire national des déchets et matières radioactive 2012 (INMDR) édité par l'Agence national de gestion des déchets et matières radioactives (ANDRA) page 47

 

http://radioprotection.eklablog.com/edf-defend-sa-strategie-de-prolongation-des-centrales-a-60-ans-a24578802

http://rapport-dd-2010.edf.com/fr/prolongation_vie_du_parc :" Plusieurs pays ont autorisé leurs réacteurs à fonctionner jusqu'à 60 ans, tels les Etats-Unis où 54 réacteurs ont reçu cette autorisation".

 

9 Coût courant économique estimé pour des EPR de série, sur la base du rapport la Cour des comptes sur les coûts de la filière électronucléaire de janvier 2012, page 225 : "On peut estimer le coût de production futur de Flamanville entre 70 et 90 €/Mwh (…). Il faut rappeler aussi qu'il ne s'agit pas des coûts de l'EPR de série, qui devraient être inférieurs (…)

 

10 Le millisievert (msv) est une unité de dose radioactive reçue par des êtres vivants qui tient compte du type de rayonnement reçu et du type d'organe qui a reçu ce rayonnement. C'est l'unité de comparaison qui a le plus de sens pour des non initiés. A titre de comparaison, la radioactivité naturelle en France est de 2,4 msv pour ses habitants. Des habitants de certains endroits du monde reçoivent jusqu'à 250 msv sur une année sans effet sur la santé. Les premiers effets constatés l'ont été au delà de 500 msv reçus dans un temps très court (quelques heures).

 

11 Credo nucléaire P. Bacher P 63

 

 

 

 

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